Japon · Prendre sa retraite
Retraite au Japon : visa, fiscalité de la pension française, santé et coût de la vie
L’essentiel
Le Japon ne propose pas de visa retraité : la retraite s’organise avec un autre statut, comme conjoint d’un Japonais ou résident de longue durée, ou, pour un séjour limité, avec le visa de long séjour « tourisme et loisirs » ouvert aux ressortissants de pays dispensés de visa qui possèdent plus de 30 millions de yens d’épargne (6 mois, 1 an au plus après prolongation). La pension française reste versée à l’étranger, avec une imposition répartie par la convention fiscale franco-japonaise, et l’accord de sécurité sociale permet de totaliser les périodes d’assurance françaises et japonaises. Côté santé, le retraité résident s’affilie au Kokumin Kenko Hoken jusqu’à 75 ans, puis au système des personnes âgées, et complète par la CFE ou une assurance privée. En 2025, les couples de 65 ans et plus sans activité ont dépensé en moyenne 263 979 yens par mois.
- Long séjour « tourisme et loisirs » : plus de 30 millions de yens d’épargne (60 millions pour un conjoint qui séjourne séparément), 6 mois puis 1 an au plus, assurance voyage privée, enfants non admis (Ministry of Foreign Affairs, MOFA).
- Résidence permanente : en principe 10 ans de séjour continu dont 5 ans avec un statut de travail ou de résidence ; 5 ans de mariage et 3 ans de séjour pour le conjoint d’un Japonais (Immigration Services Agency, ISA, lignes directrices du 1er octobre 2026).
- Pension de base japonaise : au moins 10 ans de cotisation pour la percevoir à 65 ans, 40 ans de cotisation de 20 à 59 ans pour le montant plein ; cotisation nationale de 17 920 yens par mois (ISA, Japan Pension Service).
- Retrait forfaitaire de la pension : au moins 6 mois de cotisation, moins de 10 ans d’assurance, demande dans les 2 ans suivant le départ, calcul sur 60 mois au plus (ISA).
- Dépense moyenne mensuelle en 2025 des ménages de 65 ans et plus sans activité : 263 979 yens pour un couple, 148 445 yens pour une personne seule (Statistics Bureau).
- Convention fiscale franco-japonaise signée le 3 mars 1995, en vigueur le 24 mars 1996, avenant en vigueur le 1er décembre 2007 (administration fiscale française, BOFiP).
Repères économiques : Japon
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +1,2 %
- Inflation
- 3,2 %
- Taux de chômage
- 2,5 %
- PIB par habitant
- 35 951 $
- Population
- 123,4 millions
- Change
- 1 € = 178 JPY
- yen, cours BCE du jour
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Pas de visa retraité : les voies de séjour possibles
Le Japon n’a pas créé de statut de résidence propre aux retraités. France Diplomatie rappelle qu’un Français séjourne au Japon sans visa pendant 90 jours au plus ; un séjour plus long suppose un statut de résidence. Pour un projet de retraite, quatre voies ressortent des sources officielles.
- Long séjour « tourisme et loisirs » : un séjour temporaire pour des personnes disposant d’une épargne importante (section suivante).
- Conjoint ou enfant d’un ressortissant japonais : un statut qui, d’après le guide de l’ISA, autorise toute activité sans restriction.
- Résident de longue durée (Long-term Resident) : un statut accordé selon la situation individuelle, qui permet lui aussi d’exercer n’importe quelle activité.
- Résidence permanente : le statut le plus stable, sans limite de durée ni d’activité, accessible sous conditions de durée de séjour, de revenus et de respect des obligations.
Les conjoints de résidents permanents bénéficient aussi d’un statut avec activité sans restriction. Les règles évoluent : l’ISA a révisé ses lignes directrices sur la résidence permanente et ses droits de procédure au 1er octobre 2026. Le guide retraite à l’étranger et la page assurance retraite à l’étranger replacent ce choix parmi les autres destinations.
