Canada · Remboursements des soins
Remboursement des soins au Canada : qui rembourse quoi selon votre situation
L’essentiel
Au Canada, le remboursement dépend de votre statut et de la province. Un salarié détaché au Québec reste couvert par le régime français (formulaire SE 401 Q 201), un salarié local, un étudiant ou un retraité résident permanent s’inscrit à la RAMQ avec le formulaire SE 401 Q 207, 102 ou 106 selon les cas, et un PVT doit souscrire une assurance privée pour toute la durée de son séjour. Hors Québec, l’accord franco-canadien de 2017 ne coordonne pas la maladie : c’est le régime provincial, la CFE ou une assurance privée qui prend le relais. Dentaire, optique et une partie des médicaments restent à la charge de l’assuré, d’où l’intérêt d’une couverture au premier euro.
- Délai de carence de la RAMQ : 3 mois au maximum, supprimé pour les Français qui présentent le formulaire SE 401 Q 207.
- Salarié détaché au Québec : jusqu’à 3 ans de maintien au régime français (SE 401 Q 201 pour s’inscrire à la RAMQ).
- PVT : assurance couvrant soins médicaux, hospitalisation et rapatriement obligatoire pour toute la durée du séjour (IRCC).
- Hospitalisation d’un non-assuré au Québec : 2 431 $ CAD par jour (7 293 $ pour les résidents internationaux), au 1er avril 2026.
- Consultation chez un généraliste de secteur 1 en France : 30 € depuis le 22 décembre 2024, base de remboursement de la CFE.
- Retraités au Québec : le CLEISS mentionne une cotisation maladie sur la pension de 3,2 % (base) et 4,2 % (complémentaire).
Comprendre les trois niveaux de remboursement au Canada
Un remboursement de soins au Canada résulte de trois niveaux qui se combinent. Le premier est le régime public provincial (RAMQ, OHIP, MSP et leurs équivalents), qui prend en charge les soins médicalement nécessaires pour les personnes éligibles. Le deuxième est la couverture complémentaire privée, souvent collective et proposée par l’employeur, qui rembourse médicaments, dentaire, optique et certaines hospitalisations. Le troisième est le régime français ou la CFE, qui peut s’appliquer selon le statut.
Le point de départ est donc le statut d’immigration : il détermine l’accès au régime provincial et le formulaire à demander avant le départ. Les paragraphes suivants détaillent chaque cas, et le tableau récapitulatif en fin de page les rassemble. Pour la mécanique générale, le guide remboursements de soins à l’étranger complète cette lecture.
Salarié détaché : l’entente France-Québec et le reste du Canada
Au Québec, l’entente France-Québec de sécurité sociale permet à l’employeur de maintenir un salarié détaché au régime français, pour une durée pouvant atteindre trois ans. Le salarié choisit entre avancer les frais et les faire rembourser par sa caisse avec le formulaire S 3125c, ou présenter le formulaire SE 401 Q 201 (attestation de couverture) à la RAMQ pour obtenir une carte québécoise. Les indemnités journalières sont versées directement par la caisse française ; les ayants droit qui accompagnent bénéficient des mêmes options.
Hors Québec, le CLEISS précise que l’accord franco-canadien, en vigueur depuis le 1er août 2017, ne contient aucune disposition de coordination pour l’assurance maladie, la maternité et les accidents du travail. Un détaché affecté en Ontario ou en Colombie-Britannique vérifie donc avec son employeur et sa caisse comment sa couverture est organisée, et s’appuie le cas échéant sur le régime provincial s’il y est éligible, sur la CFE ou sur une assurance privée. Le guide détaché ou expatrié aide à distinguer les deux statuts.
