Curaçao · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite à Curaçao : permis de séjour, fiscalité de la pension et accès aux soins
L’essentiel
Pour prendre sa retraite à Curaçao, un Français demande un permis de rentier à la Toelatingsorganisatie, avec un justificatif bancaire de ressources suffisantes, et peut y ajouter le régime fiscal dit penshonado s'il a au moins 50 ans, possède un logement sur l'île et n'y travaille pas. Ce régime taxe à 10 % les revenus de source étrangère, sous conditions. Aucune convention fiscale ni de sécurité sociale n'est listée entre la France et Curaçao : la pension française se paie à l'étranger, et le régime d'imposition se règle avec l'administration fiscale française. Pour les soins, le retraité résident relève de la BVZ, au taux de 6,5 % du revenu, et peut y ajouter l'offre de la CFE pour les retraités ou une assurance internationale, le formulaire S1 étant réservé à l'Union européenne.
- 50 ans : âge minimal pour demander le régime fiscal penshonado, après au moins 60 mois consécutifs de résidence hors de Curaçao (Belastingdienst).
- 10 % : taux d'imposition des revenus de source étrangère sous le régime penshonado, les autres revenus restant imposés au taux progressif normal.
- NAf 450 000 : valeur minimale du logement à occuper à Curaçao, à acquérir dans les 18 mois suivant l'inscription au registre de la population (Belastingdienst, indiquée en florins des Antilles néerlandaises).
- Cg 635 puis Cg 615 : frais de la première demande puis du renouvellement du permis de rentier, la décision étant rendue sous quatre mois (Toelatingsorganisatie).
- Prime BVZ des retraités résidents en pourcentage du revenu, dans la limite d’un revenu plafonné fixé par la SVB.
- 65 ans : âge de la pension de vieillesse locale (AOV), dont les montants mensuels, différents pour les résidents, sont publiés chaque année par la SVB.
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Repères chiffrés : Curaçao
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +5,0 %
- Inflation
- 2,6 %
- PIB par habitant
- 22 833 $
- Population
- 156 263
- Espérance de vie
- 77,0 ans
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit de séjour : le permis de rentier
Curaçao propose un permis de séjour spécifique au rentier ou retraité. Pour un ressortissant de l’Union européenne, le séjour touristique est limité à 90 jours par an ; au-delà, un titre de séjour est nécessaire (Toelatingsorganisatie). La demande de permis de rentier comprend le formulaire signé, le passeport, un extrait d’acte de naissance de moins d’un an, un certificat de bonne conduite du dernier lieu de résidence de moins de trois mois et une attestation bancaire originale confirmant des ressources suffisantes pour le demandeur et sa famille. Le site ne publie pas de montant minimal de pension ou de capital pour le rentier ; seuls des montants mensuels bruts sont indiqués pour les membres de la famille : Cg 1 500 pour un conjoint lorsque le regroupant est néerlandais, Cg 3 000 lorsqu’il est étranger, et Cg 250, 350 ou 500 par enfant selon l’âge (0-5 ans, 6-11 ans, 12 ans et plus).
Les frais sont de Cg 635 pour une première demande et de Cg 615 pour un renouvellement ou un changement. La Toelatingsorganisatie dispose de quatre mois pour statuer, et une première demande déposée depuis l’étranger attend la décision hors de l’île. Depuis le 1er avril 2026, un permis peut être demandé pour trois ans au plus, avec des frais dus pour chaque année demandée, et un permis de durée indéterminée peut être délivré après dix ans de séjour légal ininterrompu ou aux personnes admises au régime penshonado. Un retraité qui ne souhaite pas résider toute l’année peut, selon les mêmes sources, solliciter un permis de courte durée de six mois au plus (Cg 535), notamment en qualité d’investisseur ou de « snowbird », avec Cg 36 000 de fonds, un logement à Curaçao ou un bateau de dix mètres au moins. Le site précise aussi que la décision négative peut faire l’objet d’une objection dans les six semaines.
