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Japon · Système de santé

Le système de santé au Japon : Kenko Hoken, Kokumin Kenko Hoken, plafond mensuel et accès aux soins

L’essentiel

Le Japon impose une assurance maladie publique à tout résident, étranger compris, dont le séjour dépasse trois mois : le Kenko Hoken pour les salariés, le Kokumin Kenko Hoken (NHI) pour les autres. Le patient règle 30 % des frais de 6 à 69 ans, 20 % avant 6 ans et de 70 à 74 ans, 10 % pour la plupart des assurés à partir de 75 ans. Un plafond mensuel (kogaku ryoyohi) limite le reste à charge : de 85 800 yens plus 1 % de la part des frais supérieure à 286 000 yens pour un revenu annuel d’environ 3,7 à 7,7 millions de yens, avec un barème révisé en août 2026. Les cliniques de quartier sont la porte d’entrée, les grands hôpitaux demandent en général une lettre d’orientation, et le numéro d’urgence est le 119.

  • Affiliation obligatoire des résidents étrangers dont le séjour dépasse 3 mois ; exemptions : visiteur temporaire, séjour médical ou touristique, certificat d’un accord de sécurité sociale incluant la maladie (Immigration Services Agency, ISA).
  • Participation du patient : 30 % de 6 à 69 ans, 20 % avant 6 ans, 20 % de 70 à 74 ans (30 % avec des revenus d’actif), 10 % à partir de 75 ans pour la plupart (ISA).
  • Plafond mensuel depuis août 2026, moins de 70 ans, revenu annuel d’environ 3,7 à 7,7 millions de yens : 85 800 yens + 1 % au-delà de 286 000 yens de frais ; 44 400 yens dès le 4e mois ; plafond annuel de 530 000 yens (ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, MHLW).
  • Salarié à Tokyo : taux de santé de 9,85 % du salaire standard, partagé à parts égales, plus 0,23 % de contribution pour l’enfance depuis avril 2026 (Japan Health Insurance Association).
  • Forfait naissance : 500 000 yens par enfant dans les établissements couverts par la garantie obstétricale, 488 000 yens sinon (Japan Health Insurance Association, ISA).
  • Hôpital sans lettre d’orientation : supplément d’au moins 7 000 yens pour une première consultation dans les grands établissements concernés (MHLW).

Une assurance maladie universelle à deux régimes

Le guide de l’ISA pour vivre et travailler au Japon pose le principe : quelle que soit sa nationalité, on doit s’affilier à l’assurance maladie publique, afin que chacun accède aux soins à un coût modéré en partageant la charge entre tous. Deux régimes se complètent.

  • Kenko Hoken (assurance santé des salariés) : obligatoire pour les salariés permanents, les dirigeants et les employés à temps partiel qui travaillent au moins les trois quarts du temps d’un salarié à temps plein, ou qui cumulent plus de 20 heures par semaine, plus de 88 000 yens par mois, une durée prévue de plus de deux mois et un employeur de 51 salariés ou plus, hors étudiants. L’employeur et le salarié paient chacun la moitié de la cotisation ; les personnes à charge n’en versent aucune.
  • Kokumin Kenko Hoken (assurance nationale, NHI) : pour les résidents de moins de 75 ans hors Kenko Hoken (indépendants, étudiants, retraités, titulaires d’un visa vacances-travail). La cotisation se calcule par foyer selon les revenus et le nombre de personnes, et elle est payée par le chef de foyer ; des réductions existent selon les revenus auprès de la mairie.

À 75 ans, le résident passe au système de santé des personnes âgées. Un changement de commune ou l’entrée dans une entreprise affiliée met fin à l’affiliation à la NHI. Pour la comparaison avec les systèmes d’autres pays, voir le guide systèmes de santé dans le monde.

Qui doit s’affilier : tous les résidents de plus de trois mois

Un étranger doit s’affilier dès que sa durée de séjour dépasse trois mois, avec une carte de résident et une adresse déclarée à la mairie. Le guide de l’ISA liste les exceptions : séjour de moins de trois mois, statut de visiteur temporaire, activité spécifiée de soins médicaux (et accompagnant) ou de tourisme et loisirs, diplomate, personne sans statut de résidence valide, et personne qui détient un certificat officiel de rattachement à un système de sécurité sociale étranger lorsque le Japon a conclu avec ce pays un accord qui couvre la maladie. Même sous trois mois, l’affiliation est ouverte aux statuts de spectacle, de stagiaire technique, de personne à charge et à certaines activités spécifiées, sur justificatif d’un séjour plus long.

