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Royaume-Uni · Travailler et économie

Travailler à Londres et au Royaume-Uni : visa, salaires et économie pour un Français

L’essentiel

Depuis le Brexit, un Français qui souhaite travailler au Royaume-Uni demande un visa ; la route principale est le Skilled Worker visa, qui suppose une offre d’un employeur agréé et un salaire d’au moins 41 700 £ par an ou le going rate du métier (33 400 £ dans certains cas). Le Youth Mobility Scheme reste réservé aux pays de sa liste officielle, dont la France est absente, et un programme UE-Royaume-Uni est en négociation. Le salaire minimum légal (National Living Wage) est de 12,71 £ de l’heure depuis le 1er avril 2026. L’économie britannique reste dynamique, avec une croissance de 0,4 % au deuxième trimestre 2026 et un chômage de 4,9 %.

  • Skilled Worker visa : salaire d’au moins 41 700 £ par an ou going rate du métier, seuil abaissé à 33 400 £ dans certains cas (GOV.UK).
  • Frais du Skilled Worker visa : 819 £ jusqu’à 3 ans, 1 618 £ au-delà, plus 1 035 £ par an d’Immigration Health Surcharge.
  • National Living Wage : 12,71 £ de l’heure pour les 21 ans et plus depuis le 1er avril 2026, contre 12,21 £ en 2025-26.
  • Salaire annuel brut médian des salariés à temps plein : 39 039 £ en avril 2025 (ONS), soit moins que le seuil général du visa.
  • PIB : +0,4 % au 2e trimestre 2026, +1,2 % sur un an (ONS) ; 4 002,6 milliards de dollars en 2025 (Banque mondiale).
  • Taux de chômage de 4,9 % et 702 000 postes vacants sur la période mai-juillet 2026 (ONS).

Repères économiques : Royaume-Uni

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+1,4 %
Inflation
3,9 %
Taux de chômage
4,7 %
PIB par habitant
57 602 $
Population
69,5 millions
Change
1 € = 0,854 GBP
livre sterling, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Travailler au Royaume-Uni quand on est français : le cadre depuis le Brexit

Depuis le 1er janvier 2021, un Français qui souhaite travailler au Royaume-Uni dispose d’un visa de travail, comme les ressortissants des autres pays tiers. La règle générale est simple : la plupart des routes de travail reposent sur une offre d’emploi d’un employeur britannique agréé par le Home Office, appelé « sponsor ». Le statut du salarié suit ensuite l’emploi : le visa précise l’employeur, le poste et la durée.

Les Français déjà installés avant le 31 décembre 2020 conservent, via l’EU Settlement Scheme, le droit de vivre et de travailler au Royaume-Uni sans visa de travail. Les repères de vie quotidienne (logement, villes, scolarité) figurent dans le guide vivre à Londres et au Royaume-Uni.

Pour un projet de travail à Londres, trois questions orientent le choix de la route : l’existence d’une offre d’un employeur sponsor, le niveau de qualification du poste et le salaire proposé. Le marché de l’emploi comptait 702 000 postes vacants en juin-août 2026 (ONS).

Le Skilled Worker visa : conditions, durée et coûts

Le Skilled Worker visa est la route de travail la plus courante. Trois conditions sont requises : un emploi éligible, une offre d’un employeur approuvé par le Home Office et un salaire au moins égal au seuil applicable. Les emplois éligibles sont les métiers classés « higher skilled » ainsi que certains métiers « medium skilled » inscrits sur la liste d’immigration (immigration salary list) ou sur la liste des métiers en pénurie.

  • Anglais : niveau B2 du Cadre européen commun de référence, prouvé par un diplôme enseigné en anglais ou par un test agréé (SELT). Le niveau B1 reste valable pour les titulaires du visa avant le 8 janvier 2026 qui le prolongent.
  • Durée : jusqu’à 5 ans, avec possibilité de prolongation. Après 5 ans de résidence, une demande de séjour permanent (indefinite leave to remain) devient possible. Les règles de séjour permanent évoluent : vérifiez la durée en vigueur sur GOV.UK à la date de votre demande.
  • Famille : le conjoint et les enfants peuvent demander à vous accompagner comme personnes à charge, chacun avec ses propres frais.
  • Délai : une décision arrive en général sous 3 semaines depuis l’étranger, sous 8 semaines depuis le Royaume-Uni.

