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Retraite au Royaume-Uni : statut, formulaire S1, fiscalité de la pension et NHS pour un Français
L’essentiel
Prendre sa retraite au Royaume-Uni après le Brexit s’organise à partir des statuts existants : l’EU Settlement Scheme pour les Français installés avant 2021, une route de visa pour les nouveaux arrivants. Pour la santé, un retraité qui perçoit une pension française seule demande le formulaire S1 : les soins au Royaume-Uni sont alors pris en charge pour le compte de la France. Côté fiscalité, la convention franco-britannique du 19 juin 2008 rattache les pensions de retraite à l’État de résidence, et les pensions publiques françaises à l’État payeur. La pension d’État britannique (new State Pension) atteint 241,30 £ par semaine à taux plein depuis avril 2026.
- Formulaire S1 : un document par retraité et par ayant droit, à demander à la CNAV ou à la direction spécialisée des finances publiques pour l’étranger (CLEISS).
- Résidence fiscale hors de France : cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire (régime général), 7,1 % pour les indépendants, lorsque la France reste compétente (CLEISS).
- Convention fiscale franco-britannique du 19 juin 2008 : pensions privées imposables dans l’État de résidence (article 18), pensions publiques dans l’État payeur (article 19).
- Impôt britannique 2026-27 : abattement personnel de 12 570 £, puis 20 % jusqu’à 50 270 £, 40 % jusqu’à 125 140 £, 45 % au-delà (GOV.UK).
- New State Pension : 241,30 £ par semaine à taux plein depuis avril 2026, avec 10 années de cotisation minimum (GOV.UK).
- Loyer mensuel moyen : 1 400 £ au Royaume-Uni, 1 013 £ en Écosse, 788 £ dans le North East, 2 332 £ à Londres (ONS, août 2026).
Repères économiques : Royaume-Uni
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +1,4 %
- Inflation
- 3,9 %
- Taux de chômage
- 4,7 %
- PIB par habitant
- 57 602 $
- Population
- 69,5 millions
- Change
- 1 € = 0,854 GBP
- livre sterling, cours BCE du jour
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Retraite au Royaume-Uni après le Brexit : statuts et routes possibles
Le Royaume-Uni regroupe ses visas en grandes catégories : visite, travail, études, famille, citoyens de l’Union européenne, citoyens du Commonwealth, installation permanente (GOV.UK). La retraite s’organise donc à partir d’un statut existant plutôt que d’un visa dédié.
- Français installé avant le 31 décembre 2020 : le statut EU Settlement Scheme (settled ou pre-settled status) protège le droit de résider et l’accès au NHS. Les résidents d’avant 2021 qui ont manqué la date limite du 30 juin 2021 peuvent présenter une demande tardive, que le Home Office apprécie au regard de motifs raisonnables. L’accord de retrait maintient aussi, à situation inchangée, la couverture maladie des retraités qui résidaient déjà au Royaume-Uni (CLEISS).
- Nouvel arrivant : un statut de séjour reste nécessaire. La catégorie « famille » de GOV.UK regroupe les visas de partenaire, de conjoint, de personne à charge et de membre de la famille ; un séjour de visiteur reste limité à six mois. Pour un projet précis, un conseil en immigration ou les services de UK Visas and Immigration confirment la route adaptée.
Pour la partie santé, le guide retraite à l’étranger et la page assurance retraite à l’étranger complètent ces repères.
Santé du retraité : le formulaire S1 et les quatre situations
L’accord de commerce et de coopération UE-Royaume-Uni (applicable depuis le 1er janvier 2021) prévoit la prise en charge des soins des retraités. La situation dépend de la composition des revenus et de l’activité (CLEISS) :
- Pension française seule, sans activité : le retraité demande le document portable S1 à sa caisse de retraite de base (CNAV pour le régime général, direction spécialisée des finances publiques pour l’étranger pour les pensions civiles et militaires). Il le remet à la caisse britannique du lieu de résidence. Un S1 est établi pour chaque ayant droit (mineurs, conjoint, concubin, partenaire de PACS). Les prestations servies sont les prestations locales selon la législation britannique.
