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Moldavie · Travailler et économie

Travailler en Moldavie quand on est français : droit de séjour, salaire minimum, impôt et cotisations

L’essentiel

Un Français qui souhaite travailler en Moldavie doit obtenir un droit de séjour provisoire pour travail, distinct du séjour touristique de 90 jours. Le salaire minimum est de l'ordre de 6 300 lei par mois, et le salaire mensuel moyen de l'économie de l'ordre de 17 400 lei. Le salarié cotise 6 % de son salaire brut pour les pensions et 4,5 % pour l'assurance maladie, l'employeur 24 % et 4,5 %, et l'impôt sur le revenu des salaires est de 12 %. Aucun accord de sécurité sociale franco-moldave n'est appliqué tant que l'accord signé en 2025 n'est pas entré en vigueur : un salarié envoyé par un employeur français relève du détachement prévu par le droit français, tandis qu'une convention fiscale est en vigueur depuis avril 2024.

  • Salaire minimum mensuel et horaire fixé par le Gouvernement et révisé chaque année ; le montant en vigueur est publié par le Gouvernement.
  • Salaire mensuel moyen prévisionnel pour l'économie, fixé chaque année par décision du Gouvernement.
  • Cotisations d'un salarié : 6 % de pensions et 4,5 % de santé ; employeur : 24 % et 4,5 % (CLEISS).
  • Impôt sur le revenu des salaires : 12 % ; le taux et les tranches sont susceptibles d'être réformés par le Gouvernement, le barème en vigueur est publié par l'administration fiscale.
  • Indépendant : cotisation annuelle forfaitaire pour les pensions et prestations en espèces, et cotisation annuelle forfaitaire pour la santé, révisées chaque année (CLEISS).
  • Convention fiscale France-Moldavie entrée en vigueur le 23 avril 2024 ; accord de sécurité sociale signé le 10 mars 2025, dont l'entrée en vigueur est à vérifier auprès du CLEISS.

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Repères chiffrés : Moldavie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+2,4 %
Inflation
7,8 %
Taux de chômage
1,5 %
PIB par habitant
8 622 $
Population
2,4 millions
Espérance de vie
71,3 ans
Dépense de santé (% du PIB)
6,7 %
Médecins pour 1 000 hab.
4,02
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
5,5

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail et droit de séjour pour travailler

Un séjour sans visa de 90 jours sur 180 ne donne pas le droit de travailler. Selon le ministère des Affaires étrangères de Moldavie, les personnes qui seront employées dans le pays doivent obtenir un droit de séjour provisoire pour cet objet. Parmi les motifs prévus par l’Inspectorat général pour les migrations (IGM) figure le travail, à côté de la réunification familiale, des études, de la réalisation de projets, de l’investissement et d’autres cas. La demande se dépose au guichet unique au moins 30 jours avant la fin du séjour légal ; l’examen prend 30 jours, ramenés à 10 jours moyennant une redevance supplémentaire, et le permis délivré sert de pièce d’identité pour étrangers.

Un projet de loi sur le régime des étrangers est en cours d’examen au Gouvernement : les conditions précises (documents, quotas, durées) se confirment auprès de l’IGM avant tout engagement. Pour les formalités d’installation, voir la page vivre en Moldavie.

Salaire minimum et niveaux de salaire

Une décision du Gouvernement, publiée au Moniteur officiel, fixe le salaire minimum à environ 6 300 lei par mois, pour un horaire de 169 heures, soit environ 37 lei de l’heure ; il est relevé régulièrement. Les documents préparatoires du ministère du Travail estiment le salaire minimum net à environ 5 000 lei, et le Gouvernement indique viser une progression par étapes vers 10 000 lei. Les syndicats ont jugé ce montant insuffisant pour assurer un niveau de vie décent.

Le salaire mensuel moyen pour l’économie est de l’ordre de 17 400 lei. Entre ces deux repères, les niveaux de salaire varient selon le secteur, le poste et la région ; les statistiques officielles par branche sont publiées par le Bureau national de la statistique. Le contrat de travail relève du droit moldave ; un salarié détaché par un employeur français conserve les conditions de son contrat d’origine pendant la mission.

Impôt sur le revenu et convention fiscale franco-moldave

L’employeur moldave retient l’impôt sur le revenu des salaires au taux de 12 % ; les projets de politique fiscale présentés par le ministère des Finances se suivent sur le site du ministère. Les cotisations d’assurance maladie sont prélevées avant l’impôt dans le calcul décrit par les documents du ministère.

La convention entre la France et la Moldavie pour éliminer la double imposition, signée à Chișinău le 15 juin 2022, a été autorisée par la loi n° 2024-246 du 21 mars 2024 et publiée par le décret n° 2024-481 du 27 mai 2024 ; elle est entrée en vigueur le 23 avril 2024 (BOFiP, Légifrance). La France élimine la double imposition en prenant en compte les revenus imposables en Moldavie pour déterminer le taux applicable aux autres revenus, et la Moldavie accorde une déduction égale à l’impôt payé en France dans la limite de l’impôt moldave correspondant. Un salarié détermine sa résidence fiscale selon le droit interne de chaque État, puis applique la convention.

