Macau · Travailler et économie
Travailler à Macao en tant que Français : permis, salaires, impôt et cotisations
L’essentiel
Un Français ne peut pas travailler à Macao avec un simple séjour de visiteur : son employeur doit obtenir un permis d'emploi auprès de la DSAL, puis le salarié reçoit une carte de travailleur non résident, qui le lie à cet employeur et à ce poste. Le salaire minimum légal est de 35 MOP par heure depuis le 1er janvier 2026, soit 7 280 MOP par mois. L'impôt sur les salaires est progressif, de 7 % à 12 %, avec un seuil de 144 000 MOP par an. La France n'a pas de convention fiscale avec Macao dans la liste d'impots.gouv.fr, ce qui justifie de vérifier sa résidence fiscale avant le départ. Les indépendants doivent obtenir un permis de travail spécifique.
- Salaire minimum légal fixé par la loi, à l'heure, au jour et au mois, et révisé périodiquement ; le montant en vigueur est publié par la DSAL.
- De 7 % à 12 % : fourchette progressive de l'impôt sur les salaires ; seuil d'imposition et mesures de réduction de l'impôt à payer fixés par le budget.
- Cotisation mensuelle forfaitaire du Fonds de sécurité sociale pour un salarié résident, partagée entre l'employeur (deux tiers) et le salarié (un tiers).
- 30 jours : période d'essai non prorogeable du contrat d'un travailleur non résident (DSAL).
- 500 MOP par mois au minimum : allocation logement due à un travailleur non résident lorsque le logement n'est pas fourni (DSAL).
- De 20 000 à 50 000 MOP : amende encourue par un non-résident qui exerce une activité lucrative sans autorisation (DSAL).
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Repères chiffrés : Macau
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +4,7 %
- Inflation
- 0,3 %
- Taux de chômage
- 2,3 %
- PIB par habitant
- 75 902 $
- Population
- 685 900
- Espérance de vie
- 83,3 ans
- Médecins pour 1 000 hab.
- 1,56
- Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
- 5,3
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Le droit de travailler : permis d'emploi et carte de travailleur non résident
À Macao, un Français est un non-résident tant qu’il ne détient pas d’autorisation de résidence. La DSAL (Direction des services pour les affaires du travail) rappelle qu’il est illégal pour un non-résident de travailler sans autorisation. Le recrutement passe par l’employeur : celui-ci demande à la DSAL un permis d’emploi, puis dépose auprès du Corps de police de sécurité publique la demande d’autorisation de séjour du travailleur non résident. Selon la DSAL, c’est à ce moment que la relation de travail est établie et que le salarié peut travailler légalement. Il reçoit une carte d’identification de travailleur non résident.
Le portail du Gouvernement décrit les travailleurs spécialisés comme des personnes ayant une formation supérieure, des compétences élevées ou une expérience professionnelle adaptée à des emplois exigeant un haut niveau d’expertise. L’employeur qui les recrute doit avoir échoué à embaucher des salariés locaux adaptés ou en nombre suffisant. La carte lie le salarié à l’employeur et au poste qui y figurent : l’employeur ne peut l’affecter qu’au poste indiqué, et le salarié ne peut travailler que pour l’employeur désigné. Un changement d’employeur suppose donc une nouvelle démarche (transfert ou nouveau permis), à engager auprès de la DSAL. L’employeur sans permis valide qui accepte les services d’un non-résident s’expose à une amende de 10 000 à 20 000 MOP par travailleur (loi n° 21/2009).
Un séjour de visiteur n’ouvre pas ce droit : voir la page vivre à Macao pour les règles d’entrée et de résidence.
Contrat de travail d'un non-résident : ce que la DSAL impose
L’employeur doit conclure un contrat écrit et en remettre une copie au salarié. Le contrat indique l’identité des parties, leur domicile ou siège, la profession ou les fonctions, la rémunération, le lieu de travail, l’horaire et la durée normale du travail, ainsi que les dates d’entrée en vigueur et de conclusion. Il est à durée déterminée, en général calée sur la durée du permis d’emploi. La période d’essai est de 30 jours et ne peut pas être prorogée ; un renouvellement du contrat n’en comporte pas. À l’échéance, ni préavis ni indemnité ne sont dus en l’absence de renouvellement ; en cas de licenciement sans juste cause avant le terme, l’indemnité équivaut à trois jours de rémunération de base par mois restant entre la date du licenciement et le terme du contrat.
Le travailleur non résident bénéficie de droits spécifiques selon la DSAL : le logement gratuit ou une allocation logement mensuelle d’au moins 500 MOP, et le transport vers sa résidence habituelle à la fin du contrat, quelle qu’en soit la cause, l’adresse devant figurer au contrat. La rémunération est versée sur un compte courant ouvert à son nom dans une banque de Macao, avec remise d’un bulletin de paie à chaque versement. La DSAL mentionne aussi, dans ses informations générales, dix jours fériés obligatoires et six jours d’absence rémunérés pour maladie ou accident par année civile ; les autres droits (congés annuels, durée du travail) relèvent de la loi sur les relations de travail, à consulter auprès de la DSAL. Le logement fourni n’est pas compté dans le salaire minimum.
