Pays-Bas · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite aux Pays-Bas : séjour, santé avec le S1, fiscalité de la pension, AOW et budget
L’essentiel
Un retraité français s’installe aux Pays-Bas sans visa grâce à la libre circulation, à condition de disposer de ressources suffisantes et d’une couverture maladie, et s’inscrit à la commune au-delà de quatre mois. Avec une pension française seule, il demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite avant le départ ; si sa résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur ses pensions françaises, sans cotisation locale supplémentaire (CLEISS). Selon la convention fiscale franco-néerlandaise, les pensions de retraite d’un résident ne sont imposables que dans l’État de résidence, hors pensions de la fonction publique, imposables dans l’État qui les verse. Les années de résidence ou de travail aux Pays-Bas ouvrent des droits à l’AOW, qui progressent de 2 % par année d’assurance.
- Séjour : aucun titre de séjour pour un citoyen de l’UE, inscription à la commune dans les 5 jours pour plus de 4 mois et séjour permanent après 5 ans de séjour remplissant les conditions (IND, Rijksoverheid).
- Santé avec le S1 et une résidence fiscale hors de France : cotisation de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire, prélevée en France (CLEISS).
- AOW : 2 % d’une pension complète par année d’assurance, constitués sur les 50 années qui précèdent l’âge de l’AOW, fixé à 67 ans jusqu’en 2027 puis à 67 ans et 3 mois en 2028 (SVB).
- AOW d’une personne seule : 1 662,16 € bruts par mois depuis le 1er juillet 2026 (SVB).
- Impôt (box 1) après l’âge de l’AOW : premier taux de 17,85 % jusqu’à 38 883 €, puis 37,56 % et 49,50 % (Belastingdienst).
- Certificat d’existence : une attestation de vie par an, établie par la mairie, document « Attestatie de vita » (ambassade de France aux Pays-Bas).
Repères économiques : Pays-Bas
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +1,8 %
- Inflation
- 3,3 %
- Taux de chômage
- 3,9 %
- PIB par habitant
- 73 684 $
- Population
- 18,1 millions
- Monnaie
- Euro
- pas de frais de change
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
S’installer à la retraite : droit de séjour et formalités
Les citoyens de l’Union européenne résident aux Pays-Bas sans titre de séjour : leur passeport ou leur carte d’identité en cours de validité atteste la régularité du séjour, et le droit de séjour permanent s’acquiert après cinq ans de séjour remplissant les conditions requises (IND). Au-delà de trois mois, Your Europe précise que les retraités doivent justifier de ressources suffisantes et, comme les autres personnes économiquement inactives, d’une assurance maladie, ce qui rend le formulaire S1 déterminant.
- Inscription à la commune : pour un séjour de plus de quatre mois, le retraité s’inscrit dans les cinq jours suivant son arrivée au registre de la population (BRP), ce qui lui attribue le numéro BSN (Rijksoverheid).
- Avant le départ : informer la caisse de retraite de son nouveau pays de résidence, demander le S1 et vérifier le versement des pensions sur un compte adapté.
- À l’arrivée : numéro BSN, DigiD et médecin généraliste forment le trio de démarches décrit dans le guide vivre aux Pays-Bas.
Notre guide toucher sa retraite à l’étranger complète ces repères, et la page assurance retraite à l’étranger présente les protections associées.
La santé du retraité : formulaire S1, cotisation et rôle du CAK
Un retraité qui perçoit uniquement des pensions françaises demande le document portable S1 à sa caisse de retraite avant son départ. Une fois inscrit auprès de l’organisme d’assurance maladie du pays d’accueil, il reçoit les prestations locales selon la législation de l’État de résidence, la France restant financièrement responsable (CLEISS, Your Europe).
- Cotisation : si la résidence fiscale est hors de France, une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % est prélevée sur la pension de base et de 4,2 % sur la pension complémentaire ; la CSG et la CRDS disparaissent. Du côté néerlandais, aucune cotisation n’est retenue dès lors que la pension française fait déjà l’objet de retenues (CLEISS).
- Soins en France : le retraité peut revenir se faire soigner en France, quel que soit le motif de son séjour, et bénéficier de la prise en charge de tous les soins ; la CEAM s’utilise pour les séjours dans un autre pays européen (CLEISS).
- CAK : le CAK, organisme public néerlandais, gère l’assurance maladie des retraités néerlandais installés à l’étranger. Pour un retraité français établi aux Pays-Bas, c’est l’organisme néerlandais d’assurance maladie compétent qui reçoit le S1 ; le CAK renseigne sur la coordination avant la démarche.
- Pension néerlandaise : dès qu’une pension néerlandaise s’ajoute aux pensions françaises, le pays compétent peut changer ; la caisse de retraite et la SVB confirment la situation.
Le guide formulaire S1 : mode d’emploi détaille la démarche, et l’assurance maladie du retraité à l’étranger compare les options. La page remboursements des soins aux Pays-Bas traite chaque situation, et le système de santé néerlandais explique la franchise obligatoire (eigen risico) et le rôle du médecin généraliste.