- Pension française et activité professionnelle au Royaume-Uni : la qualité d’actif prime ; le retraité relève du régime britannique et rend sa carte Vitale.
- Pension française et pension britannique : le retraité est assuré par le régime britannique pour les soins et quitte le régime français d’assurance maladie.
- Pension française et pension d’un autre État de l’Union européenne, sans pension britannique ni activité : le S1 est émis par l’État où le retraité a été affilié le plus longtemps, ou par le dernier État d’affiliation en cas d’égalité.
Un conseil pratique : demander le S1 avant le départ, puis le remettre au NHS. Le guide formulaire S1 : mode d’emploi détaille la procédure pas à pas.
Cotisations sur la pension française : CSG, CRDS et cotisation maladie
Pour un retraité qui détient un S1 émis par la France, les prélèvements sur les pensions françaises suivent la résidence fiscale (CLEISS) :
- Résidence fiscale en France : prélèvement de la CSG, de la CRDS et, le cas échéant, de la CASA, à des taux qui varient selon le revenu fiscal de référence.
- Résidence fiscale hors de France : la CSG et la CRDS sont remplacées par une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la pension complémentaire pour le régime général des salariés, 7,1 % sur les retraites des travailleurs indépendants.
- Retraité qui relève exclusivement du régime britannique (activité ou pension britannique) : aucune cotisation n’est prélevée sur les pensions françaises au titre de l’assurance maladie.
Du côté britannique, aucune cotisation supplémentaire n’est retenue dès lors que la pension française fait déjà l’objet de retenues.
Fiscalité de la pension : convention franco-britannique et impôt britannique
Où êtes-vous résident fiscal ? Au Royaume-Uni, la résidence fiscale dépend du nombre de jours passés dans le pays au cours de l’année fiscale, du 6 avril au 5 avril : 183 jours ou plus déclenchent la résidence automatique, d’autres tests (domicile, liens avec le pays) s’appliquent aussi. La convention fiscale franco-britannique du 19 juin 2008 départage une personne résidente des deux États selon trois critères successifs : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel (article 4).
Quelle pension est imposée où ? La convention distingue deux familles de pensions.
- Pensions de retraite versées au titre d’un emploi antérieur (article 18) : imposables uniquement dans l’État de résidence du bénéficiaire. Un Français résident fiscal au Royaume-Uni déclare donc ces pensions à l’administration britannique.
- Pensions publiques (article 19, paragraphe 2) : pensions versées par un État, une collectivité ou une personne morale de droit public français au titre de services rendus à cet État. Elles sont imposables dans l’État payeur, la France. L’imposition bascule dans l’autre État si le bénéficiaire en est résident et ressortissant sans posséder aussi la nationalité de l’État payeur.
Côté britannique. Un résident fiscal britannique est imposé sur ses revenus de toute provenance, y compris les pensions étrangères, qui se déclarent en général dans la déclaration Self Assessment. Un allègement est possible lorsque le revenu est imposé dans plusieurs pays. Pour l’année fiscale 2026-27 (du 6 avril 2026 au 5 avril 2027), l’abattement personnel est de 12 570 £, puis les taux sont de 20 % de 12 571 £ à 50 270 £, 40 % de 50 271 £ à 125 140 £ et 45 % au-delà ; l’abattement diminue pour un revenu supérieur à 100 000 £. Les taux diffèrent pour les résidents écossais. La fiscalité d’une situation précise (régime applicable aux nouveaux résidents, pensions de plusieurs origines) mérite une vérification auprès de l’administration fiscale ou d’un conseil fiscal.
Pension britannique et périodes françaises : la new State Pension
La new State Pension s’adresse aux hommes nés à partir du 6 avril 1951 et aux femmes nées à partir du 6 avril 1953. Elle suppose 10 années qualifiantes minimum sur le compte National Insurance. Le taux plein atteint 241,30 £ par semaine depuis avril 2026 (230,25 £ auparavant), soit environ 12 548 £ par an (241,30 £ × 52, calcul indicatif). La pension se perçoit à l’étranger lorsque les cotisations sont suffisantes.
