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Japon · Travailler et économie

Travailler au Japon : emploi, statuts de résidence, salaire minimum, impôts et économie

L’essentiel

Un Français travaille au Japon avec un statut de résidence qui autorise l’activité : « Engineer/Specialist in Humanities/International Services » pour la plupart des postes qualifiés, « Highly Skilled Professional » pour les profils à points, ou le Working Holiday pour les 18-30 ans, avec 1 800 visas par an. Le salaire minimum se fixe par préfecture : la moyenne nationale pondérée atteint 1 177 yens de l’heure contre 1 121 yens avant la révision, avec 1 280 yens à Tokyo (ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, MHLW). Le salarié est affilié à la shakai hoken (santé, retraite, chômage), paie un impôt national de 5 à 45 % et une taxe d’habitant de 10 %. Le marché du travail reste tendu, avec 1,18 offre par demandeur en juillet.

  • Salaire minimum horaire : moyenne nationale pondérée de 1 177 yens (1 121 yens avant révision, +5,0 %) ; Tokyo 1 280, Osaka 1 231, Miyazaki 1 085 (MHLW).
  • Working Holiday : 1 800 visas par an pour les Français de 18 à 30 ans, visa délivré une seule fois (Ministry of Foreign Affairs, MOFA).
  • Salaire mensuel moyen des travailleurs à temps plein en juin 2025 : 340 600 yens, 418 300 à Tokyo ; 313 200 yens pour les étrangers en fonctions spécialisées et techniques (MHLW).
  • Heures supplémentaires : majoration d’au moins 25 %, 50 % au-delà de 60 heures par mois, 35 % le jour de repos légal (Immigration Services Agency, ISA).
  • Impôt national sur le revenu en sept tranches de 5 % à 45 % et taxe d’habitant de 10 % (National Tax Agency, ministère de l’Intérieur et des Communications, MIC).
  • Marché du travail : 1,18 offre d’emploi par demandeur en juillet 2026 et taux directeur de la Banque du Japon à 1,25 % depuis le 24 septembre 2026.

Repères économiques : Japon

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+1,2 %
Inflation
3,2 %
Taux de chômage
2,5 %
PIB par habitant
35 951 $
Population
123,4 millions
Change
1 € = 178 JPY
yen, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Trouver un emploi au Japon quand on est français

Le marché de l’emploi japonais recrute : le MHLW relève en juillet 2026 un taux de 1,18 offre d’emploi pour un demandeur, un taux de 1,00 pour les emplois permanents et 2,10 pour les nouvelles offres. La banque centrale décrit des conditions de marché du travail « tendues ». Pour un étranger, la porte d’entrée est le statut de résidence : le guide de l’ISA distingue les statuts qui permettent de travailler dans un champ précis, ceux qui autorisent toute activité (résident permanent, conjoint de Japonais ou de résident permanent, résident de longue durée) et ceux qui ne permettent pas de travailler en principe (visiteur temporaire, étudiant, personne à charge).

Pour la recherche, les bureaux publics Hello Work présentent les offres, et des Centres d’emploi pour étrangers existent à Tokyo, Nagoya, Osaka et Fukuoka (MOFA). Le guide de l’ISA rappelle que le placement ne donne lieu à aucune rémunération du candidat, que les agences doivent détenir une licence et que les conditions de travail doivent être remises par écrit (rémunération, lieu, contenu). Les programmes V.I.E et V.I.A, présentés par l’ambassade de France, s’adressent aux 18-28 ans. Pour un projet de départ, le guide salarié d’entreprise précise les options de protection sociale.

Les statuts de résidence pour travailler

Engineer/Specialist in Humanities/International Services : ce statut couvre les métiers qui demandent des connaissances techniques ou en sciences humaines : ingénieur, interprète, designer, enseignant de langues, responsable marketing. L’ISA demande un diplôme dans le domaine concerné ou une expérience professionnelle attestée, et une rémunération au moins égale à celle d’un Japonais. Les durées de séjour accordées sont de 5 ans, 3 ans, 1 an ou 3 mois.

