Suisse · Remboursements des soins
Remboursement des soins en Suisse : qui rembourse quoi selon votre situation
L’essentiel
En Suisse, la prise en charge des soins dépend de votre situation : un résident salarié ou indépendant est assuré à la LAMal ; un frontalier choisit dans les trois mois entre la LAMal et l’assurance maladie française, avec un choix irrévocable ; un salarié détaché garde le régime français grâce au formulaire A1 ; un retraité qui perçoit uniquement une pension française reste assuré en France avec le formulaire S1. L’assurance internationale, la CFE et la CEAM complètent ou précèdent la LAMal sans la remplacer pour un résident ordinaire. Avec la LAMal, le patient règle la franchise puis 10 % des coûts, plafonnés à 700 CHF par an, tandis que le dentaire courant et l’optique relèvent surtout des complémentaires. Le tableau récapitulatif résume chaque cas.
- Droit d’option des frontaliers : 3 mois à compter du début de l’activité, choix définitif tant que l’activité en Suisse est ininterrompue (Institution commune LAMal).
- Participation LAMal : franchise de 300 CHF, quote-part de 10 % plafonnée à 700 CHF par an (350 CHF pour un enfant), plus 15 CHF par jour d’hôpital (OFSP).
- Détachement : 24 mois au maximum dans un premier temps, avec formulaire A1 délivré par l’Urssaf (CLEISS).
- Retraité avec pension française seule : cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire si la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).
- Étudiants non UE ou assurés en privé : dispense possible pour trois ans au plus, prolongeable de trois ans, avec couverture équivalente (Institution commune LAMal).
- CEAM : validité de 2 ans au plus, pour les soins devenus nécessaires pendant le séjour ; certificat provisoire de 3 mois en cas de départ imminent (ameli).
Le principe : la situation détermine qui rembourse
Toute personne qui travaille ou habite en Suisse est soumise à l’assurance maladie obligatoire (LAMal), selon l’Institution commune LAMal. Des exceptions encadrées s’appliquent à certains profils : activité lucrative dans un autre État de l’UE ou de l’AELE, rente de l’UE ou de l’AELE sans rente suisse, allocation chômage de l’UE ou de l’AELE, travailleurs détachés, étudiants, proches de ces personnes, ainsi que les séjours effectués dans le seul but de suivre un traitement médical.
On identifie d’abord le régime applicable (LAMal ou régime français), puis le mode de remboursement. Le cadre de coordination est décrit dans notre glossaire sur la convention bilatérale de sécurité sociale. Le fonctionnement général de la LAMal figure dans le guide système de santé suisse.
Résident salarié ou indépendant : la LAMal
Un Français domicilié en Suisse avec un contrat local ou une activité indépendante s’affilie à la LAMal dans les trois mois suivant son installation, auprès de l’assureur de son choix. La prime est individuelle et varie selon le canton, l’âge, la franchise et le modèle. Les prestations de base sont identiques d’un assureur à l’autre ; le patient supporte la franchise annuelle, la quote-part de 10 % et, à l’hôpital, 15 CHF par jour (OFSP).
Exemple chiffré avec une franchise de 300 CHF : pour 2 000 CHF de soins dans l’année, l’assuré règle 300 CHF puis 10 % des 1 700 CHF restants, soit 470 CHF au total, et l’assurance prend en charge 1 530 CHF. Pour un séjour hospitalier facturé 15 000 CHF, sa participation plafonne à 1 000 CHF (300 CHF de franchise et 700 CHF de quote-part), hors contribution journalière.
- Salarié : l’employeur assure le salarié contre les accidents (LAA), avec des indemnités de 80 % du gain assuré (CLEISS).
- Indépendant : la couverture accidents est facultative (CLEISS) ; mieux vaut l’intégrer à son contrat.
- Complémentaire : facultative, elle finance par exemple le libre choix de l’hôpital dans toute la Suisse, le dentaire ou les lunettes (Priminfo).
