Japon · Vivre sur place
Vivre au Japon quand on est français : villes, coût de la vie, logement et installation
L’essentiel
S’installer au Japon est à la portée d’un Français : le séjour sans visa est limité à 90 jours, puis un statut de résidence, la carte de résident (zairyu card) et la déclaration d’adresse à la mairie sous 14 jours organisent l’installation. Le pays offre sécurité, services publics structurés et assurance maladie universelle, avec un niveau de prix de 104,2 à Tokyo pour une moyenne nationale de 100 selon le Statistics Bureau. Le logement demande de la préparation : dépôt de garantie (shikikin) d’environ deux mois de loyer, parfois un don au propriétaire (reikin) d’un à deux mois, et un garant ou une société de garantie de loyer. Séismes, langue et démarches en japonais sont les trois points à anticiper dès le départ.
- Séjour sans visa de 90 jours au plus pour un Français ; au-delà, un statut de résidence est nécessaire (France Diplomatie).
- Déclaration d’adresse à la mairie sous 14 jours avec la carte de résident ; le numéro My Number de 12 chiffres est notifié à cette occasion (Immigration Services Agency).
- Niveau des prix en 2025 : 104,2 à Tokyo, 103,3 dans la préfecture de Kanagawa (Yokohama), 96,2 à Gunma, pour une moyenne nationale de 100 (Statistics Bureau).
- Dépense moyenne en 2025 : 314 001 yens par mois pour un ménage de deux personnes ou plus, 173 042 yens pour une personne seule (Statistics Bureau).
- Entrée en location : dépôt de garantie d’environ 2 mois de loyer, reikin de 1 à 2 mois en région du Kanto, commission d’agence plafonnée à 1 mois (ministère du Territoire, MLIT).
- 4 125 395 résidents étrangers fin 2025, un record, dont 475 790 titulaires du statut d’ingénieur, spécialiste en sciences humaines ou services internationaux (ISA).
Repères économiques : Japon
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +1,2 %
- Inflation
- 3,2 %
- Taux de chômage
- 2,5 %
- PIB par habitant
- 35 951 $
- Population
- 123,4 millions
- Change
- 1 € = 178 JPY
- yen, cours BCE du jour
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Avantages et inconvénients de la vie au Japon
Le Japon accueille un nombre croissant d’étrangers : l’Immigration Services Agency (ISA) compte 4 125 395 résidents étrangers fin 2025, un record qui dépasse pour la première fois les 4 millions. Pour un Français, plusieurs atouts ressortent des sources officielles.
- Une assurance maladie universelle : tout résident doit s’affilier à une assurance publique, qui prend en charge 70 % des frais pour la plupart des assurés (guide de l’ISA pour vivre et travailler au Japon).
- Un cadre sûr : France Diplomatie décrit des agressions rares ; la vigilance porte surtout sur les vols dans les zones touristiques et les gares, et sur certains quartiers festifs de Tokyo.
- Des services publics structurés : les enfants étrangers sont accueillis dans les écoles publiques élémentaires et de collège, avec scolarité et manuels gratuits (ISA), et le système de retraite couvre les résidents de 20 à 59 ans.
- Une vie quotidienne très organisée : règles de tri des déchets, loyers payés d’avance, démarches administratives codifiées, que le guide de l’ISA détaille en dix-huit langues.
Les contreparties sont connues : la langue, car la plupart des démarches se font en japonais ; l’exposition aux séismes et aux typhons ; les formalités de location, qui exigent un garant ; la distance avec la France ; et des règles de séjour liées à l’activité exercée. Le guide travailler au Japon détaille les statuts de résidence qui permettent de travailler.
S’installer : visa, carte de résident, mairie et My Number
France Diplomatie rappelle que les Français entrent au Japon sans visa pour un court séjour de 90 jours au plus ; un séjour plus long suppose un statut de résidence. À l’arrivée, un titulaire de statut de moyen ou long séjour reçoit la carte de résident (zairyu card).