Salaire minimum et niveaux de salaire
La loi n° 5/2020 fixe un salaire minimum pour les salariés de tous les secteurs, à l’exception des employés de maison et des salariés handicapés (DSAL). Depuis le 1er janvier 2026 (loi n° 14/2025), il est de 35 MOP par heure, 280 MOP par jour, 1 680 MOP par semaine et 7 280 MOP par mois. Pour les heures supplémentaires, la DSAL indique une majoration de 20 % lorsqu’elles sont volontaires et de 50 % dans le cas contraire.
Pour situer les niveaux de rémunération, le DSEC publie des médianes : le revenu mensuel médian de l’emploi avoisine 22 000 MOP pour les résidents en emploi et 18 000 MOP pour l’ensemble de la population en emploi. Selon l’enquête du DSEC sur les besoins en main-d’œuvre et les salaires, les salariés à temps plein perçoivent, hors rémunérations irrégulières, en moyenne plus de 30 000 MOP par mois dans les activités financières, autant dans l’électricité, le gaz et l’eau, environ 20 000 MOP dans les hôtels, 17 000 MOP dans les services aux personnes âgées, 17 000 MOP dans la garde d’enfants, 13 000 MOP dans l’industrie manufacturière et 10 500 MOP dans la restauration. Les taux de recrutement les plus élevés concernent les services aux personnes âgées et la restauration. Cette enquête ne distingue pas les salaires des non-résidents.
Impôt sur les salaires, cotisations et situation fiscale vis-à-vis de la France
À Macao, l’impôt sur les revenus du travail est l’impôt sur les salaires (appelé aussi impôt professionnel) : il frappe les salariés, y compris occasionnels et à temps partiel, et les professionnels indépendants. Ses taux sont progressifs, de 7 % à 12 % selon l’IPIM. Au titre des mesures d’allègement du budget annuel, la Direction des services de finances (DSF) indique une réduction de l’impôt à payer et un seuil d’exonération, relevé pour les salariés de plus de 65 ans ou atteints d’une invalidité permanente d’au moins 60 %. Un remboursement partiel de l’impôt payé, plafonné, est prévu pour les titulaires de la carte d’identité de résident au 31 décembre de l’année concernée (selon la DSF) : il ne concerne donc pas un travailleur non résident. Les pages consultées ne détaillent pas le calcul pour les non-résidents ; la DSF est l’interlocuteur à interroger, les montants étant reconduits ou modifiés chaque année.
Côté cotisations, le régime de sécurité sociale du Fonds de sécurité sociale (FSS) s’impose aux salariés résidents, à raison de 90 MOP par mois depuis le 1er janvier 2017 (60 MOP à la charge de l’employeur, 30 MOP à celle du salarié ; 45 MOP en tout pour un contrat à durée déterminée de moins de 15 jours de travail dans le mois). Pour les travailleurs non résidents, le FSS indique que l’employeur verse une taxe d’emploi, sans donner de montant sur les pages consultées.
Pour un Français, la question de la double imposition se pose dès le départ. La page « Les conventions internationales » d’impots.gouv.fr cite une convention avec la Chine (accord du 26 novembre 2013, en vigueur au 28 décembre 2014) et avec Hong Kong (accord du 21 octobre 2010, en vigueur au 1er décembre 2011), mais aucune pour Macao, et l’IPIM ne liste pas la France parmi les conventions de double imposition de Macao. Le domicile fiscal est apprécié par l’administration selon la situation personnelle (service-public.fr) ; un non-résident de France est imposé en France, sur ses revenus de source française, au barème progressif avec un taux minimum de 20 % jusqu’à un seuil révisé chaque année et de 30 % au-delà. Un contact avec le service des impôts des particuliers non-résidents avant le départ évite les mauvaises surprises.
Salarié local, détaché ou indépendant : quelle protection sociale
Selon service-public.fr, un salarié détaché garde le régime français pour l’ensemble des risques ; un salarié expatrié en contrat local cesse de dépendre de la Sécurité sociale française et relève du régime du pays de travail. Faute de convention entre la France et Macao (aucune n’est listée par le CLEISS), le détachement relève du droit français du détachement hors convention : durée, conditions et cotisations se vérifient auprès de l’Urssaf et du CLEISS. Le régime local ne finance pas de remboursement de soins comparable à celui de l’Assurance Maladie : le FSS verse des prestations en espèces (pension de vieillesse, pension d’invalidité, allocation de chômage, de maladie, de naissance, de mariage, de décès). Les soins à Macao se paient selon le statut du patient.
Les situations se comparent dans la page remboursements des soins à Macao. Pour un détachement, voir aussi détaché ou expatrié et le glossaire du contrat local.
