Irlande · Remboursements des soins
Remboursement des soins en Irlande : qui rembourse quoi, du salarié au retraité, avec la CEAM, le S1 ou la CFE
L’essentiel
En Irlande, la prise en charge des soins dépend de la situation : un salarié local relève du régime irlandais et du HSE au titre de sa résidence habituelle, un salarié détaché garde la sécurité sociale française grâce à un formulaire A1 de 24 mois au plus, et un retraité à pension française seule demande un formulaire S1, qui ouvre aussi l’accès à une medical card sans test de ressources. Un étudiant ou un touriste utilise la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) pour les soins du système public. L’adhésion à la CFE et une assurance au 1er euro complètent ces dispositifs pour le secteur privé et les séjours en France. Le tableau récapitulatif présente chaque cas, de l’installation au retour en France.
- Détachement : 24 mois au plus dans un État de l’UE, de l’EEE ou en Suisse, justifié par le formulaire portable A1 (CLEISS).
- Retraité à pension française seule : formulaire S1 à demander à la caisse de retraite ; medical card accordée sans test de ressources aux personnes dont les droits relèvent des règlements européens (CLEISS, Citizens Information).
- Résidence fiscale hors de France d’un titulaire de S1 : cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire du régime général (CLEISS).
- CEAM : valable 2 ans au plus, à demander 15 jours avant le départ ; en Irlande, médecins et dentistes du Primary Care Reimbursement Scheme et urgences publiques couverts, médicaments à 1,50 € l’unité dans la limite de 15 € par mois (ameli, CLEISS).
- CFE : prise en charge immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les 3 mois suivant l’installation, puis délai de carence de 3 ou 6 mois selon l’âge (CFE).
- Maternité publique : suivi sans frais par le généraliste et la maternité, avec 6 examens pour une première grossesse (Citizens Information).
Le principe : résidence en Irlande, règles européennes et documents à connaître
En Irlande, l’accès aux services publics de santé repose sur la résidence habituelle et les revenus, non sur le paiement du PRSI (Citizens Information). La coordination européenne règle les situations internationales : un salarié relève de la législation du pays où il travaille, un retraité de pension française seule reste rattaché à la France, et chacun se soigne dans le système public du pays où il se trouve avec le bon document :
- CEAM : soins nécessaires pendant un séjour temporaire (définition).
- A1 : certificat de détachement, qui maintient le régime français (définition).
- S1 : inscription à l’assurance maladie du pays de résidence aux frais d’un autre État, par exemple pour un retraité (définition).
- S2 : autorisation préalable pour des soins programmés dans un autre État (CLEISS).
Les montants et conditions du HSE figurent sur la page système de santé irlandais.
Salarié local, détaché et indépendant
Salarié local. Sous contrat local, le salarié relève du régime irlandais : l’employeur prélève le PRSI, et le HSE reconnaît la résidence habituelle après un an de séjour ou dès l’intention d’y rester au moins un an. Le généraliste et les médicaments restent payants sans medical card, avec le Drugs Payment Scheme qui plafonne les médicaments à 80 € par mois ; un nombre suffisant de cotisations PRSI ouvre le Treatment Benefit Scheme pour l’examen dentaire annuel et une partie des frais d’optique (CLEISS). Le départ se signale à la caisse d’assurance maladie française.
Salarié détaché. Le salarié détaché conserve la sécurité sociale française pendant 24 mois au plus, avec le formulaire A1 obtenu avant le départ (CLEISS). Il présente sa CEAM pour ses soins ; pour une mission longue avec résidence en Irlande, un détaché peut obtenir une medical card avec le formulaire de rattachement de son pays, ses ayants droit pouvant en bénéficier s’ils ne travaillent pas en Irlande (Citizens Information). Le guide détaché ou expatrié compare les statuts.
Indépendant. Le détachement de 24 mois concerne aussi les travailleurs non salariés (CLEISS). Un indépendant installé durablement relève du régime irlandais (PRSI de classe S) et du HSE comme tout résident habituel, comme l’explique la page travailler en Irlande.
Retraité français résidant en Irlande : formulaire S1 et medical card
Un retraité qui perçoit uniquement une pension française, réside en Irlande de façon permanente ou plus de six mois par an et n’y travaille pas demande le document portable S1 à sa caisse de retraite : la CNAV (service « Droit aux soins de santé », à Tours) pour le régime général, la direction spécialisée des finances publiques pour l’étranger pour les pensions civiles et militaires. Il le remet au HSE, et chaque ayant droit reçoit son propre S1. Les soins sont servis selon la législation irlandaise, pour le compte de la sécurité sociale française (CLEISS).
- Medical card : une personne ordinairement résidente qui perçoit une pension de sécurité sociale d’un autre État de l’UE obtient une medical card sans évaluation de ressources, à condition de ne percevoir aucune prestation contributive irlandaise et de ne pas travailler en Irlande avec une obligation de cotiser au PRSI (Citizens Information).
- Séjours en France : le retraité reste affilié à l’assurance maladie française et se fait soigner en France avec prise en charge de tous les soins (CLEISS).
