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Canada · Travailler et économie

Travailler au Canada quand on est Français : emploi, permis de travail, salaires et économie

L’essentiel

Un Français peut travailler au Canada avec un PVT (Expérience internationale Canada, jusqu’à 2 ans), avec un permis lié à un employeur (Mobilité francophone hors Québec, EIMT, CAQ au Québec) ou, à plus long terme, avec la résidence permanente via l’Entrée express ou le PSTQ au Québec. Le marché du travail compte 510 200 postes vacants au deuxième trimestre 2026 et un chômage de 6,4 % en août 2026 (5,6 % au Québec). Les salaires minimums sont de 16,60 $ CAD au Québec, 17,95 $ en Ontario et 18,25 $ en Colombie-Britannique. L’économie a progressé de 1,7 % en 2025 et de 0,8 % au deuxième trimestre 2026, pour une inflation de 3,0 %.

  • Chômage de 6,4 % en août 2026 au Canada : 5,6 % au Québec, 6,9 % en Ontario, 6,8 % en Alberta, 6,5 % en Colombie-Britannique.
  • 510 200 postes vacants au 2e trimestre 2026 (taux de 2,8 %), soit 3,0 chômeurs pour un poste vacant.
  • Salaire horaire moyen de 37,02 $ CAD en août 2026 ; salaire minimum de 16,60 $ au Québec, 17,95 $ en Ontario, 18,25 $ en Colombie-Britannique.
  • PIB réel : +1,7 % en 2025 et +0,8 % au 2e trimestre 2026 (3,3 % en rythme annualisé).
  • Inflation de 3,0 % sur 12 mois en août 2026 (2,4 % hors essence), alimentation en magasin à +2,8 %.
  • PVT : permis jusqu’à 2 ans, 10 jours pour accepter l’invitation puis 20 jours pour déposer la demande.

Repères économiques : Canada

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+1,7 %
Inflation
2,1 %
Taux de chômage
6,9 %
PIB par habitant
55 698 $
Population
41,7 millions
Change
1 € = 1,610 CAD
dollar canadien, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Le marché de l’emploi : chiffres clés

Statistique Canada mesure 21 173 000 personnes en emploi en août 2026. Le taux de chômage reste stable à 6,4 % au niveau national, avec de fortes nuances par province : 5,6 % au Québec, 6,5 % en Colombie-Britannique, 6,8 % en Alberta et 6,9 % en Ontario. Le Québec affiche donc le taux le plus bas des quatre grandes provinces.

Côté offres, le pays compte 510 200 postes vacants au deuxième trimestre 2026, avec un taux de vacance de 2,8 % identique à celui de l’an dernier ; le rapport est de 3,0 chômeurs pour un poste vacant. Le salaire horaire moyen offert s’établit à 28,55 $ CAD (+2,0 % sur un an). Le salaire horaire moyen de l’ensemble des employés atteint 37,02 $ CAD en août 2026, en hausse de 2,0 %.

Le marché reste porteur pour les profils qualifiés et les métiers techniques, avec une attention à la conjoncture : l’emploi a reculé de 42 000 postes en août 2026 (dont 19 000 au Québec) après quatre mois de hausse, et le chômage des 15-24 ans atteint 12,9 %. Les candidats qui combinent diplôme reconnu, expérience et maîtrise du français ou de l’anglais tirent le meilleur parti de ce contexte.

L’économie canadienne : PIB, croissance, inflation et secteurs

En volume, le PIB canadien a progressé de 1,7 % en 2025 selon Statistique Canada, le rythme annuel le plus lent depuis 2020, pénalisé par les exportations vers les États-Unis ; le quatrième trimestre 2025 s’est replié de 0,2 %. Le deuxième trimestre 2026 marque un net rebond : +0,8 % sur le trimestre (3,3 % en rythme annualisé), porté par les exportations (+3,6 %, soutenues par l’automobile), la consommation des ménages (+0,8 %) et l’investissement des entreprises en machines et en équipements informatiques. Les bénéfices des sociétés progressent de 9,6 %, tirés par l’énergie.

L’inflation s’établit à 3,0 % sur 12 mois en août 2026 (2,4 % hors essence), avec une alimentation en magasin à +2,8 %, un logement à +1,5 % et des loyers à +2,8 %. La population évolue aussi : le Canada a perdu 55 025 habitants au premier trimestre 2026 et le nombre de résidents non permanents a reculé de 117 879 personnes pour atteindre 2 558 562, un contexte qui modifie l’équilibre de l’offre de main-d’œuvre et les orientations d’immigration.

