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Wallis et Futuna · Vivre sur place
Vivre à Wallis et Futuna quand on vient de métropole
L’essentiel
Wallis et Futuna est une collectivité d'outre-mer de la République, dans le Pacifique Sud, à plus de 16 000 km de l'Hexagone et à 1 870 km de la Nouvelle-Calédonie : un Français s'y installe sans visa ni titre de séjour. L'archipel compte environ 11 000 habitants, une vie rythmée par les autorités coutumières, des soins gratuits pour les résidents, la monnaie du franc pacifique et une desserte aérienne de deux liaisons hebdomadaires depuis Nouméa ou Fidji. La terre relève du droit coutumier, ce qui rend la location plus fréquente que l'achat pour un nouvel arrivant. Cette page rassemble les repères officiels utiles avant de franchir le pas.
- Plus de 11 000 habitants au dernier recensement : environ 8 100 à Wallis et 3 100 à Futuna, soit environ un quart de moins qu'il y a vingt ans (Insee).
- Plus de 16 000 km de l'Hexagone, 1 870 km de la Nouvelle-Calédonie et 2 890 km de Tahiti ; Futuna est à 235 km de Wallis (IGAS-IGA).
- Deux liaisons aériennes hebdomadaires depuis Nouméa ou Fidji, trois pendant les vacances scolaires ; un vol vers Futuna six jours par semaine (IGAS-IGA).
- Près de 90 % des habitants sont propriétaires de leur logement et plus de 93 % des résidences principales sont en dur ou modernes (Insee, recensement).
- Prix à la consommation : indices publiés par le service territorial de la statistique ; les prix de l'alimentation évoluent plus vite que l'ensemble.
- Parité fixe de la monnaie : 100 000 XPF valent 838 € et 10 000 € valent 1 193 317 XPF (services de l'État, formalités douanières).
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Un archipel du Pacifique Sud rattaché à la République
Le territoire se compose de l’île de Wallis (Uvea), la plus importante, de Futuna et d’Alofi, situées à 235 km de la première. Il est devenu territoire d’outre-mer après le référendum du 27 décembre 1959, la loi du 29 juillet 1961 lui a conféré son statut, et la révision constitutionnelle du 28 mars 2003 en a fait une collectivité d’outre-mer relevant de l’article 74 de la Constitution. L’organisation institutionnelle est unique : les institutions républicaines (un préfet, administrateur supérieur, et une assemblée territoriale de vingt membres élus), les trois royaumes coutumiers d’Uvea, d’Alo et de Sigave et l’Église catholique, selon l’IGAS. Le droit coutumier est particulièrement présent sur les questions foncières.
Selon l’Insee, la population baisse depuis son maximum du début des années 2000 (près de 15 000 habitants) pour atteindre environ 11 000 habitants, avec une fécondité d’environ 1,7 enfant par femme et un âge médian de 38 ans. Environ 80 % des habitants sont nés sur le territoire, 10 % en Nouvelle-Calédonie et 6 % en métropole. Wallis concentre près des trois quarts de la population (environ 104 habitants au km²) contre 48 au km² à Futuna. L’espérance de vie atteint environ 76 ans pour les hommes et 81 ans pour les femmes. La fiche santé et protection sociale à Wallis et Futuna détaille le régime applicable.
Le climat est tropical : l’IGAS relève que la dengue et la leptospirose y sont régulièrement présentes, soutenues par ce climat et par l’isolement des îles. Le territoire dispose de deux aéroports, celui de Hihifo (Wallis), seul apte aux vols internationaux, et celui de Pointe Vele (Futuna), réservé aux rotations vers Wallis.
Formalités d'installation depuis la métropole
Un citoyen français n’a besoin d’aucun visa ni titre de séjour : les règles d’entrée et de séjour publiées par les services de l’État concernent les ressortissants étrangers. Les démarches courantes (carte nationale d’identité, passeport, permis de conduire, certificat d’immatriculation) se préparent sur le site des services de l’État du territoire, avec des rendez-vous sur place. L’accès se fait par avion depuis Nouméa ou Fidji, par la seule compagnie qui dessert l’archipel.
- Avant le départ : demander à sa caisse primaire ce qu’elle maintient ou suspend. Selon l’Assurance Maladie, le territoire ne fait pas partie de ceux qui ont signé un accord bilatéral avec la métropole, et un non-fonctionnaire qui transfère sa résidence ne peut bénéficier d’aucune prise en charge en métropole. Le guide remboursements des soins détaille chaque situation.
