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Grèce · Remboursements des soins

Remboursement des soins en Grèce : qui rembourse quoi selon votre situation

L’essentiel

En Grèce, le remboursement des soins dépend de votre statut. Le salarié local et l'indépendant relèvent de l'e-EFKA et de l'EOPYY ; le détaché reste couvert par la France grâce au formulaire A1 ; le retraité à pension française s'inscrit avec le formulaire S1 ; l'étudiant et le voyageur utilisent la CEAM ; le conjoint et les enfants suivent le statut de l'assuré. L'EOPYY prend en charge les consultations chez un médecin conventionné et l'hospitalisation publique, laisse 25 % à charge sur la plupart des médicaments et 10 à 30 % en clinique privée conventionnée, et couvre peu le dentaire des adultes. La CFE ou une assurance au premier euro complète cet ensemble.

  • Médicaments : 25 % à charge en général, 10 % pour certaines affections, 0 % dans les cas d'exonération (CLEISS).
  • Hospitalisation : gratuite dans le public ; 10 à 30 % à charge en clinique privée conventionnée (CLEISS).
  • Détachement : régime français maintenu avec le formulaire A1, pour 24 mois au plus (CLEISS).
  • Cotisation santé 2026 : 1,65 % à la charge du salarié, 3,80 % à celle de l'employeur ; de 59,71 à 71,65 € par mois pour un indépendant (CLEISS).
  • Retraité : S1 sans nouvelle cotisation locale, mais cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base si la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).
  • CEAM : 2 ans de validité au plus, à demander 15 jours avant le départ ; évacuation et soins programmés exclus (Assurance maladie).

Trois logiques de remboursement en Grèce

Trois mécanismes coexistent. Le premier est le régime grec : l’e-EFKA collecte les cotisations, et l’EOPYY finance les soins auprès des prestataires publics et des prestataires privés conventionnés (CLEISS). Le deuxième est le régime français maintenu pour certains profils (détaché, retraité, étudiant en séjour temporaire), qui conserve l’assurance maladie française tout en autorisant les soins sur place. Le troisième regroupe les couvertures privées : CFE et assurance au premier euro, qui complètent ou remplacent le remboursement public.

Le système repose sur les règlements européens de coordination : la situation professionnelle et le lieu de résidence désignent l’institution compétente. Chaque section ci-dessous passe une situation en revue, et le tableau final les résume. Le fonctionnement du système figure dans le guide système de santé grec.

Actifs : salarié local, détaché et indépendant

Salarié sous contrat local. Après l’obtention de l’AMKA, le salarié est affilié automatiquement dès son embauche. Au 1er janvier 2026, il verse 1,65 % de sa rémunération brute pour les soins de santé et 0,40 % pour les indemnités journalières, son employeur 3,80 % et 0,25 % (CLEISS). Les droits aux soins demandent au moins 50 jours de cotisations dans l’année qui précède la maladie. Il consulte alors un médecin conventionné, se fait hospitaliser gratuitement dans le public et règle les participations décrites plus bas. Voir la définition du contrat local.

Salarié détaché (formulaire A1). Le détachement maintient le salarié au régime français pendant 24 mois au plus : il reste exempté de cotisations en Grèce (CLEISS). Pour ses soins sur place, il utilise la CEAM ou demande à sa caisse française le formulaire S1 lorsqu’il réside en Grèce avec sa famille (CLEISS, EOPYY). Un arrêt de travail se transmet à la caisse française dans les 48 heures, qui examine le droit aux indemnités journalières. Voir le formulaire A1 et la définition du détaché.

Indépendant. Il déclare son inscription à l’e-EFKA avant le 10 du mois qui suit le début de l’activité et verse un montant mensuel fixe selon l’une des six catégories (de 250,77 à 675,87 €, dont 59,71 à 71,65 € pour les soins de santé), plus 10 € pour le chômage. L’ouverture des droits demande 60 jours de cotisations dans l’année précédente. Les indemnités journalières dépendent du régime professionnel, et un projet de loi attendu en 2026 vise à les ouvrir à tous les indépendants (CLEISS).

Retraité à pension française : le formulaire S1

Un retraité qui perçoit une pension française et s’installe en Grèce sans y travailler demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite, puis le remet à l’institution d’assurance maladie grecque, qui l’inscrit pour les soins. Il reçoit un numéro EU-AMKA, présenté au point de soins, et se soigne alors comme un assuré grec ; la France finance la couverture par compensation entre États (CLEISS, EOPYY). Les prélèvements portent sur la seule pension française (CLEISS).