La carte My Number peut servir de carte d’assurance maladie chez les médecins et les pharmacies équipés. Le défaut de paiement des cotisations est pris en compte : pour une demande de résidence permanente, l’ISA examine le paiement des cotisations d’assurance maladie publique des deux dernières années. Les salariés détachés par une entreprise française peuvent rester au régime français avec un certificat (voir le détail de la page remboursements des soins et la fiche Japon).

Ce que paie le patient : 30 %, 20 % ou 10 %

Le guide de l’ISA fixe la participation de l’assuré : 20 % pour les enfants de moins de six ans, 30 % de 6 à 69 ans, 20 % de 70 à 74 ans (30 % pour les personnes qui ont un revenu d’actif), puis 10 % à partir de 75 ans, 20 % au-delà d’un certain revenu et 30 % pour les revenus d’actif. Le reste est pris en charge par l’assurance, qui s’appuie sur un tarif national uniforme des actes.

Certains frais sortent de ce cadre. Le MHLW cite parmi les exemples non couverts les implants dentaires, les vaccinations, les aides techniques comme les lunettes et les appareils auditifs, et les soins esthétiques ; un traitement hors assurance se paie en totalité. Les frais de repas et de lit en hospitalisation sont aussi exclus du calcul du plafond mensuel. Dans quelques cas (carte pas encore reçue, appareil orthopédique, acupuncture prescrite, soins hors du Japon), le patient avance la totalité et demande ensuite le remboursement de la part prise en charge.

Les salariés bénéficient aussi d’une indemnité de maladie versée à partir du quatrième jour d’absence pendant 18 mois au plus, et d’une indemnité de congé maternité pendant les 42 jours avant l’accouchement (98 jours pour des jumeaux) et les 56 jours après. Le forfait de naissance atteint 500 000 yens par enfant dans les établissements couverts par la garantie obstétricale et 488 000 yens ailleurs ou avant 22 semaines.

Le plafond mensuel du reste à charge (kogaku ryoyohi)

Le système de remboursement des frais médicaux élevés limite chaque mois la somme restant à la charge de l’assuré (hors repas et lit à l’hôpital) selon l’âge et le revenu. Le MHLW a révisé les plafonds à partir des soins d’août 2026 et ajouté un plafond annuel : une fois atteint, aucun paiement supplémentaire n’est demandé pour la période. Le seuil dit de « multiples occurrences » (au moins quatre mois de dépassement dans l’année) abaisse encore le plafond, et le ministère a maintenu ces montants.

Exemple pour un assuré de moins de 70 ans dont le revenu annuel se situe entre 3,7 et 7,7 millions de yens : 1 million de yens de frais donne un reste à charge d’environ 93 000 yens, soit 85 800 yens plus 1 % de la part de frais dépassant 286 000 yens (les frais sont ceux du tarif national, avant participation). Le ministère a prévu, à partir d’août 2027, un découpage plus fin des tranches de revenu : vérifiez le barème en vigueur sur son site au moment de vos soins. Le dispositif s’applique aux assurés affiliés à un régime public.

Hôpitaux, cliniques et médecins anglophones

Le guide de l’ISA distingue trois niveaux : les cabinets et cliniques pour les symptômes légers, les hôpitaux moyens pour la chirurgie, l’hospitalisation et les urgences, les grands hôpitaux pour les urgences vitales et les soins avancés. Présentez votre carte d’assurance, faute de quoi la totalité des frais est à votre charge. Pour une première consultation dans un grand hôpital sans lettre d’un médecin, le MHLW prévoit une somme à régler en plus, d’au moins 7 000 yens ; le montant exact se vérifie auprès de l’établissement.

Pour choisir : la mairie, les journaux municipaux, le site national « Medical Information Net (NAVII) », le guide en langues étrangères de la Japan National Tourism Organization (qui recense des hôpitaux acceptant les patients étrangers) et les 400 centres de soutien à la sécurité médicale du pays. L’ambassade de France tient à jour une liste de médecins et d’hôpitaux francophones et anglophones, et France Diplomatie recommande de la consulter avant un départ. Les associations internationales et organisations à but non lucratif proches de chez vous peuvent aussi vous guider dans votre langue.

Urgences au 119, médicaments et vaccins

Pour une urgence médicale, composez le 119 : l’opérateur demande s’il s’agit d’un incendie ou d’une urgence médicale, puis le lieu (un repère proche), les symptômes et l’âge de la personne, votre nom et votre numéro. Le 110 joint la police. Les médicaments sur ordonnance se retirent en pharmacie ; les drogueries ne vendent que des produits sans ordonnance (ISA).

France Diplomatie précise les règles d’entrée des médicaments : un mois de traitement avec ordonnance sans autorisation, une autorisation préalable au-delà, une réglementation stricte pour les stupéfiants (morphine, codéine, oxycodone, péthidine) et une interdiction de la méthadone. Elle recommande les vaccins habituels du calendrier français, selon les cas les vaccins contre les hépatites A et B ou l’encéphalite japonaise, et a publié en mars 2026 une alerte sur une hausse des cas de rougeole.

