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Allemagne · Remboursements des soins

Remboursement des soins en Allemagne : qui paie quoi selon votre situation

L’essentiel

En Allemagne, le remboursement des soins dépend du régime qui vous couvre : assurance légale allemande (GKV) pour un salarié local sous le seuil de 77 400 € bruts par an, régime français maintenu pour un salarié détaché (formulaire A1), assurance du pays d'emploi et soins dans les deux pays pour un frontalier (formulaire S1), assurance maladie allemande financée par la France pour un retraité titulaire du S1, CEAM pour un séjour temporaire. Dans la GKV, la caisse prend en charge les soins des médecins conventionnés ; l'assuré participe à hauteur de 10 % du prix des médicaments (de 5 € à 10 €) et de 10 € par jour d'hôpital pendant 28 jours au plus. Le dentaire (subvention forfaitaire de 60 % à 75 % du coût standard des prothèses) et l'optique des adultes restent en grande partie à la charge du patient. La CFE et l'assurance au 1er euro complètent ce socle selon le profil. Le tableau récapitulatif ci-dessous résume chaque cas.

  • Salarié local : affiliation GKV obligatoire sous 77 400 € bruts par an ; cotisation de 14,6 % plus une cotisation complémentaire moyenne de 2,9 %, partagées avec l'employeur.
  • Détaché : le formulaire A1 maintient le régime français pendant 24 mois au plus ; le S1 permet de s'inscrire auprès d'une caisse allemande.
  • Frontalier : assuré dans le pays d'emploi, le S1 ouvre les soins dans les deux pays ; chaque membre de la famille reçoit son propre S1.
  • Retraité à pension française : formulaire S1 à demander à sa caisse de retraite avant le départ, puis inscription auprès d'une caisse allemande.
  • Conjoint : co-assurance gratuite (Familienversicherung) si le revenu mensuel reste sous 565 € (603 € en cas de Minijob) ; enfants jusqu'à 18, 23 ou 25 ans selon leur situation.
  • Participations : 10 % du prix des médicaments (5 à 10 €), 10 € par jour d'hôpital (28 jours au plus), plafond annuel de 2 % du revenu brut du foyer (1 % en cas de maladie chronique).

Le principe : un seul régime à la fois, déterminé par l'activité

Dans l’Union européenne, les règles de coordination désignent une seule législation de sécurité sociale. En règle générale, c’est le pays dans lequel la personne travaille qui prend en charge sa couverture sociale ; un détachement temporaire permet de rester couvert par le pays d’origine pendant deux ans au plus, avec le document A1. Une personne sans activité relève du pays de résidence.

Trois outils portables prouvent les droits : le formulaire A1 (législation applicable), le formulaire S1 (droit aux soins dans le pays de résidence) et la CEAM (soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire). Le glossaire détaille le formulaire A1, le formulaire S1 et la CEAM. Pour le fonctionnement des caisses allemandes, voir le système de santé en Allemagne.

Salarié local, indépendant et fonctionnaire

Contrat local. Le salarié embauché par un employeur allemand relève du régime local. L’Assurance Maladie lui demande de déclarer son transfert de résidence hors de France dans le mois, puis de restituer sa carte Vitale et sa CEAM. Sous le seuil de 77 400 € bruts par an, l’affiliation à une caisse légale est obligatoire : la caisse règle directement les soins des médecins conventionnés, et la cotisation (14,6 % plus la cotisation complémentaire moyenne de 2,9 %) est partagée avec l’employeur. Au-delà du seuil, le salarié choisit entre la GKV volontaire et l’assurance privée, comme détaillé dans la page sur le système de santé. Voir aussi contrat local.

Indépendant. L’indépendant choisit entre la GKV volontaire et l’assurance privée, avec la possibilité d’ajouter une couverture complémentaire. La page travailler en Allemagne rassemble les règles de cotisation.

