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Congo · Système de santé

Système de santé au Congo : ce qu'un Français doit savoir

L’essentiel

Au Congo, le ministère de la Santé et de la Population, à Brazzaville, pilote un système dont France Diplomatie juge le réseau hospitalier globalement faible ; le régime d'assurance maladie universelle (RAMU), obligatoire, est géré par la caisse CAMU depuis le 1er juillet 2023. Les Français peuvent recourir au centre médico-social de l'ambassade de France à Brazzaville, mais un contrat d'assistance ou d'assurance couvrant les frais médicaux, la chirurgie, l'hospitalisation et le rapatriement sanitaire est indispensable : sans lui, l'accès aux soins peut être refusé, même en urgence vitale. Le paludisme est présent toute l'année sur l'ensemble du territoire, et la fièvre jaune est obligatoire au-delà de 9 mois.

  • Dépense de santé de l’ordre de 75 dollars US par habitant, soit environ 3 % du PIB (OMS, observatoire mondial de la santé).
  • RAMU : régime obligatoire (loi n° 37-2014, modifiée par la loi n° 12-2023 du 10 mai 2023) géré par la CAMU depuis le 1er juillet 2023.
  • Fièvre jaune obligatoire pour les personnes de plus de 9 mois, à faire au moins 10 jours avant le départ ; le carnet est contrôlé à l'entrée.
  • Paludisme : risque toute l'année, sur tout le territoire ; chikungunya signalé à Pointe-Noire, dans le Kouilou et à Brazzaville.
  • Police secours : 117 ; services de secours limités dans les grandes villes et inexistants en dehors.

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Organisation du système et niveau de moyens

Le ministère de la Santé et de la Population, installé à Brazzaville, est l’autorité de tutelle du système de santé. France Diplomatie qualifie le réseau hospitalier de globalement faible et rappelle que, hors des villes, les secours sont inexistants. L’Organisation mondiale de la santé relève une dépense de santé par habitant très modeste.

Côté assurance, le CLEISS décrit un régime d’assurance maladie obligatoire, le RAMU, institué par la loi n° 37-2014 et modifié par la loi n° 12-2023 du 10 mai 2023, qui couvre la maladie, l’accident, la maternité et la rééducation (à l’exclusion des accidents du travail et maladies professionnelles) et dont la gestion revient à la CAMU depuis le 1er juillet 2023. La CNSS continue de gérer les pensions, les accidents du travail et les prestations familiales des salariés en attendant la mise en place des nouvelles caisses.

Pour un expatrié, la lecture pratique est de s’appuyer sur le centre médico-social de l’ambassade de France à Brazzaville pour l’orientation, sur une assurance qui organise l’évacuation pour les pathologies lourdes et sur une comparaison des options avec le guide systèmes de santé du monde.

Accès d'un étranger et convention franco-congolaise

La France et le Congo sont liés par une convention de sécurité sociale en vigueur depuis le 1er juin 1988. Selon le CLEISS, elle couvre la maternité, l’invalidité, la vieillesse et les survivants, les accidents du travail et maladies professionnelles et les prestations familiales, mais ne contient aucune disposition de coordination pour la branche maladie ni pour l’assurance décès. Le Protocole n° 1 prévoit toutefois le maintien de certaines prestations de l’assurance maladie, en nature et en espèces, pour les assurés qui se rendent au Congo ; lors d’un transfert de résidence, ce maintien est limité à six mois.

En pratique, la carte Vitale ne tient pas lieu de couverture au Congo et les soins sont facturés au patient. Les conditions d’accès d’un étranger au RAMU se confirment auprès de la CAMU et de l’employeur. Les détachés restent soumis à une exception à la règle d’assujettissement prévue par la convention ; l’étendue de la couverture maladie dans ce cas se vérifie auprès du CLEISS et de l’Urssaf.

Voir les remboursements des soins au Congo pour comparer les situations.

Médecin de premier recours, hôpitaux et urgences

France Diplomatie ne désigne aucun établissement en particulier sur ses pages santé, mais indique que l’on peut accéder au centre médico-social de l’ambassade de France à Brazzaville. Elle mentionne le numéro 117 (Police secours) pour les accidents, sans publier de numéro d’urgence médicale. Avant le départ, enregistrez les numéros de votre assistance, ceux de l’ambassade de France à Brazzaville et du consulat général de Pointe-Noire.

Le nombre d’accidents de la route est très élevé et en hausse continue ; la prise en charge des accidents corporels est très limitée et quasi inexistante hors des villes. En cas d’accident, il ne faut pas déplacer le véhicule et il faut prévenir rapidement la police ou la gendarmerie. Pour les déplacements interurbains, France Diplomatie recommande de rouler en convoi d’au moins deux véhicules, de ne pas conduire de nuit, de disposer de moyens de communication opérationnels (téléphone satellitaire conseillé) et d’emporter du matériel de premier secours, de l’eau et de la nourriture, ce qui compte aussi pour un accès rapide aux soins.

L’inscription à Fil d’Ariane est recommandée pour un séjour de moins de six mois ; au-delà, l’inscription au registre des Français établis hors de France est fortement recommandée. Pour l’hospitalisation, une prise en charge directe de l’assureur évite d’avancer les frais ; voir prise en charge directe et évacuation médicale.

