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Irlande · Prendre sa retraite

Retraite en Irlande : droit de séjour, formulaire S1, fiscalité de la pension et State Pension

L’essentiel

Un Français prend sa retraite en Irlande en toute liberté avec une carte d’identité ou un passeport, à condition de disposer de ressources suffisantes et d’une couverture santé. Pour une pension française seule, le formulaire S1 confie les soins à l’Irlande pour le compte de la France et ouvre l’accès à la medical card sans test de ressources. La convention fiscale franco-irlandaise du 21 mars 1968 rattache les pensions privées et de sécurité sociale à l’Irlande, État de résidence, tandis que les pensions publiques de l’État restent imposables en France. Les périodes travaillées en Irlande ouvrent droit à la State Pension irlandaise à partir de 66 ans, avec un maximum de 299,30 € par semaine. Côté budget, le logement pèse le plus : les baux en cours atteignent 1 513 € par mois en moyenne nationale au premier trimestre 2026 (RTB).

  • Séjour libre pour un citoyen de l’UE : carte d’identité ou passeport, trois mois sans condition, puis ressources suffisantes et couverture santé ; aucune carte de séjour n’est délivrée (France Diplomatie, Your Europe).
  • Formulaire S1 pour une pension française seule : cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire du régime général si la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).
  • Convention fiscale franco-irlandaise du 21 mars 1968 : pensions privées et pensions de sécurité sociale imposables uniquement dans l’État de résidence, pensions publiques de l’État dans l’État payeur (BOFIP).
  • State Pension irlandaise : dès 66 ans avec au moins 520 cotisations PRSI, maximum de 299,30 € par semaine pour 2 080 cotisations en 2026 (CLEISS).
  • Medical card après 70 ans : revenu brut hebdomadaire inférieur à 550 € pour une personne seule ou à 1 050 € pour un couple ; GP visit card accordée d’office aux plus de 70 ans (CLEISS).
  • Loyer moyen des baux en cours au premier trimestre 2026 : 1 513 € par mois en France entière, 1 960 € à Dublin, 1 117 € hors de la grande région de Dublin (RTB).

Repères économiques : Irlande

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+12,3 %
Inflation
2,2 %
Taux de chômage
4,6 %
PIB par habitant
131 592 $
Population
5,5 millions
Monnaie
Euro
pas de frais de change

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit de séjour : s’installer en Irlande à la retraite

Un retraité français entre en Irlande avec une carte nationale d’identité ou un passeport en cours de validité et séjourne librement pendant trois mois ; au-delà, il justifie de ressources suffisantes. L’Irlande ne demande aucun enregistrement aux citoyens de l’Union européenne et ne délivre pas de carte de séjour (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). Pour un séjour de plus de trois mois, les règles européennes exigent une assurance maladie complète dans le pays d’accueil et un revenu suffisant sans recours à l’aide sociale ; la pension compte comme revenu (Your Europe). Après cinq années de séjour régulier continu, le droit de séjour permanent est acquis automatiquement ; il se conserve en cas d’absences de moins de six mois par an (Your Europe).

Le Health Service Executive (HSE) considère comme résidente habituelle toute personne qui vit en Irlande ou prend sa retraite en Irlande avec l’intention d’y rester au moins un an (Citizens Information). Le numéro PPS, présenté sur la page vivre en Irlande, sert aux démarches de santé et de fiscalité. Sur le plan fiscal, une personne est résidente irlandaise si elle passe 183 jours ou plus en Irlande au cours d’une année d’imposition, ou 280 jours ou plus en cumulant l’année en cours et la précédente (Revenue).

Santé du retraité : le formulaire S1 et ses variantes

Un retraité qui perçoit uniquement une pension française et réside en Irlande de façon permanente, ou plus de six mois par an, sans y travailler, demande le document portable S1 à sa caisse de retraite, de préférence avant le départ : la CNAV (service « Droit aux soins de santé », à Tours) pour le régime général, la direction spécialisée des finances publiques pour l’étranger pour les pensions civiles et militaires. Le S1 est remis au HSE, qui assure les soins selon la législation irlandaise pour le compte de la sécurité sociale française, avec un S1 pour chaque ayant droit (CLEISS). Le détail figure dans le guide formulaire S1 : mode d’emploi et sur la page remboursement des soins en Irlande.

  • Medical card : une personne ordinairement résidente en Irlande qui perçoit une pension de sécurité sociale d’un autre État de l’UE peut obtenir une medical card sans test de ressources, à condition de ne percevoir aucune prestation contributive irlandaise et de ne pas travailler en Irlande avec une obligation de cotiser au PRSI. La demande s’accompagne du formulaire S1 (Citizens Information).
  • Séjour en France : le retraité reste affilié à l’assurance maladie française et se fait soigner en France avec prise en charge de tous les soins selon la réglementation française (CLEISS).
  • Cotisation maladie : avec une résidence fiscale hors de France, la CSG et la CRDS ne sont pas dues, mais une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la pension complémentaire est prélevée pour le régime général (7,1 % pour les indépendants) (CLEISS).
  • Pension irlandaise : dès qu’un retraité perçoit aussi une pension de l’Irlande, il est assuré par l’Irlande pour ses soins, le S1 est annulé et plus aucune cotisation n’est prélevée sur la pension française (CLEISS).

