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Turquie · Prendre sa retraite

Retraite en Turquie : permis de séjour, soins, fiscalité de la pension française et coût de la vie

L’essentiel

Un retraité français séjourne 90 jours sur 180 sans visa en Turquie, puis demande un permis de séjour de court séjour : pour un motif touristique, la direction de la migration demande 1,5 fois le salaire minimum net, soit 42 113,25 TRY par mois (environ 763 €) pour une personne seule, et une assurance santé valable pour toute la durée. La convention franco-turque permet au titulaire d'une pension de base française de demander à la caisse SGK de sa résidence la prise en charge de ses soins avec le formulaire SE 208-08, et la CFE propose une offre dédiée aux retraités à partir de 147 € par mois. Selon la convention fiscale du 18/02/1987, une pension d'origine privée est imposable dans l'État de résidence, tandis qu'une pension publique reste imposable en France. Les côtes égéenne et méditerranéenne, d'Izmir à Antalya, concentrent les résidents.

  • 42 113,25 TRY net par mois (environ 763 €) : 1,5 fois le salaire minimum net, revenu exigé d'une personne seule pour un permis de court séjour à but touristique ; un salaire minimum par membre de la famille en cas de demande commune.
  • 200 000 USD : valeur minimale du logement à la date d'acquisition pour un permis de court séjour de propriétaire, à usage de résidence et non de location (direction de la migration).
  • 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la pension complémentaire : cotisation d'assurance maladie retenue pour un retraité résidant en Turquie, sans CSG ni CRDS (CLEISS).
  • 147 € par mois : cotisation de départ de l'offre de la CFE pour les retraités, sans questionnaire médical.
  • 10,1 °C en janvier et 28,6 °C en juillet à Antalya, 8,9 °C et 28,0 °C à Izmir : moyennes de long terme (service météorologique turc).
  • +19,5 % dans la zone d'Antalya et +17,9 % dans la zone Aydın-Denizli-Muğla : hausse annuelle du prix des logements à fin août, contre +23,0 % pour le pays (banque centrale).

Repères économiques : Turquie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+3,6 %
Inflation
34,9 %
Taux de chômage
8,5 %
PIB par habitant
18 599 $
Population
85,9 millions
Change
1 € = 55,17 TRY
livre turque, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Séjour du retraité : permis de court séjour et conditions financières

Le séjour sans visa de 90 jours sur 180 (France Diplomatie) laisse le temps de préparer l’installation ; au-delà, un retraité demande un permis de séjour à la direction générale de la gestion des migrations. Le permis de court séjour pour motif touristique repose sur trois piliers : un justificatif de ressources, une assurance santé et un justificatif de logement.

  • Ressources : une personne seule justifie d’un revenu régulier d’au moins 1,5 fois le salaire minimum net en vigueur à la date de la demande, soit 42 113,25 TRY par mois (environ 763 € au cours de référence de la BCE du 02/10/2026, 55,1650 TRY pour 1 €). En cas de demande avec des membres de la famille, chacun compte au moins un salaire minimum : pour un couple, 2 salaires minimum, soit 56 151 TRY (environ 1 018 €). Le revenu est « régulier » lorsqu’il a été perçu pendant au moins les trois derniers mois.
  • Justificatifs de revenus admis : carte de retraité et attestation d’attribution de la pension, relevés bancaires des trois derniers mois, attestation d’employeur, relevé des intérêts de dépôts des trois derniers mois, ou titre de propriété et bail pour des revenus locatifs.
  • Assurance santé : valable pour toute la durée du permis demandé, avec quatre justificatifs possibles, dont un document de la sécurité sociale provinciale attestant des soins au titre d’une convention bilatérale : c’est la voie du retraité d’une pension française qui a fait approuver sa demande SE 208-08.
  • Formalités : rendez-vous gratuit sur e-ikamet, deux photos biométriques, justificatif d’adresse, pièces étrangères apostillées et traduites par un notaire. Le permis de séjour ne donne pas le droit de travailler.

