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Turquie · Travailler et économie

Travailler en Turquie : permis de travail, salaire minimum, cotisations sociales et impôt pour un Français

L’essentiel

Un Français ne peut travailler en Turquie qu'avec un permis de travail ou une exemption : le permis de séjour ne donne pas ce droit. Le salaire minimum est de 33 030 TRY brut et 28 075,50 TRY net par mois (environ 599 € et 509 €), après 14 % de cotisation SGK et 1 % d'assurance chômage retenus sur le brut. L'impôt sur les salaires suit un barème progressif de 15 % à 40 %, et la convention fiscale franco-turque du 18/02/1987 organise l'imposition et l'imputation de l'impôt payé en Turquie. Un salarié détaché garde le régime français pendant 3 ans au titre de la convention de sécurité sociale, alors qu'un salarié en contrat local relève de la SGK dès l'embauche.

  • 33 030 TRY brut et 28 075,50 TRY net par mois (environ 599 € et 509 €) : salaire minimum du 01/01/2026 au 31/12/2026 (ministère du Travail).
  • 14 % de cotisation SGK et 1 % d'assurance chômage retenus sur le salaire brut, soit 4 954,50 TRY par mois sur le salaire minimum.
  • 40 874,63 TRY (environ 741 €) : coût employeur du salaire minimum sans incitation, soit 23,75 % de plus que le brut.
  • 15 %, 20 %, 27 %, 35 % puis 40 % : les cinq tranches du barème de l'impôt sur les salaires (administration fiscale turque).
  • 30 jours : délai d'évaluation d'une demande de permis de travail dont le dossier est complet (ministère du Travail).
  • 3 ans : durée initiale du détachement d'un salarié vers la Turquie, avec le certificat SE 208-01 (CLEISS).

Repères économiques : Turquie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+3,6 %
Inflation
34,9 %
Taux de chômage
8,5 %
PIB par habitant
18 599 $
Population
85,9 millions
Change
1 € = 55,17 TRY
livre turque, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail : permis de travail, exemption ou permis indépendant

Le ministère du Travail rappelle qu’un étranger doit obtenir un permis de travail ou une exemption avant de commencer à travailler en Turquie, selon la loi n° 6735 sur la main-d’œuvre internationale (Journal officiel du 13/08/2016). La direction de la migration le confirme : le permis de séjour, quel qu’en soit le motif, ne donne pas le droit de travailler. Les deux démarches se complètent, et la page vivre en Turquie décrit le permis de séjour.

  • Deux voies de demande : depuis l’étranger, par un consulat turc, avec un numéro de référence à 16 chiffres, puis la demande de l’employeur sur e-Devlet ; ou depuis la Turquie, pour un étranger titulaire d’un permis de séjour valable au moins six mois et d’un numéro d’étranger commençant par 99.
  • Permis à durée déterminée : jusqu’à un an à la première demande, pour un employeur, un poste et un lieu précis ; la première prolongation va jusqu’à deux ans et les suivantes jusqu’à trois ans, avec le même employeur. La demande de prolongation commence 60 jours avant l’échéance.
  • Permis à durée indéterminée : réservé aux titulaires d’un permis de séjour de longue durée ou de huit ans de travail légal.
  • Permis indépendant : il autorise le travail pour son propre compte ; il est évalué selon la formation, l’expérience, l’apport technologique et l’impact économique.

L’évaluation prend environ 30 jours une fois le dossier complet, et la demande comporte deux frais, de traitement et de document, payés en ligne auprès de l’administration fiscale numérique ; les montants à jour se lisent sur le site du ministère. Certaines professions réglementées sont réservées aux ressortissants turcs : la liste se vérifie avant de postuler.

Salaire minimum et niveaux de salaire

Le salaire minimum en vigueur du 01/01/2026 au 31/12/2026 est de 33 030 TRY brut et de 28 075,50 TRY net par mois (ministère du Travail), soit environ 599 € et 509 € au cours de référence de la BCE du 02/10/2026 (55,1650 TRY pour 1 €). La retenue sur le brut est de 4 624,20 TRY pour la SGK (14 %) et de 330,30 TRY pour l’assurance chômage (1 %), soit 4 954,50 TRY au total. Le ministère n’indique aucune révision en cours d’année pour 2026.

Pour l’employeur, le coût mensuel du salaire minimum est de 40 874,63 TRY (environ 741 €) sans incitation, de 40 214,03 TRY avec la réduction de deux points applicable aux autres secteurs, et de 39 223,13 TRY avec celle de cinq points de l’industrie manufacturière.