Frontalier : le droit d’option entre LAMal et assurance maladie française
L’Accord sur la libre circulation des personnes et son annexe II permettent aux frontaliers résidant en Allemagne, en France, en Italie ou en Autriche, salariés ou indépendants en Suisse, d’être exemptés de la LAMal pour s’affilier au système de leur pays de résidence. Le délai d’exercice est de trois mois à compter du début de l’activité ; faute de démarche, l’affiliation à la LAMal intervient d’office (CLEISS). Le choix est définitif tant que l’activité en Suisse reste ininterrompue.
- Pas de nouvelle option lors d’un changement d’employeur ou de canton, d’une variation des primes, ou du passage d’un stage à un contrat de travail. Pour la France, un changement de situation familiale ne rouvre pas l’option.
- Nouvelle option si l’activité en Suisse s’interrompt (par exemple après un chômage) et reprend ensuite, avec justificatif écrit de l’interruption.
- Documents : formulaire d’inscription signé, preuve de couverture dans le pays de résidence et en Suisse, preuve de l’activité frontalière (permis G).
- Famille : si le conjoint ou un parent exerce une activité lucrative dans le pays de résidence, le conjoint, le parent et les enfants sont assurés dans ce pays ; l’assurance des enfants en Suisse n’est alors plus possible.
Option LAMal : les soins en Suisse suivent les règles suisses, et le document S1 ouvre l’accès aux soins en France (CLEISS). Option française : l’assuré paie une cotisation calculée par le Centre national des travailleurs frontaliers suisses (CNTFS, Urssaf) sur la base du revenu fiscal de référence, après un abattement forfaitaire annuel. La caisse primaire rembourse ensuite aux taux de l’Assurance maladie, une complémentaire pouvant s’y ajouter, et la carte Vitale accélère le remboursement. En Suisse, la consultation médicale est libre d’accès, les soins urgents ou inopinés sont remboursables sur la base des tarifs français ou suisses, et les soins programmés nécessitent une autorisation préalable (ameli, page du 30 avril 2026). Les règles de travail et de fiscalité sont développées dans travailler en Suisse.
Salarié détaché, étudiant, conjoint et enfants
Salarié détaché. Le détachement est initialement de 24 mois maximum dans l’UE, l’EEE ou en Suisse. Le formulaire A1, délivré par l’Urssaf, atteste que le salarié reste soumis à la législation française et ne cotise pas à la sécurité sociale d’un autre pays (CLEISS) : la caisse française reste son interlocuteur pour les remboursements. Notre glossaire présente le formulaire A1 et le statut de détaché.
Étudiant. Un étudiant de l’UE sans activité lucrative est exempté de la LAMal lorsqu’il séjourne en Suisse temporairement avec son centre d’intérêt dans l’UE, ou lorsqu’il est domicilié en Suisse mais couvert par l’assurance familiale publique de ses parents. Les étudiants qui travaillent et les stagiaires venant de France peuvent demander une exemption avec un permis L, ou un permis B et un centre d’intérêt déclaré en France, en joignant la carte européenne d’assurance maladie. Les étudiants hors UE ou assurés en privé obtiennent une exemption de trois ans au plus, prolongeable de trois ans, avec une couverture équivalente ; l’autorité cantonale décide. Voir aussi notre page assurance étudiant à l’étranger.
Conjoint et enfants. L’obligation est individuelle : chaque membre de la famille domicilié en Suisse, nouveau-né compris, s’assure dans les trois mois. Pour un salarié détaché, la situation des proches qui l’accompagnent se confirme auprès de l’Urssaf, qui délivre le formulaire A1, et de la caisse primaire. Notre page assurance famille expatriée détaille les situations familiales.
Retraité percevant une pension française
L’OFSP indique que les rentiers domiciliés en Suisse qui bénéficient uniquement d’une rente d’un pays de l’UE ou de l’AELE sont assurés dans cet État, tandis que ceux qui perçoivent une rente de l’UE et une rente suisse (AVS, AI, assurance militaire, assurance accidents ou prévoyance professionnelle) s’assurent obligatoirement en Suisse, quel que soit le montant. Pour un retraité qui ne perçoit qu’une pension française, la démarche consiste à demander le formulaire S1 à sa caisse de retraite avant le départ, puis à le remettre à l’organisme suisse compétent.
- Cotisation : si la résidence fiscale est en France, la CSG, la CRDS et, le cas échéant, la CASA sont prélevées ; si elle est hors de France, ces contributions disparaissent et une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la pension complémentaire est prélevée (CLEISS).