Highly Skilled Professional : un système à points fondé sur le parcours universitaire, l’expérience et le revenu. À partir de 70 points, l’ISA accorde un séjour de 5 ans, la possibilité d’exercer plusieurs activités et des conditions assouplies pour la résidence permanente, avec un délai raccourci qui dépend du nombre de points. Un régime distinct, J-Skip, existe depuis avril 2023 pour les profils exceptionnels.

Autres statuts : le guide de l’ISA cite aussi le salarié muté au sein d’un groupe (Intra-company Transferee), le dirigeant (Business Manager), le chercheur, l’enseignant ou le travailleur qualifié. La demande passe généralement par un certificat d’éligibilité délivré par l’ISA, que l’employeur peut solliciter pour le candidat. Un changement d’employeur doit être notifié à l’ISA dans les 14 jours. L’ISA a aussi révisé ses droits de procédure au 1er octobre 2026 : consultez le montant en vigueur.

Le Working Holiday pour les 18-30 ans

Le MOFA recense 32 pays et régions partenaires du programme. La France y figure depuis 2000, avec un maximum de 1 800 visas par an. Les conditions : avoir entre 18 et 30 ans inclus au dépôt, séjourner d’abord pour des vacances, voyager sans enfant ni personne à charge, détenir un passeport valide, un billet de retour ou les fonds pour l’acheter, des ressources raisonnables pour la période initiale, être en bonne santé et n’avoir jamais reçu de visa vacances-travail japonais. La demande se dépose auprès de l’ambassade ou d’un consulat du Japon en France.

L’emploi est une activité accessoire destinée à compléter le budget du voyage ; les bars, cabarets, boîtes de nuit et salles de jeux sont interdits, sous peine d’expulsion. Le participant déclare son adresse à la mairie dans les 14 jours. Pour la santé, un séjour de plus de trois mois relève de l’assurance nationale (Kokumin Kenko Hoken), comme l’indique le guide de l’ISA : voir le guide PVT, la page assurance PVT et le détail des remboursements de soins.

Salaires, heures supplémentaires et conditions de travail

L’enquête sur la structure des salaires du MHLW (juin 2025, entreprises de 10 salariés et plus) donne un salaire mensuel contractuel moyen de 340 600 yens pour les travailleurs à temps plein (373 400 pour les hommes, 285 900 pour les femmes). Seules quatre préfectures dépassent cette moyenne : Tokyo (418 300 yens), Kanagawa, Aichi et Osaka. Pour les étrangers, le salaire moyen est de 254 300 yens (+4,8 %), et de 313 200 yens (+7,3 %) pour ceux qui exercent une fonction spécialisée ou technique. Le salaire horaire moyen des travailleurs à temps partiel est de 1 518 yens.

  • Durée légale : 8 heures par jour et 40 heures par semaine ; pause d’au moins 45 minutes au-delà de 6 heures de travail et 60 minutes au-delà de 8 heures ; au moins un jour de repos par semaine (ISA).
  • Heures supplémentaires : elles supposent un accord écrit (accord « 36 ») ; plafond de principe de 45 heures par mois et 360 heures par an ; majoration d’au moins 25 %, portée à 50 % au-delà de 60 heures par mois, 35 % pour le travail un jour de repos légal, 25 % entre 22 h et 5 h.
  • Congés payés : 10 jours ouvrés après six mois de présence continue avec au moins 80 % d’assiduité, jusqu’à 20 jours avec l’ancienneté.