Fiscalité de la pension française : la convention fiscale franco-néerlandaise
La convention fiscale du 16 mars 1973 entre la France et les Pays-Bas répartit le droit d’imposer les pensions. Son article 18 prévoit que les pensions et autres rémunérations similaires versées à un résident d’un des États au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans cet État, c’est-à-dire l’État de résidence. L’article 19 réserve les pensions versées par un État, une collectivité ou un établissement public au titre de fonctions publiques : elles sont imposables dans l’État qui les verse (impots.gouv.fr).
- Pensions de retraite du secteur privé : un retraité résident des Pays-Bas déclare ces pensions aux Pays-Bas, dans le box 1 de l’impôt sur le revenu.
- Pensions de la fonction publique : elles restent imposables en France selon l’article 19, ce qui peut conduire à déclarer des revenus dans les deux pays, en tenant compte des mécanismes de la convention.
- Barème néerlandais : pour les personnes qui ont atteint l’âge de l’AOW, le premier taux tombe à 17,85 % jusqu’à 38 883 € de revenu, car les cotisations AOW ne sont plus dues ; les tranches suivantes sont à 37,56 % et 49,50 % (Belastingdienst).
- Contributions sociales françaises : pour une résidence fiscale hors de France, la CSG et la CRDS laissent place à la cotisation maladie de 3,2 % et 4,2 % (CLEISS).
Les cas limites (pensions mixtes, rentes, invalidité) se vérifient auprès de l’administration fiscale française, qui propose un service dédié aux non-résidents, et de la Belastingdienst. Ces repères sont généraux : la déclaration relève de la situation de chaque foyer.
L’AOW : les droits ouverts par les périodes aux Pays-Bas
L’AOW est la pension de vieillesse de base néerlandaise. Chaque année d’assurance donne droit à 2 % d’une pension complète, dans la période de 50 ans qui précède l’âge de l’AOW (SVB) ; la pension diminue de 2 % pour chaque année passée hors des Pays-Bas (Rijksoverheid). Selon l’ambassade de France, les personnes inscrites à leur commune ouvrent automatiquement des droits à l’AOW.
- Âge de l’AOW : 67 ans de 2024 à 2027, puis 67 ans et 3 mois en 2028 (SVB).
- Montant : 1 662,16 € bruts par mois depuis le 1er juillet 2026 pour une personne qui vit seule (SVB). Le montant dépend de la situation de vie et des années d’assurance.
- Lacunes : une assurance volontaire permet de combler des années manquantes, à demander dans les dix ans suivant l’arrivée aux Pays-Bas ou le début du travail (Rijksoverheid).
- Retraite française depuis les Pays-Bas : la SVB transmet la demande à la caisse de retraite française ; il convient de contacter la SVB au moins six mois avant l’âge de départ en retraite français, la Carsat vérifiant ensuite la carrière (ambassade de France).
Un retraité qui s’installe après l’âge de l’AOW ne peut plus cumuler de nouveaux droits selon ce principe ; la SVB confirme chaque situation. Les périodes d’assurance accomplies dans plusieurs pays européens sont prises en compte : voir trimestres travaillés à l’étranger.
Coût de la vie à la retraite aux Pays-Bas
Eurostat mesure les niveaux de prix avec l’Union européenne à 100 : pour la consommation individuelle effective, l’indice atteint 121,0 aux Pays-Bas et 107,9 en France en 2024. Le panier alimentaire coûte moins cher qu’en France (98,9 contre 110,1), tandis que le logement, l’eau, l’énergie (129,8 contre 122,5) et les restaurants et hôtels (124,6 contre 110,0) pèsent davantage.
Pour un budget de retraité, trois postes méritent un calcul précis : le logement, la prime d’assurance maladie du contrat local ou la cotisation prélevée sur la pension, et l’impôt dans le box 1. Le guide budgétiser sa santé en expatriation propose une méthode. Le bloc « Repères économiques » ci-dessus rappelle l’inflation et la monnaie utilisée.
Logement : louer ou acheter aux Pays-Bas
Le prix d’achat moyen d’un logement ancien atteint 490 020 € au deuxième trimestre 2026, soit +4,2 % en un an (CBS). Les loyers ont progressé de 4,4 % en un an en juillet 2026, avec +4,3 % à Amsterdam et +4,7 % à Rotterdam (CBS). Le marché reste tendu : l’ambassade de France recommande de vérifier chaque annonce, des escroqueries circulant sur le marché locatif.
- Location d’abord : louer pendant la première année permet de tester une ville et un quartier avant d’acheter, avec une souplesse utile pour un retraité qui garde un point d’attache en France.
- Proximité des soins : le généraliste, la pharmacie et les transports pèsent dans le choix du quartier, surtout avec l’âge.
- Villes à étudier : La Haye, Utrecht, Leyde ou Groningue, présentées dans le guide vivre aux Pays-Bas, offrent des profils très différents.