Au-dessus du plancher légal, les rémunérations se fixent au contrat et varient selon le secteur, la ville et le niveau d’expérience ; les statistiques détaillées sont publiées par le ministère du Travail et par l’institut de statistique (TÜİK). Le salaire minimum sert aussi de repère aux démarches de séjour : la direction de la migration l’utilise comme unité pour les ressources exigées.

Contrat, cotisations sociales et SGK

Un salarié recruté en Turquie relève de la législation turque de sécurité sociale dès l’exercice de son activité, sauf s’il est détaché par son employeur français (CLEISS). La SGK (Sosyal Güvenlik Kurumu) est l’institution unique de sécurité sociale, placée sous le contrôle du ministère du Travail : elle recouvre les cotisations, gère les risques et sert les prestations aux assurés.

  • Part du salarié : 14 % de cotisation SGK et 1 % d’assurance chômage sur le brut ; le net du salaire minimum en résulte.
  • Part de l’employeur : l’écart entre le coût employeur de 40 874,63 TRY et le brut de 33 030 TRY est de 7 844,63 TRY par mois, soit 23,75 % du brut, avant les réductions sectorielles.
  • Périodes françaises : avant le départ, la caisse française délivre le formulaire SE 208-04, qui permet à la SGK de prendre en compte les périodes d’assurance accomplies en France pour ouvrir les droits maladie-maternité.

La convention franco-turque de sécurité sociale ne coordonne pas l’assurance chômage. Pour savoir qui rembourse les soins selon chaque situation, voir remboursements de soins en Turquie et le glossaire du contrat local.

Impôt sur le revenu et convention fiscale franco-turque

Pour les revenus de l’année 2026, l’administration fiscale turque applique aux salaires un barème progressif à cinq tranches : 15 % jusqu’à 190 000 TRY, 20 % jusqu’à 400 000 TRY, 27 % jusqu’à 1 500 000 TRY, 35 % jusqu’à 5 300 000 TRY, puis 40 % au-delà. Le tableau ci-dessous donne les équivalents en euros.

La convention fiscale franco-turque, signée à Paris le 18/02/1987 et entrée en vigueur le 01/07/1989, répartit le droit d’imposer. Selon l’article 15, un salaire est imposable dans l’État où l’emploi s’exerce ; il ne l’est que dans l’État de résidence lorsque trois conditions sont réunies : séjour de 183 jours au plus dans l’année civile, employeur non résident de l’État d’exercice, rémunération non supportée par un établissement stable de cet employeur. Pour un indépendant, l’article 14 réserve l’imposition à l’État de résidence, sauf base fixe habituelle dans l’autre État ou séjour de 183 jours ou plus sur douze mois. Les articles 20 et 21 prévoient des exonérations pour les étudiants et, jusqu’à deux ans, pour les enseignants et chercheurs.

La résidence fiscale d’une personne installée dans les deux États se tranche selon l’article 4 : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité. Pour un résident de France, l’article 23 accorde une déduction égale à l’impôt payé en Turquie, dans la limite de la fraction d’impôt français correspondant à ces revenus. L’impôt turc se calcule, selon la législation turque, sur la base des revenus perçus en Turquie : les taux et déductions précis se confirment auprès de l’administration fiscale.

Salarié détaché, expatrié en contrat local ou indépendant

  • Salarié détaché : de nationalité française ou turque, il reste affilié à la Sécurité sociale française pour une période initiale de 3 ans, attestée par le certificat SE 208-01 délivré par l’Urssaf ou la MSA. Une prolongation ou une dérogation exceptionnelle passe par le formulaire SE 208-02. Il conserve l’assurance maladie française sans cotisation supplémentaire, et les prestations familiales sont maintenues si la famille l’accompagne (CLEISS).
  • Expatrié en contrat local : il signale son départ à la CPAM, à la CAF et à France Travail, puis relève de la SGK pour lui-même et sa famille résidant en Turquie. Ses proches restés en France s’inscrivent à la CPAM avec le formulaire SE 208-07. Voir détaché ou expatrié.
  • Indépendant et entrepreneur : la convention de sécurité sociale vise les travailleurs salariés ; la situation d’un indépendant se vérifie auprès du CLEISS, et le permis de travail indépendant décrit plus haut encadre son activité en Turquie.

La page travailler à l’étranger présente le cadre général, et le glossaire du détaché les définitions.

Télétravail et nomade numérique

Le permis de séjour ne donne pas le droit de travailler, et le ministère du Travail exige un permis ou une exemption avant toute activité en Turquie. La foire aux questions du ministère ne traite pas le cas d’un télétravailleur salarié d’un employeur étranger : cette situation se confirme par écrit auprès du ministère et de la direction de la migration avant l’installation. Un permis de court séjour à but touristique suppose, en outre, des ressources régulières de 1,5 fois le salaire minimum net, justifiées sur les trois derniers mois.

