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Turquie · Remboursements des soins

Remboursement des soins en Turquie : qui rembourse quoi selon votre situation

L’essentiel

La convention franco-turque du 20/01/1972 coordonne la maladie-maternité des salariés et des pensionnés, hors chômage, et c'est la situation de chacun qui désigne le payeur. Le salarié en contrat local relève de la SGK, le salarié détaché garde le régime français pendant 3 ans, le retraité d'une pension française demande la prise en charge SE 208-08 à la caisse SGK de sa résidence, et l'étranger sans couverture ailleurs peut s'inscrire à la GSS après un an. Le touriste français s'appuie sur une assurance voyage, car la prise en charge sur place prévue par la convention ne vise que les ressortissants turcs assurés en France. Le tableau récapitulatif résume chaque cas, puis la page détaille les postes de soins.

  • 20/01/1972 : date de la convention franco-turque de sécurité sociale, appliquée depuis le 01/08/1973, qui coordonne toutes les branches sauf le chômage (CLEISS).
  • 3 ans : durée initiale du détachement, avec maintien du régime français et remboursement sur factures ou par l'organisme turc (CLEISS).
  • SE 208-08 : formulaire de prise en charge du retraité d'une pension française, engagé auprès de la caisse SGK du lieu de résidence ; aucune attestation n'est délivrée avant le départ (CLEISS).
  • 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la pension complémentaire : cotisation d'assurance maladie retenue sur la pension d'un retraité résidant en Turquie (CLEISS).
  • À partir de 87 € par mois (MondExpat, 30 ans et plus), 57 € (JeunExpat, moins de 30 ans) et 147 € (offre pour retraités) : cotisations de départ de la CFE.
  • 3 mois : maintien gratuit de la CFE au retour en France, puis Assurance Maladie après trois mois de résidence stable, délai levé en cas de pension française (ameli.fr).

Le cadre : la convention franco-turque de sécurité sociale

La convention générale du 20/01/1972, complétée par un arrangement administratif du 16/05/1973, est appliquée depuis le 01/08/1973. Elle s’adresse aux travailleurs salariés de nationalité française ou turque exerçant en Turquie ou en France et coordonne la maladie-maternité, l’invalidité, la vieillesse et les survivants, les accidents du travail et maladies professionnelles, les prestations familiales et le décès. L’assurance chômage est exclue, et les prestations familiales ne sont versées que pour les enfants résidant en Turquie (CLEISS). Voir le glossaire de la convention bilatérale de sécurité sociale.

Cette convention diffère de la carte européenne et du formulaire S1 de l’Union européenne : chaque situation passe par un formulaire SE 208 précis. Le fonctionnement du système de soins est présenté dans le guide système de santé turc, et la base de remboursement comme le reste à charge se comparent contrat par contrat.

Salarié en contrat local et salarié détaché

Le salarié en contrat local est soumis à la législation turque dès qu’il exerce son activité et reçoit les prestations de la SGK pour lui-même et pour sa famille résidant en Turquie. Il signale son départ à la CPAM, à la CAF et à France Travail, et demande avant de partir le formulaire SE 208-04, qui permet à la SGK de prendre en compte ses périodes d’assurance françaises. Ses proches restés en France peuvent bénéficier de l’assurance maladie française au titre de son activité en s’inscrivant à la CPAM avec le formulaire SE 208-07 (CLEISS). Voir le glossaire du contrat local.

Le salarié détaché conserve l’assurance maladie française et la prise en charge des soins reçus en Turquie sans cotisation supplémentaire, pour une période initiale de 3 ans attestée par le certificat SE 208-01. Deux voies de remboursement existent : transmettre les factures à la caisse française avec le formulaire S 3125c, ou s’adresser à l’organisme turc avec le certificat de détachement (SE 208-01 ou SE 208-02). Les ayants droit qui l’accompagnent suivent les mêmes procédures, ceux qui restent en France s’adressent à leur caisse. L’arrêt de travail est à signaler à la caisse dans les 48 heures, et les allocations familiales sont maintenues si les conditions sont remplies. Une révision de la complémentaire est conseillée. Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.

Indépendant, nomade numérique et étudiant

L’indépendant et le nomade numérique n’ont pas d’employeur qui les affilie : le texte de la convention vise les travailleurs salariés, et le CLEISS précise la situation de chacun. Trois solutions se combinent : la GSS, ouverte après un an de résidence continue à un étranger sans couverture dans un autre pays ; la CFE, affiliation volontaire qui rembourse selon les barèmes du pays de soins ; et une assurance santé internationale, aussi utile pour le permis de séjour, qui exige une assurance valable pour toute sa durée. Voir l’assurance nomade digital.

L’étudiant s’inscrit à la GSS dans les trois mois qui suivent son inscription scolaire, sans la condition d’un an, avec une prime réduite fixée en pourcentage du salaire minimum (direction de la migration). Avant 30 ans, la CFE propose l’offre JeunExpat à partir de 57 € par mois. Voir l’assurance étudiant à l’étranger.