Fiscalité de la pension française selon la convention fiscale franco-irlandaise

La convention franco-irlandaise contre les doubles impositions a été signée à Paris le 21 mars 1968 et est entrée en vigueur le 15 juin 1971 (BOFIP). Pour un retraité résident d’Irlande :

  • Pensions privées et rentes (article 14) : imposables uniquement dans l’État de résidence. Les pensions privées versées par un débiteur domicilié en France à un résident d’Irlande échappent donc à l’impôt français (BOFIP).
  • Pensions de la sécurité sociale française : les pensions versées par la sécurité sociale française à un résident d’Irlande échappent à l’impôt français (BOFIP).
  • Pensions publiques de l’État (article 13) : imposables dans l’État payeur, donc en France, sauf si le bénéficiaire a la nationalité irlandaise sans avoir la nationalité française, auquel cas l’imposition revient à l’État de résidence. Les pensions versées au titre de services rendus à une collectivité locale ou à un établissement public relèvent des pensions privées de la convention (BOFIP).

En Irlande, le retraité résident fiscal déclare ses pensions à Revenue. L’impôt sur le revenu s’applique aux taux de 20 % jusqu’à 44 000 € pour une personne seule en 2026, puis 40 %, avec un crédit d’impôt personnel de 2 000 € et un crédit pour âge (Age Tax Credit) de 245 € pour une personne seule et 490 € pour un couple (Revenue). L’USC est allégée pour les personnes de 70 ans et plus ou titulaires d’une medical card dont le revenu annuel ne dépasse pas 60 000 € : 0,5 % jusqu’à 12 012 €, puis 2 % sur le surplus (CLEISS). La convention organise l’élimination de la double imposition ; une vérification de la situation individuelle auprès de l’administration fiscale reste recommandée.

State Pension irlandaise : les périodes travaillées en Irlande

Les années travaillées en Irlande ouvrent droit à deux pensions d’État. La State Pension contributory, sans condition de ressources, se perçoit à partir de 66 ans avec au moins 520 semaines de cotisations PRSI (10 ans), et le régime irlandais ne prévoit pas de retraite anticipée. Son montant dépend du nombre de cotisations payées ou créditées, et non du niveau des salaires : le taux maximal en 2026 est de 299,30 € par semaine, atteint avec 2 080 cotisations (40 ans) ; en deçà, la pension est réduite proportionnellement. Depuis 2025, la méthode de la moyenne annuelle cède progressivement la place à la méthode du total des cotisations, jusqu’en 2034 ; en 2026, la méthode combinée repose sur 80 % de la moyenne annuelle et 20 % du total des cotisations, et la méthode la plus favorable est retenue (CLEISS).

  • Report de la pension : les personnes nées à partir du 1er janvier 1958 peuvent différer leur pension contributive entre 66 et 70 ans pour majorer son taux.
  • Pension non contributive : sous condition de ressources, pour les résidents de 66 ans et plus qui ne remplissent pas les conditions de durée d’assurance, avec un maximum de 288 € par semaine entre 66 et 79 ans et de 298 € à partir de 80 ans.
  • Suppléments : 22 € par semaine pour un pensionné qui vit seul, 10 € à partir de 80 ans, une aide au chauffage de 38 € par semaine pendant 28 semaines sous conditions de ressources, et le Household Benefits Package pour l’électricité et le gaz (CLEISS).
  • Cumul : la pension contributive se cumule avec des revenus professionnels sans effet sur son montant (CLEISS).

Pour les périodes accomplies en France, les périodes d’assurance se totalisent avec les périodes irlandaises selon les règlements européens (Citizens Information) ; chaque régime verse sa propre pension. La demande se dépose environ six mois avant l’âge de la retraite. Les guides toucher sa retraite à l’étranger et trimestres travaillés à l’étranger détaillent la coordination entre les régimes.

Coût de la vie et logement pour un retraité en Irlande

Le logement est le principal poste de dépense. Au premier trimestre 2026, le loyer moyen standardisé des baux en cours atteint 1 513 € par mois en France entière, 326 € de moins que celui des nouveaux baux (1 839 €), avec une hausse de 4,2 % sur un an, la plus faible depuis la création de cet indice (RTB). Les baux en cours s’élèvent à 1 960 € à Dublin, 1 444 € dans le reste de la grande région de Dublin et 1 117 € hors de cette région, avec un minimum de 872 € dans le comté de Donegal ; les nouveaux baux atteignent 2 335 € à Dublin et 1 040 € dans le comté de Leitrim, le plus bas (RTB). Les loyers des villes de province sont détaillés sur la page vivre en Irlande.