Contrat local et travailleur autonome
Un salarié au contrat local relève de la législation canadienne et quitte le régime français. Au Québec, il doit détenir un permis de travail « fermé » (lié à un employeur, comme la catégorie Jeunes professionnels du PVT) pour accéder à la RAMQ ; un permis ouvert n’ouvre pas ce droit. Avant le départ, il demande à sa caisse française le formulaire SE 401 Q 207 : remis à la RAMQ, il supprime le délai de carence de 3 mois. Ses proches restés en France peuvent obtenir des prestations françaises grâce au formulaire SE 401 Q 210, mais l’entente ne prévoit pas d’allocations familiales pour eux.
Dans les autres provinces, la couverture publique dépend du statut et de la durée du permis : consultez le guide système de santé canadien pour les règles de l’Ontario et de la Colombie-Britannique.
Le travailleur autonome suit la même logique : son accès au régime provincial dépend de son statut d’immigration (en général la résidence permanente). Faute d’éligibilité, la CFE ou une assurance privée est la solution de référence, souvent avec une garantie de responsabilité civile adaptée à l’activité.
PVT et étudiants : deux profils, deux règles
PVT (Expérience internationale Canada) : IRCC exige une assurance couvrant les soins médicaux, l’hospitalisation et le rapatriement pour toute la durée du séjour. Elle se souscrit une fois la lettre d’introduction reçue, et le permis peut être limité à la date d’expiration de l’assurance si celle-ci est plus courte que le séjour. Le permis ouvert Vacances-travail ne donne pas accès à la RAMQ ; l’assurance privée est donc la couverture principale (guide PVT, assurance PVT).
Étudiant au Québec : le protocole France-Québec couvre les étudiants. Les étudiants inscrits à temps plein à un diplôme demandent le formulaire SE 401 Q 102 ; ceux des échanges universitaires, doubles diplômes ou cotutelles de thèse demandent le formulaire SE 401 Q 106 ; les post-doctorants sans lien d’emploi utilisent le SE 401 Q 101, sans assurance médicaments. Avec le certificat d’acceptation du Québec (CAQ), le formulaire ouvre la carte RAMQ sans cotisation supplémentaire. Les études « libres » sans diplôme restent hors protocole et appellent une assurance privée. Hors Québec, la couverture dépend de la province et de l’établissement (voir assurance étudiant).
Retraité, conjoint et famille
Retraité avec pension française : pour s’inscrire à la RAMQ, il faut le visa de résident permanent du Canada et une pension de vieillesse française ; la caisse de retraite délivre le formulaire SE 401 Q 207, qui supprime le délai de carence. Le CLEISS indique, pour les retraités qui résident au Québec sans résidence fiscale en France, un taux général de cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la pension complémentaire (7,1 % pour les retraites de travailleurs indépendants), à confirmer auprès de la caisse de retraite. Pour les séjours temporaires en France, un retraité de nationalité française demande à la RAMQ, avant le départ, le formulaire SE 401 Q 208. Le détail figure dans le guide retraite au Canada.
Conjoint et enfants : les ayants droit à charge peuvent demander leur propre formulaire SE 401 Q 207 à leur caisse française, ce qui leur évite le délai de carence ; un conjoint qui n’est pas à charge doit disposer de son propre formulaire au retour en France. Au Québec, les enfants mineurs sont couverts par la RAMQ sans délai de carence ; la fiche Canada et le guide famille précisent l’éligibilité de chaque membre.
CFE, assurance au premier euro et période de carence
La CFE propose une affiliation volontaire au régime français à l’étranger. Elle rembourse sur les tarifs conventionnés français, par exemple 30 € pour une consultation de généraliste de secteur 1 depuis le 22 décembre 2024, quel que soit le coût local (voir remboursements CFE). Une adhésion déposée avant le départ ou dans les trois mois suivant l’installation prend effet sans délai de carence ; au-delà, la carence est de 3 mois de 18 à 45 ans et de 6 mois au-delà de 45 ans, d’après le guide d’adhésion de la CFE.