Retraité, conjoint et enfants : le formulaire SE 208-08 et la GSS

Le retraité d’une pension du régime de base français obtient une couverture en Turquie par la convention. Aucune attestation n’est délivrée avant le départ : une fois installé, il contacte la caisse SGK de son lieu de résidence, qui vérifie qu’il ne relève pas de la législation turque et transmet à la caisse française le formulaire SE 208-08, complété de sa partie A. Si la caisse française valide, la SGK prend en charge les soins comme pour un pensionné turc. Les prestations en nature bénéficient aussi aux ayants droit qui résident habituellement avec lui. Sans résidence fiscale en France, la pension ne supporte ni CSG, ni CRDS, ni Casa, mais une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire (CLEISS).

  • Séjours temporaires en France : ils sont pris en charge pour la pension qui rémunère au moins 15 ans d’assurance en France, servie par un régime de base français, sans activité professionnelle ; une hospitalisation de plus d’un mois suppose une reconnaissance préalable de la nécessité de poursuivre les soins.
  • Conjoint : le conjoint qui accompagne le retraité en France n’a pas cette prise en charge ; le CLEISS lui conseille de souscrire, avant sa venue, une assurance de soins de santé et d’hospitalisation.
  • Offre CFE pour retraités : réservée aux retraités sans activité d’une pension du régime de base français, sans questionnaire médical, à partir de 147 € par mois ; voir le glossaire RetraitExpat pour les conditions de durée de cotisation.
  • Enfants et ayants droit à la GSS : enfants de moins de 18 ans, de moins de 20 ans au lycée, de moins de 25 ans à l’université s’ils sont célibataires.

Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page retraite en Turquie.

Adhérent de la CFE, assurance au 1er euro et touriste

La CFE rembourse en France selon les principes de l’Assurance Maladie, avec tiers payant dans les hôpitaux publics et privés ; à l’étranger, le remboursement se calcule en taux ou forfaits propres au pays de soins, appliqués aux frais réels, et la différence reste à la charge de l’adhérent. MondExpat couvre consultations de généraliste, médicaments, analyses, hospitalisation, maternité, soins dentaires, transport d’urgence et vaccins, ainsi que les séjours de moins de trois mois en France. Le guide remboursements CFE détaille ce mécanisme.

  • Cotisations de départ : 87 € par mois pour MondExpat (30 ans et plus), 57 € pour JeunExpat (moins de 30 ans), 147 € pour l’offre de retraités, selon les pays et la situation familiale.
  • Délai de carence : prise en charge immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois ; au-delà, trois mois d’attente avant 45 ans et six mois à partir de 45 ans.
  • Maternité : la conception doit être postérieure à l’adhésion ; les indemnités de congé maternité exigent 10 mois consécutifs d’adhésion à l’option indemnités journalières.

L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, délais de carence et exclusions du contrat, avec prise en charge directe possible à l’hôpital. Le touriste français n’a pas de prise en charge directe sur place : la caisse française peut, sur factures acquittées, rembourser après son retour des frais de soins à l’étranger, sous conditions et de façon facultative, et le CLEISS recommande une assurance voyage, par exemple via l’assurance automobile ou bancaire. La mesure prévue par la convention pour les vacances (formulaire SE 208-06 I, trois mois renouvelables une fois) concerne les seuls ressortissants turcs employés en France. Voir l’assurance voyage longue durée.

Retour en France : maintien de la CFE et délai de carence

Un adhérent de la CFE sans activité professionnelle bénéficie du maintien gratuit de ses droits pendant les trois premiers mois qui suivent son retour définitif. Sans emploi à l’arrivée, l’Assurance Maladie demande de justifier de trois mois de présence ininterrompue en France. Le détenteur d’une pension de retraite française est dispensé de cette condition, et le délai de trois mois peut aussi tomber lorsque la personne perçoit à son retour une prestation française, comme une allocation familiale, une aide au logement ou une aide à la réinsertion. Un certificat de changement de résidence du consulat et un justificatif de domicile en France accompagnent le dossier.

La CFE indique qu’un retraité qui rentre réintègre automatiquement le régime général sans délai de carence. Voir le guide réduire le délai de carence et la page retour en France.

Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation : au premier niveau, aucune participation pour une consultation de médecin ou de dentiste couverte par la GSS ; 26 TRY dans un établissement public de deuxième et troisième niveaux et 60 TRY dans un établissement privé conventionné (SGK). La CFE rembourse sur son barème pays, et un contrat au 1er euro rembourse les frais réels.
  • Hospitalisation : la SGK prend en charge les soins de ses assurés, un salarié détaché applique les règles françaises, la CFE tient compte du barème du pays et un contrat international propose la prise en charge directe.
  • Médicaments : le tarif de la SGK s’applique aux assurés, la CFE rembourse selon ses barèmes et un contrat international dans ses plafonds ; les antibiotiques exigent une ordonnance.
  • Dentaire : la CFE le couvre selon ses barèmes, la plupart des contrats internationaux selon un plafond annuel ; l’étendue des soins dentaires de la GSS se confirme auprès de la SGK.
  • Optique : lunettes et lentilles relèvent surtout des contrats internationaux, avec des plafonds par période ; la prise en charge par la SGK se vérifie auprès d’elle avant tout achat.
  • Maternité : couverte par la GSS pour les assurées ; la CFE exige une conception postérieure à l’adhésion ; les contrats internationaux appliquent en général un délai de carence à la maternité.

Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.

Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation

SituationQui rembourse en prioritéCondition ou démarchePoint d'attention
Salarié en contrat localSGK (assurance maladie générale)Affiliation dès l'embauche ; SE 208-04 pour les périodes françaisesFamille restée en France : SE 208-07 à la CPAM
Salarié détachéRégime français maintenuCertificat SE 208-01 (3 ans), prolongation SE 208-02Factures à la caisse française (S 3125c) ou organisme turc ; complémentaire à vérifier
Indépendant, nomade numériqueGSS après un an, CFE ou assurance internationalePermis de séjour ; assurance valable pour toute la durée du permisConvention visant les salariés : situation à vérifier auprès du CLEISS
Retraité d'une pension françaiseSGK via la convention (SE 208-08) ou offre CFE pour retraitésDémarche à la caisse SGK sur place, jamais avant le départCotisation de 3,2 % et 4,2 % sur la pension ; conjoint non couvert en France
ÉtudiantGSS, CFE JeunExpat ou assurance étudianteInscription dans les 3 mois suivant l'inscription scolairePrime réduite ; carence CFE si adhésion tardive
Conjoint et enfantsAyants droit GSS, contrat familial CFE ou assuranceRésidence avec le titulaireÂge limite des enfants selon la scolarité
Adhérent CFECFE : taux ou forfaits du pays de soinsAdhésion avant le départ ou dans les 3 moisReste à charge possible ; carence de 3 ou 6 mois si adhésion tardive
Assurance au 1er euroAssureur : frais réels dans les plafondsQuestionnaire médical ; prise en charge directeFranchise, carence, exclusions, antécédents
TouristeAssurance voyage ou assistance bancaireSouscription avant le départ ; factures acquittées pour un remboursement facultatif de la CPAMAucune prise en charge sur place par la convention pour un Français
Retour en FranceCFE maintenue 3 mois, puis Assurance MaladieRésidence stable de 3 mois ; pas de condition avec une pension françaiseCertificat de changement de résidence du consulat

Sources : CLEISS, CFE, Assurance Maladie, direction de la migration, SGK. Les montants de la CFE sont des prix de départ selon le pays et la situation familiale.

Questions fréquentes

La carte Vitale est-elle valable en Turquie ?

Elle ne donne pas accès direct aux soins. Un salarié détaché garde l'assurance maladie française et suit les procédures SE 208-01 ou S 3125c ; un touriste peut demander à sa caisse un remboursement facultatif sur factures acquittées après son retour, et le CLEISS recommande une assurance voyage.

Un touriste français est-il couvert par la convention sur place ?

Non : la prise en charge pendant les vacances prévue par la convention franco-turque concerne les travailleurs turcs employés en France, avec le formulaire SE 208-06 I. Un Français en vacances souscrit une assurance voyage avant son départ.

Un salarié détaché garde-t-il la Sécurité sociale française ?

Oui, pour une période initiale de 3 ans avec le certificat SE 208-01, sans cotisation supplémentaire. Il choisit entre le remboursement par sa caisse française sur factures (formulaire S 3125c) et la demande à l'organisme turc avec le certificat de détachement.

Comment un retraité obtient-il la prise en charge en Turquie ?

Il contacte, une fois installé, la caisse SGK de son lieu de résidence. Celle-ci vérifie qu'il ne relève pas de la législation turque et adresse le formulaire SE 208-08 à la caisse française de retraite de base. Aucune attestation n'est délivrée avant le départ.

La CFE rembourse-t-elle les soins reçus en Turquie ?

Oui, selon des taux ou forfaits propres au pays de soins, appliqués aux dépenses réelles ; l'écart avec le prix facturé reste à la charge de l'adhérent. MondExpat débute à 87 € par mois, JeunExpat à 57 € par mois et l'offre pour retraités à 147 € par mois.

Quel est le délai de carence de la CFE ?

Aucun si l'adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois qui suivent l'installation à l'étranger. Au-delà, la carence est de trois mois avant 45 ans et de six mois à partir de 45 ans. La maternité suppose une conception postérieure à l'adhésion.

Que se passe-t-il pour la santé au retour en France ?

Un adhérent de la CFE sans activité garde ses droits gratuitement pendant trois mois, puis l'Assurance Maladie s'ouvre après trois mois de résidence stable. Ce délai est levé pour un détenteur de pension française et peut l'être pour certaines prestations perçues au retour.

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