Canada · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite au Canada ou au Québec : immigration, fiscalité, santé et budget
L’essentiel
Le Canada n’a pas de visa dédié aux retraités : un Français peut séjourner jusqu’à 6 mois par séjour avec une AVE, puis s’installer durablement par la résidence permanente (famille, Entrée express, PSTQ au Québec) ou, avec un enfant ou petit-enfant canadien, par le super visa. La pension française reste imposable en France pour un résident du Canada et se déclare aussi au Canada, qui taxe les résidents sur leurs revenus mondiaux. Au Québec, un résident permanent titulaire d’une pension française s’inscrit à la RAMQ avec le formulaire SE 401 Q 207, sans délai de carence. Le coût de la vie progresse de 3,0 % sur 12 mois en août 2026.
- AVE à 7 $ CAD, valable 5 ans : séjour de visiteur jusqu’à 6 mois (IRCC).
- Super visa : validité de 10 ans, séjours de 5 ans, assurance canadienne d’au moins 100 000 $ pour 1 an, réservé aux parents et grands-parents d’un citoyen ou résident permanent.
- Entrée express : 0 point d’âge à partir de 45 ans (110 points au maximum pour un candidat seul de 20 à 29 ans).
- Pension française : imposable en France pour un résident du Canada, qu’elle soit publique, privée ou de Sécurité sociale (impots.gouv.fr, 2026).
- Sécurité de la vieillesse canadienne : 10 ans de résidence au Canada après 18 ans pour percevoir la pension depuis le Canada.
- Inflation de 3,0 % en août 2026 ; loyer moyen d’un 2 chambres de 1 550 $ CAD au niveau national (SCHL, octobre 2025).
Repères économiques : Canada
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +1,7 %
- Inflation
- 2,1 %
- Taux de chômage
- 6,9 %
- PIB par habitant
- 55 698 $
- Population
- 41,7 millions
- Change
- 1 € = 1,610 CAD
- dollar canadien, cours BCE du jour
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Peut-on prendre sa retraite au Canada ? Les conditions d’immigration
Le Canada ne propose pas de catégorie d’immigration réservée aux retraités. L’installation passe donc par les voies de droit commun, selon le profil et le projet : séjours de visiteur, résidence permanente ou statut familial.
Le séjour de visiteur : un citoyen français voyage au Canada avec une autorisation de voyage électronique (AVE) de 7 $ CAD, valable 5 ans. Chaque séjour de visiteur peut durer jusqu’à 6 mois. Cette formule convient à des séjours de découverte ou à une alternance entre la France et le Canada, sans accès au régime public de santé : une assurance voyage ou santé internationale est alors nécessaire (voir assurance retraite à l’étranger).
Le super visa : IRCC le réserve aux parents et grands-parents d’un citoyen canadien, d’un résident permanent ou d’une personne inscrite au registre des Indiens. Il offre des entrées multiples pendant jusqu’à 10 ans, avec des séjours de 5 ans chacun, et exige une lettre d’invitation de l’enfant ou du petit-enfant, une preuve de revenu suffisant et une assurance médicale d’une société canadienne couvrant au moins 100 000 $ pour un an. Les frais commencent à 100 $ CAD et les personnes à charge ne peuvent pas être incluses. Il convient donc à un retraité français qui a un lien familial direct avec un citoyen canadien ou un résident permanent.
Devenir résident permanent à l’âge de la retraite
La résidence permanente ouvre l’accès au régime public de santé de la province et permet de vivre au Canada sans limite de durée. Trois voies principales existent.
- Le regroupement familial : conjoint canadien, ou parrainage par un enfant ou petit-enfant canadien dans le programme dédié aux parents et grands-parents (conditions et calendrier fixés par IRCC).
- L’Entrée express (hors Québec) : l’âge pèse lourd dans le système de classement, avec 110 points au maximum pour un candidat seul de 20 à 29 ans, 100 avec conjoint, et zéro point à partir de 45 ans. Les points pour offre d’emploi ont été supprimés depuis le 25 mars 2025. Le français rapporte jusqu’à 25 ou 50 points supplémentaires dès le niveau NCLC 7, et la catégorie « compétences en français » exige NCLC 7 minimum.
- Le PSTQ au Québec, programme de sélection des travailleurs qualifiés qui s’adresse aux personnes actives ; d’autres programmes québécois existent, dont les règles évoluent (voir le guide travailler au Canada).
Un retraité sans lien familial ni projet professionnel a donc intérêt à étudier chacune de ces voies avec un conseiller en immigration réglementé avant de planifier sa vente en France.