Une assurance santé internationale au premier euro rembourse les frais réels dans la limite des plafonds de son contrat, sans passer par le tarif français. Elle convient à un PVT, à un séjour en délai de carence et aux postes que le public ignore (dentaire, optique, chambre individuelle). Le questionnaire médical et les exclusions d’antécédents se lisent avant de signer ; le guide assurance santé internationale détaille les critères de choix.
La période de carence de 3 mois de la RAMQ se comble de deux façons : le formulaire SE 401 Q 207 pour les Français affiliés, ou une assurance privée couvrant soins et hospitalisation. Pendant ce délai, le Québec facture aux personnes non assurées la grille provinciale, détaillée ci-dessous.
Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité
- Consultation : prise en charge par le régime provincial pour un assuré. Pour un non-assuré au Québec, la grille de Santé Québec au 1er avril 2026 facture 62,27 $ CAD en unité de médecine familiale et 67,87 $ chez un spécialiste.
- Hospitalisation : couverte pour un assuré en chambre commune. Un non-assuré règle 2 431 $ par jour, 7 293 $ pour un résident international ; le passage aux urgences avec admission commence à 715,72 $, la chirurgie d’un jour à 2 581,21 $.
- Médicaments : à la charge d’un régime provincial ou d’une assurance privée selon la province. Au Québec, chacun doit être couvert par un régime privé lorsqu’il est accessible, sinon par celui de la RAMQ ; le détail figure dans le guide système de santé.
- Dentaire et optique : en général hors régime public, donc payés par l’assuré, une assurance collective ou une couverture complémentaire. La base de remboursement française, que suit la CFE, est modeste sur ces postes, d’où un reste à charge élevé (voir reste à charge).
- Maternité : un assuré RAMQ est couvert. Pendant le délai de carence, la RAMQ prévoit des exceptions pour le suivi de grossesse et l’accouchement selon ses critères ; à défaut, un non-assuré règle la grille (suivi de grossesse : spécialiste à 67,87 $, échographies de 29,80 $ à 89,40 $, urgences liées à la grossesse à 459,64 $). Les contrats privés fixent souvent un délai d’attente maternité : à vérifier avant l’arrivée.
Retour en France : récupérer ses droits sans attendre
Avant de quitter le Québec, il faut demander à la RAMQ le formulaire SE 401 Q 207 : remis à la CPAM, il permet de s’inscrire à la protection universelle maladie sans le délai de stabilité de la résidence en France. Les enfants mineurs figurent dans la section 2 du formulaire ; le conjoint demande son propre formulaire. La CPAM contrôle la résidence stable et régulière et peut réclamer une cotisation subsidiaire maladie selon les revenus. Une personne qui n’a jamais été affiliée à la RAMQ, comme un PVT, ne bénéficie pas de ce dispositif.
Pour préparer ce retour, voir le guide retour en France, la page réduire le délai de carence et l’assurance retour en France. Expavy compare ces couvertures selon votre situation via le diagnostic.
