Fiche pays — Afrique du Nord et Moyen-Orient
Assurance expatrié et assurance santé en Algérie

En 5 lignes
En Algérie, un visa est exigé pour tout séjour, y compris touristique de moins de 90 jours : contrairement au Maroc et à la Tunisie, aucune exemption n'existe pour un Français sans double nationalité (seuls les binationaux franco-algériens bénéficient d'une mesure dérogatoire d'entrée sans visa, reconduite jusqu'au 31 décembre 2026). Le dossier de visa impose systématiquement une attestation d'assurance voyage-assistance rapatriement, sans montant minimum de garantie précisé par les sources officielles consultées. Le système de santé public repose sur la CNAS pour les salariés et la CASNOS pour les non-salariés ; depuis un arrêté ministériel de juillet 2023, les soins dans les établissements publics ne sont plus gratuits pour les résidents étrangers, à des tarifs réglementés toutefois très inférieurs au privé. La convention franco-algérienne de sécurité sociale (1980) ne prend en charge les vacances d'un ressortissant en Algérie qu'à la double condition d'être de nationalité algérienne sans double nationalité française et d'être assuré du régime français : un Français qui n'a pas la nationalité algérienne n'en bénéficie pas et doit souscrire une assurance privée. Sans couverture, les cliniques privées — largement utilisées par les expatriés — exigent en général un règlement immédiat, voire une garantie financière avant une hospitalisation programmée.
Chiffres clés
- 33 230 Français inscrits au registre consulaire en 2025 (31 347 en 2024, soit +6,01 %) : l'une des plus importantes communautés françaises à l'étranger, très majoritairement binationale.
- Espérance de vie à la naissance : 76,26 ans en 2023 (Banque mondiale).
- Dépense de santé courante : 4,35 % du PIB en 2023, contre 5,64 % en 2020 (Banque mondiale).
- Depuis un arrêté ministériel du 13 juillet 2023, les soins dans les établissements publics ne sont plus gratuits pour les résidents étrangers (hors réfugiés et personnes en situation irrégulière) : consultation généraliste 800 DA (≈5,50 €), consultation spécialiste 1 800 DA (≈12 €), nuit d'hospitalisation en CHU 7 000 DA (≈48 €).
Système de santé local
Le système de santé algérien repose sur un secteur public dominant, organisé autour de deux caisses : la CNAS (Caisse nationale des assurances sociales) pour les salariés, financée par une cotisation employeur-salarié d’environ 34,5 % du salaire brut, et la CASNOS (Caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés) pour les commerçants, artisans et professions libérales. Le remboursement de base est de 80 % des tarifs conventionnés, porté à 100 % pour les affections de longue durée et certains retraités modestes. Les CHU d’Alger (Mustapha Pacha, Lamine Debaghine, Nafissa Hamoud) assurent les cas complexes mais souffrent d’une forte affluence et de délais d’attente ; le secteur privé, concentré à Alger, Oran et Constantine, offre un accès plus rapide et davantage de confort, à des tarifs restant inférieurs à ceux pratiqués en France mais représentant une charge significative sans assurance. Un résident étranger affilié via un emploi local (CNAS) ou une activité indépendante (CASNOS) bénéficie des mêmes droits qu’un assuré algérien ; en dehors de ces statuts, l’accès au secteur public reste possible mais payant depuis 2023, à des tarifs officiels nettement inférieurs à ceux du privé.
Obligations légales et de visa
- Court séjour touristique (jusqu’à 90 jours) : visa obligatoire pour tout Français, sans exemption — sauf mesure dérogatoire pour les binationaux franco-algériens (entrée sur présentation du passeport français et d’un document algérien même expiré, reconduite jusqu’au 31 décembre 2026). Dossier : passeport valide au moins 6 mois, attestation d’assurance voyage-assistance rapatriement obligatoire (aucun montant minimum précisé par les sources officielles), et justificatif d’hébergement ou réservation.
- Visa de travail / long séjour : autorisation de travail algérienne, contrat de travail et attestation par laquelle l’employeur s’engage à assurer le rapatriement en cas de rupture de contrat — un engagement employeur, distinct d’une assurance santé privée classique.
- Salarié détaché : maintien possible au régime français jusqu’à 3 ans (formulaire SE 352-01, délivré par l’Urssaf — service de mobilité internationale), prolongation possible de 2 ans supplémentaires sur accord de la CNAS algérienne (5 ans au total).