L’accord de commerce et de coopération permet de prendre en compte les périodes d’activité accomplies en France et au Royaume-Uni pour l’ouverture et le calcul des retraites française et britannique. Les périodes travaillées en France avant 2021 comptent pour l’ouverture et le calcul des droits britanniques, quelle que soit la date de liquidation de la retraite (CLEISS). Un relevé de carrière de chaque pays donne la vue d’ensemble avant de fixer la date de départ.
Le NHS pour le retraité : accès, S1 et participations
Un retraité titulaire d’un S1 émis par la France accède au NHS aux frais de la France, une fois son S1 enregistré auprès de l’équipe Overseas Healthcare Services du NHS Business Services Authority (GOV.UK). Lorsque le visa a débuté à partir du 1er janvier 2021 et que le S1 est enregistré, un remboursement complet ou partiel de l’Immigration Health Surcharge est possible : le remboursement est complet si le S1 couvre toute la durée du visa, partiel s’il n’en couvre qu’une partie. Demander le S1 avant la demande de visa prend donc tout son sens.
Pendant un séjour en France, le retraité à pension française reste affilié à l’assurance maladie française et bénéficie de tous les soins, programmés ou non, selon la réglementation française. Pour un voyage dans un autre État de l’Union européenne, la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) se demande à la caisse française ; un séjour motivé par des raisons exclusivement médicales suppose une autorisation préalable (S2) auprès de la caisse britannique.
Les participations propres au NHS (ordonnances, dentiste) sont détaillées dans le guide du système de santé britannique, et l’ensemble des cas sur la page remboursements des soins au Royaume-Uni. Une complémentaire santé privée facilite l’accès aux soins sans délai ; voir RetraitExpat pour l’offre de la CFE dédiée aux retraités.
Coût de la vie d’un retraité au Royaume-Uni : loyers et prix selon la région
Le budget logement varie fortement d’une région à l’autre. En août 2026, le loyer mensuel moyen atteint 1 400 £ au Royaume-Uni, 1 459 £ en Angleterre, 846 £ au pays de Galles, 1 013 £ en Écosse, avec 788 £ dans le North East, région la plus abordable d’Angleterre, et 2 332 £ à Londres. Le prix moyen d’un logement est de 273 000 £ au niveau national en juillet 2026, 293 000 £ en Angleterre, 215 000 £ au pays de Galles et 196 000 £ en Écosse (ONS).
Le choix du lieu d’installation joue donc sur le budget et sur la santé : les ordonnances sont gratuites en Écosse et au pays de Galles et payantes en Angleterre. Pour bâtir un budget complet, consultez le guide budgétiser sa santé en expatriation et le guide vivre au Royaume-Uni.
Check-list avant de partir à la retraite au Royaume-Uni
- Vérifier le statut de séjour applicable (EU Settlement Scheme, route de visa) avant toute décision de départ.
- Signaler le changement de résidence à la caisse de retraite et à la caisse d’assurance maladie.
- Demander les S1 (retraité et ayants droit) avant le départ, puis les remettre au NHS.
- Demander la CEAM pour les voyages dans l’Union européenne.
- Établir la résidence fiscale et la déclaration associée, avec le relevé des pensions de chaque pays.
- Comparer les options de complémentaire privée pour l’accès rapide aux soins.
L’ensemble des démarches liées au retour éventuel en France est détaillé dans le guide retour en France.