Côté pension, si la résidence fiscale est hors de France, une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée (7,1 % pour les travailleurs indépendants) ; une résidence fiscale en France entraîne la CSG et la CRDS (CLEISS). Le retraité en séjour en France bénéficie de tous ses soins, y compris programmés, selon la réglementation française (CLEISS) ; la France figure parmi les pays dont les pensionnés ont droit aux soins à la fois dans l’État payeur et en Grèce (EOPYY). Le guide retraite en Grèce et le mode d’emploi du formulaire S1 détaillent la démarche.

Conjoint et enfants

En Grèce, le conjoint et les enfants jusqu’à 18 ans (26 ans pour les étudiants ou les jeunes sans emploi, sans limite d’âge en cas de handicap d’au moins 67 %) peuvent être affiliés comme ayants droit de l’assuré (CLEISS). Avec un S1, les ayants droit sont déterminés selon la législation du pays de résidence ; le formulaire se délivre pour chaque membre de la famille, et la caisse grecque examine leur qualité de membres de la famille. Si cette qualité n’est pas reconnue, ils s’affilient directement au régime local, avec une éventuelle cotisation (CLEISS).

Pour les enfants, le dentaire préventif et curatif essentiel est pris en charge jusqu’à 14 ans et, en grande partie, jusqu’à 18 ans dans le réseau de soins primaires (CLEISS). La page assurance famille expatriée et le guide couverture des enfants à l’étranger complètent ces repères.

Étudiant et touriste : la carte européenne d'assurance maladie (CEAM)

La CEAM (EKAA en Grèce) ouvre les soins médicalement nécessaires lors d’un séjour temporaire, aux conditions grecques. Elle se demande à la caisse d’assurance maladie au moins 15 jours avant le départ, vaut deux ans au plus et se délivre à chaque membre de la famille. Les soins programmés et l’évacuation ne sont pas inclus, et le remboursement suit les tarifs du pays d’accueil (Assurance maladie).

En Grèce, la carte s’utilise auprès des professionnels du secteur public et des prestataires privés conventionnés. Les cabinets privés fixant un nombre limité de patients par mois, il vaut mieux vérifier leur acceptation avant de consulter. L’hospitalisation publique est gratuite ; en clinique privée conventionnée, 10 à 30 % des frais s’ajoutent aux honoraires des médecins ; les médicaments restent à 25 % ; seuls les traitements dentaires des centres publics sont couverts (CLEISS). En cas d’oubli, un certificat provisoire de remplacement, valable trois mois, peut être délivré.

Pour un séjour d’études de plus de trois mois, une assurance complémentaire est recommandée (Assurance maladie). Un étudiant qui travaille en Grèce s’affilie à l’e-EFKA (EOPYY). Voir assurance étudiant à l’étranger et le guide Erasmus et échanges universitaires. Au retour, les frais avancés se réclament avec le formulaire S3125.

CFE, assurance au premier euro et complémentaire

La CFE, sécurité sociale volontaire des Français de l’étranger, ne demande aucun questionnaire de santé. L’adhésion avant le départ ou dans les trois mois qui suivent l’installation ouvre la couverture immédiatement ; au-delà, un délai d’attente de trois mois (moins de 44 ans) ou six mois (45 ans et plus) s’applique. Les remboursements reposent sur une base propre à chaque pays, en taux ou en forfait sur la facture réelle ; une offre dédiée existe pour les retraités du régime de base français sans activité (CFE). Voir les pages complémentaire CFE et CFE ou assurance privée.

Une assurance au premier euro rembourse les frais réels selon ses garanties : clinique privée, participations de 10 à 30 %, dentaire, optique, évacuation. Elle réduit le reste à charge d’un système où les paiements directs représentent 34 % des dépenses de santé, contre 16 % en moyenne dans l’UE (Commission européenne, OCDE). Expavy compare ces offres selon votre profil.

Par poste de soins : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation. Intégralement prise en charge chez un médecin conventionné, dans la limite de 200 consultations remboursées par mois et par médecin ; aucun remboursement chez un médecin privé non conventionné (CLEISS).
  • Hospitalisation. Gratuite dans le public, transport d’urgence compris ; 10 à 30 % à charge en clinique conventionnée ; totalité du coût en clinique non conventionnée (CLEISS).
  • Médicaments. 25 % à charge en général, 10 % pour certaines affections, 0 % pour les maladies chroniques, la grossesse et les personnes en grande précarité (CLEISS).
  • Dentaire. Les adultes bénéficient d’une couverture limitée aux urgences médicales (CLEISS) ; l’EOPYY n’a plus de contrat avec les dentistes privés depuis 2011 (Commission européenne, OCDE).
  • Optique. Les prestations relèvent du règlement unifié de l’EOPYY ; vérifiez-les avant tout achat et prévoyez une complémentaire pour le budget lunettes.
  • Maternité. Médicaments gratuits pendant la grossesse ; examens et hospitalisation gratuits dans le public ; dans le privé conventionné, 15 % à charge pour les examens et 30 % pour l’hospitalisation, avec des dépistages prénataux gratuits. Le congé dure 17 semaines (CLEISS).