- Santé sur place : aucune affiliation à une assurance maladie locale n’est nécessaire ; les soins sont gratuits pour les résidents. Il convient toutefois de contacter l’Agence de santé pour connaître les conditions d’accès (notion de résident) avant l’arrivée.
- Employeur et caisse locale : l’employeur déclare le salarié à la Caisse des prestations sociales avant l’embauche (déclaration préalable à l’embauche, en ligne, par courrier électronique, au guichet ou par courrier recommandé).
- Douane : toute marchandise importée se déclare. En cas de transfert de résidence principale, les biens domestiques et personnels possédés et utilisés depuis un certain temps peuvent être exonérés de droits et taxes ; les appareils (appareils photo, postes radio) doivent avoir six mois d’usage à la date du départ ; les véhicules à moteur sont exclus de cette franchise. Les armes, les végétaux, les produits d’origine animale et les animaux vivants exigent une autorisation ; les espèces et valeurs de 10 000 € ou plus se déclarent (1 193 317 XPF), sauf pour les voyages depuis ou vers la métropole, les DOM, la Nouvelle-Calédonie ou la Polynésie française.
Coût de la vie : monnaie, prix et salaires
La monnaie est le franc pacifique (XPF), à parité fixe avec l’euro : les services de l’État indiquent que 100 000 XPF valent 838 €, soit 119,3317 XPF pour 1 €. Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) est de l’ordre de 592 XPF de l’heure, soit environ 100 000 XPF pour 169 heures (environ 838 €), révisé périodiquement par arrêté.
Le service territorial de la statistique publie l’indice des prix à la consommation par poste (alimentation, hôtels-cafés-restaurants, logement, énergie, transports). L’IEOM suit l’inflation dans son rapport annuel. Les sources officielles consultées ne publient pas de comparaison de niveau de prix avec la métropole.
Les services d’eau et d’électricité font l’objet d’aides sociales territoriales pour les abonnés de Wallis sous conditions de ressources (service de l’inspection du travail et des affaires sociales). La Cour des comptes signale que le projet de potabilisation de l’eau devrait conduire à remettre en cause sa gratuité. Les résidents ne sont par ailleurs assujettis à aucun impôt ni cotisation sociale nationale (Cour des comptes) : le détail figure dans la page travailler à Wallis et Futuna.
Logement et foncier coutumier
Près de 90 % des habitants sont propriétaires de leur logement selon l’Insee, plus de 93 % des résidences principales sont en dur ou modernes, près de 96 % ont l’eau à l’intérieur, environ 85 % un réfrigérateur et moins de la moitié un climatiseur. Le droit coutumier régit les terres : l’IGAS rappelle que le régime appliqué conduit à l’inaliénabilité et à l’incessibilité des terres, et la Cour des comptes recommande de sécuriser les investissements d’utilité publique par des règles foncières écrites. Pour un nouvel arrivant, cela oriente vers la location, le logement de fonction ou le logement fourni par l’employeur.
Le code du travail applicable sur le territoire prévoit que, lorsqu’un travailleur permanent qui n’est pas originaire du lieu d’emploi ne peut pas se loger par ses propres moyens, l’employeur doit lui assurer un logement suffisant (article 92). Les modalités se négocient dans le contrat ; la durée d’un contrat à durée déterminée, renouvellements compris, ne peut excéder trois ans pour un salarié dont la résidence habituelle est hors du territoire (article 31). Les sources consultées ne publient pas de niveau de loyers.
Côté équipement, 89,2 % des ménages ont un téléphone portable et 72,5 % une connexion à Internet (77,2 % à Wallis, 59,9 % à Futuna) ; la 4G concerne 51,4 % des ménages. Un câble sous-marin relie l’archipel à Samoa et à Fidji (IGAS).
Scolarité et études
L’enseignement primaire est confié à la Direction de l’enseignement catholique, sous concession de l’État, tandis que l’enseignement secondaire relève du vice-rectorat, antenne locale de l’Éducation nationale. Les services de l’État recensent neuf écoles élémentaires ou primaires (sept à Wallis, deux à Futuna), six collèges (dont deux à Futuna) et deux lycées à Wallis : un lycée général et un lycée agricole ouvert à la rentrée 2011. Le vice-rectorat est joignable à Mata’Utu (courrier@ac-wf.wf, 00 681 72 28 28).