Le permis de longue durée suit un autre chemin : la direction de la migration l’ouvre après huit ans de séjour continu avec permis, et réclame un casier judiciaire du pays d’origine et de la Turquie, un revenu couvrant au moins un tiers du salaire minimum par membre de la famille (sans descendre sous un salaire minimum au total), une attestation d’absence d’aide sociale sur les trois dernières années et une assurance santé. La page vivre en Turquie précise les formalités d’installation et les districts d’Istanbul fermés aux nouvelles demandes.

Acheter un logement et obtenir un permis de séjour

Un logement peut ouvrir un permis de court séjour de propriétaire. La direction de la migration demande le titre de propriété, un logement dont la valeur à la date d’acquisition atteint au moins 200 000 USD en livres turques, et un usage de résidence : le bien ne peut servir à des fins locatives ou génératrices de revenus. Pour un bien reçu par héritage ou donation, un rapport d’évaluation récent est joint ; à la première demande, l’attestation de numérotation délivrée par la commune accompagne le dossier, et le renouvellement exige un document de maintien du titre de propriété. Si les membres d’une famille sont copropriétaires, des justificatifs du lien familial sont ajoutés.

La loi sur le cadastre autorise les ressortissants des pays désignés par le Président de la République à acquérir un bien, dans la limite de 10 % de la surface privée du district et de 30 hectares par personne (plafond que le Président peut doubler), et soumet les acquisitions en zones militaires et de sécurité à des règles particulières. Un terrain non bâti s’accompagne d’un projet à soumettre au ministère compétent dans les deux ans. La fiscalité française des revenus immobiliers et des plus-values suit la convention fiscale (voir plus bas), et la banque centrale mesure le marché : les prix des logements progressent de 23,0 % sur un an à fin août dans le pays (soit un recul de 6,5 % en termes réels), de 19,5 % dans la zone d’Antalya, Burdur et Isparta et de 17,9 % dans la zone d’Aydın, Denizli et Muğla.

Fiscalité de la pension française : la convention franco-turque

La convention fiscale du 18/02/1987, entrée en vigueur le 01/07/1989, répartit le droit d’imposer les pensions. Selon l’article 18, les pensions et rémunérations similaires versées au titre d’un emploi antérieur, ainsi que les rentes viagères, ne sont imposables que dans l’État dont le bénéficiaire est résident. L’article 19 réserve à l’État payeur l’imposition des pensions versées au titre de services rendus à l’État ou à une collectivité : la pension d’un ancien fonctionnaire reste donc imposable en France seulement. Une pension de salarié du secteur privé versée à un résident de Turquie est, selon l’article 18, imposable en Turquie seulement.

  • Résidence fiscale : l’article 4 départage une personne résidente des deux États selon le foyer d’habitation permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel puis la nationalité.
  • Élimination de la double imposition : pour un résident de France, l’article 23 accorde une déduction égale à l’impôt payé en Turquie, dans la limite de la fraction d’impôt français correspondant à ces revenus.
  • Revenus immobiliers et plus-values : les revenus d’un bien situé en Turquie (article 6) et les plus-values sur ce bien (article 13) sont imposables en Turquie, État de situation du bien.
  • Prélèvements sociaux : sans résidence fiscale en France, la pension ne supporte ni CSG, ni CRDS, ni Casa ; une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est retenue (CLEISS).

L’imposition en Turquie d’une pension de source étrangère relève de la législation fiscale turque : taux et formalités se confirment auprès de l’administration fiscale turque. Voir le guide toucher sa retraite à l’étranger.

Accès aux soins du retraité : formulaire SE 208-08, GSS et CFE

Le formulaire S1, valable en Europe, n’existe pas pour la Turquie : la convention franco-turque du 20/01/1972 prévoit une procédure propre. Aucune attestation n’est délivrée avant le départ. Une fois installé, le retraité d’une pension du régime de base français se présente à la caisse SGK de sa résidence, qui vérifie qu’il n’a aucun droit au titre de la législation turque et adresse le formulaire SE 208-08 à la caisse française. Si elle valide la demande, la caisse turque prend en charge les soins comme pour un pensionné du seul régime turc, pour le retraité et ses ayants droit qui résident habituellement avec lui. Voir le guide formulaire S1 : mode d’emploi pour comparer.

