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Japon · Remboursements des soins

Remboursement des soins au Japon : salarié, détaché, indépendant, PVT, étudiant, retraité, touriste

L’essentiel

Au Japon, le remboursement dépend du statut : un salarié local relève du Kenko Hoken, un indépendant, un étudiant, un titulaire du visa vacances-travail ou un retraité du Kokumin Kenko Hoken, et ces deux régimes prennent en charge 70 % des frais pour la plupart des assurés. L’accord de sécurité sociale franco-japonais organise la retraite et le détachement : un salarié détaché muni du certificat reste au régime français jusqu’à 5 ans, et un retraité s’appuie sur le régime japonais, la CFE ou une assurance privée. L’affiliation obligatoire s’applique même avec une assurance au premier euro, qui complète le régime public. Le tableau ci-dessous récapitule chaque situation, et la section poste par poste détaille consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique et maternité.

  • Kenko Hoken (salariés) et Kokumin Kenko Hoken (autres résidents) : 70 % des frais pris en charge de 6 à 69 ans, avec un plafond mensuel du reste à charge (Immigration Services Agency, ISA).
  • Accord de sécurité sociale franco-japonais du 25 février 2005, en vigueur depuis le 1er juin 2007 : invalidité, vieillesse et survivants (CLEISS).
  • Détachement : maintien au régime français jusqu’à 5 ans, avec certificat délivré avant le départ (CLEISS).
  • Forfait naissance (shussan ikuji ichijikin) : 500 000 yens par enfant, 488 000 yens hors garantie obstétricale ou avant 22 semaines (Japan Health Insurance Association).
  • Visiteur temporaire, séjour de moins de 3 mois : hors des deux régimes ; une assurance voyage avec rapatriement est requise (France Diplomatie).
  • Soins reçus hors du Japon : remboursables par le régime japonais, après avance des frais, moins la participation (ISA).

Le statut détermine qui rembourse

Le guide de l’ISA pour vivre et travailler au Japon rappelle que l’affiliation à une assurance maladie publique concerne tous les résidents, quelle que soit leur nationalité. Les régimes japonais prennent en charge 70 % des frais pour la plupart des assurés de 6 à 69 ans (30 % à la charge du patient), 80 % avant six ans et de 70 à 74 ans, et 90 % à partir de 75 ans pour la plupart des assurés. Votre situation fixe le régime applicable et son coût. Le guide remboursements explique la logique générale, et la page système de santé japonais présente chaque régime.

Salarié local : le Kenko Hoken de l’employeur

Un salarié embauché localement, à temps plein ou à temps partiel selon la durée du travail et la taille de l’entreprise, est affilié au Kenko Hoken. L’employeur et le salarié paient chacun la moitié de la cotisation, et les personnes à charge sont couvertes sans cotiser. Le patient règle 30 % des frais. S’y ajoutent un plafond mensuel du reste à charge, une indemnité de maladie versée à partir du quatrième jour d’absence, une indemnité de congé maternité et le forfait de naissance (ISA).

Pendant les premières semaines, tant que la carte n’est pas reçue, le salarié avance la totalité des frais et demande le remboursement de la part prise en charge.

Salarié détaché : accord de sécurité sociale et certificat

La convention franco-japonaise de sécurité sociale du 25 février 2005, en vigueur depuis le 1er juin 2007, coordonne les risques invalidité, vieillesse et survivants. Elle prévoit la totalisation des périodes d’assurance, chaque État servant sa part de pension. Elle fixe aussi la règle du détachement : pour une mission initiale de 5 ans au plus, un salarié envoyé par un employeur français reste affilié au régime français, y compris pour la maladie, et les soins reçus au Japon sont pris en charge sans cotisation supplémentaire (CLEISS). Le certificat de détachement se demande avant le départ à l’organisme français compétent, en ligne via le compte employeur de l’Urssaf pour le régime général ; une dérogation exceptionnelle peut être sollicitée si la mission dépasse 5 ans.

Côté japonais, le guide de l’ISA exempte de l’assurance nationale les personnes originaires d’un pays qui a conclu avec le Japon un accord incluant l’assurance maladie et qui détiennent le certificat officiel de leur régime d’origine. Voir le glossaire : détaché et convention bilatérale de sécurité sociale. Le CLEISS décrit également le maintien au régime français d’un indépendant établi en France qui effectue une prestation de service au Japon, sous conditions.