Tableau récapitulatif : remboursement des soins selon votre situation
| Situation | Qui prend en charge | Délai de carence ou formalité | Point d’attention |
|---|---|---|---|
| Salarié détaché au Québec | Régime français maintenu (jusqu’à 3 ans) | Aucun : SE 401 Q 201 pour la carte RAMQ ou facture S 3125c | Compléter pour l’écart avec les prix canadiens |
| Salarié détaché hors Québec | Selon le statut convenu avec la caisse ; l’accord de 2017 ne couvre pas la maladie | À définir avant le départ | CFE, régime provincial ou assurance privée en relais |
| Contrat local (permis fermé > 6 mois) | Régime provincial (RAMQ au Québec) | 3 mois au Québec, supprimés avec SE 401 Q 207 | Permis ouvert exclu de la RAMQ |
| Travailleur autonome | Régime provincial si éligible (en général résident permanent) | Selon la province | CFE ou assurance privée à défaut |
| PVT | Assurance privée obligatoire (IRCC) | Souscription après la lettre d’introduction | Durée du permis alignée sur celle de l’assurance |
| Étudiant au Québec | RAMQ via le protocole France-Québec | SE 401 Q 102 (diplôme) ou 106 (échange) + CAQ | Études libres : assurance privée |
| Retraité avec pension française | RAMQ pour un résident permanent | SE 401 Q 207 ; cotisation 3,2 % / 4,2 % sur la pension | Visiteur : assurance privée |
| Conjoint et enfants | Même régime que le titulaire ; enfants mineurs sans carence au Québec | Formulaire SE 401 Q 207 individuel pour un conjoint | Éligibilité vérifiée membre par membre |
| Adhérent CFE | CFE, sur les tarifs français (30 € la consultation) | Sans carence si adhésion dans les 3 mois ; sinon 3 ou 6 mois | Écart avec les prix canadiens à la charge de l’assuré |
| Assurance au premier euro | Assureur, sur frais réels dans les plafonds | Questionnaire médical, exclusions, délais d’attente | Vérifier maternité, dentaire et optique |
| Période de carence RAMQ | Assurance privée ou SE 401 Q 207 | 3 mois au maximum | Grille non-assuré : 2 431 $ par jour d’hospitalisation |
| Retour en France | PUMa via la CPAM | SE 401 Q 207 demandé à la RAMQ avant le départ | Conjoint : formulaire personnel ; PVT non concerné |
Les formulaires SE 401 Q se demandent à la caisse française avant le départ, ou à la RAMQ avant le retour. Règles du Québec (entente France-Québec, CLEISS) ; hors Québec, vérifier les règles de la province concernée.
Questions fréquentes
Comment supprimer le délai de carence de la RAMQ ?
Un Français affilié à l’assurance maladie française demande à sa caisse, avant le départ, le formulaire SE 401 Q 207 (attestation de totalisation des périodes d’assurance). Remis à la RAMQ avec la demande d’inscription, il supprime le délai de 3 mois pour les statuts éligibles (résident permanent ou permis de travail fermé).
Un salarié détaché à Montréal est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Oui : l’entente France-Québec permet de maintenir un salarié détaché au régime français jusqu’à trois ans. Il avance les frais et envoie la facture avec le formulaire S 3125c à sa caisse, ou présente le formulaire SE 401 Q 201 à la RAMQ pour obtenir une carte québécoise.
Que rembourse une assurance PVT au Canada ?
IRCC exige une assurance couvrant les soins médicaux, l’hospitalisation et le rapatriement pour toute la durée du séjour. Les garanties détaillées (plafonds, franchises, dentaire) dépendent du contrat ; la durée du permis peut être limitée à celle de l’assurance.
Les étudiants français au Québec sont-ils couverts ?
Oui, par la RAMQ via le protocole France-Québec : formulaire SE 401 Q 102 pour un diplôme, SE 401 Q 106 pour un échange universitaire ou une cotutelle, avec le CAQ. Les études libres sans diplôme restent hors protocole et appellent une assurance privée.
Un retraité français peut-il avoir la RAMQ ?
Oui, s’il a obtenu le visa de résident permanent du Canada et perçoit une pension de vieillesse française : sa caisse de retraite lui délivre le formulaire SE 401 Q 207. Le CLEISS mentionne une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire pour les retraités résidant au Québec, à confirmer auprès de la caisse de retraite.
La CFE rembourse-t-elle au prix canadien ?
La CFE rembourse sur la base des tarifs conventionnés français, par exemple 30 € pour la consultation d’un généraliste de secteur 1. L’écart avec le tarif réel local reste à la charge de l’assuré ou de sa complémentaire.
Comment retrouver sa couverture à son retour en France ?
Demandez à la RAMQ le formulaire SE 401 Q 207 avant votre départ, puis inscrivez-vous à la CPAM de votre lieu de résidence pour la protection universelle maladie : le formulaire évite le délai de stabilité de la résidence. Le conjoint doit demander son propre formulaire.
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