Médicaments et pharmacie

France Diplomatie recommande d’emporter uniquement les médicaments strictement nécessaires, dans leur emballage d’origine, avec une ordonnance mentionnant les noms en dénomination commune internationale, de vérifier qu’ils sont autorisés au Congo et de ne jamais acheter de médicaments dans la rue à cause des risques de contrefaçon. Un passage chez le dentiste avant le départ est suggéré.

Pour un traitement chronique, constituer un stock avant le départ et demander à un médecin les équivalents disponibles limitent le risque de rupture. Le dentaire et l’optique relèvent des contrats d’assurance et de la CFE ; voir assurance santé expatrié.

Risques sanitaires et vaccinations

Le calendrier vaccinal français doit être à jour (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, rougeole). La fièvre jaune est obligatoire pour les personnes de plus de 9 mois, à faire au moins 10 jours avant le départ dans un centre agréé ; le carnet est contrôlé à l’entrée. Selon le séjour sont aussi recommandés l’hépatite A, la fièvre typhoïde, l’hépatite B, la rage, le chikungunya, la dengue, le mpox, et la tuberculose pour les enfants de moins de 15 ans en cas de séjour fréquent ou long.

Le paludisme présente un risque toute l’année sur tout le territoire : protection contre les moustiques et traitement préventif après avis médical ; toute fièvre pendant le séjour ou dans les semaines suivant le retour impose de consulter. La dengue est présente, le chikungunya a donné de nombreux cas à Pointe-Noire, dans le Kouilou et à Brazzaville, la rage est signalée régulièrement, notamment à Pointe-Noire, et le choléra, la fièvre typhoïde et l’hépatite A se transmettent par l’eau et les aliments contaminés.

S’y ajoutent le Zika (consultation avant le voyage pour les femmes enceintes), le mpox, la poliomyélite, la trypanosomiase (risque faible, surtout en zone rurale) et la tuberculose. France Diplomatie rappelle qu’un pays qui n’exige pas un vaccin ne signifie pas qu’il n’y a pas de risque : la fièvre jaune est potentiellement mortelle dans 20 à 60 % des cas, sans traitement curatif.

Eau, alimentation et gestes de prévention

Ne boire que de l’eau en bouteille, des boissons encapsulées ou de l’eau rendue potable (filtration, ébullition ou désinfectant). Se laver souvent les mains, bien cuire les aliments, peler ou bien laver les fruits et légumes, éviter crudités, coquillages, plats réchauffés et buffets froids.

Contre les moustiques : vêtements couvrants, répulsifs sur la peau, moustiquaires imprégnées, élimination des eaux stagnantes. Autres risques : prudence sur la route et à deux-roues, baignade seulement dans les zones surveillées (à éviter dans les rapides du fleuve Congo et de ses affluents), marcher chaussé, ne pas toucher ni nourrir les animaux, laver immédiatement à l’eau et au savon toute morsure ou griffure.

Situations particulières : enfants, grossesse, maladies chroniques

Pour les femmes enceintes ou en projet de grossesse, France Diplomatie recommande de consulter avant le départ en raison du risque de complications graves liées au Zika. Le mpox est plus grave chez les enfants, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. Pour les enfants, les vaccinations et la prévention du paludisme sont à préparer avec un médecin ; pour une maladie chronique, il faut vérifier la continuité des traitements, la prise en charge par l’assureur et la déclaration des antécédents ; voir questionnaire médical et antécédents.

Préparer sa couverture avant le départ

France Diplomatie qualifie d’indispensable un contrat d’assurance ou d’assistance couvrant les soins, la chirurgie, l’hospitalisation et le rapatriement sanitaire. Trois voies existent : la CFE, adhésion avant le départ ou dans les trois mois suivant l’installation pour une couverture immédiate ; une assurance internationale au premier euro, avec prise en charge directe et évacuation ; la protection d’un détachement.

La comparaison se fait sur la zone de couverture, les plafonds d’hospitalisation, la maternité, l’évacuation et le questionnaire médical ; voir zone de couverture.

Questions fréquentes

La convention franco-congolaise couvre-t-elle la maladie ?

Non : selon le CLEISS, elle ne contient aucune disposition de coordination pour la maladie. Le Protocole n° 1 prévoit le maintien de certaines prestations maladie, limité à six mois lors d'un transfert de résidence.

Qu'est-ce que le RAMU ?

Le régime d'assurance maladie universelle congolais, obligatoire, géré par la CAMU depuis le 1er juillet 2023. Il couvre la maladie, l'accident, la maternité et la rééducation, hors accidents du travail et maladies professionnelles.

Existe-t-il un centre médical pour les Français ?

France Diplomatie indique que l'on peut accéder au centre médico-social de l'ambassade de France à Brazzaville.

La fièvre jaune est-elle obligatoire ?

Oui pour les personnes de plus de 9 mois : à faire au moins 10 jours avant le départ dans un centre agréé ; le carnet est contrôlé à l'entrée.

Le paludisme est-il présent partout ?

France Diplomatie indique un risque toute l'année sur tout le territoire. Il faut se protéger des moustiques et prendre un traitement préventif après avis médical.

Quel numéro appeler en cas d'accident ?

Le 117, Police secours ; les secours sont limités dans les villes et inexistants en dehors. Une assistance peut organiser une évacuation.

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