Kosovo · Travailler et économie
Travailler au Kosovo quand on est français : permis, salaire minimum, impôt et cotisations
L’essentiel
Un Français peut travailler au Kosovo sur la base d'un permis de résidence et de travail, ou d'un certificat de notification d'emploi, lié à un employeur et, selon les cas, à un quota annuel ; un permis de travail de courte durée couvre jusqu'à 90 jours sur 180. Le salaire minimum du secteur privé est de 350 € par mois, et l'impôt sur les salaires suit un barème de 0 %, 8 % et 10 %. Le salarié cotise 5 % de son salaire brut à l'épargne-retraite complémentaire KPST, abondée par l'employeur, et aucune assurance maladie obligatoire n'est en vigueur. Un échange de lettres de 2013 reprend la convention franco-yougoslave de 1950 pour les salariés français ou kosovars, hors chômage.
- Salaire minimum du secteur privé fixé par la loi n° 08/L-142 et révisé périodiquement ; le montant en vigueur est publié par le Gouvernement du Kosovo.
- Impôt sur les salaires : 0 % sur la première tranche annuelle, 8 % sur la tranche suivante, puis 10 % au-delà, selon des seuils fixés par la loi (Administration fiscale du Kosovo).
- Retenue mensuelle : 0 % jusqu'à 250 €, 8 % de 250 € à 450 €, 10 % au-delà ; 10 % pour un second employeur.
- Épargne-retraite KPST : 5 % du salaire brut pour le salarié et un montant équivalent pour l'employeur (CLEISS).
- Congé maladie : 20 jours payés par an à 100 % par l'employeur ; certificat possible au-delà de 3 jours (CLEISS).
- Convention franco-yougoslave de 1950 applicable par échange de lettres depuis le 6 février 2013 : tous les risques sauf le chômage (CLEISS).
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Repères chiffrés : Kosovo
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +3,6 %
- Inflation
- 3,9 %
- PIB par habitant
- 7 899 $
- Population
- 1,6 millions
- Espérance de vie
- 78,2 ans
- Monnaie
- Euro
- pas de frais de change
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail et permis pour un Français
Au Kosovo, un étranger peut travailler sur la base d’un permis de résidence et d’emploi ou d’un certificat de notification d’emploi, sauf disposition contraire de la loi. Le permis vaut pour le poste visé et pour l’employeur avec lequel la relation de travail a été établie. Les permis soumis au quota annuel exigent un contrat de travail ou une preuve d’emploi, des justificatifs de formation et de qualification et la preuve de l’enregistrement de l’entreprise de l’employeur au Kosovo ; la condition de qualification est écartée pour l’étranger qui détient l’entreprise. Un permis de travail de courte durée autorise certains étrangers à travailler jusqu’à 90 jours sur 180 (loi sur l’octroi de permis de travail et d’emploi des étrangers, ministère de l’Intérieur).
Le travail suppose aussi une résidence régulière : un titre de séjour temporaire exige un motif du séjour, un document de voyage valide, des moyens de subsistance, une assurance maladie, un casier judiciaire traduit et un logement. Le séjour sans visa de 90 jours sur 180 ne donne pas le droit de travailler. Voir la page vivre au Kosovo. Les autorités compétentes pour délivrer les permis ont évolué : la répartition entre ministère de l’Intérieur, ministère du Travail et agence pour l’emploi se confirme avant toute demande.
Salaire minimum et niveaux de salaire
La loi n° 08/L-142 de 2024 sur le salaire minimum a fixé un minimum de 350 € par mois dans le secteur privé, approuvé par le gouvernement en octobre 2024 ; le Premier ministre a présenté cette hausse comme un passage de 170 € à 350 € pour un foyer dont le chef perçoit le minimum. Le montant en vigueur se confirme sur le site du gouvernement.
