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Fiche pays — Asie-Pacifique

Protection sociale et santé à Wallis et Futuna

Lagon de l'île de Wallis, eau turquoise calme, plage de sable clair bordée de cocotiers et petit îlot au loin

En 5 lignes

Wallis et Futuna est une collectivité d’outre-mer de la République française, mais sa protection sociale n’est pas celle de la métropole : il n’existe, sur l’archipel, aucun organisme local d’assurance maladie. Les soins sont délivrés par l’Agence de santé du territoire, établissement public de l’État financé par une dotation budgétaire de l’État (plus de 50 millions d’euros par an), et ils restent gratuits pour les résidents, selon le protocole de sortie de crise du 19 septembre 2024 cité par l’inspection générale des affaires sociales. La Caisse des prestations sociales du territoire ne gère, pour sa part, que la retraite et les prestations familiales. Cette gratuité s’arrête aux limites de l’archipel : l’offre locale comprend deux hôpitaux (environ 50 lits au total) et quatre dispensaires, sans médecine libérale identifiée, et plusieurs spécialités sont absentes, d’où plusieurs centaines d’évacuations aériennes par an, surtout vers la Nouvelle-Calédonie. Pour un Français qui s’y installe, la question centrale est donc celle de sa couverture lors de ses séjours en métropole ou ailleurs : ameli indique qu’aucun accord bilatéral n’existe avec le territoire et que, hors fonctionnaires, le transfert de résidence n’ouvre aucune prise en charge en métropole.

Source : IGAS-IGA — Rapport sur la gouvernance de l'Agence de santé de Wallis et Futuna (2026)

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Chiffres clés

  • Environ 11 000 habitants (population municipale : environ 8 100 à Wallis, 3 100 à Futuna), selon le recensement de l'Insee.
  • Aucun organisme d'assurance maladie sur le territoire : les soins sont financés par l'État (article 68 de la loi de finances pour 1972) et gratuits pour les résidents.
  • Environ 50 lits d'hospitalisation : 42 à l'hôpital de Sia (Wallis) et 9 à l'hôpital de Kaleveleve (Futuna), plus quatre dispensaires (rapport IGAS-IGA).
  • Environ 760 évacuations aériennes par an, dont 88 % vers la Nouvelle-Calédonie et 10 % vers l'Hexagone, dont le coût global est pris en charge par l'Agence de santé (rapport IGAS-IGA).
  • Dotation de l'État à l'Agence de santé : votée chaque année en autorisations d'engagement dans la loi de finances (rapport du Sénat sur le projet de loi de finances).

Système de santé local

Wallis et Futuna n’a ni caisse d’assurance maladie ni système de sécurité sociale couvrant le risque santé. Le Sénat l’écrit dans son rapport sur le projet de loi de finances : les soins sont financés par l’État et délivrés gratuitement dans ses établissements, sur le fondement de l’article 68 de la loi de finances pour 1972, selon lequel le service de l’hygiène et de la santé publique relève de l’État. L’Agence de santé, créée en 2000, est un établissement public national à caractère administratif, placé en dehors du champ de l’assurance maladie, et elle dépend presque entièrement de la dotation annuelle de l’État (de l’ordre de 50 millions d’euros de budget de fonctionnement par an). Le principe de gratuité pour les résidents a été réaffirmé par le protocole de sortie de crise du 19 septembre 2024 (« les soins demeurent gratuits pour les résidents de Wallis-et-Futuna »), tel que le rapporte l’inspection générale des affaires sociales.

L’offre de soins est entièrement publique. Selon le rapport IGAS-IGA, l’Agence de santé dispose d’environ 50 lits (42 à l’hôpital de Sia, sur Wallis, dont 13 de chirurgie, 14 de médecine, 14 de gynécologie-obstétrique et un lit de réanimation-soins intensifs ; 9 à l’hôpital de Kaleveleve, sur Futuna), de quatre dispensaires de premier recours (trois à Wallis, un à Futuna), d’un service d’imagerie (radiographie, échographie, scanner) et d’un laboratoire. Les urgences fonctionnent 24 heures sur 24 sur les deux sites. Les effectifs sont réduits (sept médecins hospitaliers et huit généralistes) et l’ophtalmologie, l’ORL, la cardiologie, la rhumatologie, la gastro-entérologie et la psychiatrie ne sont assurées que par des missions temporaires de spécialistes venus de Nouméa ou de l’Hexagone.

