Aller au contenu principal
Expavy

Botswana · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite au Botswana : séjour, fiscalité et santé

L’essentiel

Un retraité français entre au Botswana sans visa et peut y séjourner jusqu'à trois mois ; au-delà, France Diplomatie indique qu'un permis de résidence est obligatoire et qu'il suppose un contrat de travail, le sien ou celui du conjoint. Aucun visa dédié aux retraités n'apparaît dans les pages officielles lues pour ce guide : le statut se confirme auprès du département de l'immigration. La convention fiscale franco-botswanaise taxe les pensions privées dans l'État de résidence, tandis que les pensions de sécurité sociale restent imposables dans l'État payeur. Le formulaire S1 ne s'applique pas hors d'Europe : la santé s'organise avec la CFE ou une assurance internationale.

  • Séjour sans visa jusqu'à 3 mois et 90 jours par an au plus ; permis de résidence obligatoire au-delà.
  • Convention fiscale du 15 avril 1999, avenant du 27 juillet 2017 : pensions privées imposables dans l'État de résidence (article 18, paragraphe 1).
  • Pensions de sécurité sociale imposables dans l'État qui les verse (article 18, paragraphe 3) : retenue à la source possible en France.
  • 3,20 % : cotisation d'assurance maladie pouvant être prélevée sur une pension française, sans CSG ni CRDS pour un domicile fiscal hors de France (Assurance retraite).
  • Offre CFE des retraités sans questionnaire de santé ; cotisation selon le pays et l'âge (montants sur cfe.fr).
  • 15 ans de cotisations à un régime obligatoire français pour être pris en charge lors de séjours temporaires en France (Cnarefe).

Service en cours de lancement : un conseiller étudie votre demande et vous recontacte pour préciser vos besoins.

Repères chiffrés : Botswana

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
-0,7 %
Inflation
2,7 %
Taux de chômage
24,5 %
PIB par habitant
7 778 $
Population
2,6 millions
Espérance de vie
69,3 ans
Dépense de santé (% du PIB)
6,3 %
Médecins pour 1 000 hab.
0,38
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
2,4

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Séjour du retraité : ce que dit France Diplomatie

Les ressortissants français n’ont pas besoin de visa pour le Botswana. Un cachet d’entrée gratuit est délivré aux postes frontières pour une durée qui ne peut excéder trois mois, à l’appréciation de l’agent d’immigration, dans la limite de 90 jours par an. Le passeport doit rester valide au moins six mois après l’entrée.

Au-delà de trois mois, un permis de résidence est obligatoire et France Diplomatie précise qu’il exige la présentation d’un contrat de travail, pour soi ou pour son conjoint. Cette condition ne correspond pas à la situation d’un retraité sans activité : les pages lues pour ce guide ne mentionnent aucun visa ou permis de retraité. Avant toute décision de s’installer, il est donc indispensable de demander par écrit au département de l’immigration botswanais quel titre de séjour est ouvert à une personne retraitée, et sous quelles conditions financières.

Cette précaution évite de bâtir un projet sur un séjour renouvelé de visiteur, qui ne confère pas un droit de résidence. Un séjour exploratoire de quelques semaines, avec visite des villes, des services de santé et du logement, est le moyen le plus fiable de préparer la demande.

Fiscalité de la pension française selon la convention

La France et le Botswana sont liés par une convention fiscale signée le 15 avril 1999 (Journal officiel du 12 juin 2003), complétée par un avenant du 27 juillet 2017 (Journal officiel du 29 septembre 2021) ; elle couvre l’impôt sur le revenu. Selon la doctrine du BOFiP, l’article 18 prévoit que les pensions versées au titre d’un emploi antérieur sont imposables exclusivement dans l’État de résidence du bénéficiaire (paragraphe 1), sauf si cet État ne les soumet pas à l’impôt, auquel cas l’autre État peut les imposer (paragraphe 2).