Démarches utiles : certificat d’existence, réversion et complémentaire
Les caisses françaises demandent chaque année une preuve d’existence. Le retraité établi aux Pays-Bas s’adresse à la mairie (gemeentehuis) pour obtenir une « Attestatie de vita », document bilingue néerlandais-français ; le « Bewijs van leven » néerlandais est refusé par les caisses françaises (ambassade de France). Le service « Ma retraite à l’étranger » d’info-retraite.fr permet de transmettre l’attestation.
- Réversion et protection des proches : le conjoint survivant et les orphelins peuvent percevoir une pension de réversion du système français dans certains cas ; le système néerlandais (Anw) apporte un soutien financier au conjoint et aux enfants, géré par la SVB (ambassade de France).
- Complémentaire : les retraités expatriés disposent de l’offre CFE dédiée aux retraités et d’assurances internationales ; voir la page complémentaire CFE et le glossaire RetraitExpat.
Pour comparer, sur le plan de la santé, les garanties qui s’ajoutent au S1 (rapatriement, soins en France, dentaire), Expavy propose un comparatif sur la page assurance santé expatrié.
La retraite aux Pays-Bas : les points de décision en un coup d’œil
| Sujet | Règle | Où se renseigner |
|---|---|---|
| Séjour | Aucun titre de séjour pour un citoyen de l’UE ; BRP dans les 5 jours pour plus de 4 mois ; ressources et assurance maladie exigées | IND, Rijksoverheid, Your Europe |
| Santé | Formulaire S1 demandé à la caisse de retraite avant le départ ; soins selon la législation locale | CLEISS, caisse de retraite |
| Cotisation maladie | 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire si résidence fiscale hors de France | CLEISS |
| Pensions privées | Imposables dans l’État de résidence (article 18) | impots.gouv.fr, Belastingdienst |
| Pensions de la fonction publique | Imposables dans l’État qui les verse (article 19) | impots.gouv.fr |
| AOW | 2 % par année d’assurance sur 50 ans ; âge de 67 ans jusqu’en 2027 | SVB |
| Certificat d’existence | Attestatie de vita, une fois par an | Mairie, ambassade de France |
Synthèse établie à partir de l’IND, du CLEISS, d’impots.gouv.fr, de la SVB et de l’ambassade de France, consultés le 02/10/2026. Chaque situation se confirme auprès de l’organisme compétent.
Questions fréquentes
Peut-on prendre sa retraite aux Pays-Bas quand on est français ?
Oui : un citoyen de l’Union européenne réside aux Pays-Bas sans titre de séjour (IND). Pour un séjour de plus de trois mois, un retraité justifie de ressources suffisantes et d’une assurance maladie (Your Europe), et s’inscrit à la commune dans les cinq jours suivant son arrivée s’il reste plus de quatre mois (Rijksoverheid).
À quoi sert le formulaire S1 pour un retraité aux Pays-Bas ?
Le S1, demandé à la caisse de retraite française avant le départ, permet de s’inscrire auprès de l’organisme néerlandais d’assurance maladie et de recevoir les soins selon la législation locale, la France restant financièrement responsable. Si la résidence fiscale est hors de France, une cotisation de 3,2 % et 4,2 % est prélevée sur les pensions françaises (CLEISS).
Comment la pension française est-elle imposée quand on vit aux Pays-Bas ?
Selon l’article 18 de la convention fiscale franco-néerlandaise, les pensions de retraite versées à un résident ne sont imposables que dans l’État de résidence, soit les Pays-Bas ; l’article 19 laisse à la France l’imposition des pensions de la fonction publique (impots.gouv.fr). Une vérification individuelle auprès des administrations fiscales s’impose.
Qu’est-ce que l’AOW et un Français peut-il y prétendre ?
L’AOW est la pension de vieillesse de base néerlandaise : 2 % d’une pension complète par année d’assurance sur les 50 ans qui précèdent l’âge de l’AOW, fixé à 67 ans jusqu’en 2027. Les années de résidence ou de travail aux Pays-Bas ouvrent des droits ; la SVB indique le montant selon la situation (SVB, Rijksoverheid).
Quel est le montant de l’AOW pour une personne seule ?
Pour une personne qui vit seule aux Pays-Bas, l’AOW atteint 1 662,16 € bruts par mois depuis le 1er juillet 2026 pour une pension complète (SVB). Le montant réel dépend du nombre d’années d’assurance et de la situation de vie.
Le coût de la vie est-il plus élevé aux Pays-Bas qu’en France pour un retraité ?
Le niveau général des prix de la consommation est supérieur : 121,0 aux Pays-Bas contre 107,9 en France en 2024 (UE = 100, Eurostat). L’alimentation fait exception avec 98,9 contre 110,1, tandis que le logement et les énergies (129,8 contre 122,5) pèsent davantage ; les loyers ont augmenté de 4,4 % en un an en juillet 2026 (CBS).
Comment justifier son existence auprès des caisses de retraite françaises ?
Le retraité demande à la mairie une « Attestatie de vita », document bilingue néerlandais-français, une fois par an ; le document néerlandais « Bewijs van leven » est refusé par les caisses françaises. L’attestation se transmet par le service « Ma retraite à l’étranger » d’info-retraite.fr (ambassade de France aux Pays-Bas).
Les autres guides : Pays-Bas
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.