Suisse · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite en Suisse : séjour, assurance maladie, fiscalité et coût de la vie
L’essentiel
Un retraité français peut s’installer en Suisse avec un permis B de cinq ans, à condition de justifier de moyens financiers suffisants et d’une assurance maladie et accidents couvrant tous les risques, puis demander le permis C après cinq ans de séjour régulier et ininterrompu. Avec une pension française seule, l’assurance maladie reste française grâce au formulaire S1, avec une cotisation de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire si la résidence fiscale est hors de France ; avec une pension suisse en plus, la LAMal s’impose. D’après la convention fiscale franco-suisse du 9 septembre 1966, les pensions privées sont imposables dans l’État de résidence, tandis que les pensions publiques versées par l’État français restent imposables en France pour ses nationaux. Le coût de la vie, supérieur de 71 % à celui de la France selon Eurostat, justifie un budget précis avant le départ.
- Permis B de cinq ans pour un ressortissant de l’UE sans activité lucrative qui justifie de moyens financiers suffisants et d’une assurance maladie et accidents (SEM) ; permis C après cinq ans de séjour ininterrompu.
- Pension française seule : assurance française via le S1, avec une cotisation maladie de 3,2 % (pension de base) et 4,2 % (complémentaire) si la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).
- Convention franco-suisse de 1966 : pensions privées imposables dans l’État de résidence (article 20), pensions publiques imposables dans l’État payeur (article 21).
- Rente AVS complète de 1 260 à 2 520 CHF par mois en 2026 ; première 13e rente en décembre 2026 (Centre d’information AVS/AI).
- Niveau des prix en 2024 : 184,3 en Suisse contre 107,9 en France (UE à 27 = 100), et 223,7 contre 98,9 pour la santé (Eurostat).
- Prime LAMal moyenne d’un adulte en 2027 : 487,60 CHF par mois (OFSP, 29/09/2026).
Repères économiques : Suisse
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +1,3 %
- Inflation
- 0,2 %
- Taux de chômage
- 4,9 %
- PIB par habitant
- 114 769 $
- Population
- 9,1 millions
- Change
- 1 € = 0,944 CHF
- franc suisse, cours BCE du jour
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S’installer en Suisse à la retraite : permis et formalités
Les citoyens de l’Union européenne peuvent s’installer en Suisse sans exercer d’activité lucrative. Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) indique que les ressortissants UE/AELE inactifs ont droit au permis B, d’une durée de cinq ans renouvelable, à condition de justifier de moyens financiers suffisants et d’une assurance maladie et accidents couvrant tous les risques. Après cinq ans de séjour régulier et ininterrompu, le permis C d’établissement ouvre un droit de séjour de durée indéterminée.
Pour entrer en Suisse, une carte nationale d’identité ou un passeport en cours de validité, ou périmé depuis moins de cinq ans, suffit pour un Français. Tout séjour de plus de trois mois suppose de prendre contact avec l’office cantonal de la migration (France Diplomatie, mise à jour du 15/09/2026). L’annonce à la commune de domicile intervient en principe dans les 14 jours suivant l’arrivée. Notre guide vivre en Suisse détaille les villes, le logement et les permis.
Conditions de ressources et d’assurance pour un retraité de l’UE
Le permis B d’un retraité repose sur deux justificatifs. Le premier concerne les moyens financiers : pensions de retraite, épargne, revenus du patrimoine, que l’office cantonal de la migration apprécie dossier par dossier. Le second concerne l’assurance : une couverture maladie et accidents qui prend en charge tous les risques. Pour un retraité qui ne perçoit qu’une pension française, le formulaire S1 constitue ce justificatif d’assurance.
- Réunir les attestations de pensions (régime de base et complémentaire), les relevés bancaires récents et un justificatif de domicile.
- Obtenir le formulaire S1 auprès de la caisse de retraite avant le départ, puis le conserver pour le dossier de permis.