Pour comparer les protections disponibles, voir l’assurance nomade digital et le guide visas pour nomades numériques.

L'économie turque : secteurs, monnaie et perspectives

En 2025, les exportations turques atteignent 273,43 milliards de dollars (+4,5 %) et les importations 365,52 milliards (+6,3 %), soit un déficit commercial de 92,09 milliards (ministère du Commerce). En décembre 2025, l’industrie manufacturière représente 93,2 % des exportations ; l’Union européenne est le premier groupe de destinataires avec 10,02 milliards de dollars sur 26,41, l’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni les premiers pays clients, et la France le cinquième. Les produits intermédiaires forment 44,6 % des exportations de ce mois.

La monnaie est la livre turque, cotée 55,1650 TRY pour 1 € au cours de référence de la BCE du 02/10/2026. Dans l’enquête de septembre 2026 auprès de 67 acteurs de marché (menée du 07 au 09/09/2026), la banque centrale relève une attente d’inflation de 29,61 % à fin 2026 et de 23,70 % à douze mois, une croissance attendue de 3,0 % en 2026 et de 3,9 % en 2027, et un cours de 51,57 TRY pour 1 dollar à fin 2026. Ces anticipations aident à calibrer une promesse d’embauche : une rémunération indexée ou versée en devise, lorsque le contrat le permet, protège le pouvoir d’achat.

Barème de l'impôt sur les revenus salariaux

Part annuelle du revenu imposableTauxLimite haute en euros (environ)
Jusqu'à 190 000 TRY15 %3 444 €
De 190 000 à 400 000 TRY20 %7 251 €
De 400 000 à 1 500 000 TRY27 %27 191 €
De 1 500 000 à 5 300 000 TRY35 %96 075 €
Au-delà de 5 300 000 TRY40 %Sans limite

Source : administration fiscale turque, barème applicable aux revenus salariaux de l'année 2026. Conversions au cours de référence de la BCE du 02/10/2026 (1 € = 55,1650 TRY).

Questions fréquentes

Un Français peut-il travailler en Turquie avec un simple permis de séjour ?

Non : le ministère du Travail précise qu'un permis de séjour, pour quelque motif que ce soit, ne donne pas le droit de travailler. Un permis de travail ou une exemption est nécessaire avant de commencer, et l'évaluation d'un dossier complet prend environ 30 jours.

Quel est le salaire minimum en Turquie ?

Il est de 33 030 TRY brut et de 28 075,50 TRY net par mois du 01/01/2026 au 31/12/2026, soit environ 599 € brut et 509 € net au cours de la BCE du 02/10/2026. Le ministère du Travail indique un coût employeur de 40 874,63 TRY sans incitation.

Quelles cotisations sociales sont retenues sur un salaire ?

Sur le salaire minimum, la retenue est de 14 % pour la SGK et de 1 % pour l'assurance chômage, soit 4 954,50 TRY par mois. L'employeur supporte en plus ses propres cotisations, ce qui porte son coût à 40 874,63 TRY avant les réductions sectorielles.

Un salarié détaché cotise-t-il à la SGK ?

Un salarié de nationalité française ou turque détaché par son employeur reste affilié au régime français pendant une période initiale de 3 ans, avec le certificat SE 208-01. Une prolongation ou une dérogation passe par le formulaire SE 208-02, et l'employeur s'adresse à l'Urssaf ou à la MSA.

Où un salaire est-il imposé entre la France et la Turquie ?

Selon l'article 15 de la convention fiscale du 18/02/1987, le salaire est imposable dans l'État où l'emploi s'exerce. Il ne l'est que dans l'État de résidence si le séjour dans l'autre État dure 183 jours au plus dans l'année civile, si l'employeur n'y réside pas et si un établissement stable ne supporte pas la charge.

Un indépendant français peut-il travailler en Turquie ?

Oui, avec un permis de travail indépendant, évalué selon la formation, l'expérience, l'apport technologique et l'impact économique. La convention de sécurité sociale vise les travailleurs salariés : l'indépendant vérifie sa couverture auprès du CLEISS.

Peut-on télétravailler depuis la Turquie pour un employeur étranger ?

La foire aux questions du ministère du Travail ne traite pas ce cas. Le permis de séjour ne donne pas le droit de travailler : une confirmation écrite du ministère du Travail et de la direction de la migration est recommandée avant de s'installer.

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