Le CLEISS indique une pension de retraite de base moyenne de l’ordre de 100 € par mois et une pension d’invalidité moyenne de l’ordre de 120 € par mois, et un salaire moyen kosovar dont la moitié sert de base à la partie publique du congé de maternité. Les niveaux de salaire varient selon le secteur, le poste et la région ; les statistiques par branche se consultent auprès des institutions kosovares. Le contrat de travail relève du droit kosovar ; un salarié détaché par un employeur français conserve les conditions de son contrat d’origine.
Impôt sur le revenu et convention fiscale
La loi n° 08/L-142 a modifié l’article 6 de la loi sur l’impôt sur le revenu des personnes physiques (n° 05/L-028), avec application à compter d'août 2024. Le barème annuel est le suivant : 0 % sur le revenu imposable jusqu’à 3 000 €, 8 % sur la fraction comprise entre 3 000 € et 5 400 €, 10 % au-delà de 5 400 € avec un montant fixe de 192 € sur la tranche inférieure. La retenue mensuelle sur salaire est de 0 % jusqu’à 250 €, 8 % de 250,01 € à 450 € et 10 % à partir de 450,01 € ; les salaires versés par un second employeur sont imposés à 10 %. L’ancien barème à quatre taux (0 %, 4 %, 8 % et 10 %) s’est appliqué jusqu’au 31 juillet 2024 (Administration fiscale du Kosovo).
La France et le Kosovo appliquent la convention fiscale franco-yougoslave de 1974, dont l’administration fiscale française indique qu’elle continue de produire ses effets entre les deux États. Pour les pensions, une pension privée n’est imposable que dans l’État de résidence du bénéficiaire (impots.gouv.fr). Un salarié détermine sa résidence fiscale selon le droit de chaque État avant de partir.
Cotisations sociales, KPST et accord de sécurité sociale
Le salarié cotise 5 % de son salaire brut à l’épargne-retraite complémentaire à cotisations définies (KPST), l’employeur versant un montant équivalent. Le régime de pension de base est financé par des cotisations, sans taux général publié par le CLEISS. L’assurance maladie obligatoire créée par une loi de 2014 n’est pas entrée en vigueur : un projet de loi approuvé par le gouvernement le 29 août 2024 prévoit un fonds, avec cotisations des salariés et des non-salariés. Il n’existe pas d’assurance chômage ; une indemnité de licenciement est prévue en cas de licenciement collectif (au moins 10 % de l’effectif et au moins 20 personnes en six mois), de un à sept mois de salaire selon l’ancienneté.
- Salarié détaché : maintien possible au régime français sans cotisation supplémentaire, avec le certificat d’assujettissement SE 21-01 ; les soins se remboursent sur factures avec le formulaire S 3125c ou auprès de l’organisme kosovar avec une copie du SE 21-01 (CLEISS).
- Salarié recruté localement : soumis à la législation kosovare ; il demande à sa caisse française le formulaire SE 21-02 (périodes d’assurance), et ses proches sans droit français peuvent être couverts par son emploi avec le formulaire SE 21-08.
- Accord : échange de lettres des 4 et 6 février 2013 entré en vigueur le 6 février 2013, qui s’applique aux salariés de nationalité française ou kosovare, à tous les risques sauf le chômage (CLEISS).
Voir le glossaire du détaché et le guide détaché ou expatrié.
Indépendants, nomades numériques et télétravail
Les indépendants s’assurent à la pension de base par une assurance obligatoire financée par des cotisations ; une assurance volontaire existe aussi. En l’absence d’assurance maladie publique obligatoire en vigueur, une assurance privée est nécessaire pour accéder aux soins sans avance de frais élevés. Le CLEISS précise que les personnes qui n’adhéreront pas au futur régime obligatoire devront payer l’intégralité du coût des soins.
Les sources officielles consultées ne décrivent pas de statut dédié au nomade numérique : un télétravailleur salarié d’une entreprise française règle avant le départ sa situation de séjour, de travail, sociale et fiscale avec l’ambassade du Kosovo à Paris, l’Urssaf, le CLEISS et l’administration fiscale. Voir aussi l’assurance nomade digital.