- Déclarer la nouvelle adresse à la commune dans les 14 jours suivant l’arrivée.
- S’inscrire au registre des Français établis hors de France, démarche recommandée pour les relations consulaires.
Les personnes sans activité lucrative domiciliées en Suisse cotisent à l’AVS à partir du 1er janvier suivant leurs 20 ans jusqu’à l’âge de la retraite (Centre d’information AVS/AI) : un départ anticipé avant 65 ans appelle donc un calcul de ces cotisations.
L’assurance maladie du retraité : S1, LAMal et cas des pensions mixtes
L’Office fédéral de la santé publique précise que les rentiers domiciliés en Suisse qui bénéficient uniquement d’une rente d’un pays de l’UE ou de l’AELE sont assurés dans cet État ; ceux qui perçoivent à la fois une rente de l’UE et une rente suisse (AVS, AI, assurance militaire, assurance accidents ou prévoyance professionnelle) s’assurent obligatoirement en Suisse, quel que soit le montant. L’Institution commune LAMal, à Olten, coordonne l’inscription. La liste des exceptions à l’obligation LAMal mentionne d’ailleurs les personnes qui perçoivent une rente de l’UE ou de l’AELE sans rente de la Suisse.
- Pension française seule : le retraité demande le document S1 à sa caisse de retraite, idéalement avant le départ, puis le remet à l’organisme d’assurance maladie du lieu de résidence ; les soins sont pris en charge selon la législation locale (CLEISS). La caisse française reste compétente pour les soins reçus lors de séjours temporaires en France et peut délivrer une CEAM ; la carte Vitale se conserve (ameli).
- Pension française et pension suisse : l’affiliation à la LAMal s’impose. Lorsqu’une pension suisse est accordée à l’âge légal suisse, les droits sont réexaminés, le S1 est annulé et les prélèvements français sont suspendus (CLEISS).
- Cotisations françaises : avec une résidence fiscale en France, la CSG, la CRDS et, le cas échéant, la CASA sont prélevées ; avec une résidence fiscale hors de France, ces contributions disparaissent et une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la pension complémentaire est prélevée (CLEISS).
Pour les assurés LAMal, la prime moyenne d’un adulte atteint 487,60 CHF par mois en 2027 (OFSP), avec des écarts importants selon le canton, la franchise et le modèle, et des subsides cantonaux pour les revenus modestes. Le mode d’emploi complet du S1 figure dans le guide du formulaire S1, la page formulaire S1 du glossaire et notre guide remboursements des soins en Suisse. La page assurance retraite à l’étranger présente les solutions complémentaires.
Fiscalité de la pension française selon la convention franco-suisse
La convention du 9 septembre 1966, dans sa version consolidée par les avenants de 1969, 1997 et 2009 (impots.gouv.fr), fixe les règles applicables. L’article 20 prévoit que les pensions et rémunérations similaires versées au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans l’État de résidence du bénéficiaire. Une réserve ajoutée en 2009 permet à l’État d’origine de les imposer dans la limite de la fraction non imposée dans l’autre État en vertu de son droit interne.
- Pensions privées (régime général, retraites complémentaires) : imposables en Suisse pour un résident suisse, au barème du canton et de la commune de résidence.
- Pensions publiques : l’article 21 réserve l’imposition à l’État d’où proviennent les rémunérations, y compris les pensions, versées par un État ou une collectivité à une personne de sa nationalité ; une pension de la fonction publique française reste donc imposable en France pour un retraité français.
- Changement de domicile : l’assujettissement aux impôts liés au domicile cesse dans le premier État et commence dans l’autre à la même date (article 4).
- Attestation de résidence : pour obtenir les avantages de la convention, le résident présente un formulaire d’attestation de résidence certifié par les services fiscaux de son État (article 31).
- Prélèvements sociaux : avec une résidence fiscale hors de France, la CSG et la CRDS ne sont plus dues, mais la cotisation maladie décrite plus haut s’applique (CLEISS).