Retraité au Royaume-Uni : les quatre situations de couverture maladie
| Situation | Qui prend en charge les soins | Formulaire ou démarche | Cotisations sur les pensions françaises |
|---|---|---|---|
| Pension française seule, sans activité | Royaume-Uni, pour le compte de la France | S1 de la CNAV ou de la direction spécialisée des finances publiques pour l’étranger, un par ayant droit | CSG et CRDS si résidence fiscale en France ; sinon 3,2 % + 4,2 % (régime général) ou 7,1 % (indépendants) |
| Pension française et activité au Royaume-Uni | Régime britannique | Affiliation locale ; carte Vitale restituée | Aucune cotisation d’assurance maladie sur les pensions françaises |
| Pension française et pension britannique | Régime britannique | Affiliation locale ; carte Vitale restituée | Aucune cotisation d’assurance maladie sur les pensions françaises |
| Pension française et pension d’un autre État de l’UE, sans pension britannique ni activité | Royaume-Uni, pour le compte de l’État compétent selon la durée d’affiliation | S1 de l’État compétent | Selon l’État qui émet le S1 |
Source : CLEISS, rubrique « Vous partez vivre votre retraite au Royaume-Uni », situations 1 à 4, consultée le 01/10/2026. Les règles de priorité et les taux peuvent évoluer ; une vérification auprès de la caisse de retraite est recommandée.
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa retraité pour le Royaume-Uni ?
Les catégories de visas présentées par GOV.UK sont la visite, le travail, les études, la famille, les citoyens de l’Union européenne, les citoyens du Commonwealth, l’installation permanente et la protection. La retraite s’appuie donc sur un statut existant : l’EU Settlement Scheme pour les résidents d’avant 2021 ou une route adaptée à la situation de la personne.
Un retraité français a-t-il accès au NHS ?
Oui, par le formulaire S1 pour un retraité qui perçoit une pension française seule : les soins sont pris en charge par le Royaume-Uni pour le compte de la France. Le S1 se demande à la caisse de retraite de base et se remet à la caisse britannique du lieu de résidence ; chaque ayant droit reçoit son S1.
Où demander le formulaire S1 pour le Royaume-Uni ?
À la caisse de retraite de base : la CNAV pour le régime général, via un questionnaire d’étude des droits aux soins de santé à l’étranger, ou la direction spécialisée des finances publiques pour l’étranger pour les pensions civiles et militaires. Il est préférable de le demander avant le départ (CLEISS).
Où ma pension française est-elle imposée si je vis au Royaume-Uni ?
Selon la convention franco-britannique du 19 juin 2008, les pensions de retraite versées au titre d’un emploi antérieur sont imposables dans l’État de résidence : un résident fiscal britannique les déclare au Royaume-Uni. Les pensions publiques françaises sont imposables en France, sauf si le bénéficiaire est résident et ressortissant du Royaume-Uni sans nationalité française.
Quelles cotisations sont prélevées sur ma pension française ?
Avec une résidence fiscale en France : CSG, CRDS et CASA le cas échéant. Avec une résidence fiscale hors de France et un S1 émis par la France : cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire pour le régime général, 7,1 % pour les indépendants. Un retraité qui relève exclusivement du régime britannique n’acquitte aucune cotisation maladie sur ses pensions françaises (CLEISS).
Quel est le montant de la pension d’État britannique ?
Le taux plein de la new State Pension est de 241,30 £ par semaine depuis avril 2026, avec 10 années qualifiantes minimum au National Insurance. Le montant dépend de l’historique de cotisations de chacun (GOV.UK).
Les périodes travaillées en France comptent-elles pour la retraite britannique ?
Oui, l’accord de commerce et de coopération permet de prendre en compte les périodes d’activité en France et au Royaume-Uni pour l’ouverture et le calcul des retraites des deux pays. Les périodes travaillées avant 2021 comptent quelle que soit la date de liquidation (CLEISS).
Quel est le coût de la vie pour un retraité au Royaume-Uni ?
Le loyer mensuel moyen est de 1 400 £ au niveau national en août 2026, de 2 332 £ à Londres, de 1 013 £ en Écosse et de 788 £ dans le North East. Le choix de la région pèse aussi sur la santé : les ordonnances sont gratuites en Écosse et au pays de Galles, payantes en Angleterre (ONS, NHSBSA).
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- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.