Cotisations sociales et accord de sécurité sociale

Le salarié cotise 6 % de son salaire brut aux pensions et 4,5 % à l’assurance maladie ; l’employeur supporte 24 % (32 % pour des conditions de travail particulièrement difficiles, 18 % dans l’agriculture), cette part finançant aussi la maladie en espèces, la maternité, les accidents du travail, le chômage et les prestations familiales, plus 4,5 % pour l’assurance maladie (CLEISS). Les cotisations ne sont soumises à aucun minimum ni plafond.

La France et la Moldavie ont signé un accord de sécurité sociale le 10 mars 2025 et un arrangement administratif le 18 septembre 2025. L’entrée en vigueur suppose l’achèvement de la procédure : tant qu’elle n’a pas eu lieu, aucun formulaire de coordination ne s’applique et le détachement relève du droit français. Le glossaire du détaché et le guide détaché ou expatrié détaillent les statuts.

Indépendants, nomades numériques et télétravail

Les travailleurs indépendants cotisent par des montants annuels forfaitaires, révisés chaque année : une cotisation pour les pensions et les prestations en espèces (montant réduit pour les propriétaires de terres agricoles) et une cotisation pour l’assurance maladie (montants différents pour les propriétaires agricoles, les commerçants de détail et les notaires, avocats et médecins indépendants). Les indépendants ne sont pas couverts par l’assurance accidents du travail et chômage. Tous les paiements passent par le portail gouvernemental MPay (CLEISS).

Le CNAM mentionne le cas des nomades numériques : pour eux, il n’existe pas de réduction de 80 % sur la prime d’assurance médicale, qui doit être payée en totalité pour obtenir le statut de personne assurée. Un télétravailleur salarié d’une entreprise française doit en outre régler avant le départ sa situation de séjour, sociale et fiscale, avec l’Urssaf, le CLEISS et l’administration fiscale.

Protection sociale du salarié et du détaché

Un salarié moldave inscrit à l’assurance maladie doit s’enregistrer auprès d’un médecin généraliste et d’un centre de soins primaires proche de son domicile, pour au moins six mois avant de pouvoir changer de médecin. Les soins primaires sont gratuits et les médicaments remboursés à 50 % à 100 % lorsqu’ils figurent sur la liste du programme national (CLEISS). Les prestations en espèces (maladie, maternité, accidents du travail) relèvent de la CNAS.

Pour un salarié envoyé par un employeur français, le droit français prévoit un détachement dit unilatéral, en l’absence d’accord en vigueur : le salarié reste affilié au régime français, ses cotisations sont versées en France et les soins reçus sur place sont remboursés a posteriori dans la limite des tarifs français, sur factures et formulaire S 3125 ; la durée maximale du maintien et ses conditions se confirment auprès de l’Urssaf. Une complémentaire ou un contrat international complète les frais non remboursés et l’accès aux soins du secteur privé.

Chômage, retraite et protection du salarié

La Moldavie a une assurance chômage gérée par l’Agence nationale pour l’emploi (ANOFM), des indemnités de maladie, de maternité et d’accident du travail versées par la Caisse nationale d’assurances sociales (CNAS), et une assurance maladie gérée par la CNAM (CLEISS). L’âge de la retraite est de 63 ans pour les hommes et, pour les femmes, un âge qui augmente de six mois par an jusqu’à 63 ans en 2028, avec 15 ans de cotisation minimum. Ces règles sont détaillées dans la page retraite en Moldavie.

L'économie moldave en perspective

Le bloc « Repères économiques » ci-dessus affiche les indicateurs en temps réel. Le salaire moyen prévisionnel de 17 400 lei fixe un ordre de grandeur, et les statistiques sectorielles se consultent auprès du Bureau national de la statistique. La monnaie est le leu moldave : les montants du salaire minimum, des cotisations et de la prime d’assurance médicale s’expriment en lei, ce qui impose de suivre le taux de change dans la durée d’un contrat de travail local.

Côté santé, les dépenses courantes représentent un peu moins de 7 % du PIB, dont plus d’un quart payés directement par les ménages (Banque mondiale). Un candidat compare utilement le salaire brut, la durée du permis, la couverture santé de sa famille et le coût de l’assurance complémentaire avant d’accepter une offre.

Questions fréquentes

Un Français peut-il travailler en Moldavie avec un séjour de 90 jours ?

Non : le séjour sans visa de 90 jours sur 180 ne donne pas le droit de travailler. Il faut un droit de séjour provisoire obtenu auprès de l'IGM pour l'objet du travail.

Quel est le salaire minimum en Moldavie ?

Environ 6 300 lei par mois pour 169 heures, soit environ 37 lei de l'heure, fixés par décision du Gouvernement et relevés régulièrement.

Quel est le taux de l'impôt sur le revenu des salaires ?

12 %, retenu par l'employeur. Des projets de réforme fiscale sont régulièrement présentés par le ministère des Finances : consulter son site.

Quelles cotisations paient un salarié et son employeur ?

Le salarié cotise 6 % pour les pensions et 4,5 % pour la santé ; l'employeur 24 % (32 % en conditions difficiles, 18 % en agriculture) et 4,5 % pour la santé.

L'accord de sécurité sociale franco-moldave est-il en vigueur ?

Son entrée en vigueur est à vérifier auprès du CLEISS : signé le 10 mars 2025, il ne s'applique qu'une fois la procédure de ratification achevée, et aucun formulaire de coordination n'existe avant.

Existe-t-il une convention fiscale entre la France et la Moldavie ?

Oui : signée à Chișinău le 15 juin 2022, elle est entrée en vigueur le 23 avril 2024 et organise l'élimination de la double imposition.

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