Aucun établissement d’enseignement supérieur n’est cité, hormis un « campus connecté » rattaché à l’université numérique du territoire : des étudiants y suivent à distance des BTS, des DUT ou des licences avec un tutorat (un tuteur pour dix étudiants), l’État finançant 50 000 € par site et 1 000 € par étudiant sur trois ans. Les jeunes diplômés partent le plus souvent vers la Nouvelle-Calédonie ou l’Hexagone, selon l’IGAS. Près de la moitié de la population est sans diplôme (une part en forte baisse) et environ 16 % des 25 ans ou plus ont le baccalauréat. Des dossiers de bourse se déposent auprès des services de l’État. Pour des études hors du territoire, les pages assurance étudiante et le guide étudiant aident à préparer la couverture.
Liaisons, déplacements et vie quotidienne
Selon l’IGAS, la compagnie néo-calédonienne est le seul opérateur présent sur le territoire : elle assure deux liaisons hebdomadaires depuis Nouméa ou Fidji (trois en période de vacances scolaires). Futuna n’est accessible que depuis Wallis, par une rotation bimoteur d’une quinzaine de places, six jours par semaine selon les conditions météorologiques, sous délégation de service public. Aucune liaison maritime de passagers n’existe.
La vie quotidienne s’organise autour de la communauté : environ 3,6 personnes par ménage en moyenne, près d’un tiers de la population de moins de 20 ans et près d’un cinquième de 60 ans ou plus (Insee). Le marché du travail est dominé par le secteur public (plus de la moitié des emplois) et le taux de chômage au sens du recensement est de l’ordre de 8 %. La Cour des comptes relève que 90 % de la population est en surpoids et 70 % obèse, avec des taux élevés de diabète, ce qui structure l’offre de prévention de l’Agence de santé.
Avantages et inconvénients pour un Français de métropole
- Avantages : statut de citoyen français sans titre de séjour ; soins gratuits pour les résidents ; aucun impôt national, ni sur le revenu ni sur les sociétés ; cadre de vie insulaire, communauté soudée, climat tropical ; enseignement de la maternelle au lycée sur place ; SMIG fixé localement.
- Inconvénients : éloignement (plus de 16 000 km de l’Hexagone, vols limités), terres non cessibles, prix alimentaires en hausse, offre de soins réduite avec absence de plusieurs spécialités, enseignement supérieur à distance seulement, pas de couverture maladie pour les soins hors du territoire et pas d’assurance chômage.
Pour une installation durable, il est utile de comparer ces éléments avec la organisation des soins et la retraite à Wallis et Futuna, puis de prévoir une assurance pour les séjours hors du territoire.
Questions fréquentes
Faut-il un visa pour s'installer à Wallis et Futuna ?
Non pour un citoyen français : le territoire fait partie de la République. Les conditions de visa publiées par les services de l'État concernent les étrangers. L'accès se fait par avion depuis Nouméa ou Fidji.
Quelle est la population de Wallis et Futuna ?
Environ 11 000 habitants au recensement, dont environ 8 100 à Wallis et 3 100 à Futuna. La population diminue depuis les années 2000 selon l'Insee.
Quelle est la monnaie utilisée ?
Le franc pacifique (XPF), à parité fixe avec l'euro : 100 000 XPF valent 838 €. Le SMIG est de l'ordre de 100 000 XPF pour 169 heures, révisé périodiquement.
Peut-on acheter un terrain ?
Le droit coutumier régit la terre et le régime appliqué conduit à l'inaliénabilité et à l'incessibilité des terres, selon l'IGAS. Un nouvel arrivant se loge surtout en location ou par son employeur.
Les enfants peuvent-ils être scolarisés sur place ?
Oui : neuf écoles primaires, six collèges et deux lycées (général et agricole) sont recensés par les services de l'État. Les études supérieures se font à distance sur place ou hors du territoire.
Y a-t-il une assurance maladie locale ?
Non : les soins sont délivrés par l'Agence de santé, financée par l'État, et gratuits pour les résidents. Les soins hors du territoire ne sont pas couverts par un organisme local, d'où l'intérêt d'une complémentaire.
Les autres guides : Wallis et Futuna
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