Fiscalité de la pension française : convention France-Canada
Selon le tableau officiel de la Direction générale des finances publiques (2026), les pensions de retraite françaises perçues par un résident du Canada, Québec compris, sont imposables en France dans les trois catégories : pensions publiques, pensions privées hors Sécurité sociale et pensions privées de Sécurité sociale. Une retenue à la source française peut s’appliquer, selon le montant de la pension.
Côté canadien, l’Agence du revenu du Canada (ARC) examine les liens de résidence : domicile, conjoint et personnes à charge au Canada sont des liens principaux, tandis que le permis de conduire, le compte bancaire ou l’assurance maladie provinciale sont des liens secondaires. Un résident déclare ses revenus mondiaux ; une personne qui passe 183 jours ou plus au Canada dans l’année est réputée résidente. Les formulaires NR74 (à l’entrée) et NR73 (à la sortie) demandent à l’ARC un avis officiel sur le statut.
La convention fiscale franco-canadienne a pour objet d’éviter la double imposition de la même pension : le revenu se déclare dans les deux pays, avec un crédit d’impôt étranger selon les règles de chacun. Le calcul dépend du montant, de la nature de la pension et de la province de résidence (les provinces fixent leurs propres taux d’impôt sur le revenu) : une consultation fiscale personnalisée avant le départ et au premier exercice permet d’éviter les erreurs de déclaration.
Couverture santé du retraité : RAMQ, autres provinces et CFE
Au Québec : le CLEISS précise que l’inscription à la RAMQ sur critère de résidence suppose d’avoir obtenu le visa de résident permanent du Canada et de percevoir une pension de vieillesse française. La caisse de retraite délivre le formulaire SE 401 Q 207, remis à la RAMQ, qui supprime le délai de carence. Le CLEISS mentionne une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la pension complémentaire (7,1 % pour les retraites de travailleurs indépendants). Lors d’un séjour temporaire en France, un retraité de nationalité française demande à la RAMQ le formulaire SE 401 Q 208 pour une prise en charge des soins immédiatement nécessaires par la CPAM.
Hors Québec : l’accord franco-canadien de 2017 ne coordonne pas l’assurance maladie. Un retraité résident permanent s’inscrit au régime de sa province, avec un éventuel délai de carence (voir le guide système de santé canadien), et une assurance privée couvre l’attente. Le formulaire S1, réservé aux pays de l’Espace économique européen, de la Suisse et du Royaume-Uni, ne s’applique pas au Canada ; le guide formulaire S1 explique son périmètre.
Dentaire, optique et une grande partie des médicaments restent des postes à financer par une couverture complémentaire. La page remboursements de soins au Canada détaille chaque poste et propose un tableau par situation, et le guide retraite à l’étranger résume les options.
Pensions canadiennes : Sécurité de la vieillesse et coordination avec la France
La pension de la Sécurité de la vieillesse (SV) se verse à partir de 65 ans. Depuis le Canada, il faut avoir résidé au Canada au moins 10 ans depuis l’âge de 18 ans ; depuis l’étranger, au moins 20 ans. Une déclaration de revenus annuelle est exigée pour la recevoir. Un Français qui s’installe au Canada à 65 ans construit donc ses droits progressivement.
L’accord de sécurité sociale entre la France et le Canada, en vigueur depuis le 1er août 2017, coordonne les pensions de vieillesse et de survie : chaque pays calcule une pension à partir de ses propres périodes, avec une totalisation des périodes dans les deux pays selon les règles de l’accord. Un retraité conserve sa pension française, versée à l’étranger, et ajoute les droits canadiens éventuels.
Coût de la vie du retraité : logement, prix et santé
L’indice des prix à la consommation progresse de 3,0 % sur 12 mois en août 2026, avec un logement en hausse de 1,5 %, une alimentation en magasin à +2,8 % et des loyers à +2,8 %. La SCHL relève un taux d’inoccupation national de 3,1 % et un loyer moyen de 1 550 $ CAD pour un 2 chambres en octobre 2025, ce qui laisse de la marge pour louer avant d’acheter.
Pour la santé, le budget dépend du statut : au Québec, un retraité résident permanent couvert par la RAMQ bénéficie du régime public, alors qu’un visiteur ou une personne en délai de carence règle la grille des non-assurés : 2 431 $ CAD par jour d’hospitalisation et 715,72 $ au minimum pour un passage aux urgences avec admission (avril 2026). Un budget santé annuel incluant dentaire, optique et médicaments se construit avec le guide coût de la santé à l’étranger.