- Déclaration d’adresse : dans les 14 jours suivant l’emménagement, présentez la carte de résident (ou le passeport tant que la carte n’est pas émise) à la mairie. L’adresse est alors inscrite sur la carte, et un certificat de résidence est établi (ISA). Un déménagement impose une déclaration de départ puis une déclaration d’arrivée sous 14 jours ; un départ du Japon impose une déclaration avant de partir.
- My Number : la mairie notifie un numéro individuel de 12 chiffres, nécessaire pour la protection sociale, les impôts, l’ouverture d’un compte bancaire ou un transfert d’argent à l’étranger. La première demande de carte My Number est gratuite et la carte arrive en général environ un mois plus tard ; elle peut servir de carte d’assurance maladie (ISA, ministère de la Santé, MHLW).
- Validité : la carte My Number expire avec la période de séjour et doit être prolongée à la mairie après chaque renouvellement du titre.
- Permis de conduire : France Diplomatie indique qu’un permis français accompagné d’une traduction de la Japan Automobile Federation est accepté pendant douze mois après la première entrée ; au-delà, un permis japonais est requis.
- Registre des Français : l’inscription au registre des Français établis hors de France est recommandée au-delà de six mois, gratuite et valable cinq ans (ambassade de France au Japon).
L’ISA a par ailleurs publié une révision des droits de procédure en matière de séjour applicable au 1er octobre 2026 : vérifiez le montant en vigueur avant tout dépôt. Les formalités d’assurance maladie, obligatoires, sont expliquées dans le guide du système de santé japonais.
Tokyo, Osaka, Kyoto, Fukuoka, Sapporo, Nagoya, Yokohama : choisir sa ville
Le choix de la ville pèse sur le budget autant que sur le style de vie. Deux repères officiels aident à comparer : le niveau des prix par préfecture et le salaire minimum horaire, qui reflète l’activité locale (ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, MHLW).
- Tokyo : capitale et premier pôle d’emploi, avec le niveau de prix le plus élevé du pays (104,2) et le salaire minimum le plus haut (1 280 yens par heure). L’ambassade de France y est installée.
- Yokohama : préfecture de Kanagawa, seconde du classement des prix (103,3) et salaire minimum de 1 279 yens, avec une proximité immédiate de Tokyo.
- Osaka : cœur du Kansai, salaire minimum de 1 231 yens ; un Centre d’emploi pour étrangers y accompagne les chercheurs d’emploi (MOFA).
- Kyoto : salaire minimum de 1 180 yens, entrant en vigueur le 16 novembre 2026, et siège du consulat général de France.
- Nagoya : préfecture d’Aichi, salaire minimum de 1 195 yens et Centre d’emploi pour étrangers.
- Fukuoka : salaire minimum de 1 114 yens, porte d’entrée du Kyushu et Centre d’emploi pour étrangers.
- Sapporo : Hokkaido, salaire minimum de 1 131 yens, hivers froids et consul honoraire de France.
Le Statistics Bureau mesure un écart maximal de 1,08 entre la préfecture la plus chère (Tokyo) et la moins chère (Gunma, 96,2) : les écarts de prix de la vie quotidienne restent mesurés, le logement concentrant la plus grande différence (1,64 entre Tokyo et Okayama).
Coût de la vie : un budget à construire autour du logement
Le Statistics Bureau publie chaque année l’enquête sur les budgets des ménages. En 2025, un ménage de deux personnes ou plus (2,87 personnes en moyenne) a dépensé 314 001 yens par mois, soit 4,6 % de plus qu’en 2024 en valeur, et une personne seule (58,6 ans en moyenne) 173 042 yens. Dans cette enquête, le poste logement représente 18 678 yens par mois et celui de l’eau, de l’électricité et du gaz 24 547 yens, en moyenne nationale.
Ces moyennes mélangent propriétaires et locataires et lissent les écarts entre Tokyo et la province. Pour un expatrié locataire à Tokyo, Yokohama ou Osaka, le loyer est le premier poste : comparez les annonces d’agences locales plutôt qu’une moyenne nationale.
Côté prix, la Banque du Japon indique que l’indice des prix à la consommation hors produits frais progresse récemment entre 1,5 et 2,0 % sur un an et que l’inflation sous-jacente se rapproche de 2 %. Le bloc « Repères économiques » ci-dessus donne le taux de change euro-yen actualisé, utile pour convertir un loyer ou un salaire.
