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Santé internationaleExpavy

Fiche pays — Europe

Assurance expatrié et assurance santé en Irlande

Rue résidentielle aux façades géorgiennes colorées à Dublin, Irlande

En 5 lignes

En Irlande, contrairement aux Pays-Bas, aucune loi n'impose de souscrire une assurance santé privée : l'accès au système public repose sur le statut de résident habituel (« ordinarily resident »), reconnu après un an de présence ou d'intention de résidence durable, qui ouvre soit une éligibilité complète via la Medical Card (sous conditions de revenus, généraliste et large gamme de soins gratuits), soit une éligibilité limitée laissant à charge les consultations de généraliste et les urgences facturées 100 € sans orientation médicale. La libre circulation européenne dispense tout Français de visa, mais l'inscription au régime public n'est jamais immédiate : en pratique, près de la moitié des résidents (46 %) souscrivent une assurance privée pour accéder au secteur privé et éviter les délais d'attente du système public. Les détachés (formulaire A1) et les retraités (formulaire S1) échappent aux démarches locales grâce à la coordination européenne ; les autres profils doivent faire reconnaître leur statut directement auprès du HSE. Sans Medical Card ni assurance, une hospitalisation en tant que patient privé dans un hôpital public peut atteindre 800 à 1 000 € la nuit, et un généraliste privé coûte en moyenne 45 à 65 € la consultation.

Source : France Diplomatie — Irlande, Santé

Chiffres clés

  • 11 932 Français inscrits au registre consulaire en 2025 (11 752 en 2024, soit +1,53 %).
  • Espérance de vie à la naissance : 83,0 ans en 2024 (Banque mondiale).
  • Dépenses de santé : 6,85 % du PIB en 2024 (Banque mondiale) — ratio structurellement minoré par la distorsion du PIB irlandais liée aux multinationales ; rapportées au GNI* (indicateur alternatif du CSO irlandais), elles atteignaient ≈12 % en 2023.
  • 46 % de la population (2,55 millions de personnes) détient une assurance santé privée mi-2026 (Health Insurance Authority) — non obligatoire par la loi, pour accéder au secteur privé.

Système de santé local

L’Irlande dispose d’un système de santé public financé par l’impôt et piloté par le ministère de la Santé, dont la gestion opérationnelle relève du Health Service Executive (HSE) — équivalent fonctionnel, mais pas juridique, d’une sécurité sociale à la française. Contrairement aux Pays-Bas, il n’existe aucune obligation légale de souscrire une assurance maladie privée : l’accès aux soins publics dépend du statut de résident habituel (« ordinarily resident »), reconnu à toute personne qui vit en Irlande depuis au moins un an ou qui a l’intention d’y résider aussi longtemps. Ce statut ouvre deux niveaux de couverture : la catégorie 1 (Medical Card, sous conditions de ressources) donne accès gratuitement à la quasi-totalité des soins — généraliste, hôpital public, large gamme de médicaments ; la catégorie 2, celle de la majorité des résidents sans Medical Card, laisse à charge les consultations de généraliste (les hôpitaux publics restant gratuits pour tout résident depuis l’abolition du forfait journalier en avril 2023).

Le médecin généraliste (GP) reste le point d’entrée du système : une lettre de recommandation (referral) exonère des frais d’urgence (100 €) et conditionne l’accès gratuit aux spécialistes hospitaliers pour les patients publics. Le dentaire et l’optique restent largement hors du panier gratuit pour les adultes de catégorie 2, tout comme les médicaments hors dispositif de plafonnement (Drug Payment Scheme, 80 €/mois/famille pour les non-titulaires de Medical Card). Faute d’obligation légale, environ 46 % de la population complète cette couverture publique par une assurance privée (VHI, Laya Healthcare, Irish Life Health), qui donne un accès direct au secteur privé et réduit les délais d’attente du système public, réputés longs pour les soins non urgents.