Ce que l’assurance publique ne remplace pas

L’assurance publique couvre les soins au Japon, mais pas l’évacuation médicale ni le rapatriement : France Diplomatie rappelle que l’ambassade ne prend jamais en charge les frais de santé et qu’une assurance couvrant les dépenses de santé et le rapatriement est indispensable. Le Kenko Hoken et la NHI laissent aussi une participation de 30 % à la charge du patient, et excluent notamment les implants, les lunettes et les vaccinations.

Plusieurs solutions complètent le régime japonais : la CFE et sa complémentaire, une assurance santé expatrié, ou l’assistance rapatriement. Expavy aide à comparer ces options avec le diagnostic.

Plafond mensuel du reste à charge pour les moins de 70 ans

Revenu annuel indicatifPlafond mensuelÀ partir du 4e mois de dépassementPlafond annuel
Environ 11,6 millions de yens ou plus270 300 yens + 1 % des frais au-delà de 901 000 yens140 100 yens1 680 000 yens
Environ 7,7 à 11,6 millions de yens179 100 yens + 1 % des frais au-delà de 597 000 yens93 000 yens1 110 000 yens
Environ 3,7 à 7,7 millions de yens85 800 yens + 1 % des frais au-delà de 286 000 yens44 400 yens530 000 yens
Jusqu’à environ 3,7 millions de yens61 500 yens44 400 yens530 000 yens
Foyer non imposable à la taxe d’habitant36 900 yens24 600 yens290 000 yens

Source : MHLW, barème applicable aux soins d’août 2026 à juillet 2027, patients de moins de 70 ans. Hors repas et lit à l’hôpital. Le ministère prévoit un découpage plus fin des tranches à partir d’août 2027.

Questions fréquentes

L’assurance maladie japonaise est-elle obligatoire pour un étranger ?

Oui : tout résident étranger dont le séjour dépasse trois mois doit s’affilier, au Kenko Hoken s’il est salarié d’une entreprise affiliée, au Kokumin Kenko Hoken (NHI) sinon. Les exceptions sont les visiteurs temporaires, les séjours médicaux ou touristiques et les titulaires d’un certificat d’accord de sécurité sociale incluant la maladie, selon l’Immigration Services Agency.

Quel est le reste à charge chez le médecin au Japon ?

Il est de 30 % des frais de 6 à 69 ans, de 20 % avant 6 ans et de 70 à 74 ans, et de 10 % à partir de 75 ans pour la plupart des assurés, 30 % pour les revenus d’actif. Les lunettes, implants, vaccinations et soins esthétiques sont hors assurance, selon le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales.

Qu’est-ce que le plafond mensuel kogaku ryoyohi ?

C’est un plafond qui limite chaque mois le reste à charge selon l’âge et le revenu. Pour un revenu annuel d’environ 3,7 à 7,7 millions de yens, il est de 85 800 yens plus 1 % de la part des frais dépassant 286 000 yens ; un plafond annuel de 530 000 yens s’applique aux soins d’août 2026 à juillet 2027.

Peut-on consulter directement à l’hôpital ?

Oui, mais les grands hôpitaux demandent en principe une lettre d’orientation : sans elle, une somme d’au moins 7 000 yens s’ajoute à la première consultation. Les cliniques de quartier sont plus accessibles pour les symptômes légers.

Comment appeler une ambulance au Japon ?

Composez le 119 et répondez « urgence médicale » à la question de l’opérateur, puis donnez un repère proche ou l’adresse, les symptômes et l’âge de la personne, ainsi que votre nom et votre numéro de téléphone. Le 110 est le numéro de la police.

Trouve-t-on des médecins anglophones ou francophones au Japon ?

Oui. L’ambassade de France tient une liste de médecins et d’hôpitaux francophones et anglophones, la Japan National Tourism Organization propose un guide des établissements qui acceptent les patients étrangers en langues étrangères, et sa ligne 050-3816-2787 répond en anglais à toute heure.

Que ne couvre pas l’assurance publique japonaise ?

Elle laisse une participation de 30 % pour la plupart des adultes et exclut notamment les implants, les vaccinations, les lunettes, les appareils auditifs et les soins esthétiques. L’évacuation médicale et le rapatriement relèvent d’une assurance complémentaire ou internationale.

Peut-on emporter ses médicaments français au Japon ?

Un mois de traitement avec ordonnance est admis sans autorisation selon France Diplomatie ; au-delà, une autorisation préalable est nécessaire, les stupéfiants comme la morphine ou la codéine sont strictement réglementés et la méthadone est interdite.

Les autres guides : Japon