Aller au contenu principal
Expavy

Bonaire, Saint-Eustache et Saba · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite à Bonaire, Saint-Eustache et Saba (Pays-Bas caribéens) quand on est français : séjour, pension, fiscalité et soins

L’essentiel

Un retraité français peut percevoir sa pension de l'Assurance retraite aux Pays-Bas caribéens, sur un compte français ou étranger, à condition de renvoyer chaque année le certificat de vie. Pour y vivre plus de trois mois, l'IND-CN délivre un permis de séjour dont la catégorie de retraité suppose des ressources égales à 120 % du salaire minimum brut mensuel, soit un montant mensuel en dollars des États-Unis, révisé chaque semestre. Aucune convention de sécurité sociale ni convention fiscale ne lie la France à ces îles dans les sources consultées : le formulaire S1 et la CEAM ne s'appliquent pas, et une pension de source française reste soumise à la retenue à la source des non-résidents, dont le barème va de 0 % à 20 % après abattement de 10 %. Les soins reposent sur ZJCN pour le résident légal inscrit, la CFE ou une assurance privée.

  • 120 % du salaire minimum brut mensuel : ressources exigées d’un retraité pour le permis de séjour, le montant en dollars des États-Unis étant publié par l’IND-CN.
  • 6 mois au plus par année : durée du séjour d'un résident d'hiver, dont les ressources exigées sont aussi de 120 % du minimum mensuel, doublées pour un couple (IND-CN).
  • 5 ans : séjour continu après lequel un permis de durée indéterminée peut être demandé (IND-CN).
  • 65 ans : âge de la pension de vieillesse locale (AOV), à demander six mois avant l'anniversaire (Rijksdienst Caribisch Nederland).
  • 0 %, 12 % puis 20 % : barème de la retenue à la source des non-résidents sur pensions de source française, après un abattement de 10 % (impots.gouv.fr).
  • 3,20 % : cotisation d'assurance maladie pouvant être prélevée sur la pension française, selon la situation (Assurance retraite).

Service en cours de lancement : un conseiller étudie votre demande et vous recontacte pour préciser vos besoins.

Droit de séjour du retraité : le permis de l'IND-CN

L’IND-CN, le service d’immigration de Bonaire, Saint-Eustache et Saba, range les ressortissants de l’Union européenne parmi les nationalités qui entrent directement sur les îles. Pour séjourner plus de trois mois, un permis de séjour est requis, demandé après l’arrivée ; les étrangers disposent auparavant d’un accès libre de 90 jours sur 180, que la frontière peut raccourcir selon le motif du voyage et les moyens de subsistance. France Diplomatie rappelle que le passeport est obligatoire et que ces communes à statut particulier des Pays-Bas ne relèvent pas de l’espace Schengen. Le permis temporaire est en général valable un an, puis prolongé pour cinq ans ; après cinq ans de séjour continu, un permis de durée indéterminée peut être demandé.

La page de l’IND-CN sur les moyens de subsistance distingue plusieurs profils proches de la retraite. Le retraité et le rentier doivent justifier de ressources égales à 120 % du salaire minimum brut mensuel ; le résident d’hiver, qui séjourne au plus six mois par an, est soumis à la même norme, un couple devant en justifier le double. Ce seuil, exprimé en dollars des États-Unis, est révisé chaque semestre ; l’IND-CN ne publie pas les montants à jour sur cette page. Les normes sont données à titre indicatif et l’administration évalue le revenu à partir des données de l’administration fiscale locale ; seuls les dossiers complets sont acceptés, et un dossier incomplet peut allonger l’attente de cinq à six mois. Le montant exact et les pièces se confirment auprès de l’IND-CN avant toute décision.

À partir du 1er novembre 2026, de nouvelles pièces fiscales s’ajoutent à certaines demandes de permis, que le demandeur obtient lui-même auprès de l’administration fiscale locale, notamment pour un permis de durée indéterminée dont les pièces dépendent de l’objet du séjour précédent. Un permis de retraité ne remplace pas un permis de travail : voir la page travailler aux Pays-Bas caribéens.

La pension française versée aux Pays-Bas caribéens

L’Assurance retraite indique qu’un retraité peut percevoir sa pension à l’étranger, sur un compte français ou sur un compte du pays de résidence ; elle est versée dans plus de 180 pays. Le changement d’adresse et de coordonnées bancaires se signale par courrier postal à la caisse régionale, et un certificat de vie, à faire compléter par une autorité compétente, arrive chaque année : son défaut de retour peut suspendre le paiement, et il se transmet en ligne depuis l’espace personnel ou par courrier au centre des retraités de l’étranger à Tours.