Indépendant, Working Holiday et étudiant : le Kokumin Kenko Hoken

L’assurance nationale concerne les résidents de moins de 75 ans qui ne relèvent pas du Kenko Hoken. Elle s’applique à l’indépendant installé au Japon, à l’étudiant, dont le statut ne figure pas parmi les exceptions, et au titulaire d’un visa vacances-travail : le guide de l’ISA n’exclut que les activités spécifiées de soins médicaux et de tourisme-loisirs, de sorte que le séjour de 12 mois impose l’affiliation, à demander à la mairie avec la carte de résident.

La cotisation se calcule par foyer selon les revenus et le nombre de personnes, avec des réductions possibles selon les revenus, à demander à la mairie. Le patient règle 30 % et bénéficie du plafond mensuel. L’indépendant cotise aussi à la pension nationale, à raison d’un montant forfaitaire (catégorie I). Pour l’étudiant et le PVT, voir les pages assurance étudiant à l’étranger et assurance PVT.

Conjoint, retraité et adhérent CFE

Conjoint : la personne à charge d’un salarié du Kenko Hoken est couverte sans cotisation de santé et relève de la pension nationale de catégorie III. Le conjoint d’un titulaire de la NHI est assuré au titre du foyer. Un conjoint titulaire du statut « Dependent » peut s’affilier même pour un séjour annoncé de moins de trois mois, sur justificatif d’un séjour plus long. Voir le guide famille expatriée.

Retraité : le CLEISS indique que la convention de 2005 n’ouvre aucun droit au remboursement des soins reçus au Japon au titre de la retraite française. Le retraité résident s’affilie au Kokumin Kenko Hoken jusqu’à 75 ans, puis au système des personnes âgées ; il peut compléter par l’adhésion volontaire à la CFE ou par une assurance privée. Voir retraite au Japon et le guide retraite à l’étranger.

Adhérent CFE : seule l’attestation prévue par un accord de sécurité sociale exonère de l’assurance nationale (ISA). L’adhésion volontaire à la CFE relève d’un autre cadre : elle sert de complément, y compris pour les frais que le régime japonais laisse à la charge du patient.

Assurance au premier euro, touriste et retour en France

Assurance au premier euro : une assurance santé internationale rembourse dès le premier euro et couvre aussi l’évacuation et le rapatriement, mais l’affiliation japonaise obligatoire s’applique à tout résident non exempté ; les deux se cumulent, l’assurance privée prenant en charge les 30 % laissés au patient selon le contrat (voir 1er euro et assurance santé expatrié).

Touriste : le visiteur temporaire et le séjour de moins de trois mois restent hors des régimes publics. France Diplomatie rappelle que l’ambassade ne prend jamais en charge les frais de santé et qu’une assurance couvrant les soins et le rapatriement est indispensable (voir assurance voyage longue durée).

Retour en France : avant de partir, déclarez votre départ à la mairie. Les soins reçus hors du Japon peuvent donner lieu à un remboursement du régime japonais, après avance des frais et moins la participation. Un étranger parti après au moins six mois de cotisation et moins de dix ans d’assurance peut réclamer le retrait forfaitaire de sa pension dans les deux ans, calculé sur 60 mois au plus. Voir retour en France et assurance retour en France.

Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation : 30 % à la charge du patient dans les deux régimes. Un grand hôpital peut réclamer au moins 7 000 yens pour une première consultation sans lettre d’orientation (ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, MHLW).
  • Hospitalisation : même participation, limitée par le plafond mensuel (par exemple 85 800 yens plus 1 % au-delà de 286 000 yens de frais pour un revenu annuel de 3,7 à 7,7 millions de yens) ; les repas et le lit sortent du calcul (ISA, MHLW).
  • Médicaments : les ordonnances se retirent en pharmacie, et les médicaments entrent dans les frais pris en charge ; les drogueries vendent des produits sans ordonnance (ISA).
  • Dentaire : la dentisterie fait partie des spécialités du système ; les implants sont hors assurance (MHLW).
  • Optique : l’ophtalmologie fait partie des spécialités ; les lunettes, comme les appareils auditifs, sont hors assurance (MHLW).
  • Maternité : l’accouchement normal est hors prestation de soins, mais ouvre droit au forfait naissance de 500 000 yens (488 000 yens hors garantie obstétricale ou avant 22 semaines), versé directement à l’établissement ; un accouchement par césarienne est pris en charge comme un soin (Japan Health Insurance Association).