Coûts officiels (GOV.UK). Le tarif standard depuis l’étranger est de 819 £ par personne pour un séjour de 3 ans au plus et de 1 618 £ au-delà. Pour une extension ou un changement de visa depuis le Royaume-Uni, il s’élève à 943 £ ou 1 865 £. Les métiers de la liste d’immigration bénéficient d’un tarif réduit de 628 £ (3 ans au plus) ou 1 235 £. S’ajoutent l’Immigration Health Surcharge de 1 035 £ par an et une épargne de 1 270 £ à justifier, sauf si l’employeur prend en charge ces frais. Exemple officiel : un visa de 2 ans pour un métier hors liste d’immigration coûte 2 889 £ à la demande (819 £ + 2 × 1 035 £).

L’employeur sponsor acquitte de son côté la licence : 611 £ pour une petite entreprise ou une association, 1 682 £ pour une organisation moyenne ou grande, avec un traitement d’environ 8 semaines.

Seuils de salaire du Skilled Worker visa : général, going rate et dérogations

Le salaire minimum exigé est le plus élevé de deux montants : 41 700 £ par an ou le going rate du métier, un barème par profession publié par le gouvernement. Plusieurs situations ouvrent des seuils plus accessibles :

  • Seuil de 33 400 £ : il s’applique dans des cas précis, notamment aux moins de 26 ans, aux étudiants ou jeunes diplômés et aux personnes en formation professionnelle, qui peuvent être rémunérés entre 70 % et 90 % du going rate dès lors que leur salaire atteint 33 400 £.
  • Doctorat : un doctorat pertinent dans les disciplines scientifiques et techniques (STEM) ouvre l’accès au seuil de 33 400 £, et à 37 500 £ pour une autre discipline pertinente.
  • Santé et éducation : certains postes suivent les grilles salariales nationales ; les médecins, infirmiers et professionnels de la santé ou de l’aide à la personne éligibles peuvent relever du Health and Care Worker visa, plus économique et exonéré d’Immigration Health Surcharge.
  • Prolongation ou changement d’employeur : des seuils spécifiques peuvent s’appliquer.

Pour situer ces montants : le salaire annuel brut médian des salariés à temps plein s’élevait à 39 039 £ en avril 2025 (estimation provisoire ONS), pour un salaire hebdomadaire médian de 766,60 £. Le seuil général du visa se situe donc au-dessus du salaire médian, ce qui oriente la route vers les postes qualifiés et les secteurs à forte valeur ajoutée.

Global Talent, Health and Care Worker : les autres routes de travail

Global Talent visa. Cette route s’adresse aux leaders ou futurs leaders de la recherche académique, des arts et de la culture, ou de la technologie numérique. Les lauréats d’un prix éligible déposent directement leur demande ; les autres obtiennent d’abord un endorsement. Le coût total est de 766 £ (561 £ pour l’endorsement puis 205 £ pour le visa), plus 1 035 £ par an d’Immigration Health Surcharge. Le visa porte sur 5 ans au plus par période et reste renouvelable sans limite de durée totale ; le conjoint peut travailler.

Health and Care Worker visa. Les médecins, infirmiers et professionnels du secteur de la santé et de l’aide à la personne éligibles relèvent de cette route, dont le coût est inférieur à celui du Skilled Worker et qui ne s’accompagne d’aucune Immigration Health Surcharge annuelle.

Indépendants. Un statut d’indépendant suppose une route qui l’autorise. Le Skilled Worker visa lie le titulaire à son employeur sponsor, tandis que le Youth Mobility Scheme autorise l’activité indépendante sous conditions : locaux loués, matériel de 5 000 £ au plus et absence de salariés. Pour toute autre route, vérifiez les conditions de travail indépendant sur GOV.UK avant de déposer la demande.

Youth Mobility Scheme : vérifier sa situation pour la France

Le Youth Mobility Scheme (YMS) permet à des jeunes de 18 à 30 ans (18 à 35 ans pour certains pays) de vivre et travailler au Royaume-Uni jusqu’à 24 mois, pour 340 £ de frais de visa, une Immigration Health Surcharge réduite de 776 £ par an et 2 530 £ d’économies à justifier. Selon la liste officielle de GOV.UK, les pays et territoires éligibles sont l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud (18-35 ans), Andorre, l’Islande, le Japon, Monaco, Saint-Marin et l’Uruguay (18-30 ans), ainsi que Hong Kong et Taïwan par tirage au sort, les citoyens britanniques d’outre-mer éligibles complétant la liste.