Obligations légales et de visa

  • Citoyen UE : aucun visa exigé, séjour libre ; au-delà de 3 mois, le séjour reste autorisé sous réserve de ressources suffisantes (travail, études, ressources propres). L’Irlande ne délivre pas de titre de séjour aux citoyens UE et n’impose aucune procédure d’enregistrement auprès des services d’immigration.
  • Numéro PPS (Personal Public Service Number) : à demander dès l’installation auprès du Department of Social Protection — condition pratique pour travailler, ouvrir un compte bancaire ou demander une Medical Card.
  • Statut de résident habituel (« ordinarily resident ») : reconnu par le HSE après un an de présence effective ou d’intention de résidence durable en Irlande ; ouvre l’éligibilité à la catégorie 1 (Medical Card, sous conditions de revenus) ou catégorie 2.
  • Medical Card : seuils de revenu net hebdomadaire (après impôt, PRSI, USC) — environ 184 €/semaine pour une personne seule vivant seule, 164 €/semaine si elle vit avec sa famille, seuils majorés pour un couple ou des personnes à charge (moins de 70 ans). Au-delà, le HSE évalue automatiquement l’éligibilité à une GP Visit Card (seuils environ 50 % plus élevés, ne couvrant que le généraliste). Attribution automatique sans test de ressources pour les plus de 70 ans (sous conditions de revenu propres) et pour les enfants de moins de 8 ans.
  • Étudiant : la CEAM suffit pour un séjour temporaire (type Erasmus) ; pour une inscription durable, le statut de résident habituel s’applique après un an et une assurance étudiante complémentaire reste recommandée pendant la période de transition.
  • Salarié détaché : jusqu’à 24 mois (prolongeable), reste rattaché au régime français via le formulaire A1, dispensé des démarches locales.
  • Retraité : formulaire S1 auprès de sa caisse de retraite française avant le départ, pour une prise en charge par le HSE sans nouvelle cotisation propre.

Aucune amende n’est prévue en cas d’absence de couverture complémentaire, contrairement aux Pays-Bas : le risque est purement financier, en particulier pour les soins hors gratuité (généraliste en catégorie 2, urgences sans référence, hospitalisation en tant que patient privé), sans aide de l’ambassade de France.

Coût de quelques actes médicaux

Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.

Coût de quelques actes médicaux en Irlande, secteur public et privé
ActeSecteur publicSecteur privé
Consultation généraliste (GP), patient sans Medical Card ni GP Visit Card—≈45 à 65 € (tarifs libres, non réglementés)
Consultation généraliste, titulaire Medical Card ou GP Visit CardGratuite—
Passage aux urgences (A&E) sans référence d'un généraliste100 € (gratuit avec référence GP, Medical Card, ou motif d'exemption)—
Injury unit (blessure non vitale : fracture, entorse, plaie)75 € (gratuit avec Medical Card ou référence GP)—
Ambulance (National Ambulance Service)Gratuite, aucune facturation—
Hospitalisation, patient public (depuis l'abolition du forfait journalier, avril 2023)Gratuite—
Hospitalisation, patient privé en hôpital public (chambre individuelle / nuit)—800 à 1 000 € selon catégorie d'hôpital (tarifs en vigueur depuis janvier 2014)
Prescription, titulaire Medical Card (moins de 70 ans)1,50 €/item, plafond 15 €/mois/famille—
Prescription, sans Medical Card (Drug Payment Scheme)Plafond 80 €/mois/famille, sans condition de ressources—

Accords de sécurité sociale avec la France

L’Irlande étant membre de l’UE, pas de convention bilatérale classique avec la France : la coordination passe par les règlements européens 883/2004 et 987/2009, comme pour les autres États membres.

  • Séjour temporaire : la CEAM couvre les mêmes soins qu’un assuré irlandais auprès des médecins et dentistes participant au Primary Care Reimbursement Scheme (PCRS), les urgences hospitalières publiques, et les médicaments prescrits (plafonnés à 1,50 €/item, 15 €/mois) — une avance de frais reste possible selon le professionnel consulté.
  • Détachement : formulaire A1, maintien au régime français jusqu’à 24 mois (prolongeable), dispense des démarches locales.
  • Installation durable : statut de résident habituel après un an, accès à la catégorie 1 ou 2 selon les revenus ; formulaire S1 pour un retraité, pris en charge par le HSE sans nouvelle cotisation propre.
  • La CEAM ne couvre ni le rapatriement, ni les soins programmés, ni une installation durable au-delà du séjour temporaire.

Quelle assurance selon mon profil

Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.