Le même rapport décrit des indicateurs sanitaires préoccupants (prévalence élevée du diabète et de l’obésité) et une gouvernance de l’Agence fragilisée, avec un mouvement social en septembre 2024 qui a perturbé l’accès aux soins. Lorsque la prise en charge locale n’est pas possible, le patient est évacué par avion vers la Nouvelle-Calédonie, l’Hexagone ou, plus rarement, l’Australie ; l’archipel se trouve à plus de 16 000 km de la métropole et à 1 870 km de la Nouvelle-Calédonie.

Obligations légales et de visa

  • Entrée et séjour : Wallis et Futuna fait partie de la République française. Un citoyen français n’a pas à solliciter de visa ni de titre de séjour pour s’y installer ; la liaison aérienne internationale passant par Nouméa ou par les îles Fidji (seul aéroport international : Hihifo, sur Wallis), les documents d’identité exigés à l’embarquement sont à confirmer auprès de la compagnie aérienne et des services de l’État sur place.
  • Affiliation locale à une assurance maladie : sans objet, il n’en existe pas. Aucune cotisation d’assurance maladie locale n’est prélevée ; la Caisse des prestations sociales du territoire gère la retraite de base, les prestations familiales (dont l’allocation de congé maternité) et l’aide sociale à l’enfance.
  • Gratuité des soins : elle est garantie aux résidents du territoire. Les sources consultées ne définissent pas la notion de résident ni le traitement d’un simple visiteur : à vérifier auprès de l’Agence de santé avant le départ.
  • Couverture hors du territoire : le site de l’État à Wallis et Futuna rappelle que l’absence de caisse d’assurance maladie pose la question de la prise en charge hors de l’archipel, et conseille vivement de cotiser à une complémentaire pour tout déplacement. L’Agence de santé prend en charge les évacuations qu’elle prescrit, pas les soins choisis par la personne lors de ses déplacements personnels.
  • Au retour en France métropolitaine : ameli indique que le territoire ne figure pas parmi ceux liés à la métropole par un accord bilatéral et que l’affiliation se fait selon le droit commun, avec la condition de résidence stable et régulière (trois mois, sauf rattachement à un conjoint déjà assuré).
  • Maternité : selon ameli, la prise en charge des frais de maternité survenus à Wallis et Futuna n’est pas assurée par la caisse primaire ; il faut se renseigner auprès de la Caisse des prestations sociales du territoire.
  • Étudiant : une affectation ou des études à Wallis et Futuna n’ouvrent pas de droit à la carte européenne d’assurance maladie, les pays et territoires d’outre-mer n’appliquant pas les règlements européens. Pour les séjours d’études hors du territoire, une assurance étudiante reste à examiner.
  • Fonctionnaire ou agent détaché : ameli indique qu’un fonctionnaire affecté à Wallis et Futuna doit conserver sa carte Vitale pour être pris en charge lors de ses séjours en métropole ; la mission d’inspection IGAS-IGA relève que les modalités de couverture des fonctionnaires détachés pendant leur séjour dans l’Hexagone laissent subsister des « angles morts ».

Aucune amende individuelle liée à l’absence d’assurance n’est mentionnée dans les sources consultées. Le risque est avant tout financier dès que l’on se déplace hors du territoire : la prise en charge d’une assistance et d’un rapatriement n’est pas garantie par le régime local.

Coût de quelques actes médicaux

Repères indicatifs, pas une grille tarifaire officielle : les tarifs varient selon l’établissement, demandez un devis avant les soins.