Fonctionnaire français. Un agent titulaire d’une administration française affecté en Allemagne reste rattaché au régime français, selon la règle européenne qui relie le fonctionnaire à l’État de son employeur ; pour un contractuel ou un recruté local, le statut précis détermine le régime. L’attestation de l’employeur et le service gestionnaire de l’agent confirment la situation avant le départ.

Salarié détaché : le régime français est maintenu

Le salarié envoyé par son employeur français en Allemagne conserve la sécurité sociale française grâce au formulaire A1, pour 24 mois au plus. Selon la situation, il s’inscrit auprès d’une caisse locale avec le S1 ou demande à sa caisse française le remboursement des frais engagés ; la caisse française précise les modalités avant le départ. Pour la famille, les droits dépendent du lieu de résidence et de l’activité du conjoint : la caisse française précise les documents à fournir pour chaque membre.

Le guide détaché ou expatrié complète ce point, et la page détaché définit le statut.

Frontalier : formulaire S1 et choix du pays de soins

Un frontalier travaille dans un État et rentre chez lui, chaque jour ou au moins une fois par semaine, dans un autre. Il est assuré dans le pays d’emploi. Lorsqu’il réside en France et travaille en Allemagne, il s’assure obligatoirement en Allemagne, demande à sa caisse allemande le formulaire S1 et le remet à sa caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), qui lui délivre une carte Vitale. Il choisit ensuite où se soigner : en Allemagne selon le droit allemand, en France selon le barème du régime général français (ou le régime local en Alsace-Moselle).

Les prestations en espèces, comme l’indemnité de maladie ou de maternité, relèvent de l’Allemagne, pays d’emploi. Chaque membre de la famille a besoin de son propre S1, et la CEAM est délivrée par le pays d’emploi. Dans l’autre sens (résidence en Allemagne, emploi en France), le salarié est assuré en France et le S1 ouvre aussi les soins dans le pays de résidence. Les règles fiscales des frontaliers figurent dans travailler en Allemagne.

Retraité, étudiant et conjoint

Retraité à pension française. Pour s’installer durablement, le retraité demande le formulaire E 121/S1 à sa caisse de retraite avant le départ ; chaque membre de la famille a son propre S1. Le document permet de s’inscrire auprès de l’organisme de sécurité sociale du lieu de résidence. Le retraité conserve sa carte Vitale. S’il perçoit des pensions de France et d’Allemagne, ses soins relèvent du pays de résidence. Lors d’un séjour temporaire en France, ses droits français sont rétablis. Le guide formulaire S1 : mode d’emploi et la page retraite en Allemagne détaillent la démarche.

Étudiant. Selon la durée du séjour et le projet d’études, l’étudiant relève de l’assurance allemande ou conserve son régime français. L’assurance des étudiants de la GKV court jusqu’au 14e semestre et au plus tard jusqu’à 30 ans, avec une cotisation réduite. Pour une période d’études temporaire, la CEAM peut suffire : la caisse française et l’établissement confirment la solution adaptée. Voir assurance étudiant à l’étranger et Erasmus et échanges.

Conjoint. La Familienversicherung couvre gratuitement le conjoint, le partenaire et les enfants d’un assuré de la GKV s’ils résident en Allemagne, ne sont pas assurés par ailleurs et ont un revenu inférieur à une limite : 565 € par mois en 2026 (603 € en cas d’emploi de type Minijob). Les enfants sont couverts jusqu’à 18 ans, jusqu’à 23 ans sans activité et jusqu’à 25 ans en formation. La co-assurance d’un enfant est écartée lorsque le parent non assuré en GKV gagne plus que le seuil d’affiliation et davantage que le parent assuré. Voir aussi l’assurance famille expatriée.

Adhérent CFE, assurance au 1er euro et séjour temporaire (CEAM)

Adhérent CFE. La Caisse des Français de l’Étranger permet de conserver une couverture française en cotisant en parallèle au régime local, ce qui évite les ruptures de droits à la retraite lors du retour. Au barème d’avril 2026, la cotisation maladie individuelle va de 180 € (moins de 25 ans) à 909 € (70 ans et plus) par trimestre. Voir remboursements CFE et cotisations CFE.