  • Séjours en France : la prise en charge de séjours temporaires suppose une pension rémunérant au moins 15 ans d’assurance en France, servie par un régime de base, et l’absence d’activité professionnelle ; une hospitalisation de plus d’un mois est subordonnée à une reconnaissance préalable de la nécessité de poursuivre les soins. Le conjoint qui accompagne le retraité en France souscrit, avant sa venue, une assurance de soins et d’hospitalisation.
  • Offre CFE pour retraités : réservée aux retraités sans activité d’une pension du régime de base français, sans questionnaire médical, à partir de 147 € par mois ; prise en charge immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois suivant l’installation, et retour en France sans délai de carence. Le glossaire RetraitExpat précise les conditions de durée de cotisation.
  • Permis de séjour : le document de convention bilatérale de la sécurité sociale provinciale ou une police privée valable pour la durée du permis satisfont à l’exigence d’assurance.

Pour le détail des remboursements, voir remboursements de soins en Turquie, le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page assurance retraite à l’étranger.

Coût de la vie et budget du retraité

Le salaire minimum de 28 075,50 TRY net par mois (environ 509 €), en vigueur du 01/01/2026 au 31/12/2026, sert de repère officiel : la direction de la migration l’utilise comme unité pour les ressources exigées d’un retraité. Une pension en euros se convertit au cours de la livre turque, cotée 55,1650 pour 1 € au 02/10/2026 (BCE), et chaque variation du cours modifie le pouvoir d’achat local. Les loyers des nouveaux baux progressent de 26,4 % sur un an à fin août dans le pays (soit un recul de 3,9 % en termes réels), de 22,8 % dans la zone d’Antalya et de 20,0 % dans la zone d’Aydın, Denizli et Muğla, contre 34,5 % à Istanbul (banque centrale).

Ces écarts expliquent l’attrait des côtes pour un budget de retraité : les hausses y sont inférieures à celles d’Istanbul, d’Ankara (28,3 %) et d’Izmir (25,5 %). Il reste prudent de prévoir une marge pour la santé, les déplacements en France et les variations de change. Le guide budgétiser sa santé en expatriation aide à chiffrer ce poste.

Villes et côtes prisées : Égée et Méditerranée

Izmir et la côte égéenne offrent des hivers doux (8,9 °C en janvier), des étés chauds (28,0 °C en juillet) et environ 727 mm de pluie par an (service météorologique). Izmir accueille une agence consulaire de France, un site de l’Institut Français et deux hôpitaux universitaires publics, Ege et 9 Eylül. La région égéenne compte 210 hôpitaux et 277 médecins pour 100 000 habitants (ministère de la Santé, 2024).

Bodrum, dans la province de Muğla, dispose d’une agence consulaire de France et d’un hôpital public ; Antalya et Alanya forment l’autre pôle, avec 10,1 °C en janvier, 28,6 °C en juillet, environ 1 031 mm de pluie par an, une agence consulaire à Antalya et deux hôpitaux publics d’enseignement, dont l’hôpital universitaire Akdeniz. La région méditerranéenne compte 177 hôpitaux et 229 médecins pour 100 000 habitants. Pour comparer avec Istanbul (317 médecins), voir la page système de santé turc.

France Diplomatie signale sur les côtes égéennes et méditerranéennes des risques importants de feux de forêt, avec des incendies en cours dans le sud et l’ouest du pays à la date du 30/07/2026, et rappelle que la majeure partie du territoire se situe en zone sismique. Un retraité vérifie, pour son logement, les consignes locales et le point de regroupement le plus proche.

Démarches avant le départ et au quotidien

  • Caisse de retraite : le CLEISS indique que le CNAREFE, en Seine-et-Marne, gère les dossiers des retraités résidant à l’étranger hors Union européenne ; la caisse française reçoit le formulaire SE 208-08 de la caisse turque.
  • Pièces à rassembler : carte de retraité et attribution de pension, relevés bancaires de trois mois, titre de propriété ou bail, passeport, photos, et traductions notariées en turc des pièces étrangères apostillées.
  • Assurance : une couverture valable pour toute la durée du permis, avec une offre CFE pour retraités ou une assurance internationale selon les antécédents médicaux.
  • Sécurité et consulats : inscription au registre des Français établis hors de France, recommandée au-delà de six mois, et application Fil d’Ariane.