Coût de quelques actes médicaux en Wallis et Futuna, secteur public et privé
ActeSecteur publicSecteur privé
Consultation en dispensaire ou aux urgences, résident du territoireGratuite pour les résidents, financée par l'État via l'Agence de santé—
Hospitalisation à Sia ou à Kaleveleve, résident du territoireGratuite pour les résidents, financée par l'État via l'Agence de santé—
Soins pour un visiteur de passageTarification non précisée dans les sources consultées : à demander à l'Agence de santé—
Évacuation sanitaire prescrite par l'Agence de santé (Nouvelle-Calédonie, Hexagone, Australie)Transport et frais médicaux pris en charge par l'Agence de santé, avec accompagnant pour un mineur ou une personne dépendante ; plus de 20 millions d'euros par an pour plusieurs centaines d'évacuations—
Soins en métropole ou à l'étranger lors d'un déplacement personnelAucune prise en charge par l'Agence de santé ; complémentaire ou assurance voyage vivement conseillée par le site de l'État—
Médecine libérale ou secteur privé sur place—Aucun secteur libéral identifié dans les sources consultées

Accords de sécurité sociale avec la France

Wallis et Futuna n’est pas un pays étranger : l’archipel est devenu territoire d’outre-mer après le référendum du 27 décembre 1959, et la loi n° 61-814 du 29 juillet 1961 lui a conféré son statut, aujourd’hui celui de collectivité d’outre-mer. Il n’existe donc pas de convention de sécurité sociale avec la France. Selon ameli, le territoire ne figure pas parmi ceux qui ont signé des accords bilatéraux avec la métropole, et, selon un de ses conseillers, les pays et territoires d’outre-mer n’appliquent pas les règlements européens de coordination.

  • Compétence santé : elle relève de l’État, qui finance la totalité des dépenses de l’Agence de santé ; la Caisse des prestations sociales ne couvre, selon l’IGAS, que les risques vieillesse et famille, et un renforcement de la protection sociale du territoire figure parmi les pistes évoquées par la mission.
  • Évacuations vers la Nouvelle-Calédonie : l’Agence de santé règle les soins aux établissements néo-calédoniens, et une dette de 21,5 millions d’euros avait été constituée à leur égard à la fin de 2014, remboursée depuis par un emprunt auprès de l’Agence française de développement.
  • Évacuations vers l’Hexagone : le site de l’État à Wallis et Futuna mentionne une convention avec l’Assurance Maladie prévoyant l’immatriculation provisoire des patients dès leur arrivée à Paris ; son état se vérifie auprès de l’Assurance Maladie.
  • Retraités de l’État : la page du service des retraites de l’État sur la couverture santé traite des pensionnés résidant en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie ou à Wallis et Futuna, mais ne nomme d’organisme local que pour les deux premiers territoires, qui ont un régime d’assurance maladie.

Quelle assurance selon mon profil

Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.

Quelle assurance selon le profil, pour Wallis et Futuna
ProfilContrainte réglementairePoints d’attention
PVTNon applicable (le territoire fait partie de la République ; aucun programme vacances-travail)—
ÉtudiantPas de CEAM (les pays et territoires d'outre-mer n'appliquent pas les règlements européens) ; soins gratuits sur place pour un résidentLes soins hors du territoire (métropole, étranger) restent à la charge de l'étudiant sans couverture complémentaire
Fonctionnaire affectéSoins gratuits sur place pour un résident ; carte Vitale à conserver pour les séjours en métropole, selon ameliModalités de couverture pendant les séjours dans l'Hexagone jugées lacunaires par la mission IGAS-IGA ; à confirmer auprès de sa caisse
Salarié local / résident installéPas d'assurance maladie locale ; soins gratuits sur place pour les résidents ; Caisse des prestations sociales pour la retraite et la familleAucune prise en charge en métropole au titre du transfert de résidence, selon ameli ; complémentaire ou assurance hors territoire à prévoir
Indépendant / freelanceMême régime que le salarié local : pas d'assurance maladie, soins gratuits sur place pour les résidentsAffiliation éventuelle à la Caisse des prestations sociales à vérifier auprès de celle-ci
RetraitéSoins gratuits sur place pour les résidents ; la caisse de retraite et la Caisse des prestations sociales sont les interlocuteurs pour la pensionAucun organisme local d'assurance maladie n'est nommé pour ce territoire par le service des retraites de l'État : à confirmer avant le départ

Hôpitaux et réseau de soins

  • Hôpital de Sia (Mata-Utu, île de Wallis) : établissement principal de l'Agence de santé, 42 lits (chirurgie, médecine, gynécologie-obstétrique, un lit de réanimation-soins intensifs), urgences 24 h sur 24, imagerie (scanner) et laboratoire.
  • Hôpital de Kaleveleve (île de Futuna) : 9 lits, urgences 24 h sur 24 ; les patients nécessitant des soins complémentaires sont évacués vers Wallis.
  • Quatre dispensaires publics de premier recours (trois à Wallis, un à Futuna), fermant à 17 h selon l'IGAS.