Démarches avant et après l’installation
- Informer les caisses de retraite de la nouvelle adresse et de la résidence à l’étranger ; elles peuvent demander une preuve de vie périodique.
- Demander à la caisse d’assurance maladie le formulaire SE 401 Q 207 avant le départ, pour s’inscrire à la RAMQ sans délai de carence.
- Déposer la demande de résidence permanente et conserver un justificatif de statut pour l’inscription à la RAMQ ou au régime provincial.
- Informer les services fiscaux français et ouvrir un dossier fiscal canadien dès la première année de résidence.
- S’inscrire au registre des Français établis hors de France (gratuit) et préparer le retour éventuel (formulaire SE 401 Q 207 demandé à la RAMQ).
La liste complète figure dans la checklist des 90 premiers jours. Expavy compare les assurances santé pour retraités via le diagnostic.
Statuts de séjour possibles pour un retraité au Canada
| Statut | Durée | Santé publique | Condition clé |
|---|---|---|---|
| Visiteur avec AVE | Jusqu’à 6 mois par séjour (AVE valable 5 ans) | Accès au régime provincial impossible : assurance privée | AVE à 7 $ CAD ; aucun droit de travailler |
| Super visa | Validité 10 ans, séjours de 5 ans | Assurance canadienne d’au moins 100 000 $ pour 1 an | Parent ou grand-parent d’un citoyen ou résident permanent ; lettre d’invitation et revenu |
| Résident permanent | Illimitée | Régime provincial, après le délai de carence éventuel | Famille, Entrée express (0 point d’âge à 45 ans et plus) ou PSTQ |
| Résident permanent au Québec avec pension française | Illimitée | RAMQ sans carence avec SE 401 Q 207 | Visa de résident permanent et pension de vieillesse française |
Conditions d’immigration fixées par IRCC et le Québec, susceptibles d’évoluer : vérifier sur canada.ca et quebec.ca avant toute démarche.
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa retraité pour le Canada ?
Non : le Canada n’a pas de catégorie réservée aux retraités. Un Français voyage avec une AVE (7 $ CAD, valable 5 ans) pour des séjours de visiteur allant jusqu’à 6 mois, ou obtient la résidence permanente par la famille, l’Entrée express ou le PSTQ au Québec.
Le super visa est-il ouvert aux retraités français ?
Le super visa est réservé aux parents et grands-parents d’un citoyen canadien, d’un résident permanent ou d’une personne inscrite au registre des Indiens. Il exige une lettre d’invitation, un revenu suffisant et une assurance médicale canadienne d’au moins 100 000 $ pour un an ; il offre jusqu’à 10 ans de validité et des séjours de 5 ans.
Comment est imposée une pension française pour un résident du Canada ?
D’après le tableau de la Direction générale des finances publiques (2026), les pensions publiques, privées et de Sécurité sociale versées à un résident du Canada, Québec compris, sont imposables en France. Le Canada impose ses résidents sur leurs revenus mondiaux, et la convention fiscale vise à éviter la double imposition.
Un retraité français est-il couvert par la RAMQ dès son arrivée ?
S’il a obtenu le visa de résident permanent et perçoit une pension de vieillesse française, sa caisse de retraite lui délivre le formulaire SE 401 Q 207 qui permet de s’inscrire à la RAMQ sans délai de carence. Sans ce formulaire, un délai de 3 mois au maximum s’applique.
Le formulaire S1 fonctionne-t-il au Canada ?
Le S1 concerne les pays de l’Espace économique européen, la Suisse et le Royaume-Uni. Pour le Québec, c’est le formulaire SE 401 Q 207 qui permet l’inscription à la RAMQ ; hors Québec, l’accord franco-canadien ne coordonne pas l’assurance maladie et le retraité relève du régime provincial après résidence permanente.
Peut-on toucher la Sécurité de la vieillesse canadienne en venant s’installer à la retraite ?
La pension de la Sécurité de la vieillesse suppose 10 ans de résidence au Canada depuis l’âge de 18 ans pour la percevoir depuis le Canada, 20 ans depuis l’étranger. L’accord franco-canadien de 2017 coordonne les pensions de vieillesse et de survie entre les deux pays.
Combien coûte la vie au Canada pour un retraité ?
L’inflation est de 3,0 % en août 2026 et les loyers ont progressé de 2,8 % sur un an. Le loyer moyen d’un 2 chambres est de 1 550 $ CAD au niveau national (SCHL, octobre 2025) ; le budget santé dépend du statut : un non-assuré au Québec règle 2 431 $ CAD par jour d’hospitalisation.
Les autres guides : Canada
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.