Le choix du lieu d’installation arbitre entre le coût du logement, la proximité des services de santé et la vie locale : l’écart de loyer entre Dublin et les comtés les moins chers dépasse 1 000 € par mois sur les nouveaux baux (RTB).

Santé des retraités : medical card après 70 ans, médicaments et assurance

À partir de 70 ans, la GP visit card est accordée d’office, sans test de ressources. La medical cards’obtient quand le revenu hebdomadaire brut est inférieur à 550 € pour une personne seule ou 1 050 € pour un couple ; au-dessus de ces plafonds, le retraité garde la GP visit card (CLEISS). Les titulaires d’une medical card paient 1,50 € par médicament dans la limite de 15 € par mois, et les personnes sans carte bénéficient du Drugs Payment Scheme qui plafonne le reste à charge à 80 € par mois (CLEISS). Le HSE peut accorder une medical card discrétionnaire en cas de frais médicaux importants.

Sans pension irlandaise, un retraité titulaire d’un S1 obtient la medical card sans test de ressources, comme décrit plus haut. Pour une assurance santé privée locale, les règles de souscription et la majoration à vie qui s’applique à partir de 35 ans sont détaillées sur la page système de santé irlandais. L’adhésion rapide après l’installation reste déterminante. Pour un contrat international, la page assurance retraite à l’étranger présente les critères, et Expavy aide à comparer ces garanties. Le guide assurance maladie du retraité à l’étranger complète ce point.

Préparer l’installation : les démarches avant et après le départ

  1. Avant le départ, signaler le transfert de résidence à la caisse d’assurance maladie et aux caisses de retraite.
  2. Demander le formulaire S1 : CNAV pour le régime général, direction spécialisée des finances publiques pour l’étranger pour les pensions civiles et militaires.
  3. À l’arrivée, demander le numéro PPS, puis faire reconnaître la résidence habituelle auprès du HSE et déposer la demande de medical card avec le S1.
  4. S’inscrire chez un médecin généraliste et vérifier si la GP visit card ou la medical card est accordée.
  5. Déclarer ses pensions à Revenue au titre de la résidence fiscale et conserver les justificatifs de la convention franco-irlandaise.
  6. Environ six mois avant 66 ans, déposer une demande de State Pension pour les périodes travaillées en Irlande.

Le guide checklist des 90 premiers jours complète cette liste, et la fiche assurance santé expatrié en Irlande présente le cadre général.

Questions fréquentes

Peut-on prendre sa retraite en Irlande quand on est français ?

Oui. Un citoyen français séjourne librement en Irlande, sans titre de séjour, avec une carte d’identité ou un passeport. Au-delà de trois mois, il justifie de ressources suffisantes et d’une couverture santé ; le droit de séjour permanent s’acquiert après cinq ans de séjour régulier (France Diplomatie, Your Europe).

Comment un retraité français obtient-il le formulaire S1 pour l’Irlande ?

Il le demande à sa caisse de retraite, de préférence avant le départ : la CNAV pour le régime général, la direction spécialisée des finances publiques pour l’étranger pour les pensions civiles et militaires. Le S1 est remis au HSE ; chaque ayant droit reçoit le sien (CLEISS).

Un retraité titulaire d’un S1 peut-il obtenir la medical card en Irlande ?

Oui, sans test de ressources, s’il est ordinairement résident en Irlande, perçoit une pension de sécurité sociale d’un autre État de l’UE, ne perçoit pas de prestation contributive irlandaise et ne travaille pas en Irlande avec obligation de cotiser au PRSI (Citizens Information).

Comment est imposée une pension française pour un résident d’Irlande ?

Selon la convention franco-irlandaise de 1968, les pensions privées et les pensions de sécurité sociale sont imposables uniquement en Irlande, État de résidence. Les pensions publiques de l’État restent imposables en France, sauf pour un bénéficiaire de nationalité irlandaise sans nationalité française (BOFIP).

Peut-on toucher la State Pension irlandaise après avoir travaillé en France ?

La State Pension contributory se perçoit à partir de 66 ans avec au moins 520 cotisations PRSI, pour un maximum de 299,30 € par semaine en 2026. Les périodes d’assurance accomplies dans d’autres États de l’UE peuvent être totalisées avec les périodes irlandaises (CLEISS, Citizens Information).

Quelle est la medical card à 70 ans en Irlande ?

Dès 70 ans, la GP visit card est accordée d’office. La medical card est attribuée si le revenu hebdomadaire brut est inférieur à 550 € pour une personne seule ou à 1 050 € pour un couple (CLEISS).

Combien coûte un loyer pour un retraité en Irlande ?

Au premier trimestre 2026, le loyer moyen des baux en cours est de 1 513 € par mois en France entière, de 1 960 € à Dublin et de 1 117 € hors de la grande région de Dublin. Les nouveaux baux atteignent 1 839 € en moyenne nationale (RTB).

Les autres guides : Irlande