La France est absente de cette liste. Un programme réciproque, le « youth experience scheme », fait l’objet de négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne : le Conseil de l’UE a autorisé l’ouverture de ces discussions par sa décision (UE) 2025/1286 du 20 juin 2025. Aucun programme n’était en vigueur à la date de vérification de cette page. Les jeunes Français qui visent le Royaume-Uni passent par une route de travail ou d’études classique. Pour les programmes équivalents dans d’autres pays, consultez la page assurance PVT et la définition du programme vacances-travail.

Salaire minimum au Royaume-Uni : le National Living Wage et les niveaux de rémunération

Le salaire minimum légal varie selon l’âge. Les taux sont revalorisés chaque 1er avril. Depuis le 1er avril 2026, le National Living Wage s’élève à 12,71 £ de l’heure pour les travailleurs de 21 ans et plus (12,21 £ en 2025-26, soit +4,1 %). Le taux est de 10,85 £ pour les 18-20 ans, de 8,00 £ pour les moins de 18 ans et pour les apprentis (GOV.UK). À titre indicatif, 40 heures par semaine au taux de 12,71 £ représentent environ 26 437 £ bruts par an.

Sur le marché, la croissance annuelle de la rémunération régulière hors primes atteint 3,5 % sur mai-juillet 2026, et celle de la rémunération totale 3,9 %. Corrigée de l’inflation (indice CPIH), la progression ressort à +0,6 % pour la rémunération régulière. Le secteur public affiche +6,3 % et le secteur privé +2,9 % (ONS).

Contrat local ou détachement : quelles conséquences pour la protection sociale

Le choix entre un contrat local et un détachement détermine le régime de sécurité sociale. Le guide détaché ou expatrié compare les deux statuts ; voici les repères propres au Royaume-Uni (CLEISS).

  • Détachement : l’accord de commerce et de coopération UE-Royaume-Uni maintient le régime du détachement. Pour les missions commencées depuis le 1er janvier 2021, la durée est strictement limitée à 24 mois, avec le formulaire portable A1 (certificat de détachement) et une information préalable obligatoire. Le salarié reste affilié à la sécurité sociale française. Les détachements commencés avant 2021 se poursuivent jusqu’à la date de fin indiquée sur le A1.
  • Contrat local : le salarié relève obligatoirement du régime de sécurité sociale britannique pour les soins de santé et les indemnités journalières. Les prestations familiales suivent la législation britannique et l’assurance chômage britannique s’applique en fin de contrat.
  • Chômage : le formulaire U1, demandé en ligne à France Travail, permet de faire valoir les périodes d’emploi et d’assurance accomplies en France auprès de l’assurance chômage britannique.

Le détail des remboursements, situation par situation, est présenté dans la page remboursements des soins au Royaume-Uni, et le fonctionnement du NHS dans le guide du système de santé britannique.

L’économie britannique : PIB, croissance, inflation, chômage et secteurs

  • PIB : 4 002,6 milliards de dollars courants en 2025, soit 57 602 dollars par habitant, pour une population de 69,5 millions d’habitants (Banque mondiale).
  • Croissance : +1,4 % en 2025 et +1,1 % en 2024 (Banque mondiale). Au deuxième trimestre 2026, le PIB réel progresse de 0,4 % après +0,6 % au premier trimestre, soit +1,2 % sur un an ; le PIB par habitant gagne 1,0 % sur un an (ONS, publication du 13 août 2026).
  • Inflation : l’indice CPI affiche +3,1 % en août 2026 contre +2,9 % en juillet ; hors énergie, alimentation, alcool et tabac, l’inflation sous-jacente est de 2,6 % (ONS).
  • Emploi et chômage : le taux de chômage est de 4,9 % pour mai-juillet 2026, le taux d’emploi des 16-64 ans de 75,1 % et le taux d’inactivité de 20,9 %. Le Claimant Count atteint 1,692 million en août 2026 (ONS).
  • Secteurs : les services pèsent 73,1 % du PIB en 2025, l’industrie y compris la construction 16,5 % et l’agriculture 0,6 % ; les exportations représentent 30,6 % du PIB (Banque mondiale). Au deuxième trimestre 2026, l’information et la communication progressent de 2,7 % et les activités professionnelles, scientifiques et techniques de 1,7 % (ONS).