Retour en France : retrouver l'assurance maladie française

Un Français qui reprend une activité professionnelle en France est affilié à l’assurance maladie dès la première heure travaillée, sans durée minimale (CLEISS). Sans reprise immédiate d’activité, la caisse d’assurance maladie du lieu de résidence examine le droit à la protection universelle maladie sur critère de résidence ; pour un inactif, le droit dépend aussi de la situation au regard du droit au séjour. Le document portable U1 atteste les périodes d’emploi grecques pour le chômage, et la CEAM sert aux soins durant le maintien des allocations grecques pendant trois mois (CLEISS).

Pour réduire le délai de transition, consultez la page assurance retour en France, la définition de la PUMa et le guide réduire le délai de carence.

Tableau récapitulatif par situation

SituationRégime et documentSoins en Grèce
Salarié locale-EFKA et EOPYY, après l'AMKAMédecin conventionné pris en charge, hôpital public gratuit, 25 % sur la plupart des médicaments
DétachéRégime français maintenu (A1, 24 mois au plus) ; CEAM ou S1Soins aux conditions grecques, avances remboursées par la caisse française
Indépendante-EFKA, six catégories mensuellesDroits aux soins après 60 jours de cotisations
Retraité à pension françaiseAssurance maladie française via le S1 et l'EU-AMKAComme un assuré grec, sans cotisation locale ; cotisation maladie sur la pension
Conjoint et enfantsAyants droit de l'assuré, ou S1 pour chaque membreMêmes soins ; enfants jusqu'à 18 ans (26 ans si étudiants)
Étudiant en séjour temporaireRégime français, CEAMSoins médicalement nécessaires ; ni évacuation ni soins programmés
TouristeRégime français, CEAMPublic et conventionnés ; 10 à 30 % en clinique privée ; dentaire public seulement
Adhérent CFECFE, adhésion volontaireRemboursement sur une base propre au pays, en taux ou en forfait
Assurance au premier euroContrat privé internationalFrais réels selon les garanties : clinique privée, dentaire, optique, évacuation
Retour en FranceAffiliation dès la première heure travaillée, ou PUMa sur critère de résidenceSoins selon les règles françaises ; U1 pour le chômage

Synthèse indicative à vérifier auprès de votre caisse et de l'EOPYY : les taux de participation et les conditions d'ouverture des droits peuvent évoluer.

Questions fréquentes

Comment sont remboursés les soins d'un salarié local en Grèce ?

Le salarié est affilié à l'e-EFKA dès son embauche et se soigne comme un assuré grec : consultations chez un médecin conventionné prises en charge, hospitalisation publique gratuite, 25 % à charge sur la plupart des médicaments et 10 à 30 % en clinique privée conventionnée (CLEISS).

Un détaché doit-il s'affilier à l'EFKA ?

Non : avec le formulaire A1, le salarié détaché reste au régime français pour 24 mois au plus. Pour ses soins sur place, il utilise la CEAM, ou un formulaire S1 demandé à sa caisse française lorsqu'il réside durablement en Grèce (CLEISS, EOPYY).

Un retraité français est-il remboursé en Grèce avec le S1 ?

Oui : le formulaire S1, délivré par la caisse qui verse la pension et remis à l'institution grecque, ouvre les soins comme pour un assuré grec, sans cotisation locale. Une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base est prélevée si la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).

La CEAM suffit-elle pour un séjour d'études en Grèce ?

Elle couvre les soins médicalement nécessaires, aux conditions et aux tarifs grecs, mais exclut l'évacuation et les soins programmés. Pour un séjour de plus de trois mois, une assurance complémentaire est recommandée (Assurance maladie).

La CFE rembourse-t-elle les soins en Grèce ?

L'adhésion à la CFE est volontaire et sans questionnaire de santé ; les remboursements s'appuient sur une base propre à chaque pays, en taux ou en forfait sur la facture réelle. Une adhésion avant le départ ou dans les trois mois suivant l'installation ouvre la couverture immédiatement (CFE).

Les soins dentaires et l'optique sont-ils remboursés en Grèce ?

Pour le dentaire, les adultes bénéficient d'une couverture limitée aux urgences médicales, et les enfants jusqu'à 14 ans des soins essentiels (CLEISS). Pour l'optique, consultez le règlement unifié de l'EOPYY et prévoyez une complémentaire.

Comment se faire rembourser à son retour en France ?

Un retour avec reprise d'activité ouvre l'affiliation dès la première heure travaillée ; sans activité, la caisse examine le droit à la PUMa sur critère de résidence. Les frais avancés lors d'un séjour temporaire se réclament avec le formulaire S3125 (CLEISS).

Les autres guides : Grèce