Shakai hoken et impôts : ce qui est prélevé sur le salaire

La shakai hoken, l’assurance sociale, regroupe l’assurance maladie (Kenko Hoken), la retraite des salariés (Kosei Nenkin) et l’assurance chômage ; le guide de l’ISA précise que l’employeur et le salarié se partagent à parts égales les cotisations de santé et de retraite, et que les personnes à charge du salarié n’ont aucune cotisation de santé à verser. Les taux de santé sont publiés par l’association de l’assurance maladie des salariés (Kyokai Kenpo) selon la préfecture ; le guide du système de santé en donne le détail. Un indépendant, lui, relève de la pension nationale et de l’assurance maladie de sa commune.

Impôt national : sept tranches de 5 % à 45 % selon le revenu imposable, à quoi s’ajoute une surtaxe de reconstruction de 2,1 % de l’impôt jusqu’en 2037 ; la National Tax Agency indique qu’à partir du 1er janvier 2027, cette surtaxe passera à 1,1 % et sera accompagnée d’une retenue spéciale de défense de 1 %. Taxe d’habitant : un taux de 10 % (4 % pour la préfecture, 6 % pour la commune) plus une part forfaitaire, calculée sur les revenus de l’année précédente et due par la personne résidente au 1er janvier, même si elle quitte le pays ensuite (MIC, ISA).

Un salarié voit l’impôt retenu à la source et régularisé en fin d’année par l’employeur. Un résident est imposé sur ses revenus mondiaux ; un résident non permanent (au plus 5 ans de résidence sur les 10 dernières années) l’est sur ses revenus de source japonaise et sur ses revenus étrangers payés ou transférés au Japon. La déclaration de revenus se dépose du 16 février au 15 mars (ISA). Une convention fiscale franco-japonaise vise à éviter la double imposition : ses stipulations se vérifient sur le site de l’administration fiscale française. Pour la protection sociale, un salarié détaché peut rester affilié à la Sécurité sociale française jusqu’à 5 ans, avec certificat (CLEISS) : voir détaché et la page remboursements.

Économie : croissance, inflation, yen, démographie et pénurie de main-d’œuvre

Le bloc « Repères économiques » ci-dessus donne la croissance, l’inflation, le chômage, le PIB par habitant, la population et le taux de change euro-yen actualisés. Les sources officielles apportent le contexte. Le Cabinet Office chiffre la croissance du deuxième trimestre 2026 à +0,4 % sur le trimestre, soit +1,4 % en rythme annualisé (deuxième estimation du 8 septembre 2026). La Banque du Japon juge que l’économie se redresse modérément malgré l’effet de la situation au Moyen-Orient, soutenue par la demande mondiale liée à l’intelligence artificielle.

Sur les prix, l’indice hors produits frais progresse récemment de 1,5 à 2,0 % sur un an ; la banque cite aussi la dépréciation du yen parmi les facteurs de hausse des prix à la production. Le 18 septembre 2026, elle a relevé son taux directeur à 1,25 % par 7 voix contre 2, applicable le 24 septembre, et annonce poursuivre la remontée des taux selon l’évolution de l’activité et des prix.

La démographie explique la tension sur la main-d’œuvre : selon le Statistics Bureau, le Japon compte 122,93 millions d’habitants au 1er juillet 2026 (−0,35 % sur un an), avec 29,5 % de personnes de 65 ans et plus et 59,8 % de 15-64 ans. La population étrangère atteint 3,896 millions au 1er février 2026, en hausse de 12,14 % sur un an, dont 86,7 % ont entre 15 et 64 ans. La banque centrale note que le sentiment de pénurie de main-d’œuvre reste fort et entretient la hausse des salaires : un contexte favorable aux candidats qualifiés. Pour le séjour, le guide vivre au Japon détaille la vie quotidienne.