Qui rembourse quoi selon votre situation

SituationRégime principalAffiliation japonaisePoint d’attention
Salarié localKenko Hoken de l’employeurObligatoire30 % de participation ; personnes à charge couvertes sans cotisation
Salarié détachéRégime français (CLEISS)Exemptée avec certificatCertificat demandé avant le départ, 5 ans au plus
IndépendantKokumin Kenko Hoken (NHI)ObligatoireCotisation par foyer, pension nationale à verser
Working HolidayKokumin Kenko Hoken (NHI)Obligatoire au-delà de 3 moisDéclarer l’adresse à la mairie sous 14 jours
ÉtudiantKokumin Kenko Hoken (NHI)ObligatoireRéduction possible selon les revenus, à demander à la mairie
ConjointSelon le régime de la personne assuréeCouvert comme personne à charge ou affilié au foyerAucune cotisation de santé si personne à charge d’un salarié
RetraitéKokumin Kenko Hoken, puis système des 75 ans et plusObligatoireLa convention n’ouvre pas de droit aux soins au Japon ; CFE ou assurance privée en complément
Adhérent CFE / assurance au 1er euroComplément du régime publicInchangéeCouvre notamment les 30 % et le rapatriement selon le contrat
Touriste (moins de 3 mois)Assurance voyage privéeHors régimeRapatriement indispensable (France Diplomatie)
Retour en FranceRégime françaisPrend fin au départ du JaponSoins hors Japon remboursables par le régime japonais ; retrait forfaitaire de pension possible

Sources : Immigration Services Agency, CLEISS, France Diplomatie. Les situations mixtes (par exemple salarié détaché avec conjoint indépendant) se vérifient auprès de la caisse et de la mairie.

Questions fréquentes

Le Kenko Hoken rembourse-t-il aussi mon conjoint ?

Oui, si votre conjoint est une personne à charge au sens du régime : il est couvert sans cotiser, aux mêmes conditions de remboursement que l’assuré (70 % des frais pour la plupart des adultes). Dans les autres cas, il s’affilie à la NHI de la commune, selon l’Immigration Services Agency.

Un salarié détaché doit-il cotiser à l’assurance maladie japonaise ?

Non, avec le certificat de détachement du régime français : le salarié conserve la couverture maladie française, sans cotisation supplémentaire, pour une mission initiale de 5 ans au plus. L’Immigration Services Agency exempte de la NHI les personnes munies du certificat prévu par l’accord.

Le titulaire d’un visa vacances-travail doit-il s’affilier à l’assurance japonaise ?

Oui : le guide de l’Immigration Services Agency exclut seulement les séjours de moins de trois mois et les activités spécifiées de soins médicaux ou de tourisme. Le titulaire d’un séjour de 12 mois s’affilie donc à la NHI auprès de la mairie, avec sa carte de résident.

Mon assurance au premier euro dispense-t-elle de l’affiliation ?

L’affiliation obligatoire reste applicable à tout résident non exempté, y compris avec une assurance internationale. Les deux se cumulent : l’assurance privée rembourse selon son contrat, notamment la participation de 30 % et le rapatriement.

L’accord franco-japonais rembourse-t-il les soins d’un retraité au Japon ?

Non, selon le CLEISS : la convention de 2005 coordonne la retraite mais ne comporte aucune disposition pour le remboursement des soins reçus au Japon au titre de la retraite française. Le retraité s’affilie au régime japonais, adhère à la CFE ou souscrit une assurance privée.

Combien rembourse le forfait naissance au Japon ?

Le forfait naissance (shussan ikuji ichijikin) est de 500 000 yens par enfant dans les établissements couverts par la garantie obstétricale et de 488 000 yens sinon ou avant 22 semaines, selon la Japan Health Insurance Association. Il est versé directement à l’établissement dans le cadre du paiement direct.

Peut-on être remboursé pour des soins reçus hors du Japon ?

Oui : les régimes japonais prévoient le remboursement des soins reçus à l’étranger sur demande, après avance de la totalité des frais, avec déduction de la participation du patient, selon le guide de l’Immigration Services Agency.

Un touriste est-il couvert par l’assurance japonaise ?

Non : le visiteur temporaire et le séjour de moins de trois mois sont exclus des régimes publics. France Diplomatie rappelle que l’ambassade ne prend jamais en charge les frais de santé et qu’une assurance incluant les soins et le rapatriement est indispensable.

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