Si la résidence fiscale n’est plus en France, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont pas prélevées sur la pension. Une cotisation d’assurance maladie de 3,20 % peut rester prélevée si le retraité demeure affilié à un régime obligatoire français ou s’il est étranger avec au moins 15 ans de cotisations en France. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et l’allocation supplémentaire d’invalidité exigent une résidence en France : elles ne sont plus versées à l’étranger, et la demande peut être refaite au retour. Le départ se déclare à la caisse.

Fiscalité de la pension française et de la retraite locale

Aucune convention fiscale n’est publiée pour ces îles dans les listes consultées. La convention du 16 mars 1973, modifiée par l’avenant du 7 avril 2004, définit les Pays-Bas comme la partie du Royaume située en Europe ; son article 30 ne prévoit d’extension à d’autres territoires que par échange de notes diplomatiques, et la liste des conventions fiscales de l’administration française (état au 1er janvier 2026) ne cite ni Bonaire, ni Saba, ni Saint-Eustache. Le droit d’imposer ne s’appuie donc pas sur une convention publiée ; la résidence fiscale se détermine par l’article 4 B du Code général des impôts, selon le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle et le centre des intérêts économiques, chaque critère suffisant. Un retraité qui installe son foyer aux Pays-Bas caribéens et y passe l’essentiel de l’année confirme sa situation auprès de l’administration fiscale avant le départ.

Pour les revenus de source française perçus par un non-résident, l’administration française décrit une retenue à la source appliquée par la caisse de retraite, après un abattement de 10 %, selon un barème par tranches révisé chaque année (taux de 0 %, 12 % puis 20 %) ; les taux de 0 % et de 12 % sont libératoires. Elle précise que cette retenue concerne les revenus de source française imposables en France en application des conventions ; en l’absence de convention applicable, la qualification se confirme auprès de l’administration fiscale.

Côté local, l’impôt sur le revenu des Pays-Bas caribéens comporte deux taux (environ 29 % puis 38 %), avec une somme exonérée et un supplément pour les personnes âgées, montants révisés chaque année. Le nouvel arrivant qui sait ou suppose devoir l’impôt demande son formulaire de déclaration au plus tard le 15 juillet de l’année civile suivant son arrivée. Pour une pension néerlandaise de vieillesse (AOW) versée à un habitant des Pays-Bas caribéens, l’administration locale indique que l’imposition est attribuée aux îles et que le revenu se déclare au titre du revenu mondial ; les pages consultées ne détaillent pas le cas d’une pension française.

La pension de vieillesse locale (AOV) : à qui elle s'adresse

Selon le Rijksdienst Caribisch Nederland, l’assurance vieillesse générale (AOV) est une pension de base pour les personnes de 65 ans et plus qui vivent ou travaillent aux Pays-Bas caribéens, ou qui y ont vécu ou travaillé. La demande se fait six mois avant le 65e anniversaire, au guichet de l’unité des affaires sociales ou par courriel ; une demande tardive peut être rétroactive jusqu’à un an. Une personne qui a vécu ou travaillé hors des îles peut avoir une pension réduite, et un complément de l’aide sociale locale peut alors compenser les années manquantes. Le même service rappelle qu’un droit peut aussi exister auprès d’Aruba, de Curaçao, de Sint Maarten ou des Pays-Bas, chacun exigeant une demande séparée.

Pour un retraité français qui n’a pas travaillé sur les îles, aucune source consultée ne mentionne de droit à l’AOV ; la pension française reste la ressource de référence du permis. Une personne qui travaille encore sur place cotise : l’administration fiscale indique une prime AOV de 25 % sur une assiette plafonnée (montant révisé chaque année).

Soins des retraités : pas de S1, ZJCN, CFE ou assurance privée

Le formulaire S1 permet de rattacher un retraité à l’assurance maladie de son pays de résidence lorsque celui-ci est dans l’Union européenne, l’Espace économique européen, en Suisse ou au Royaume-Uni. Selon l’Assurance Maladie, dans un pays hors de ce périmètre sans convention, les frais de santé ne sont plus couverts par l’Assurance Maladie française ; le retraité peut adhérer à la Caisse des Français de l’Étranger ou souscrire une assurance privée. France Diplomatie précise que la carte européenne d’assurance maladie ne couvre pas Bonaire, Saba et Saint-Eustache, et qu’une assurance couvrant tous les frais médicaux et le rapatriement est impérative.