Quelle assurance selon le profil, pour Irlande
ProfilContrainte réglementairePoints d’attention
PVTNon applicable (France-Irlande = libre circulation UE)—
ÉtudiantCEAM pour un séjour temporaire (type Erasmus)Après un an, statut de résident habituel à faire reconnaître par le HSE ; assurance étudiante recommandée pendant la période de transition
Salarié détachéMaintien au régime français via le formulaire A1, jusqu'à 24 moisDispense des démarches locales ; complémentaire utile pour l'accès rapide au privé et éviter les délais d'attente publics
Salarié local / résident installéStatut de résident habituel après un an, catégorie 1 (Medical Card, sous conditions de revenus) ou catégorie 2Aucune obligation légale d'assurance privée, mais généraliste et prescriptions à charge en catégorie 2 ; numéro PPS à demander dès l'arrivée
Retraité (formulaire S1)Prise en charge par le HSE, sans nouvelle cotisation propreDentaire, optique et une partie des médicaments restent hors du panier gratuit

Hôpitaux et réseau de soins

  • Dublin : St James's Hospital, St Vincent's University Hospital, Mater Misericordiae University Hospital et Beaumont Hospital — principaux hôpitaux universitaires publics de la capitale.
  • Cork : Cork University Hospital (CUH), le plus grand hôpital public de la région du Munster.
  • Galway : University Hospital Galway (UHG), établissement public de référence pour l'ouest du pays.

Démarches

  1. Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (CPAM, CAF, France Travail, caisses de retraite).
  2. Salarié détaché : demander le formulaire A1 auprès de sa caisse française avant le départ.
  3. Retraité : demander le formulaire S1 auprès de sa caisse de retraite avant le départ.
  4. Avant le départ ou dès l'arrivée : demander la CEAM pour couvrir la période de transition.
  5. Dès l'arrivée : demander un numéro PPS (Personal Public Service Number) auprès du Department of Social Protection.
  6. S'inscrire auprès d'un généraliste (GP) participant au régime médical, point d'entrée du système de soins.
  7. Après un an de résidence effective (ou dès l'intention de résidence durable) : demander la reconnaissance du statut de résident habituel et, selon ses revenus, une Medical Card ou une GP Visit Card auprès du HSE.
  8. Inscription au registre des Français établis hors de France (ambassade de France à Dublin).

Questions fréquentes

Faut-il obligatoirement souscrire une assurance santé privée pour s'installer en Irlande ?

Non. Contrairement aux Pays-Bas, aucune loi irlandaise n'impose de souscrire une assurance privée. L'accès aux soins publics dépend du statut de résident habituel (« ordinarily resident »), reconnu après un an de présence. Une assurance privée reste toutefois largement pratiquée (46 % de la population) pour accéder au secteur privé et éviter les délais d'attente du système public.

Qu'est-ce que la Medical Card et qui peut l'obtenir ?

C'est une carte délivrée par le HSE sous conditions de revenus, qui donne accès gratuitement au généraliste, à l'hôpital public et à une large gamme de médicaments (plafonnés à 1,50 €/item, 15 €/mois). Au-delà du seuil, une évaluation automatique pour la GP Visit Card (généraliste gratuit seul) est possible.

La CEAM suffit-elle pour s'installer durablement en Irlande ?

Non. Elle couvre uniquement les séjours temporaires, avec prise en charge par les médecins participant au PCRS et les urgences hospitalières publiques. Une installation durable nécessite la reconnaissance du statut de résident habituel par le HSE, ou le transfert de droits via le formulaire S1 pour un retraité.

Que se passe-t-il en cas de passage aux urgences sans référence d'un généraliste ?

Une charge de 100 € s'applique, sauf exemption (Medical Card, référence d'un généraliste, grossesse, maladies listées par la réglementation, enfants de moins de 6 semaines, personnes couvertes par les règlements européens de coordination). L'hospitalisation elle-même est gratuite pour un patient public depuis l'abolition du forfait journalier en avril 2023.

Un salarié détaché depuis la France doit-il s'enregistrer auprès du système de santé irlandais ?

Non, s'il dispose du formulaire A1 attestant du maintien au régime français, pour une durée n'excédant pas 24 mois (prolongeable sous conditions).

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