- Pension suisse à venir : lorsqu’une pension suisse est accordée à l’âge légal suisse, les droits sont réexaminés, l’affiliation au régime suisse devient obligatoire et le S1 est annulé (CLEISS).
Voir le guide prendre sa retraite en Suisse, le mode d’emploi du formulaire S1 et la page assurance retraite à l’étranger.
Adhérent CFE, assurance internationale au 1er euro, séjour temporaire et soins en France
Adhérent CFE. La CFE est un régime facultatif, absent de la liste des exceptions à l’obligation d’assurance publiée par l’Institution commune LAMal : un résident établi en Suisse s’affilie à la LAMal, la CFE n’intervenant qu’en complément, à vérifier auprès de l’organisme. Voir aussi notre comparatif CFE ou assurance privée.
Assurance internationale au 1er euro. Les dispenses fondées sur une couverture équivalente visent des cas encadrés, comme les étudiants hors UE ou assurés en privé (trois ans, renouvelables trois ans). Pour un résident salarié ordinaire, la LAMal reste la règle et une assurance de type 1er euro s’envisage en complément (rapatriement, soins hors de Suisse). Expavy aide à comparer ces garanties via la page assurance santé expatrié.
Séjour temporaire. La CEAM fonctionne en Suisse et couvre les soins devenus nécessaires pendant le séjour (urgents ou inopinés), selon la législation locale, soit sans avance de frais, soit avec paiement sur place puis remboursement. Elle est valable deux ans au plus ; un certificat provisoire de trois mois est délivré lorsque le départ a lieu dans moins de 15 jours (ameli).
Soins en France. Un frontalier qui a choisi la LAMal utilise le S1 pour se soigner en France ; un frontalier qui a choisi le régime français se fait rembourser par sa caisse primaire. Pour un résident assuré à la LAMal, les règles de remboursement à l’étranger de son assureur s’appliquent : à vérifier avant un soin programmé.
Remboursement par poste : consultation, hôpital, médicaments, dentaire, optique, maternité
- Consultation : avec la LAMal, le patient règle les soins jusqu’à la franchise, puis 10 % des coûts dans la limite de 700 CHF par an. Avec l’option française, le remboursement suit les taux standard de l’Assurance maladie (ameli).
- Hospitalisation : la LAMal prend en charge les traitements à l’hôpital, avec une contribution de 15 CHF par jour pour les adultes (OFSP). Le libre choix de l’hôpital dans toute la Suisse relève des assurances complémentaires (Priminfo).
- Médicaments : les produits remboursés sont ceux de la liste officielle des spécialités ; la franchise puis la quote-part de 10 % s’appliquent comme pour les autres prestations (OFSP).
- Dentaire : la prise en charge par la LAMal se limite aux frais occasionnés par une maladie grave (articles 17 à 19a de l’ordonnance sur les prestations) ; l’essentiel des soins dentaires reste à la charge du patient (CLEISS) ou d’une complémentaire.
- Optique : les lunettes et les lentilles de contact figurent parmi les prestations proposées par les assurances complémentaires (Priminfo).
- Maternité : les prestations de maternité sont exemptées de participation ; de la treizième semaine de grossesse à huit semaines après l’accouchement, l’ensemble des soins l’est aussi (OFSP). Le congé maternité est indemnisé 14 semaines à 80 % du revenu, dans la limite de 220 CHF par jour (CLEISS).