Se loger : loyers, shikikin, reikin et garant
Le guide de recherche de logement du ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme (MLIT) décrit les frais de la location privée, la voie la plus courante.
- Dépôt de garantie (shikikin) : en règle générale l’équivalent de 2 mois de loyer, restitué après déduction des frais de remise en état. Dans certaines régions, il s’appelle « guarantee money » et peut atteindre 6 mois.
- Reikin : somme versée au propriétaire à la signature, de 1 ou 2 mois de loyer, souvent demandée dans la région du Kanto et non remboursée ; certains logements récents s’en dispensent.
- Commission d’agence : fixée dans la limite d’un mois de loyer.
- Garant ou société de garantie de loyer : la société facture souvent 35 à 50 % d’un mois de loyer pour deux ans.
- Assurance habitation, premier loyer, charges communes : s’ajoutent à la signature ; le bail dure en général deux ans, avec des frais de renouvellement.
À titre d’illustration, pour un loyer de 100 000 yens, ces barèmes conduisent à réunir environ 535 000 à 650 000 yens à l’entrée :200 000 de shikikin, 100 000 à 200 000 de reikin, 100 000 d’agence, 100 000 de premier loyer et 35 000 à 50 000 de garantie. Une partie de la remise en état peut être non remboursable dans les régions du Tokai, du Kansai et du Kyushu.
Le site « Safety Net Housing » recense des logements acceptant les étrangers ; les logements de l’Urban Renaissance Agency (UR) sont ouverts aux titulaires d’un statut de moyen ou long séjour, résidents permanents compris (ISA).
Séismes, typhons et sécurité au quotidien
France Diplomatie souligne que le Japon concentre 20 % des plus importants séismes de la planète. L’agence météorologique classe l’intensité en dix grades, de 0 à 7. Le guide de l’ISA recommande de préparer un plan familial d’évacuation, de participer aux exercices de quartier, de disposer de nourriture et d’eau pour au moins trois jours (sept si possible) et de fixer les meubles.
Les typhons et les fortes pluies touchent le pays du début de l’été à l’automne ; les cartes de risques (hazard maps) indiquent les zones inondables et les abris. France Diplomatie signale aussi l’activité du volcan Sakurajima à Kagoshima, classé en alerte de niveau 3, et 216 attaques d’ours, avec 238 blessés et 13 décès, entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026, principalement en zones rurales et de montagne.
Pour les secours, composez le 110 (police) ou le 119 (pompiers et ambulance). La ligne de la Japan National Tourism Organization (050-3816-2787, en anglais, 24 h/24) renseigne les voyageurs.
Langue, scolarité et lycée français international de Tokyo
Apprendre le japonais facilite chaque démarche. Les collectivités, associations internationales et organisations à but non lucratif proposent des cours souvent peu coûteux, parfois gratuits, à raison d’une ou deux séances par semaine, et le site « Tsunahiro » du ministère de l’Éducation propose des contenus en français (ISA).
Pour la scolarité, les enfants étrangers peuvent être accueillis dans les écoles publiques élémentaires et de collège, avec scolarité et manuels gratuits ; il suffit de le signaler à la mairie. La scolarité obligatoire concerne les enfants de nationalité japonaise de 6 à 15 ans.
Le lycée français international de Tokyo, établissement du réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), accueille 1 570 élèves à la rentrée de septembre 2025, de la petite section de maternelle à la terminale. Il est géré par une fondation de droit japonais créée le 23 décembre 2005 par l’AEFE et le gouvernorat de Tokyo, et propose une campagne de bourses scolaires. Les familles qui préparent leur départ trouveront d’autres repères dans le guide famille expatriée et la page assurance famille expatriée.
Pour la santé, l’affiliation à l’assurance publique est obligatoire ; Expavy aide à comparer les compléments possibles à partir du diagnostic et la page remboursements détaille chaque situation.