Le régime fiscal penshonado pour les retraités étrangers
Le Belastingdienst décrit le régime penshonado pour les étrangers de 50 ans et plus qui s’installent à Curaçao avec des revenus de l’étranger. Les conditions sont les suivantes : avoir vécu au moins 60 mois consécutifs hors de Curaçao avant l’installation ; demander le statut à l’inspecteur des impôts dans les deux mois de l’inscription au registre de la population ; posséder, dans les 18 mois, un logement occupé par le propriétaire, non loué, d’une valeur d’au moins NAf 450 000 (ou un monument protégé de même valeur, loué quatre mois par an au plus) ; ne pas exercer d’activité sur l’île, et il en va de même du conjoint, sauf exceptions.
Deux options sont proposées au moment de la demande : les revenus étrangers réels imposés à 10 %, ou un revenu étranger forfaitaire de NAf 500 000 imposé au taux normal, sans allègement de double imposition au titre de l’arrangement entre les Pays-Bas et Curaçao ; le passage de la première à la seconde option n’est possible qu’après trois ans. Les autres revenus sont imposés au taux progressif normal. Le régime prend fin notamment en cas de revenu d’activité local deux années de suite, de déclarations incomplètes ou tardives deux années de suite, ou de perte du logement pendant plus de six mois. Le penshonado verse malgré tout les primes BVZ et AVBZ, et, selon l’âge, l’AOV et l’AWW. L’appartenance à ce régime ouvre droit, selon la politique du 1er avril 2026, au permis de séjour de durée indéterminée ; la Toelatingsorganisatie renvoie au ministère des Finances pour les questions sur le penshonado.
Fiscalité de la pension française : convention et retenue à la source
La liste des conventions fiscales d’impots.gouv.fr ne comporte aucune entrée pour Curaçao. La France et Curaçao ont signé le 10 septembre 2010 un accord d’échange de renseignements en matière fiscale, en vigueur depuis le 1er août 2012 (BOFiP). Faute de convention listée, une pension française versée à un résident de Curaçao est soumise aux règles internes françaises pour les non-résidents : retenue à la source sur les pensions de source française avec un abattement de 10 % puis des taux de 0 %, 12 % et 20 % par tranches (barème révisé chaque année), les tranches de 0 % et de 12 % étant libératoires (impots.gouv.fr). Le Belastingdienst impose de son côté le résident sur ses revenus mondiaux : une double imposition est donc possible, sauf si le régime penshonado s’applique. Ce point se vérifie avec le service des impôts des particuliers non-résidents avant le départ.
La pension française et la pension locale (AOV)
Sans accord de sécurité sociale, la retraite française n’est pas calculée en coordination avec le régime étranger : chaque pays examine séparément les droits, et les périodes étrangères ne comptent pas pour le taux de la pension française (CLEISS). La pension se demande environ six mois avant l’âge légal à la caisse de dernière affiliation en France. Elle peut être versée dans le monde entier, à condition de signaler sa nouvelle adresse et ses coordonnées bancaires et de renvoyer chaque année un certificat de vie authentifié par une autorité locale.
Côté curaçaoan, l’assurance vieillesse AOV assure tous les résidents de moins de 65 ans, quelle que soit leur nationalité, et la pension est accordée sur demande à partir de 65 ans. Elle se constitue entre 15 et 65 ans selon le nombre d’années d’assurance, avec une réduction de 2 % par année civile non assurée et de 3 % par année où la prime n’a pas été payée ; le tableau de la SVB, révisé chaque année, indique le montant de la pension pour les résidents (ingezetene), avec un supplément maximal pour le conjoint de moins de 65 ans. Un retraité qui s’installe tard dans la vie cumule donc peu d’années d’assurance locale, et la pension AOV complète le revenu plutôt qu’elle ne le remplace. Un pensionné qui ne réside plus à Curaçao voit sa pension réduite de 10 %.
Accès aux soins du retraité
Le formulaire S1, qui rattache un retraité de l’Union européenne à l’assurance maladie de son pays de résidence, ne s’applique pas à Curaçao. Le retraité résident relève de la BVZ, au taux de 6,5 % du revenu dans la limite de Cg 150 000, et de l’AVBZ (soins de longue durée), dont la cotisation de 1 % n’est retenue que pour les pensionnés résidant à Curaçao. Le dentaire est ouvert aux retraités sans condition de revenu, et la lettre de recommandation du généraliste, valable six mois, ouvre l’accès aux spécialistes et à l’hôpital ; la page système de santé de Curaçao détaille le parcours.