Congés, maladie et protection du salarié
Le salarié a droit à 20 jours de congé maladie par an, payés à 100 % par l’employeur, qui peut exiger un certificat au-delà de trois jours ; aucune indemnité journalière n’est versée par un régime d’assurance maladie. En cas d’accident du travail, l’incapacité temporaire est indemnisée par l’employeur à 70 % du salaire jusqu’à 90 jours, après les dix premiers jours, et l’employeur doit prévenir immédiatement l’inspection du travail. Le congé de maternité, de neuf mois, est payé à 70 % pendant six mois par l’employeur puis à 50 % du salaire moyen pendant trois mois par l’État (CLEISS).
La retraite est présentée dans la page retraite au Kosovo, et les remboursements dans la page remboursements des soins au Kosovo.
Retraite, chômage et indemnités de licenciement
Le régime de retraite de base est obligatoire pour les salariés et les indépendants, avec une assurance volontaire possible. Les conditions d’âge sont de 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes avec au moins 20 ans de cotisation, de 65 et 60 ans avec 15 à 20 ans de cotisation, ou sans condition d’âge avec 40 ans (hommes) ou 35 ans (femmes) de cotisation. La pension de base moyenne est de l’ordre de 100 € par mois, ce qui explique l’importance de l’épargne complémentaire KPST. Un minimum vieillesse financé par l’État existe pour les résidents permanents de plus de 65 ans sans ressources (CLEISS).
Il n’existe pas d’assurance chômage. Une loi de 2012 impose une indemnité de licenciement en cas de licenciement collectif : un mois de salaire pour 2 à 4 ans d’ancienneté, deux mois pour 5 à 9 ans, trois mois pour 10 à 19 ans, six mois pour 20 à 29 ans et sept mois à partir de 30 ans, pour les salariés en contrat à durée indéterminée.
L'économie kosovare en perspective
Le bloc « Repères économiques » ci-dessus affiche les indicateurs en temps réel. La monnaie officielle est l’euro, ce qui supprime le risque de change pour un salarié venant de France ; les petits commerces acceptent surtout les espèces (France Diplomatie). L’espérance de vie à la naissance dépasse 78 ans (Banque mondiale), qui ne publie pas de dépenses de santé courantes pour le Kosovo.
Un candidat compare utilement le salaire brut, la nature et la durée du permis, la couverture santé privée et les conditions de rapatriement avant d’accepter une offre.
Questions fréquentes
Un Français peut-il travailler au Kosovo avec un séjour de 90 jours ?
Non : le séjour sans visa de 90 jours sur 180 ne donne pas le droit de travailler. Il faut un permis de résidence et de travail, ou un certificat de notification d'emploi, lié à l'employeur.
Quel est le salaire minimum au Kosovo ?
350 € par mois dans le secteur privé depuis l'application de la loi n° 08/L-142 en 2024 ; le montant en vigueur se confirme sur le site du gouvernement.
Quel est le barème de l'impôt sur les salaires ?
Barème annuel : 0 % jusqu'à 3 000 € par an, 8 % de 3 000 € à 5 400 €, 10 % au-delà (plus 192 €). La retenue mensuelle est de 0 % jusqu'à 250 €, 8 % jusqu'à 450 €, 10 % ensuite.
Qu'est-ce que le KPST ?
Le KPST est l'épargne-retraite complémentaire à cotisations définies : le salarié cotise 5 % du salaire brut et l'employeur verse un montant équivalent (CLEISS).
Existe-t-il une assurance chômage au Kosovo ?
Non : il n'y a pas d'assurance chômage ; seule une indemnité de licenciement est prévue en cas de licenciement collectif, de un à sept mois de salaire selon l'ancienneté (CLEISS).
La convention de sécurité sociale franco-kosovare est-elle en vigueur ?
Oui : un échange de lettres des 4 et 6 février 2013, en vigueur depuis le 6 février 2013, applique la convention franco-yougoslave de 1950 aux salariés français ou kosovars, pour tous les risques sauf le chômage.
Les autres guides : Kosovo
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