Assurance au 1er euro. Un contrat de santé internationale prend en charge les frais dès le premier euro, dans le secteur privé comme public, avec une prise en charge directe possible dans un réseau de soins. Expavy aide à comparer ces contrats : voir assurance santé expatrié et le glossaire 1er euro.

Séjour temporaire. Avec la CEAM, le titulaire est traité comme un assuré de la GKV chez les médecins et dans les établissements conventionnés ; il acquitte les mêmes participations (jusqu’à 10 € par ordonnance, 10 € par jour d’hôpital pour les adultes, 28 jours au plus par an). Seuls les médecins conventionnés entrent dans ce cadre. Si un prestataire refuse la carte et demande un paiement, les factures peuvent être transmises à la caisse française pour un remboursement aux tarifs allemands ou français. La CEAM est individuelle, valable deux ans au plus, et se demande au moins 15 jours avant le départ.

Par poste de soins : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation. La caisse prend en charge les soins des médecins conventionnés, et la plupart des spécialistes se consultent directement. En assurance privée, l’assuré reçoit une facture et demande le remboursement selon son contrat.
  • Hospitalisation. 10 € par jour à la charge de l’adulte, dans la limite de 28 jours par an ; le transport sanitaire donne lieu à une participation de 10 %, entre 5 € et 10 € par trajet.
  • Médicaments. 10 % du prix, avec un minimum de 5 € et un maximum de 10 € ; les enfants de moins de 18 ans, les dépistages préventifs et les vaccinations recommandées sont exemptés. Une limite annuelle de 2 % du revenu brut du foyer (1 % en cas de maladie chronique) donne droit à une carte d’exemption.
  • Dentaire. Contrôle tous les six mois, détartrage annuel, obturations et soins de canal pris en charge ; pour les prothèses, subvention forfaitaire de 60 % du coût de la prise en charge standard, 70 % après cinq ans de carnet de suivi, 75 % après dix ans.
  • Optique. À partir de 18 ans, la caisse prend en charge lunettes et lentilles en cas de déficience visuelle grave ou d’erreur de réfraction supérieure à 6 dioptries (myopie ou hypermétropie) ou à 4 dioptries (astigmatisme) ; les montures sont exclues. La couverture des enfants est plus large.
  • Maternité. Suivi de grossesse, accouchement, sage-femme et soins liés sont en règle générale pris en charge sans participation ; la sage-femme assure le suivi pendant 12 semaines après la naissance. Le congé de maternité s’étend sur 6 semaines avant et 8 semaines après (12 semaines pour les naissances multiples et prématurées), avec une allocation de maternité de la caisse (13 € par jour au plus) complétée par l’employeur.

Retour en France

En cas de retour définitif, l’Assurance Maladie indique de déposer le formulaire S1106 (demande d’ouverture des droits à l’assurance maladie) auprès de la caisse française. Les démarches, la protection universelle maladie (PUMA) et le délai de carence éventuel sont détaillés dans assurance retour en France et dans le guide réduire le délai de carence. Anticiper ce retour avant le départ d’Allemagne (attestations de fin de droits, S1) fluidifie la reprise.