Les pensions et autres sommes versées au titre de la législation de sécurité sociale d’un État sont imposables dans cet État (paragraphe 3) : la pension de base de l’Assurance retraite et les retraites complémentaires obligatoires peuvent donc supporter une retenue à la source en France. Pour éviter la retenue sur les pensions privées, le résident du Botswana remet au payeur français une attestation de résidence délivrée par l’administration botswanaise avant le versement, accompagnée de justificatifs d’imposition locale. Le BOFiP rappelle aussi que les pensions publiques relèvent de l’article 19 dont la règle doit être lue dans le texte de la convention.

Par ailleurs, la convention plafonne l’imposition à la source des dividendes à 12 % (5 % pour une société détenant au moins 25 % du capital) et celle des intérêts à 10 %. Un retraité qui perçoit des revenus de placement vérifie aussi ces taux. Le texte de la convention et ses commentaires sont consultables sur impots.gouv.fr et bofip.impots.gouv.fr ; les cas particuliers se traitent avec le service des impôts des particuliers non-résidents.

Fiscalité botswanaise

L’administration fiscale botswanaise, la BURS, impose les particuliers selon un barème progressif et un statut de résident. Sa page consacrée aux particuliers mentionne que les pensions au-delà d’un seuil (non chiffré sur la page) sont soumises au prélèvement PAYE, que les intérêts bancaires sont imposables au-delà de 7 800 pulas et que toute personne dont le revenu imposable dépasse 36 000 pulas par an doit se faire immatriculer.

Les règles de résidence fiscale, les abattements éventuels et les barèmes chiffrés se lisent dans la version en vigueur publiée par la BURS. Dans le cas d’un retraité qui devient résident du Botswana, c’est la combinaison entre la convention fiscale, le droit interne et le régime des revenus étrangers qui fixe l’État d’imposition : il est prudent de faire établir une simulation écrite avant le départ.

Le changement de résidence fiscale s’accompagne de démarches en France : déclaration du transfert de domicile fiscal, signalement aux caisses de retraite, mise à jour des coordonnées bancaires. Voir toucher sa retraite à l’étranger.

Percevoir sa pension : certificat de vie et prélèvements

Les pensions françaises peuvent être versées sur un compte en France ou, sur demande, sur un compte à l’étranger ; les frais bancaires se vérifient auprès de la banque. Chaque année, l’Assurance retraite envoie un certificat de vie à faire compléter par une autorité compétente du pays de résidence ; sans justificatif, le versement peut être suspendu. Il se transmet en ligne depuis l’espace personnel ou par courrier au centre de traitement retraite à l’étranger de Tours.

Pour un domicile fiscal hors de France, la CSG, la CRDS et la CASA ne sont pas prélevées sur la pension. Une cotisation d’assurance maladie de 3,20 % peut en revanche être prélevée si le retraité relève d’un régime français d’assurance maladie obligatoire, ou s’il est de nationalité étrangère et totalise au moins 15 ans d’assurance vieillesse en France.

Le détail des trimestres, des régimes complémentaires et du calcul de la pension est présenté dans le guide trimestres travaillés à l’étranger et la page assurance retraite à l’étranger.

Santé du retraité : pas de S1, CFE ou assurance internationale

L’Assurance Maladie réserve le formulaire S1 aux retraités qui partent dans l’Union européenne, l’Espace économique européen, la Suisse ou le Royaume-Uni, ou dans un pays ayant signé une convention comportant des dispositions sur les soins de santé. Le Botswana n’est lié à la France par aucun accord de sécurité sociale : l’Assurance Maladie française ne couvre plus les frais dans le pays de résidence, et le retraité peut adhérer à la CFE ou souscrire une assurance privée. Le guide assurance maladie du retraité à l’étranger détaille le cadre.

La CFE propose une offre pour retraités expatriés : condition d’être retraité d’un régime de base français sans activité professionnelle, aucun questionnaire de santé, aucune exclusion possible une fois membre, couverture des soins reçus à l’étranger avec taux ou forfait par pays, et une cotisation variable selon le pays et l’âge (cfe.fr). L’adhésion avant le départ ou dans les trois mois qui suivent l’installation ouvre des droits immédiats ; au-delà, des délais de trois mois (moins de 44 ans) ou six mois (45 ans et plus) s’appliquent.