Le forfait fiscal, ou imposition d’après la dépense, est un régime cantonal qui s’adresse à des étrangers sans activité lucrative en Suisse ; il suppose une analyse spécifique avec l’administration fiscale du canton choisi, et son articulation avec la convention franco-suisse se vérifie avant toute décision. Une consultation fiscale individuelle est recommandée pour tout patrimoine immobilier ou financier important.
La retraite suisse : AVS, prévoyance professionnelle et 13e rente
Un retraité qui a aussi travaillé en Suisse relève du système à trois piliers : AVS, prévoyance professionnelle (LPP) et épargne individuelle. En 2026, la rente de vieillesse complète va de 1 260 à 2 520 CHF par mois et suppose 44 années de cotisation ; l’âge de référence est de 65 ans pour les hommes, et de 64 ans et trois mois en 2026 pour les femmes, avant de converger à 65 ans en 2028. Lorsque la carrière s’est déroulée en France et en Suisse, chaque pays verse sa part proportionnelle dès lors que la personne a cotisé au moins un an dans le pays, et une demande unique déclenche l’instruction coordonnée.
- 13e rente AVS : le premier versement a lieu en décembre 2026 et correspond à un douzième des rentes de vieillesse perçues dans l’année, versé automatiquement aux personnes qui perçoivent une rente de vieillesse en décembre.
- LPP : lors d’un départ vers un pays de l’UE où l’assurance est obligatoire, la part obligatoire du capital de prévoyance ne peut pas être retirée en espèces et reste bloquée sur un compte suisse jusqu’à un âge compris entre 60 et 70 ans.
- Cotisations : le taux AVS, AI et APG est de 10,6 % pour les salariés en 2026, par moitié à la charge de l’employeur (Centre d’information AVS/AI).
Les règles d’activité professionnelle, de cotisations et de chômage sont décrites dans le guide travailler en Suisse.
Le coût de la vie d’un retraité en Suisse
Eurostat mesure le niveau des prix par rapport à la moyenne de l’Union européenne (UE à 27 = 100). En 2024, la consommation individuelle des ménages affichait 184,3 en Suisse contre 107,9 en France, soit environ 71 % de plus. Le logement, l’eau, l’électricité et le gaz atteignaient 214,4 contre 122,5, et la santé 223,7 contre 98,9. Un budget de retraité se construit donc avec une marge supplémentaire sur le logement et les dépenses de santé (voir aussi la prime LAMal moyenne de 2027 plus haut).
Les pensions françaises sont versées en euros alors que les dépenses courantes se règlent en francs suisses : l’évolution du taux de change euro-franc influence directement le pouvoir d’achat sur place, d’où l’intérêt de bâtir un budget en francs avant de choisir la commune. Les retraités qui préfèrent comparer plusieurs destinations trouveront d’autres pistes sur notre page retraite à l’étranger.
Checklist avant le départ à la retraite en Suisse
- Informer la caisse d’assurance maladie et la caisse de retraite du changement de résidence, et demander le formulaire S1 avant le départ.
- Contacter l’office cantonal de la migration pour le permis B, avec les justificatifs de ressources et d’assurance.
- S’annoncer à la commune dans les 14 jours suivant l’arrivée et vérifier la date de début de l’assurance locale.
- Signaler le départ à l’administration fiscale française et demander l’attestation de résidence nécessaire à l’application de la convention.
- Conserver la carte Vitale et demander une CEAM pour les séjours en France.
- S’inscrire au registre consulaire et prévoir une assistance en complément pour les évacuations et le rapatriement.
Expavy compare des solutions complémentaires pour les retraités qui souhaitent compléter leur couverture de base.