Les démarches d’installation en un coup d’œil
| Démarche | Délai ou durée | Où | À présenter |
|---|---|---|---|
| Déclaration d’adresse | 14 jours après l’emménagement | Mairie du lieu de résidence | Carte de résident ou passeport |
| Affiliation à l’assurance maladie | À l’installation, au-delà de 3 mois de séjour | Mairie (Kokumin Kenko Hoken) ou employeur (Kenko Hoken) | Carte de résident |
| Pension nationale | Résidents de 20 à 59 ans | Mairie (catégorie I) ou employeur | Carte de résident, numéro My Number |
| Carte My Number | Environ un mois après la demande | Mairie | Photo, formulaire reçu par courrier |
| Notification d’organisme de rattachement | 14 jours après un changement d’employeur | Immigration Services Agency | Titre de séjour de travail |
| Permis de conduire | Traduction acceptée 12 mois après l’entrée | Japan Automobile Federation | Permis français et traduction |
| Inscription au registre des Français | Recommandée au-delà de 6 mois, valable 5 ans | Ambassade ou consulat général | Pièce d’identité |
Sources : Immigration Services Agency, France Diplomatie. Les délais et pièces exacts varient selon la mairie : vérifier sur le site de la commune.
Questions fréquentes
Un Français peut-il s’installer au Japon sans visa ?
France Diplomatie indique que les Français entrent sans visa pour un court séjour de 90 jours au plus. Pour s’installer, il faut un statut de résidence obtenu selon l’activité (travail, études, vacances-travail, conjoint de Japonais) ; la carte de résident est délivrée à l’arrivée aux titulaires d’un séjour de moyen ou long terme.
Sous quel délai déclarer son adresse à la mairie ?
Dans les 14 jours après l’emménagement, avec la carte de résident ou le passeport. Le même délai de 14 jours s’applique à chaque déménagement ; un départ du Japon se déclare avant de partir. La mairie notifie aussi le numéro My Number de 12 chiffres.
Combien faut-il prévoir pour entrer dans un logement locatif ?
Le ministère du Territoire (MLIT) cite un dépôt de garantie d’environ 2 mois de loyer, un reikin de 1 à 2 mois dans la région du Kanto, une commission d’agence plafonnée à 1 mois, le premier loyer, l’assurance habitation et, avec une société de garantie, 35 à 50 % d’un mois de loyer pour deux ans. Pour un loyer de 100 000 yens, comptez environ 535 000 à 650 000 yens.
Quel budget mensuel prévoir pour vivre au Japon ?
Selon le Statistics Bureau, un ménage de deux personnes ou plus a dépensé en moyenne 314 001 yens par mois en 2025 et une personne seule 173 042 yens. Tokyo présente le niveau de prix le plus élevé (104,2 pour une moyenne nationale de 100) et le logement concentre l’essentiel des écarts régionaux.
Faut-il parler japonais pour vivre au Japon ?
La plupart des démarches administratives et des contrats se font en japonais. Des cours gratuits ou peu chers existent auprès des collectivités et des associations, et le guide de l’Immigration Services Agency est disponible en dix-huit langues, dont le français.
Les séismes sont-ils un danger pour un expatrié ?
Le Japon concentre 20 % des plus forts séismes de la planète selon France Diplomatie. L’Immigration Services Agency recommande un plan d’évacuation, des réserves d’eau et de nourriture pour trois jours au moins, la fixation des meubles et la participation aux exercices de quartier, et les cartes de risques locales indiquent les abris.
Existe-t-il une école française à Tokyo ?
Oui, le lycée français international de Tokyo, établissement du réseau de l’AEFE, accueille 1 570 élèves de la petite section de maternelle à la terminale à la rentrée de septembre 2025. Les écoles publiques japonaises accueillent aussi les enfants étrangers, avec scolarité et manuels gratuits.
L’assurance maladie est-elle obligatoire pour un Français qui s’installe ?
Oui, tout résident dont le séjour dépasse trois mois doit s’affilier à l’assurance maladie publique, le Kenko Hoken par l’employeur ou le Kokumin Kenko Hoken à la mairie, sauf certificat d’un accord de sécurité sociale pour un salarié détaché.
Les autres guides : Japon
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.