Côté secteurs, plusieurs signaux ressortent des statistiques 2026. L’industrie manufacturière ajoute 22 000 emplois en août. Les postes vacants progressent de 6,0 % sur un an en sciences naturelles et appliquées et de 7,7 % dans les métiers, le transport et la machinerie, alors que la santé (−7,9 %) et l’éducation (−13,3 %) reculent. Le gouvernement fédéral cible dix catégories de l’Entrée express en 2026 : compétences en français, santé et services sociaux, sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, métiers, éducation, transport, ainsi que médecins, cadres supérieurs, chercheurs et recrues militaires disposant d’une expérience canadienne.

PVT et permis de travail : les voies d’accès pour un Français

Le PVT (Expérience internationale Canada, EIC) permet de travailler jusqu’à 2 ans. Trois catégories existent : Vacances-travail (permis ouvert, valable chez n’importe quel employeur), Jeunes professionnels (permis lié à un employeur, poste relevant des catégories TEER 0 à 3 en lien avec la carrière) et Stage coop (étudiants en stage obligatoire). Le parcours est le même : création du profil, dépôt dans un bassin, invitation à postuler, 10 jours pour l’accepter, 20 jours pour déposer la demande. Un seul permis EIC est délivré par saison.

Selon IRCC, aucune somme n’est due pour entrer dans un bassin ; à la demande de permis s’ajoutent des frais de participation de 184,75 $ CAD, 100 $ pour le permis ouvert Vacances-travail et 85 $ pour les données biométriques, tandis que l’employeur d’un Jeune professionnel ou d’un stagiaire règle 230 $ de frais de conformité. L’assurance santé couvrant soins médicaux, hospitalisation et rapatriement est exigée pour toute la durée du séjour ; la durée du permis peut être alignée sur celle de l’assurance. Le guide PVT et la page assurance PVT détaillent les justificatifs.

Mobilité francophone (hors Québec) dispense l’employeur de l’EIMT : le travailleur justifie d’un niveau de français oral intermédiaire (NCLC 5 ou plus) et d’une offre d’emploi relevant de n’importe quelle catégorie TEER, hors agriculture primaire en TEER 4-5. L’employeur dépose l’offre sur le portail IRCC avec le code d’exemption C16 et règle 230 $ de frais de conformité.

L’EIMT (évaluation de l’impact sur le marché du travail) s’applique aux autres permis liés à un employeur. Le volet haut salaire commence à 36,00 $ de l’heure au Québec, 36,92 $ en Ontario, 37,50 $ en Alberta et 38,40 $ en Colombie-Britannique (seuils au 17 juillet 2026). Au Québec, l’employeur obtient en parallèle une autorisation provinciale et le travailleur un CAQ.

Entrée express, PSTQ et résidence permanente

Hors Québec, l’Entrée express classe les candidats selon un système de points. L’âge pèse lourd : 110 points au maximum pour un candidat seul de 20 à 29 ans (100 avec conjoint), puis zéro à partir de 45 ans. Depuis le 25 mars 2025, les points pour offre d’emploi ont été supprimés. Le français rapporte des points supplémentaires, jusqu’à 25 avec un anglais de niveau 4 ou moins et jusqu’à 50 avec un anglais de niveau 5 ou plus, dès le niveau NCLC 7 dans les quatre compétences.

La catégorie « compétences en français » exige NCLC 7 minimum dans les quatre compétences. Plus de 81 000 candidats ont été invités par cette voie entre 2023 et le 28 février 2026, et la cible fédérale d’admissions francophones hors Québec est de 9 % en 2026 (30 267 personnes). Les tirages 2026 privilégient aussi les candidats ayant une expérience canadienne.

Le Québec sélectionne lui-même ses travailleurs : le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui a remplacé l’ancien programme régulier, constitue la voie principale, complétée par d’autres programmes (expérience québécoise, projets pilotes sectoriels) dont les règles évoluent régulièrement. Consultez le site d’Immigration-Québec avant toute démarche.

Salaires minimums par province et secteurs porteurs

Le salaire minimum relève des provinces. Au 1er octobre 2026, il s’élève à 17,95 $ de l’heure en Ontario, après une indexation sur l’inflation ; il atteint 16,60 $ au Québec depuis le 1er mai 2026 (taux pour les salariés au pourboire : 13,30 $) et 18,25 $ en Colombie-Britannique depuis le 1er juin 2026, le taux le plus élevé de ce tableau. Ces taux s’appliquent à tous les salariés, quel que soit le permis de travail détenu.

Pour repérer les secteurs porteurs, les statistiques de postes vacants et les catégories de l’Entrée express convergent : sciences appliquées et technologies, métiers qualifiés, transport, santé et éducation. Les professions réglementées (santé, droit, ingénierie, enseignement, métiers de la construction) demandent une reconnaissance préalable, traitée dans la section suivante.