Quelle assurance maladie selon votre pension ?
| Votre situation | Assurance de référence | Démarche | Cotisation ou prime |
|---|---|---|---|
| Pension française seule | Régime français, via le formulaire S1 | Demander le S1 à la caisse de retraite, puis le remettre à l’organisme suisse compétent | CSG et CRDS si résidence fiscale en France ; sinon cotisation maladie de 3,2 % (base) et 4,2 % (complémentaire) |
| Pension française et pension suisse (AVS, AI, LPP) | LAMal | S’affilier à un assureur LAMal ; le S1 est annulé | Prime individuelle (487,60 CHF en moyenne par mois pour un adulte en 2027) avec franchise et quote-part |
| Pension suisse seule | LAMal | S’affilier dans les trois mois suivant la prise de domicile | Prime individuelle ; réduction de primes possible selon le canton |
| Retraite anticipée, aucune pension encore versée | LAMal en tant que résident | S’affilier dans les trois mois suivant la prise de domicile | Prime individuelle ; cotisations AVS des personnes sans activité lucrative |
| Séjour en France | Caisse française pour les soins reçus en France | Garder la carte Vitale ; demander une CEAM pour les autres pays | Selon les règles françaises |
Sources : OFSP, Institution commune LAMal, CLEISS, ameli, consultés le 01/10/2026. La situation individuelle se confirme auprès de l’Institution commune LAMal et de la caisse de retraite.
Questions fréquentes
Un retraité français peut-il s’installer en Suisse ?
Oui, en tant que ressortissant de l’UE sans activité lucrative : le permis B de cinq ans est accordé aux personnes qui justifient de moyens financiers suffisants et d’une assurance maladie et accidents couvrant tous les risques (SEM). Le permis C est délivré après cinq ans de séjour régulier et ininterrompu.
Quel niveau de ressources faut-il pour un permis B de retraité ?
Le SEM exige des moyens financiers suffisants : l’office cantonal de la migration apprécie la situation de chaque dossier (pensions, épargne, patrimoine). Il convient de prendre contact avec lui avant le départ et de préparer les justificatifs de ressources.
Un retraité qui perçoit une pension française doit-il souscrire une LAMal ?
Avec une pension française seule, le retraité est assuré en France et demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite (OFSP, CLEISS). Avec une pension française et une pension suisse, l’affiliation à la LAMal s’impose. La situation individuelle se confirme auprès de l’Institution commune LAMal, à Olten.
Comment la pension française est-elle imposée en Suisse ?
La convention franco-suisse du 9 septembre 1966 prévoit, à l’article 20, que les pensions privées sont imposables dans l’État de résidence ; l’article 21 réserve aux États l’imposition des pensions publiques versées à leurs nationaux. Le résident présente une attestation de résidence certifiée par ses services fiscaux.
Qu’est-ce que le forfait fiscal suisse ?
Le forfait fiscal, ou imposition d’après la dépense, est un régime cantonal destiné à des étrangers qui ne travaillent pas en Suisse. Il suppose une analyse individuelle avec l’administration du canton concerné et une vérification de son articulation avec la convention franco-suisse.
Peut-on percevoir une rente AVS après avoir travaillé en Suisse ?
Oui : si la personne a cotisé au moins un an en Suisse, chaque pays verse sa part proportionnelle et une demande unique suffit. La rente complète va de 1 260 à 2 520 CHF par mois en 2026, et une 13e rente est versée pour la première fois en décembre 2026 (Centre d’information AVS/AI).
Le coût de la vie en Suisse est-il compatible avec une pension française ?
Le niveau des prix était de 184,3 en Suisse contre 107,9 en France en 2024 (Eurostat), avec 71 % d’écart global et 126 % pour la santé. Un budget précis (logement, prime de santé, impôts du canton) est indispensable avant de choisir la commune d’installation.
Où obtenir le formulaire S1 ?
Le formulaire S1 se demande à la caisse de retraite française, idéalement avant le départ ; il est remis ensuite à l’organisme d’assurance maladie du lieu de résidence. Notre guide du formulaire S1 détaille chaque étape et les pièces à fournir.
Les autres guides : Suisse
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- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.