Le long séjour « tourisme et loisirs » pour personnes aisées
Le MOFA décrit un statut d’« activités désignées » (Long Stay for sightseeing and recreation), ouvert aux ressortissants et citoyens de pays ou régions dispensés de visa de court séjour. Les conditions : avoir au moins 18 ans et posséder une épargne supérieure à 30 millions de yens, détenue par la personne et son conjoint. Un conjoint peut l’accompagner, à condition de vivre sous le même toit et de voyager avec elle ; s’il séjourne séparément, le couple doit détenir plus de 60 millions de yens. Les enfants à charge ne sont pas admis.
La période de séjour initiale est de 6 mois, portée à 1 an au maximum si la prolongation est demandée au bureau régional de l’immigration avant l’expiration. Le dossier comprend le certificat d’éligibilité (ou à défaut le calendrier de séjour, les relevés bancaires des six derniers mois qui justifient l’épargne et une assurance médicale de voyage privée couvrant décès, blessure et maladie), la preuve de résidence légale dans le pays de dépôt et, pour le conjoint, l’acte de mariage. La fiche du MOFA date du 17 mars 2023 : vérifiez toujours la version en vigueur. L’assurance maladie nationale ne s’applique pas à ce statut, d’où l’assurance privée exigée. Voir aussi l’assurance voyage longue durée.
Conjoint de Japonais, résident de longue durée et résidence permanente
Les lignes directrices de l’ISA révisées au 1er octobre 2026 précisent la résidence permanente. En principe, il faut résider au Japon depuis 10 ans de façon continue, dont 5 ans au moins avec un statut de travail ou de résidence, et détenir la durée de séjour maximale de son statut ; la période de transition traite les séjours de 3 ans comme maximaux pour les demandes déposées jusqu’au 31 mars 2027. L’ISA examine aussi les revenus du foyer, qui doivent dépasser la moyenne d’un foyer japonais de même taille, ainsi que le niveau de pension à venir, apprécié au regard de trente années de travail à un salaire supérieur à la moyenne.
- Conjoint d’un Japonais ou d’un résident permanent : 5 ans de mariage effectif et 3 ans de séjour continu ; les conditions de bonne conduite et d’indépendance financière ne sont pas exigées.
- Résident de longue durée : 5 ans de séjour continu avec ce statut.
- Profils à points : 3 ans avec 70 points, 1 an avec 80 points.
L’ISA évalue aussi un niveau de japonais équivalent au B1, la connaissance des règles à travers le guide « vie et travail », le paiement régulier des impôts et des cotisations d’assurance maladie et de pension, et les absences : une sortie de 6 mois ou plus, ou 2 ans et demi cumulés sur les dix dernières années, pèse négativement.
Pension française et pension japonaise : totalisation des périodes
La convention franco-japonaise de sécurité sociale du 25 février 2005, en vigueur depuis le 1er juin 2007, coordonne l’invalidité, la vieillesse et les survivants. Elle prévoit la totalisation des périodes d’assurance : chaque État rémunère les périodes accomplies sous sa législation, et la France calcule la pension en comparant la pension nationale et une pension théorique proratisée, avant de verser le montant le plus avantageux (CLEISS). Les périodes accomplies dans un pays tiers ne sont pas prises en compte.
Au Japon, la pension nationale concerne les résidents de 20 à 59 ans ; la pension de base se perçoit à 65 ans après au moins 10 ans de cotisation, et son montant est plein après 40 ans. Entre 60 et 69 ans, certaines personnes peuvent cotiser volontairement. La cotisation nationale est de 17 920 yens par mois (Japan Pension Service). Un étranger qui quitte le Japon après au moins 6 mois de cotisation et moins de 10 ans d’assurance peut demander un retrait forfaitaire dans les 2 ans suivant la sortie du registre, calculé sur 60 mois au plus ; l’ISA invite à examiner la possibilité d’une pension avant de le réclamer, car il efface les périodes passées.