Démarches

  1. Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (caisse primaire d’assurance maladie, CAF, France Travail, caisses de retraite) et demander à sa caisse ce qu’elle maintient ou suspend, notamment pour un fonctionnaire (conservation de la carte Vitale).
  2. Contacter l’Agence de santé de Wallis et Futuna pour connaître les conditions d’accès aux soins gratuits (notion de résident) et la procédure d’évacuation sanitaire.
  3. Souscrire une assurance complémentaire couvrant les soins hors du territoire (métropole, Nouvelle-Calédonie, étranger), comme le conseille le site de l’État à Wallis et Futuna.
  4. Prévoir l’assistance et le rapatriement pour les trajets : l’archipel est desservi depuis Nouméa ou les îles Fidji, avec deux liaisons hebdomadaires (trois en période de vacances scolaires) selon l’IGAS.
  5. Salarié ou employeur : s’adresser à la Caisse des prestations sociales de Wallis et Futuna pour la retraite, les prestations familiales et le congé maternité.
  6. Retraité : demander à sa caisse de retraite et au service des retraites de l’État la procédure applicable à une résidence à Wallis et Futuna.
  7. Au retour en métropole : demander l’affiliation à la caisse primaire du lieu de résidence en joignant l’acte de naissance si aucun numéro de sécurité sociale n’existe, en tenant compte de la condition de résidence de trois mois.

Questions fréquentes

Existe-t-il une assurance maladie à Wallis et Futuna ?

Non. Le territoire n'a ni caisse d'assurance maladie ni système de sécurité sociale couvrant la santé. Les soins sont délivrés par l'Agence de santé, financée par l'État, et sont gratuits pour les résidents. La Caisse des prestations sociales ne gère que la retraite et les prestations familiales.

Les soins sont-ils vraiment gratuits à Wallis et Futuna ?

Pour les résidents, oui : le principe a été réaffirmé par le protocole de sortie de crise du 19 septembre 2024, cité par l'IGAS. Les sources consultées ne précisent ni la définition du résident ni le traitement d'un visiteur de passage ; il faut interroger l'Agence de santé.

Que se passe-t-il si un traitement n'est pas disponible sur place ?

L'Agence de santé organise une évacuation aérienne, le plus souvent vers la Nouvelle-Calédonie, parfois vers l'Hexagone ou l'Australie, et prend en charge le transport et les frais médicaux. Plusieurs centaines d'évacuations aériennes sont réalisées chaque année, dont près de 90 % vers la Nouvelle-Calédonie, selon l'IGAS.

La carte Vitale reste-t-elle valable pour un séjour en métropole ?

Pour un fonctionnaire affecté à Wallis et Futuna, ameli indique qu'il doit avoir conservé sa carte Vitale pour être pris en charge pendant ses séjours en métropole. Pour une personne qui n'est pas fonctionnaire et a transféré sa résidence, ameli indique qu'aucun accord bilatéral ne permet de prise en charge.

Wallis et Futuna dispose-t-il d'une convention de sécurité sociale avec la France ?

Non. Le territoire fait partie de la République française et n'est pas lié à la métropole par un accord bilatéral de sécurité sociale, selon ameli. Les pays et territoires d'outre-mer n'appliquent pas non plus les règlements européens de coordination.

Faut-il une assurance complémentaire pour partir à Wallis et Futuna ?

Le site de l'État à Wallis et Futuna conseille vivement de cotiser à une complémentaire pour tout déplacement hors du territoire, puisque aucun organisme local ne couvre ces dépenses. Une assistance avec rapatriement est utile compte tenu de l'éloignement de l'archipel.

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