Avant de signer une offre, comparez le package complet : salaire brut, couverture santé proposée par l’employeur, avantages éventuels et protection de la famille. La page assurance famille expatriée aide à préparer ce dernier point.

Les principales routes de travail pour un Français

RoutePour quiCondition de salaire ou de statutFrais officiels (hors Immigration Health Surcharge)
Skilled WorkerSalarié d’un employeur sponsor agréé41 700 £ par an ou going rate ; 33 400 £ dans certains cas819 £ (3 ans au plus), 1 618 £ au-delà
Skilled Worker, métier de la liste d’immigrationMétiers de la liste d’immigrationSeuils du visa, tarif réduit628 £ (3 ans au plus), 1 235 £ au-delà
Global TalentLeaders ou futurs leaders (recherche, arts, technologie numérique)Endorsement ou prix éligible766 £ (561 £ + 205 £ avec endorsement)
Health and Care WorkerMédecins, infirmiers et métiers de la santé éligiblesPostes éligibles du secteur de la santéTarif inférieur au Skilled Worker, Immigration Health Surcharge exonérée
Youth Mobility SchemeJeunes de 18 à 30 ou 35 ans de pays éligiblesFrance absente de la liste officielle340 £ + 776 £ par an pour les pays éligibles

Source : GOV.UK, consulté le 01/10/2026. L’Immigration Health Surcharge s’ajoute : 1 035 £ par an (776 £ pour le Youth Mobility Scheme). Les montants évoluent : vérifiez-les à la date de votre demande.

Questions fréquentes

Quel visa pour travailler à Londres quand on est français ?

La route principale est le Skilled Worker visa : offre d’un employeur sponsor agréé, emploi éligible, salaire d’au moins 41 700 £ par an ou going rate du métier, anglais de niveau B2. Le Global Talent visa et le Health and Care Worker visa couvrent des profils spécifiques. Les résidents d’avant 2021 relèvent de l’EU Settlement Scheme.

Quel salaire minimum faut-il pour un visa de travail au Royaume-Uni ?

Le seuil général du Skilled Worker visa est de 41 700 £ par an ou le going rate du métier si celui-ci est plus élevé. Un seuil de 33 400 £ s’applique à certains profils : moins de 26 ans, jeunes diplômés, personnes en formation professionnelle, doctorants pertinents, avec un salaire compris entre 70 % et 90 % du going rate.

Un Français peut-il obtenir un Youth Mobility Scheme ?

La liste officielle de GOV.UK exclut la France à ce jour. Un programme UE-Royaume-Uni (youth experience scheme) est en négociation depuis la décision du Conseil de l’UE du 20 juin 2025 ; l’accord reste à conclure à la date de vérification. Les jeunes Français passent par une route de travail ou d’études classique.

Quel est le salaire minimum au Royaume-Uni ?

Le National Living Wage est de 12,71 £ de l’heure pour les 21 ans et plus depuis le 1er avril 2026. Le taux des 18-20 ans est de 10,85 £ et celui des moins de 18 ans et des apprentis de 8,00 £.

Contrat local ou détachement : quelle différence pour la sécurité sociale ?

En détachement, le salarié reste affilié à la sécurité sociale française, avec un formulaire A1 pour 24 mois au plus pour les missions commencées depuis 2021. Avec un contrat local, il relève du régime britannique pour la santé et les indemnités journalières, avec le NHS comme système de soins.

Peut-on travailler en indépendant au Royaume-Uni avec un visa ?

Le Skilled Worker visa lie le salarié à son employeur sponsor. Le Youth Mobility Scheme permet l’activité indépendante sous conditions : locaux loués, matériel de 5 000 £ au plus, absence de salariés. Pour toute autre route, les conditions de travail indépendant se vérifient sur GOV.UK avant la demande.

Comment se porte le marché de l’emploi britannique ?

Le taux de chômage est de 4,9 % pour mai-juillet 2026 et le taux d’emploi des 16-64 ans de 75,1 %. Le nombre de postes vacants atteint 702 000 sur juin-août 2026. Les salaires réguliers progressent de 3,5 % sur un an (ONS).

Les droits au chômage français sont-ils pris en compte au Royaume-Uni ?

Oui, grâce au formulaire U1 demandé à France Travail, qui permet de faire valoir les périodes d’emploi et d’assurance accomplies en France auprès de l’assurance chômage britannique si les périodes britanniques sont insuffisantes (CLEISS).

Les autres guides : Royaume-Uni