Fiscalité de la pension française au Japon
La convention fiscale franco-japonaise a été signée à Paris le 3 mars 1995, est en vigueur depuis le 24 mars 1996 et a été modifiée par un avenant signé le 11 janvier 2007, en vigueur depuis le 1er décembre 2007 (BOFiP). D’après l’administration fiscale, les pensions privées versées au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans l’État de résidence du bénéficiaire, tandis que les pensions publiques restent en principe imposables dans l’État d’origine ; les stipulations exactes de la convention, notamment pour les régimes de sécurité sociale et les pensions de la fonction publique, se vérifient sur le site de l’administration fiscale.
Côté japonais, un résident est imposé sur ses revenus mondiaux. Un résident non permanent, c’est-à-dire une personne non japonaise résidente depuis cinq ans ou moins sur les dix dernières années, est imposé sur ses revenus de source japonaise et sur ses revenus de source étrangère payés au Japon ou transférés au Japon (ISA). Une personne qui ne réside plus fiscalement en France ne paie plus la CSG, la CRDS ni la CASA sur sa pension ; une cotisation d’assurance maladie est prélevée si elle relève d’un régime français (CLEISS). La National Tax Agency dispense de déclaration le bénéficiaire d’une pension publique versée au Japon, de 4 millions de yens au plus, dont tout le montant est soumis à retenue à la source et dont les autres revenus ne dépassent pas 200 000 yens. Un conseil fiscal individualisé reste utile.
Santé du retraité : assurance japonaise, CFE et retour en France
Le CLEISS précise que la convention de 2005 ne contient aucune disposition pour rembourser, au titre de la retraite française, les soins reçus au Japon. Le retraité résident s’affilie donc au Kokumin Kenko Hoken s’il a moins de 75 ans, avec 30 % de participation de 6 à 69 ans et 20 % de 70 à 74 ans, puis au système de santé des personnes âgées, avec 10 % pour la plupart des assurés (ISA). Dès 40 ans, l’assurance dépendance est obligatoire pour les résidents de plus de trois mois ; la cotisation est prélevée sur la pension à partir de 65 ans.
Pour compléter, le CLEISS cite l’adhésion volontaire à la CFE pour les Français, ou une assurance privée. Le statut de pensionné français ouvre un droit permanent à l’assurance maladie en France pour les séjours temporaires, quelle que soit la résidence. Les détails figurent dans les guides système de santé et remboursements. Expavy compare les options avec le diagnostic.
Budget et coût de la vie d’un retraité
Le Statistics Bureau suit les budgets des ménages de 65 ans et plus sans activité. En 2025, un couple a dépensé 263 979 yens par mois pour un revenu moyen de 254 395 yens, soit une propension moyenne à consommer de 119,2 %, et une personne seule 148 445 yens pour un revenu de 131 456 yens. À titre de comparaison, un ménage de deux personnes ou plus tous âges confondus a dépensé 314 001 yens.
Le niveau des prix varie : 104,2 à Tokyo, 103,3 dans la préfecture de Kanagawa et 96,2 à Gunma pour une moyenne nationale de 100 ; le logement concentre l’écart le plus fort (1,64 entre Tokyo et Okayama). Le bloc « Repères économiques » ci-dessus donne le taux de change euro-yen, qui pèse sur le pouvoir d’achat d’une pension versée en euros. Le logement social des collectivités et celui de l’Urban Renaissance Agency sont ouverts aux étrangers sous conditions de statut, la résidence permanente et les statuts de moyen ou long séjour étant admis par cette dernière (ISA). Le guide vivre au Japon détaille loyers, shikikin et reikin.