Tableau récapitulatif : qui rembourse selon votre situation
| Situation | Assurance de référence | Soins en Suisse | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Résident salarié (contrat local) | LAMal, affiliation sous 3 mois | Franchise, puis 10 % jusqu’à 700 CHF par an ; 15 CHF par jour d’hôpital | Prime individuelle ; accidents couverts via l’employeur |
| Résident indépendant | LAMal, affiliation sous 3 mois | Mêmes règles qu’un salarié | Couverture accidents facultative ; cotisations AVS propres |
| Frontalier, option LAMal | LAMal | Règles suisses | S1 pour les soins en France ; choix irrévocable |
| Frontalier, option française | Assurance maladie française (CPAM, cotisation via la CNTFS) | Consultation libre ; soins programmés sur autorisation | Option à exercer dans les 3 mois ; sinon LAMal d’office |
| Salarié détaché (A1) | Régime français, 24 mois au maximum au départ | Via la caisse française | A1 à demander à l’Urssaf avant le départ |
| Retraité, pension française seule | Régime français via le S1 | Règles suisses selon le S1 | Cotisation de 3,2 % / 4,2 % si résidence fiscale hors de France |
| Retraité avec pension suisse | LAMal | Règles suisses | S1 annulé et droits réexaminés |
| Étudiant | Exemption possible selon conditions ; sinon LAMal | CEAM pour une assurance publique | Dossier d’exemption avec justificatifs ; 3 ans au plus pour hors UE |
| Conjoint et enfants | LAMal individuelle ou rattachement au titulaire | Selon la situation du titulaire | Enfant né en Suisse : affiliation sous 3 mois |
| Adhérent CFE résident | LAMal obligatoire | LAMal | La CFE est facultative et reste hors de la liste des exceptions |
| Assurance internationale au 1er euro | LAMal, sauf exception encadrée | LAMal ; assurance en complément | Dispense rarement accordée à un résident ordinaire |
| Séjour temporaire | Régime français avec la CEAM | Soins devenus nécessaires, selon règles suisses | CEAM valable 2 ans au plus |
| Soins reçus en France | Selon la situation de départ | Sans objet | S1 pour un frontalier LAMal ; caisse primaire pour option française |
Synthèse établie à partir de l’Institution commune LAMal, de l’OFSP, du CLEISS et d’ameli, consultés le 01/10/2026. Les cas particuliers se confirment auprès de l’organisme compétent.
Questions fréquentes
Frontalier : faut-il choisir la LAMal ou l’assurance maladie française ?
Le choix dépend de votre situation familiale et de votre budget : la LAMal facture une prime individuelle fixée par l’assureur, tandis que l’option française donne lieu à une cotisation calculée par la CNTFS sur le revenu fiscal de référence. Le délai est de trois mois à compter du début de l’activité, et le choix est irrévocable tant que l’activité reste ininterrompue.
Un retraité qui perçoit une pension française doit-il s’affilier à la LAMal ?
Avec une pension française seule, le retraité est assuré en France et demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite. Avec une pension française et une pension suisse (AVS, prévoyance professionnelle), il s’assure obligatoirement en Suisse. La situation individuelle se confirme auprès de l’Institution commune LAMal.
L’adhésion à la CFE dispense-t-elle de la LAMal ?
La liste des exceptions publiée par l’Institution commune LAMal range la CFE, régime facultatif, hors des exceptions. Un résident établi en Suisse prévoit donc l’affiliation à la LAMal dans les trois mois et vérifie auprès de la CFE comment articuler les deux protections.
Un salarié détaché doit-il s’affilier à la LAMal ?
Avec le formulaire A1, le salarié détaché reste soumis à la législation française pendant le détachement, de 24 mois au maximum au départ, et ne cotise pas à la sécurité sociale suisse. Les modalités d’accès aux soins sur place se précisent auprès de sa caisse primaire.
Un étudiant français peut-il être dispensé de la LAMal ?
Oui, dans certains cas : séjour temporaire avec centre d’intérêt dans l’UE, assurance familiale publique des parents, ou statut d’étudiant qui travaille avec un permis L ou B et un centre d’intérêt déclaré en France. Les étudiants hors UE ou assurés en privé obtiennent une exemption de trois ans au plus, avec couverture équivalente.
Dans quels cas la CEAM s’utilise-t-elle en Suisse ?
La CEAM couvre les soins devenus nécessaires pendant un séjour temporaire en Suisse, selon la législation locale, avec ou sans avance de frais. Elle s’adresse aux séjours temporaires : dès la prise de domicile, la LAMal s’applique dans les trois mois.
Les soins dentaires et les lunettes sont-ils remboursés en Suisse ?
La LAMal ne rembourse les soins dentaires que lorsqu’ils sont occasionnés par une maladie grave, et les lunettes et lentilles figurent parmi les prestations des assurances complémentaires. Un devis préalable et une complémentaire adaptée évitent les mauvaises surprises.
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- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.