Reconnaissance des diplômes et ordres professionnels

Au Canada, l’accès aux professions réglementées dépend de chaque province ou territoire, souvent par l’intermédiaire d’un ordre ou d’un organisme de réglementation. Le Centre d’information canadien sur les diplômes internationaux (CICDI) distingue les professions réglementées des métiers non réglementés et oriente vers l’organisme compétent selon la province et la profession.

La démarche conseillée : identifier l’ordre ou l’organisme de sa profession dans la province visée, vérifier la liste des documents (diplômes, relevés, attestations d’expérience), puis lancer la demande plusieurs mois avant le départ. Pour les emplois non réglementés, l’employeur évalue le diplôme au regard du poste. Des arrangements de reconnaissance mutuelle entre la France et le Québec existent pour plusieurs professions réglementées ; leur contenu se vérifie auprès de l’ordre professionnel concerné.

Protection sociale du salarié : détaché ou contrat local

Le régime de santé dépend du statut. Un salarié détaché reste affilié au régime français ; un salarié sous contrat local relève du régime provincial, avec un délai de carence selon la province. Le guide salarié d’entreprise compare les deux situations, et la page remboursements de soins au Canada détaille chaque cas.

Avant de signer, il est utile de demander à l’employeur quelle couverture santé complémentaire est proposée (régime collectif, délai d’attente, ayants droit). Expavy aide à comparer les solutions individuelles lorsque le contrat n’en prévoit pas.

Salaires minimums et seuils haut salaire de l’EIMT par province

ProvinceSalaire minimum généralSeuil haut salaire de l’EIMT (17/07/2026)
Québec16,60 $ (depuis le 01/05/2026)36,00 $
Ontario17,95 $ (depuis le 01/10/2026)36,92 $
Colombie-Britannique18,25 $ (depuis le 01/06/2026)38,40 $

Montants horaires en dollars canadiens. Le seuil de l’EIMT correspond au salaire horaire médian provincial majoré de 20 % : en dessous, la demande relève du volet bas salaire.

Questions fréquentes

Un Français peut-il travailler au Canada sans permis de travail ?

Non, sauf cas d’exemption : un Français visite le Canada avec une AVE (7 $ CAD, valable 5 ans, séjour jusqu’à 6 mois) mais ne peut pas y travailler. Un permis lié à un employeur, un PVT ou la résidence permanente est nécessaire pour exercer une activité salariée.

Qu’est-ce que le PVT Canada et à quoi donne-t-il droit ?

Le PVT, ou Expérience internationale Canada, donne droit à un permis valable jusqu’à 2 ans dans trois catégories : Vacances-travail (permis ouvert), Jeunes professionnels et Stage coop (permis lié à un employeur). Une assurance couvrant soins médicaux, hospitalisation et rapatriement est exigée pour toute la durée du séjour.

Qu’est-ce que la Mobilité francophone ?

C’est un permis de travail hors Québec qui dispense l’employeur de l’EIMT. Le candidat justifie d’un français oral intermédiaire (NCLC 5) et d’une offre d’emploi dans n’importe quelle catégorie TEER (hors agriculture primaire en TEER 4-5). L’employeur règle 230 $ CAD de frais de conformité.

Quel est le salaire minimum au Canada ?

Il varie selon la province : 16,60 $ de l’heure au Québec (depuis le 1er mai 2026), 17,95 $ en Ontario (depuis le 1er octobre 2026) et 18,25 $ en Colombie-Britannique (depuis le 1er juin 2026). Il est indexé sur l’inflation dans ces trois provinces et s’applique quel que soit le permis de travail.

Quels secteurs recrutent le plus au Canada ?

Les postes vacants progressent en sciences naturelles et appliquées (+6,0 % sur un an) et dans les métiers, le transport et la machinerie (+7,7 %), et le secteur manufacturier a créé 22 000 emplois en août 2026. L’Entrée express cible aussi la santé, les sciences et technologies, les métiers, l’éducation et le transport.

Comment faire reconnaître son diplôme au Canada ?

Pour une profession réglementée, la démarche passe par l’ordre ou l’organisme de réglementation de la province visée ; le CICDI aide à l’identifier. Pour un emploi non réglementé, l’employeur évalue le diplôme au regard du poste. Il est conseillé de commencer plusieurs mois avant le départ.

Quel est le taux de chômage au Québec comparé aux autres provinces ?

En août 2026, le taux de chômage est de 5,6 % au Québec, contre 6,4 % pour l’ensemble du pays, 6,5 % en Colombie-Britannique, 6,8 % en Alberta et 6,9 % en Ontario (Statistique Canada).

Les autres guides : Canada