Les voies de séjour pour passer sa retraite au Japon
| Voie | Conditions principales | Durée | Activité |
|---|---|---|---|
| Séjour sans visa | Français, court séjour | 90 jours au plus | Séjour de visiteur |
| Long séjour « tourisme et loisirs » | 18 ans ou plus, plus de 30 millions de yens d’épargne, assurance voyage privée, conjoint admis, enfants exclus | 6 mois, 1 an au plus avec prolongation | Séjour de loisirs |
| Conjoint d’un ressortissant japonais | Mariage et statut accordé par l’Immigration Services Agency | Fixée par l’agence | Sans restriction |
| Résident de longue durée | Statut accordé selon la situation individuelle | Fixée par l’agence | Sans restriction |
| Résident permanent | 10 ans de séjour continu dont 5 en statut de travail ou de résidence ; 5 ans de mariage et 3 ans de séjour pour le conjoint d’un Japonais | Sans limite | Sans restriction |
Sources : MOFA, France Diplomatie, Immigration Services Agency (lignes directrices révisées au 1er octobre 2026). Les conditions de revenus et de pension de la résidence permanente sont détaillées dans les lignes directrices de l’agence.
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa retraité au Japon ?
Il n’existe pas de statut dédié aux retraités. Les voies possibles sont le visa de long séjour « tourisme et loisirs » pour les personnes qui détiennent plus de 30 millions de yens d’épargne, le statut de conjoint d’un ressortissant japonais, celui de résident de longue durée, ou la résidence permanente sous conditions.
Quelle épargne faut-il pour le visa de long séjour tourisme et loisirs ?
Le ministère japonais des Affaires étrangères exige une épargne supérieure à 30 millions de yens pour la personne et son conjoint. Si le conjoint séjourne séparément, le couple doit détenir plus de 60 millions de yens. Les relevés bancaires des six derniers mois et une assurance médicale de voyage privée sont requis.
Combien de temps peut-on rester avec le visa de long séjour tourisme et loisirs ?
La période de séjour initiale est de 6 mois, portée à 1 an au maximum si la personne demande la prolongation au bureau régional de l’immigration avant l’expiration des 6 mois. Les enfants à charge ne peuvent pas accompagner.
Ma pension française est-elle imposée au Japon ?
Selon l’administration fiscale française, les pensions privées versées au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans l’État de résidence ; les pensions publiques restent en principe imposables dans l’État d’origine. Un résident japonais est imposé sur ses revenus mondiaux, avec une règle particulière pour les résidents non permanents. Vérifiez la convention de 1995 et son avenant de 2007.
Mes trimestres français comptent-ils pour la retraite japonaise ?
Oui : la convention franco-japonaise du 25 février 2005 prévoit la totalisation des périodes d’assurance françaises et japonaises pour ouvrir le droit à pension, chaque État versant sa part au prorata. Les périodes accomplies dans un pays tiers ne sont pas prises en compte, selon le CLEISS.
Un retraité doit-il s’affilier à l’assurance maladie japonaise ?
Oui, dès lors qu’il réside au Japon avec un statut de résidence de plus de trois mois, sauf exception : il s’affilie au Kokumin Kenko Hoken jusqu’à 75 ans, puis au système de santé des personnes âgées. Les titulaires du statut « tourisme et loisirs » en sont exclus et doivent détenir une assurance privée.
La CFE suffit-elle pour un retraité au Japon ?
La CFE, adhésion volontaire ouverte aux Français, complète le régime japonais mais n’exonère pas de l’affiliation obligatoire, qui requiert le certificat d’un accord de sécurité sociale. Le CLEISS cite la CFE ou une assurance privée pour disposer d’une couverture santé au Japon.
Combien dépense un retraité au Japon par mois ?
Le Statistics Bureau relève en 2025 une dépense mensuelle moyenne de 263 979 yens pour un couple de 65 ans et plus sans activité et de 148 445 yens pour une personne seule. Les prix sont plus élevés à Tokyo (104,2 pour une moyenne nationale de 100) et plus bas à Gunma (96,2).
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- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.