Voir aussi le guide trimestres travaillés à l’étranger. Expavy aide à confronter une offre CFE et une assurance internationale à votre situation de retraité.

Les voies de séjour du retraité en un coup d'œil

VoieCondition principalePièces et points d'attention
Séjour sans visa90 jours sur 180 ; document valable au moins 150 jours après l'entréeSéjour touristique, avant toute installation durable
Permis de court séjour, motif touristique1,5 fois le salaire minimum net par mois pour une personne seule (42 113,25 TRY) ; un salaire minimum par membre de la famillePension et relevés des trois derniers mois ; assurance valable pour la durée du permis
Permis de court séjour, propriétaireLogement d'au moins 200 000 USD à la date d'acquisition, à usage de résidenceTitre de propriété, numérotation de la commune ; ni location ni revenus
Permis de longue duréeHuit ans de séjour continu avec permisCasier judiciaire, ressources, attestation d'absence d'aide sociale sur trois ans, assurance

Sources : France Diplomatie, direction de la migration (listes de pièces), ministère du Travail (salaire minimum). Conversion au cours de référence de la BCE du 02/10/2026 (1 € = 55,1650 TRY).

Questions fréquentes

Quel revenu faut-il pour s'installer en Turquie à la retraite ?

Pour un permis de court séjour à but touristique, la direction de la migration demande à une personne seule 1,5 fois le salaire minimum net, soit 42 113,25 TRY par mois (environ 763 €), perçus pendant au moins les trois derniers mois. En cas de demande avec la famille, un salaire minimum par membre est exigé, soit 56 151 TRY pour un couple.

Un retraité français est-il couvert par la sécurité sociale turque ?

Oui, par la convention franco-turque, s'il perçoit une pension du régime de base français : il se présente à la caisse SGK de sa résidence, qui adresse le formulaire SE 208-08 à la caisse française. Aucune attestation n'est délivrée avant le départ, et la couverture s'étend aux ayants droit qui résident avec lui.

Où est imposée la pension de retraite française d'un résident de Turquie ?

Selon l'article 18 de la convention fiscale du 18/02/1987, une pension d'origine privée n'est imposable que dans l'État de résidence, donc en Turquie pour un résident de Turquie. Selon l'article 19, la pension d'un ancien fonctionnaire reste imposable uniquement en France. L'article 23 organise la déduction de l'impôt turc payé pour un résident de France.

Acheter un bien donne-t-il droit à un permis de séjour ?

Oui : un logement d'au moins 200 000 USD à la date d'acquisition, destiné à la résidence de son propriétaire, ouvre un permis de court séjour. Le bien ne peut pas servir à la location. La loi sur le cadastre limite en outre les acquisitions à 10 % de la surface privée du district et à 30 hectares par personne.

Peut-on obtenir un permis de séjour de longue durée ?

La direction de la migration l'ouvre après huit ans de séjour continu avec permis. Le dossier comprend un casier judiciaire, un revenu couvrant au moins un tiers du salaire minimum par membre de la famille, une attestation d'absence d'aide sociale sur les trois dernières années et une assurance santé.

La CFE propose-t-elle une couverture aux retraités installés en Turquie ?

Oui : l'offre pour retraités débute à 147 € par mois, sans questionnaire médical, pour les titulaires d'une pension du régime de base français sans activité. La prise en charge est immédiate si l'adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois suivant l'installation, et le retour en France se fait sans délai de carence.

Quelles villes choisir pour une retraite sur la côte ?

Izmir (8,9 °C en janvier, 28,0 °C en juillet), Bodrum et Antalya, avec Alanya dans la province d'Antalya, concentrent les résidents. Chacune dispose d'une agence consulaire de France ou d'hôpitaux publics, et les hausses de loyers de la zone d'Antalya (+22,8 %) et d'Aydın-Denizli-Muğla (+20,0 %) restent inférieures à celle d'Istanbul (+34,5 %).

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