Indépendants, freelances et télétravail
La DSAL délivre un permis de travail pour l’exercice d’une activité lucrative par un non-résident. La première demande comprend le formulaire DSAL-TNR-AP-CE, la copie du document d’identité, des pièces attestant du travail du demandeur (lettres de recommandation, attestations d’employeurs indiquant l’intitulé et la nature de l’emploi, traduites en chinois, en anglais ou en portugais), la preuve de la capacité économique à vivre à Macao (justificatifs de revenus ou relevés bancaires des trois derniers mois) et, le cas échéant, les pièces d’identité et les conditions de chaque salarié local employé. Le dossier complet est à déposer dans les 15 jours de la demande, faute de quoi elle n’est pas traitée. Exercer sans autorisation expose un non-résident à une amende de 20 000 à 50 000 MOP.
Les sources consultées ne décrivent pas de régime propre au télétravail d’un non-résident pour un employeur étranger. Le principe retenu par la DSAL est qu’un non-résident ne travaille pas à Macao sans autorisation ; dans le doute, la question se pose directement à la DSAL (téléphone 2833 6960 pour les permis de travail). Pour les nomades numériques, voir l’assurance nomade digital.
Économie, secteurs et perspectives
Selon le DSEC, l’économie de Macao repose sur les exportations de services, qui incluent le jeu et les autres services touristiques, et suit de près les arrivées de visiteurs.
Côté emploi, le taux de chômage reste faible, y compris pour les résidents (DSEC). La monnaie locale est la pataca de Macao (MOP). Les perspectives chiffrées ne sont pas détaillées ici : le DSEC publie ses données et la DSF et l’IPIM les mesures de soutien et de fiscalité des entreprises ; il convient de les consulter pour un projet d’activité. Voir aussi la page retraite à Macao pour la fin de carrière.
Travailler à Macao : repères selon le statut
| Statut | Autorisation nécessaire | Protection sociale et fiscalité | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Salarié en contrat local (non-résident) | Permis d'emploi demandé par l'employeur à la DSAL, autorisation de séjour de travailleur non résident | Régime local ; impôt sur les salaires de 7 % à 12 % ; taxe d'emploi payée par l'employeur | Carte liée à un employeur et à un poste |
| Salarié détaché par un employeur français | Même permis local | Régime français maintenu hors convention ; durée à vérifier auprès du CLEISS | Aucune convention de sécurité sociale ni fiscale |
| Indépendant ou freelance | Permis de travail pour activité lucrative d'un non-résident (DSAL) | Impôt sur les salaires (professionnels indépendants inclus) | Preuve de capacité économique ; amende de 20 000 à 50 000 MOP sans permis |
| Salarié résident (autorisation de résidence) | Autorisation de résidence | Cotisation FSS de 90 MOP par mois ; seuil d'impôt de 144 000 MOP | 183 jours de présence par an |
| Visiteur (90 jours) | Aucune : le séjour de visiteur n'autorise pas le travail | Aucune | Travail non autorisé interdit |
Sources : DSAL, DSF, IPIM, Fonds de sécurité sociale de Macao, CLEISS, impots.gouv.fr, service-public.fr. Montants en patacas de Macao (MOP).
Questions fréquentes
Un Français peut-il travailler à Macao avec un visa de touriste ?
Non. Le séjour de visiteur n'autorise pas le travail, et un non-résident ne peut travailler qu'avec une autorisation : permis d'emploi obtenu par l'employeur auprès de la DSAL, puis autorisation de séjour de travailleur non résident et carte d'identification.
Quel est le salaire minimum à Macao ?
35 MOP par heure depuis le 1er janvier 2026, soit 280 MOP par jour et 7 280 MOP par mois, pour les salariés de tous les secteurs, hors employés de maison et salariés handicapés (DSAL, loi n° 14/2025).
Quel est le taux d'impôt sur les salaires à Macao ?
L'impôt est progressif, de 7 % à 12 % selon l'IPIM. Chaque budget annuel prévoit des mesures d'allègement (seuil d'exonération, réduction de l'impôt à payer) dont les montants se confirment auprès de la DSF.
Existe-t-il une convention fiscale entre la France et Macao ?
La page des conventions internationales d'impots.gouv.fr cite des conventions avec la Chine et Hong Kong, mais aucune avec Macao, et l'IPIM ne liste pas la France parmi les conventions de Macao. La résidence fiscale se vérifie auprès du service des impôts des particuliers non-résidents.
Un travailleur non résident a-t-il droit à un logement ?
Selon la DSAL, il bénéficie du logement gratuit ou d'une allocation logement mensuelle d'au moins 500 MOP, ainsi que du transport vers sa résidence habituelle à la fin du contrat. Ces droits se vérifient dans le contrat écrit.
Un freelance peut-il s'installer à Macao ?
Un non-résident doit obtenir un permis de travail pour activité lucrative auprès de la DSAL, avec des preuves de son activité et de sa capacité économique à vivre à Macao. Sans autorisation, l'amende va de 20 000 à 50 000 MOP.
La Sécurité sociale française couvre-t-elle un salarié local à Macao ?
Non : un salarié en contrat local relève du régime du pays de travail, sans convention entre la France et Macao. Seul un salarié détaché garde le régime français, selon les règles du détachement hors convention.
Les autres guides : Macau
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