- Salarié embauché localement : affiliation obligatoire à la CNAS par l’employeur. Indépendant / profession libérale : affiliation obligatoire à la CASNOS dès l’exercice de l’activité.
- Carte de résident étranger : demande auprès des services de sûreté compétents, 15 jours avant l’expiration du visa ; une attestation d’affiliation CNAS ou CASNOS de moins de 3 mois est exigée pour certaines démarches administratives.
Aucune sanction chiffrée n’a été identifiée en cas de défaut de couverture, mais les cliniques privées demandent fréquemment un règlement immédiat ou une garantie financière avant une hospitalisation programmée.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Consultation généraliste (secteur public, tarif réglementé résident étranger) | 800 DA (≈5,50 €) | 1 500 à 3 000 DA (≈10-21 €), cabinet privé |
| Consultation spécialiste | 1 800 DA (≈12 €), tarif réglementé résident étranger | 3 000 à 6 000 DA (≈21-41 €), cabinet privé |
| Urgences | 5 000 DA (≈34 €), tarif réglementé résident étranger | tarif variable selon établissement et gravité, non communiqué publiquement |
| Nuit d'hospitalisation | 6 000 DA (EPH) à 7 000 DA (CHU), soit ≈41-48 €, tarif réglementé résident étranger | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Urgences spécialisées de nuit (cardiologie, hématologie) | 50 000 DA (≈344 €), tarif réglementé résident étranger | — |
| IRM (secteur privé) | — | 15 000 à 35 000 DA (≈103-241 €) |
| Appendicectomie (clinique privée) | — | 60 000 à 120 000 DA (≈414-827 €) |
| Accouchement (clinique privée) | — | 50 000 à 120 000 DA (≈345-827 €) |
| Greffe rénale / hépatique (secteur public, tarif réglementé résident étranger) | 3 000 000 DA (rein, ≈20 700 €) / 7 000 000 DA (foie, ≈48 300 €) | — |
Accords de sécurité sociale avec la France
La convention générale de sécurité sociale France-Algérie a été signée le 1er octobre 1980, complétée par un arrangement administratif général du 28 octobre 1981, et est entrée en vigueur le 1er février 1982. Elle coordonne toutes les branches — maladie-maternité, invalidité, vieillesse, accidents du travail et maladies professionnelles, prestations familiales — à l’exception de l’assurance chômage.
Point de vigilance essentiel : l’exception « vacances » de la convention (formulaire SE 352-05, prise en charge par la CNAS sur place, limitée à 3 mois avec prolongation possible de 3 mois maximum) ne bénéficie qu’aux personnes qui sont à la fois ressortissantes algériennes sans double nationalité française et assurées du régime français (salarié ou chômeur indemnisé). Un Français sans nationalité algérienne n’y a pas accès et doit souscrire une assurance voyage classique.
- Salarié détaché : maintien au régime français jusqu’à 3 ans (formulaire SE 352-01), extension possible de 2 ans.
- Retraité français sans droits algériens propres : couverture CNAS possible via le formulaire SE 352-08, démarche initiée sur place auprès de la CNAS du lieu de résidence (et non avant le départ) — cotisation de 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la pension complémentaire.
- La convention ne couvre ni le chômage, ni l’accès automatique à la CASNOS/CNAS pour un résident sans activité ni pension française reconnue.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| PVT | Pas de programme identifié France-Algérie | Visa obligatoire pour tout séjour ; assurance voyage privée nécessaire |
| Touriste / court séjour | Visa obligatoire même sous 90 jours (sauf binationaux franco-algériens jusqu'au 31/12/2026) | Attestation d'assurance voyage-assistance rapatriement exigée pour le dossier de visa |
| Salarié détaché | Maintien au régime français jusqu'à 3 ans (SE 352-01), extension possible de 2 ans | Au-delà de 5 ans cumulés, affiliation obligatoire à la CNAS |
| Salarié embauché localement | Affiliation obligatoire CNAS par l'employeur | Remboursement 80 % (100 % ALD) ; complémentaire utile pour le secteur privé, largement utilisé |
| Indépendant / profession libérale | Affiliation obligatoire CASNOS dès l'exercice de l'activité | Mêmes principes de remboursement que la CNAS, cotisation propre à calculer |
| Retraité | Couverture CNAS possible via SE 352-08 si pas de droits algériens propres | Démarche à engager sur place, pas avant le départ ; cotisation de 3,2 % + 4,2 % sur les pensions |
Hôpitaux et réseau de soins
- CHU Mustapha Pacha (Alger, Sidi M'Hamed) — référence nationale publique, plateau technique large (neurochirurgie, chirurgie cardiaque, greffes) mais forte affluence.