Salaire minimum horaire dans les grandes villes

Préfecture (ville)Salaire minimum horaireHausseEntrée en vigueur
Tokyo1 280 yens (1 226 avant révision)+54 yens (+4,4 %)1er octobre 2026
Kanagawa (Yokohama)1 279 yens+54 yens (+4,4 %)1er octobre 2026
Osaka1 231 yens+54 yens (+4,6 %)1er octobre 2026
Aichi (Nagoya)1 195 yens+55 yens (+4,8 %)1er octobre 2026
Kyoto1 180 yens+58 yens (+5,2 %)16 novembre 2026
Hokkaido (Sapporo)1 131 yens+56 yens (+5,2 %)1er octobre 2026
Fukuoka1 114 yens+57 yens (+5,4 %)4 octobre 2026
Moyenne nationale pondérée1 177 yens (1 121 avant révision)+56 yens (+5,0 %)Selon la préfecture, du 1er octobre au 2 décembre 2026

Source : MHLW, liste nationale des salaires minimums régionaux. Le plus bas est de 1 085 yens à Miyazaki. L’ancien montant s’applique jusqu’à la date d’entrée en vigueur propre à chaque préfecture.

Questions fréquentes

Quel visa faut-il pour travailler au Japon quand on est français ?

Un statut de résidence qui autorise l’activité : Engineer/Specialist in Humanities/International Services pour la plupart des postes qualifiés, Highly Skilled Professional pour les profils à points, Intra-company Transferee pour une mutation intragroupe, ou Working Holiday pour les 18-30 ans. L’Immigration Services Agency indique qu’un étranger ne peut travailler que dans le champ de son statut.

Quel est le salaire minimum au Japon ?

Il est fixé par préfecture. Le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales publie une moyenne nationale pondérée de 1 177 yens de l’heure (1 121 yens avant révision), avec 1 280 yens à Tokyo, 1 231 yens à Osaka et 1 085 yens à Miyazaki, le plus bas. Chaque montant entre en vigueur à une date propre à la préfecture, entre le 1er octobre et le 2 décembre 2026.

Un Français de 18 à 30 ans peut-il travailler avec le visa vacances-travail ?

Oui, à titre accessoire pour compléter le budget du voyage. La France dispose de 1 800 visas par an ; il faut avoir entre 18 et 30 ans inclus, ne pas être accompagné d’enfants, disposer d’un billet de retour ou des fonds correspondants et n’avoir jamais obtenu ce visa. Les bars, cabarets, boîtes de nuit et salles de jeux sont interdits.

Combien d’impôts paie-t-on au Japon ?

L’impôt national sur le revenu comporte sept tranches de 5 % à 45 %, avec une surtaxe de reconstruction de 2,1 % de l’impôt ; la taxe d’habitant est de 10 % des revenus de l’année précédente, plus une part forfaitaire. Les cotisations de shakai hoken, partagées entre employeur et salarié, s’y ajoutent.

Les heures supplémentaires sont-elles payées au Japon ?

Oui : la loi impose une majoration d’au moins 25 % pour les heures au-delà de la durée légale, 50 % au-delà de 60 heures par mois, 35 % le jour de repos légal et 25 % la nuit, y compris pour les temps partiels et les contrats à durée déterminée, selon le guide de l’Immigration Services Agency.

Le salarié est-il couvert par l’assurance maladie japonaise ?

Oui, par le Kenko Hoken de l’employeur pour les salariés à temps plein et certains temps partiels. L’employeur et le salarié se partagent la cotisation, et les personnes à charge sont couvertes sans cotiser.

Peut-on rester affilié à la Sécurité sociale française en travaillant au Japon ?

Oui, dans le cadre d’un détachement : la convention franco-japonaise de sécurité sociale permet de rester au régime français jusqu’à 5 ans avec un certificat délivré avant le départ, une dérogation exceptionnelle pouvant être demandée au-delà. Un salarié recruté localement relève du régime japonais.

Le marché de l’emploi japonais est-il favorable aux étrangers qualifiés ?

Le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales relevait 1,18 offre d’emploi par demandeur en juillet 2026, et la Banque du Japon décrit un marché du travail tendu avec un fort sentiment de pénurie de main-d’œuvre. Le salaire mensuel moyen d’un étranger en fonction spécialisée ou technique atteint 313 200 yens.

Les autres guides : Japon