Pour les séjours temporaires en France, l’inscription au Centre national des retraités de France à l’étranger (Cnarefe) exige d’avoir cotisé au moins 15 ans à un ou plusieurs régimes obligatoires français (10 ans pour les affiliés d’avant le 1er juillet 2019). Une assurance internationale peut compléter la CFE, notamment pour l’hospitalisation en secteur privé et l’évacuation vers Johannesburg, le plus souvent retenue selon France Diplomatie.

Coût de la vie et villes prisées

Aucun budget moyen n’est avancé ici : les prix doivent se comparer sur place et à partir des indices publiés par Statistics Botswana, l’inflation actuelle figurant dans le bloc « Repères économiques ». Pour un retraité, les postes qui pèsent le plus sont le logement, l’assurance santé, les déplacements en voiture (les transports en commun urbains sont peu développés) et les voyages vers la France, sans vol direct avec l’Europe.

Gaborone, capitale administrative où se trouvent les ambassades, regroupe les services les plus complets ; Francistown, dans le nord-est, et Maun, porte du delta de l’Okavango, séduisent pour la nature mais se situent dans le nord, où le risque de paludisme est élevé selon France Diplomatie, alors qu’il est jugé très faible à Gaborone et Lobatse. Des coupures d’eau peuvent affecter Gaborone, et la conduite de nuit est déconseillée dans tout le pays.

Les services consulaires sont assurés par le consulat général de France à Johannesburg, l’ambassade de Gaborone ne délivrant pas de titre de voyage.

Checklist avant un départ à la retraite

  • Demander au département de l’immigration le titre de séjour ouvert aux retraités et ses conditions financières, par écrit.
  • Faire simuler l’impôt avec la convention fiscale (pensions privées, pensions de sécurité sociale, revenus de placement).
  • Prévenir sa caisse de retraite du changement d’adresse et préparer le certificat de vie annuel.
  • Comparer la CFE et une assurance internationale, avec rapatriement sanitaire et hospitalisation.
  • S’inscrire sur Fil d’Ariane et au registre des Français établis hors de France.
  • Consulter un médecin ou un centre de vaccination : fièvre jaune si besoin, hépatites, typhoïde, prophylaxie antipaludique selon la zone.

Pour une vue d’ensemble, voir la page assurance retraite à l’étranger et vivre au Botswana.

Questions fréquentes

Existe-t-il un visa retraité pour le Botswana ?

Aucun visa ou permis de retraité n'apparaît dans les pages officielles lues pour ce guide. France Diplomatie indique que le permis de résidence exige un contrat de travail, le sien ou celui du conjoint ; le statut d'une personne retraitée se confirme auprès de l'immigration botswanaise.

Où ma pension française est-elle imposée ?

Selon l'article 18 de la convention, les pensions privées sont imposables dans l'État de résidence, tandis que les pensions de sécurité sociale sont imposables dans l'État payeur. Une retenue à la source en France reste possible sur ces dernières.

Puis-je utiliser le formulaire S1 au Botswana ?

Non : l'Assurance Maladie réserve le S1 aux départs en Europe. Pour le Botswana, la couverture passe par la CFE ou une assurance internationale.

Est-ce que je paie la CSG sur ma pension ?

Si le domicile fiscal est hors de France, la CSG, la CRDS et la CASA ne sont pas prélevées. Une cotisation maladie de 3,20 % peut l'être selon la situation du retraité.

Comment prouver que je suis en vie ?

Un certificat de vie est envoyé chaque année par l'Assurance retraite ; une autorité compétente du pays de résidence le complète, puis il est renvoyé en ligne ou par courrier. Sans retour, le versement peut être suspendu.

Où se faire soigner en cas de problème grave ?

France Diplomatie indique que les rapatriements sanitaires sont le plus souvent effectués vers Johannesburg. Une assurance incluant l'évacuation et l'hospitalisation est donc indispensable en complément de la CFE.

Les autres guides : Botswana