La CFE propose aux retraités une offre réservée aux titulaires d’une pension d’un régime de base français, sans questionnaire médical, couvrant les soins réalisés à l’étranger ; la carence est de trois à six mois selon l’âge en cas d’adhésion tardive. Le détail figure dans la page remboursement des soins à Curaçao et dans le guide assurance maladie du retraité à l’étranger. France Diplomatie juge impératif de disposer d’une assurance couvrant les frais médicaux et le rapatriement sanitaire.
Coût de la vie, villes prisées et climat
Le CBS publie l’indice des prix , dont l’inflation et le poste logement. Les indicateurs économiques figurent dans le bloc « Repères économiques » de cette page. Le CBS ne publie pas de loyers moyens sur les pages consultées, et son tableau du marché du logement décrit un marché tendu (peu de logements vacants, pénurie estimée), qui incite à préparer l’achat ou la location en amont ; l’achat d’un logement est d’ailleurs une condition du régime penshonado.
Les sources officielles consultées ne classent pas les localités de l’île par attrait résidentiel ; Willemstad, la capitale, concentre l’hôpital central, les services de la SVB, de l’immigration et de l’administration fiscale. Le service météorologique décrit un climat semi-aride avec des alizés, une saison sèche de février à mai, une saison des pluies d’octobre à janvier et une saison cyclonique du 1er juin au 30 novembre. Pour l’ensemble des démarches d’installation, voir la page vivre à Curaçao.
Préparer son départ à la retraite
Avant le départ, le retraité demande sa pension française, prévient les caisses de son changement de résidence, choisit entre la BVZ, la CFE et une assurance internationale, et vérifie son régime fiscal français. Au retour en France, un adhérent de la CFE peut, sous conditions, conserver les prestations du régime des expatriés pendant trois mois ; pour un retraité, l’ouverture des droits dépend de la convention de sécurité sociale entre la France et l’ancien pays de résidence, et, si elle n’ouvre aucun droit, de la protection universelle maladie demandée à la CPAM avec le formulaire S1106 (service-public.gouv.fr). La page retraite à l’étranger et la fiche assurance santé à Curaçao complètent ces repères ; Expavy aide à comparer les couvertures.
Questions fréquentes
Un retraité français a-t-il besoin d'un permis pour s'installer à Curaçao ?
Oui, au-delà des 90 jours par an autorisés aux ressortissants de l'Union européenne. Le permis de rentier est demandé à la Toelatingsorganisatie avec un justificatif bancaire de ressources suffisantes, pour Cg 635 en première demande, la décision étant rendue sous quatre mois.
Qu'est-ce que le régime penshonado ?
Un régime fiscal pour les étrangers de 50 ans et plus qui s'installent à Curaçao avec des revenus de l'étranger : après 60 mois consécutifs de résidence hors de l'île, avec un logement occupé d'au moins NAf 450 000 et sans activité sur place, les revenus étrangers sont imposés à 10 %.
Existe-t-il une convention fiscale entre la France et Curaçao ?
Aucune convention n'est listée par impots.gouv.fr pour Curaçao. Un accord d'échange de renseignements fiscaux est en vigueur depuis le 1er août 2012. La situation de la pension se vérifie auprès de l'administration fiscale française.
Le formulaire S1 fonctionne-t-il à Curaçao ?
Non. Le S1 rattache un retraité de l'Union européenne à l'assurance maladie de son pays de résidence. À Curaçao, le retraité résident relève de la BVZ, à 6,5 % du revenu, et complète avec la CFE ou une assurance internationale.
Peut-on toucher sa retraite française à Curaçao ?
Oui. La pension française est versée dans le monde entier après signalement de l'adresse et des coordonnées bancaires, avec un certificat de vie annuel authentifié par une autorité locale (CLEISS).
À quel âge la pension locale est-elle versée à Curaçao ?
À 65 ans, sur demande, de préférence six mois avant. Le montant dépend du nombre d'années d'assurance entre 15 et 65 ans ; le tableau de la SVB, révisé chaque année, indique le montant pour les résidents.
Les autres guides : Curaçao
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