- Cotisation maladie : avec une résidence fiscale hors de France, la CSG et la CRDS ne sont pas dues, mais 3,2 % sont prélevés sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire du régime général, 7,1 % pour les indépendants (CLEISS).
- Pension irlandaise ou activité sur place : un retraité qui perçoit aussi une pension irlandaise relève de l’Irlande pour ses soins ; le S1 est annulé, plus aucune cotisation n’est prélevée sur la pension française et la carte Vitale est rendue (CLEISS).
La page retraite en Irlande et le guide formulaire S1 : mode d’emploi complètent ces repères.
Étudiant, conjoint et enfants
Étudiant. Un Français qui étudie en Irlande demande sa CEAM au moins 15 jours avant le départ ; valable 2 ans au plus, sans dépasser la durée de ses droits, elle ouvre la prise en charge selon la législation du pays de séjour (ameli). Une activité professionnelle sur place affilie l’étudiant au régime irlandais. Un séjour d’étude d’au moins un an conduit en général à la résidence habituelle (Citizens Information). L’assurance médicale privée exigée pour le séjour d’étude vise les étudiants de pays hors de l’Espace économique européen (service d’immigration irlandais), ce qui laisse les étudiants français sous le régime de la CEAM. Voir la page assurance étudiant à l’étranger.
Conjoint et enfants. La couverture suit celle du titulaire. Un retraité obtient un S1 par ayant droit ; le HSE vérifie la qualité de membre de la famille, et un ayant droit non reconnu s’affilie directement au régime local (CLEISS). Les enfants de moins de 8 ans ont droit à une GP visit card, et le suivi de maternité public est gratuit pour les résidents habituels (Citizens Information). Voir la page assurance famille expatriée.
Adhérent CFE, assurance au 1er euro et assurance privée locale
Adhérent CFE. La Caisse des Français de l’étranger propose une adhésion volontaire, à tout âge et sans questionnaire de santé. En cas d’adhésion avant le départ ou dans les trois mois suivant l’installation, la prise en charge débute immédiatement ; au-delà, un délai de carence de trois mois s’applique avant 45 ans et de six mois ensuite. La CFE rembourse les soins à l’étranger selon le pays, en taux ou en forfait de la dépense réelle (CFE). Pour un résident en Irlande, elle s’ajoute aux droits du HSE. Voir la définition de la CFE, le guide des remboursements CFE et la page complémentaire CFE.
Assurance au 1er euro et assurance privée locale. Un contrat au 1er euro prend en charge dès la première dépense, notamment les soins privés. Un contrat local régulé par la Health Insurance Authority offre le même accès au secteur privé ; souscrire dans les neuf mois suivant l’installation évite la majoration à vie pour un adulte de 35 ans ou plus, détaillée sur la page système de santé irlandais. Expavy aide à comparer ces garanties depuis la page assurance santé expatrié.
Séjour temporaire et retour en France
Séjour temporaire. Avec la CEAM, un assuré français bénéficie de la prise en charge d’un assuré local : une consultation médicale ou dentaire dans le système public est entièrement couverte si le professionnel adhère au Primary Care Reimbursement Scheme, tout comme les soins d’urgence dans un hôpital public. Un traitement prescrit coûte 1,50 € par médicament, dans la limite de 15 € par mois. Si un généraliste oriente vers un spécialiste, il convient de demander à être reçu en tant que patient public. Un certificat provisoire de remplacement, valable 3 mois, remplace une carte oubliée (CLEISS). La CEAM couvre le seul système public, hors secteur privé et rapatriement.
Sans CEAM, le formulaire S3125 permet de demander un remboursement au retour en France, selon le tarif irlandais ou la législation française, dans la limite des dépenses réelles ; les soins privés sont examinés sur la base des tarifs français (CLEISS).
Retour en France. Les adhérents de la CFE qui reviennent en France réintègrent leur régime de Sécurité sociale sans délai de carence (CFE). Les droits à l’assurance maladie française se rouvrent selon la situation, comme le détaillent les pages assurance de retour en France et PUMa.
Remboursement poste par poste : consultation, hôpital, médicaments, dentaire, optique, maternité
- Consultation : le généraliste coûte d’environ 45 à 65 € sans carte ; un spécialiste hospitalier se consulte sur orientation du généraliste, gratuitement en tant que patient public (Citizens Information).
- Hospitalisation : frais journaliers du patient public supprimés depuis le 17 avril 2023 ; patient privé en hôpital public : 800 à 1 000 € par nuit en chambre individuelle selon la catégorie de l’hôpital (Citizens Information).
- Médicaments : 1,50 € par article avec une medical card ou une CEAM, 15 € par mois au plus ; sans carte, 80 € par mois au plus avec le Drugs Payment Scheme (CLEISS).
- Dentaire et optique : les titulaires d’une medical card ont droit chaque année à certains traitements dentaires de base ; le Treatment Benefit Scheme finance un examen dentaire annuel et des participations aux frais d’optique pour les assurés qui ont assez cotisé au PRSI (CLEISS).