Sur place, ZJCN assure toute personne qui réside légalement sur l’île, après inscription au registre de la population, pour les soins sur les trois îles ; elle organise l’évacuation médicale quand un soin n’existe pas localement. La CFE propose une offre pour les retraités d’un régime de base français sans activité professionnelle, sans questionnaire de santé ; elle couvre les soins à l’étranger, tandis que les soins en France relèvent du régime de base, et le conjoint retraité et les enfants mineurs sont aussi couverts à l’étranger. Le détail des remboursements figure dans la page remboursements des soins aux Pays-Bas caribéens, le fonctionnement du système dans la page système de santé aux Pays-Bas caribéens, et le guide assurance maladie du retraité à l’étranger compare les options.

Coût de la vie et villes prisées

Aucune source officielle consultée ne classe les villes ni ne donne de budget type de retraité. Le CBS publie l’inflation des trois îles, avec des hausses sensibles des carburants et des billets d’avion. Le CBS publie aussi l’évolution du pouvoir d’achat moyen par île. La monnaie est le dollar des États-Unis.

Bonaire est de loin l’île la plus peuplée, avec environ 27 600 habitants contre environ 3 300 à Saint-Eustache et 2 300 à Saba, et la plus reliée par avion : l’aéroport de Flamingo accueille bien plus de passagers que ceux de Saint-Eustache et de Saba. Pour un retraité, la proximité de l’hôpital (Fundashon Mariadal à Bonaire, Saba Cares à Saba) et de la liaison aérienne pèse davantage que le prix du logement, que les sources consultées ne publient pas ; voir la page vivre aux Pays-Bas caribéens. La saison des ouragans, de juin à novembre, touche surtout Saba et Saint-Eustache selon le KNMI.

Préparer le départ et le retour

Avant le départ, signaler le changement d’adresse à la caisse de retraite, prévoir le certificat de vie annuel, choisir entre la CFE et une assurance privée et vérifier sa situation fiscale. À l’arrivée, demander le permis à l’IND-CN, s’inscrire à l’état civil de l’île pour obtenir la sédula, puis à ZJCN. Au retour en France, selon service-public.gouv.fr, un ancien cotisant de la CFE peut conserver certaines prestations pendant trois mois, et la couverture santé exige sinon trois mois consécutifs de résidence avec le formulaire S1106 ; voir retour en France. Expavy aide à comparer une assurance santé expatrié et la CFE selon le profil de retraité.

Questions fréquentes

Existe-t-il un visa retraité pour les Pays-Bas caribéens ?

Les ressortissants de l'Union européenne entrent sans visa préalable et demandent ensuite un permis de séjour à l'IND-CN, dont la page sur les moyens de subsistance prévoit une norme pour le retraité, le rentier et le résident d'hiver, fixée à 120 % du salaire minimum brut mensuel, soit un montant mensuel en dollars des États-Unis révisé chaque semestre. Le montant à jour se confirme auprès de l'IND-CN.

Peut-on toucher sa retraite française à Bonaire, Saint-Eustache ou Saba ?

Oui, selon l'Assurance retraite : la pension peut rester sur un compte français ou être virée sur un compte du pays de résidence. Un certificat de vie est à renvoyer chaque année, sous peine de suspension du paiement, et les changements d'adresse se signalent par courrier.

Une pension française est-elle imposée aux Pays-Bas caribéens ou en France ?

Aucune convention fiscale publiée ne couvre ces îles : la convention de 1973 vise la partie européenne du Royaume. La résidence fiscale suit l'article 4 B du Code général des impôts, et la retenue à la source des non-résidents s'applique aux revenus de source française imposables en France. La situation se confirme auprès de l'administration fiscale.

Le formulaire S1 fonctionne-t-il pour un retraité aux Pays-Bas caribéens ?

Non. Le S1 concerne les pays de l'Union européenne, de l'Espace économique européen, la Suisse et le Royaume-Uni, et France Diplomatie précise que la CEAM ne couvre pas ces îles. Le retraité adhère à la CFE ou à une assurance privée et, s'il réside légalement sur l'île, relève de ZJCN.

À quel âge la pension de vieillesse locale est-elle versée ?

À partir de 65 ans pour les personnes qui vivent ou travaillent, ou ont vécu ou travaillé, aux Pays-Bas caribéens. La demande se fait six mois avant l'anniversaire ; la pension est réduite en cas de séjour hors des îles.

Que devient la couverture santé au retour en France ?

Un ancien cotisant de la CFE peut bénéficier de ses prestations pendant les trois mois suivant son retour, sous conditions. Sinon, la couverture exige trois mois consécutifs de résidence en France, avec le formulaire S1106 remis à la CPAM.

Les autres guides : Bonaire, Saint-Eustache et Saba