Tableau récapitulatif : qui rembourse selon votre situation

SituationRégime qui couvreDocument cléSoins en Allemagne
Salarié local sous le seuilGKV obligatoireAffiliation à une caisse, carte de santéPrestations de la caisse ; participations légales
Salarié local au-dessus du seuilGKV volontaire ou PKVAffiliation GKV ou contrat privéPrestations de la caisse ou du contrat
Salarié détachéRégime français maintenu (24 mois au plus)Formulaire A1 ; S1 pour l'inscription localeSoins via le S1, ou frais remboursés par la caisse française
Frontalier résidant en FranceAssurance allemande (pays d'emploi)Formulaire S1 remis à la CPAMSoins en Allemagne et en France ; indemnités versées par l'Allemagne
IndépendantGKV volontaire ou PKVAffiliation ou contrat privéSelon la formule choisie
Fonctionnaire françaisRégime de l'administration employeuseAttestation de l'employeurSelon le statut (titulaire, contractuel, recruté local)
Retraité à pension françaiseAssurance maladie allemande au titre de la pension françaiseFormulaire S1 auprès de la caisse de retraiteSoins aux conditions allemandes ; droits français rétablis en séjour en France
ÉtudiantGKV étudiante, ou régime français pour un séjour temporaireCEAM ou affiliation étudianteSoins conventionnés, participations légales
ConjointCo-assurance GKV, ou couverture propreFamilienversicherung ; S1 pour chaque ayant droitMêmes prestations que l'assuré
Adhérent CFECFE (adhésion volontaire)Contrat CFERemboursement sur barème CFE, public ou privé
Assurance au 1er euroAssureur privéContrat de santé internationaleRéseau privé, prise en charge directe possible
TouristeRégime françaisCEAMMédecins et établissements conventionnés
Retour en FranceAssurance maladie françaiseFormulaire S1106 ; PUMASoins en France

Sources : Assurance Maladie, ministère fédéral de la Santé, GKV-Spitzenverband, CFE. Situations consultées le 01/10/2026 ; vérifier son cas auprès de sa caisse.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la CEAM et le formulaire S1 ?

La CEAM couvre les soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire dans un autre pays européen. Le formulaire S1 atteste d'un droit aux soins dans le pays de résidence pour une personne qui y vit durablement (retraité, frontalier, ayant droit) et permet de s'inscrire auprès de l'assurance maladie locale.

La carte Vitale fonctionne-t-elle en Allemagne ?

La carte Vitale sert en France. En Allemagne, un séjour temporaire s'appuie sur la CEAM, et une installation durable sur la carte de santé de la caisse allemande. Un frontalier ou un retraité muni d'un S1 conserve sa carte Vitale pour les soins reçus en France.

Comment se faire rembourser des soins payés en Allemagne ?

Si un prestataire refuse la CEAM et demande un paiement immédiat, les factures se transmettent à la caisse française, qui rembourse aux tarifs allemands ou français. Un salarié détaché demande à sa caisse le remboursement des frais engagés, selon les modalités qu'elle précise.

Un frontalier peut-il se soigner en France et en Allemagne ?

Oui. Un frontalier résidant en France et travaillant en Allemagne s'assure en Allemagne, demande le formulaire S1 à sa caisse allemande et le remet à sa CPAM : il se soigne dans les deux pays. Les indemnités de maladie et de maternité relèvent du pays d'emploi.

Un retraité français est-il couvert en Allemagne ?

Oui, en demandant le formulaire S1 à sa caisse de retraite avant le départ, puis en l'inscrivant auprès d'une caisse allemande. Un séjour temporaire en France rétablit ses droits français, et la carte Vitale reste utilisable.

Le conjoint est-il couvert gratuitement par l'assurance allemande ?

Oui, par la Familienversicherung, si le conjoint réside en Allemagne, n'est pas assuré par ailleurs et gagne moins de 565 € par mois en 2026 (603 € pour un Minijob). Les enfants sont co-assurés jusqu'à 18 ans, 23 ans sans activité ou 25 ans en formation.

Les soins dentaires et l'optique sont-ils remboursés en Allemagne ?

Pour les prothèses dentaires, la caisse verse une subvention forfaitaire de 60 % du coût standard (70 % ou 75 % avec un carnet de suivi tenu cinq ou dix ans). Pour l'optique, les adultes ne sont couverts qu'en cas de déficience visuelle grave ou de forte erreur de réfraction, hors monture.

Que reste-t-il à payer à l'hôpital et à la pharmacie ?

10 € par jour d'hospitalisation pendant 28 jours au plus par an, et 10 % du prix des médicaments, entre 5 € et 10 €. Les moins de 18 ans sont exemptés, et la limite de 2 % du revenu brut du foyer (1 % en cas de maladie chronique) déclenche une carte d'exemption.

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