- Maternité : le Maternity and Infant Care Scheme finance, sans frais pour la patiente, le suivi par le généraliste et la maternité publique : premier examen idéalement avant la 12e semaine puis 5 examens pour une première grossesse, un examen initial puis 6 pour une grossesse suivante, et 2 visites postnatales chez le généraliste (Citizens Information).
Le guide vérifier le réseau conventionné et la définition du reste à charge précisent les notions utiles.
Tableau récapitulatif : qui rembourse les soins selon votre situation en Irlande
| Situation | Qui prend en charge les soins | Document ou démarche | À savoir |
|---|---|---|---|
| Salarié local | HSE (résidence habituelle) ; régime irlandais pour le PRSI | Numéro PPS ; medical card ou GP visit card selon les revenus | Généraliste et médicaments payants sans carte ; plafond de 80 € par mois pour les médicaments |
| Salarié détaché | Sécurité sociale française | Formulaire A1 (24 mois au plus) ; CEAM pour les soins | Mission longue : medical card possible avec le formulaire de rattachement |
| Indépendant | Auto-détaché : sécurité sociale française ; installé : régime irlandais et HSE | A1 (24 mois au plus) ou affiliation locale, PRSI de classe S | Cotisations détaillées sur la page « travailler » |
| Retraité, pension française seule | Irlande pour le compte de la France | S1 demandé à la CNAV ou à la direction spécialisée des finances publiques pour l’étranger | Medical card sans test de ressources ; cotisation de 3,2 % et 4,2 % si résidence fiscale hors de France |
| Retraité avec pension irlandaise ou activité en Irlande | Régime irlandais | S1 annulé ; carte Vitale rendue à la CPAM | Plus de cotisation prélevée sur la pension française |
| Étudiant | CEAM, puis HSE pour un séjour d’au moins un an | CEAM demandée 15 jours avant le départ (2 ans au plus) | Activité sur place : régime irlandais ; assurance privée exigée pour les étudiants hors EEE |
| Conjoint et enfants | Selon le titulaire : S1, CEAM ou HSE | Un S1 par ayant droit | Moins de 8 ans : GP visit card ; maternité publique gratuite |
| Adhérent CFE | CFE selon ses barèmes ; HSE comme résident | Adhésion avant le départ ou dans les 3 mois | Remboursement en taux ou forfait de la dépense réelle |
| Assurance au 1er euro ou privée locale | Assureur, dès la première dépense | Contrat international ou contrat régulé par la HIA | Adhésion dans les 9 mois après l’installation pour éviter la majoration dès 35 ans |
| Séjour temporaire (touriste) | HSE, pour les soins nécessaires | CEAM ou certificat provisoire de remplacement (3 mois) | Médecins du PCRS et urgences publiques ; secteur privé exclu |
| Retour en France | Assurance maladie française | Droits rouverts selon la situation (PUMa) | Adhérents CFE : sans délai de carence |
Sources : CLEISS, ameli, CFE, Citizens Information, consultés le 02/10/2026. La situation individuelle (date d’arrivée, pensions, activité) peut modifier le régime applicable : une vérification auprès de la caisse concernée est recommandée.
Questions fréquentes
Un salarié en contrat local est-il remboursé par la Sécurité sociale française ?
Un salarié en contrat local relève du régime irlandais : l’employeur prélève le PRSI et le salarié accède au HSE au titre de sa résidence habituelle. Les médicaments sont plafonnés à 80 € par mois avec le Drugs Payment Scheme (CLEISS).
La carte européenne d’assurance maladie fonctionne-t-elle en Irlande ?
Oui, pour les soins du système public : médecins et dentistes du Primary Care Reimbursement Scheme, urgences hospitalières publiques, avec 1,50 € par médicament dans la limite de 15 € par mois (CLEISS).
Comment un retraité obtient-il le formulaire S1 pour l’Irlande ?
Il le demande à sa caisse de retraite : la CNAV pour le régime général, la direction spécialisée des finances publiques pour l’étranger pour les pensions civiles et militaires. Il le remet ensuite au HSE ; chaque ayant droit a son propre S1 (CLEISS).
Un retraité titulaire d’un S1 a-t-il droit à la medical card en Irlande ?
Oui, sans test de ressources, s’il est ordinairement résident, perçoit une pension de sécurité sociale d’un autre État de l’UE, ne perçoit pas de prestation contributive irlandaise et ne travaille pas en Irlande avec obligation de cotiser au PRSI (Citizens Information).
La CFE suffit-elle pour être couvert en Irlande ?
La CFE est une adhésion volontaire qui rembourse les soins selon le pays où ils sont dispensés. Un résident habituel conserve ses droits au HSE, et un salarié qui travaille en Irlande relève du régime irlandais (CFE, CLEISS).
Que faire aux urgences sans la CEAM ?
Les soins sont délivrés, puis le formulaire S3125 permet de demander un remboursement au retour en France, selon le tarif irlandais ou la législation française, dans la limite des dépenses réelles (CLEISS).
Les autres guides : Irlande
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