- Centre Pierre-et-Marie-Curie (Alger) — établissement public de référence en oncologie.
- Clinique Al Azhar (Dely Brahim, Alger) — clinique privée pluridisciplinaire (cardiologie, neurologie, maternité) parmi les établissements privés utilisés par les résidents étrangers.
Démarches
- Avant le départ, pour tout séjour : passeport valide au moins 6 mois, souscription d’une assurance voyage-assistance rapatriement (exigée dans le dossier de visa).
- Déposer la demande de visa auprès du consulat d’Algérie compétent (18 représentations en France), avec justificatif d’hébergement ou réservation.
- Salarié détaché : demander le formulaire SE 352-01 auprès de l’Urssaf (service de mobilité internationale) avant le départ.
- Salarié embauché localement ou indépendant : affiliation CNAS (par l’employeur) ou CASNOS (activité propre) dès le début d’activité.
- Retraité : une fois installé, se présenter à la CNAS du lieu de résidence pour engager la demande de couverture (formulaire SE 352-08).
- Séjour de plus de 90 jours : demande de carte de résident étranger auprès des services de sûreté compétents, 15 jours avant l’expiration du visa.
- Dans les 6 mois suivant l’installation : inscription au registre des Français établis hors de France (consulat général de France à Alger, Annaba ou Oran).
Questions fréquentes
Un Français a-t-il besoin d'un visa pour un séjour touristique en Algérie ?
Oui, dans tous les cas : contrairement au Maroc et à la Tunisie, l'Algérie n'exempte pas les Français de visa même pour un séjour inférieur à 90 jours. Seuls les binationaux franco-algériens bénéficient d'une mesure dérogatoire d'entrée sans visa, reconduite jusqu'au 31 décembre 2026.
La convention franco-algérienne permet-elle à un touriste français d'être soigné gratuitement sur place ?
Non, sauf exception très précise : l'exception « vacances » de la convention ne bénéficie qu'aux ressortissants algériens sans double nationalité française, assurés du régime français. Un Français sans nationalité algérienne doit souscrire une assurance voyage classique.
Les soins publics sont-ils gratuits pour un résident étranger en Algérie ?
Non, depuis un arrêté ministériel du 13 juillet 2023 qui fixe des tarifs pour les étrangers dans les établissements publics (par exemple 800 DA une consultation généraliste), à l'exception des réfugiés et personnes en situation irrégulière qui restent exonérés.
Un retraité français peut-il conserver une couverture maladie en s'installant en Algérie ?
Sous conditions : s'il n'a pas de droits algériens propres, il peut solliciter la CNAS de son lieu de résidence une fois sur place (formulaire SE 352-08), moyennant une cotisation de 3,2 % sur sa pension de base et 4,2 % sur sa pension complémentaire.
Que se passe-t-il en cas d'hospitalisation en clinique privée sans assurance ?
Un règlement immédiat est généralement exigé, voire une garantie financière avant une hospitalisation programmée ; les tarifs peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers de dinars pour une intervention chirurgicale, sans prise en charge possible par l'ambassade.
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Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Algérie, Entrée/séjour
- France Diplomatie — Algérie, Santé
- France Diplomatie — Registre des Français établis hors de France (carte-registre, données 2025)
- CLEISS — Convention de sécurité sociale France-Algérie
- CLEISS — Vacances en Algérie, couverture maladie
- CLEISS — Partir travailler en Algérie en tant qu'expatrié
- CLEISS — Détachement en Algérie (employeurs)
- CLEISS — Partir vivre sa retraite en Algérie
- Ministère algérien des Affaires étrangères — Visa d'entrée en Algérie
- Ambassade d'Algérie en France — Formalités visa
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Algérie
- Banque mondiale — Dépense de santé courante (% du PIB), Algérie
- El Watan — Santé : les étrangers payeront désormais les prestations de soins
- Ma Santé Ma Vie — Un arrêté ministériel en fixe les tarifs : les soins des étrangers désormais payants
- CNAS — Assurance maladie (Caisse nationale des assurances sociales)
- CASNOS — Caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés
- Zoom Algérie — Meilleures cliniques et hôpitaux privés en Algérie (tarifs)
- Le Petit Journal Alger — Hôpitaux et cliniques privées à Alger
- TSA Algérie — Ressortissants concernés par l'exemption de visa (binationaux)