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Retraite à l'étranger

Prendre sa retraite en Serbie : séjour, soins, fiscalité et vie quotidienne

L’essentiel

Un retraité français qui s'installe en Serbie dépose une demande de titre de séjour temporaire sur le portail welcometoserbia.gov.rs, avec un justificatif de ressources, un logement et une couverture maladie. Côté santé, l'accord franco-serbe du 6 novembre 2014 prévoit que le retraité qui perçoit seulement une pension française demande à sa caisse de retraite le formulaire SE 21-08/SRB-FR 121 pour s'inscrire à la caisse serbe locale ; le formulaire S1 n'existe pas, la Serbie étant hors de l'Union européenne. La convention fiscale de 1974, maintenue entre la France et la Serbie, détermine l'État qui impose les pensions. Belgrade, Novi Sad et Niš concentrent services de santé, Institut français et vols directs vers Paris.

  • Formulaire SE 21-08/SRB-FR 121 : demandé à la caisse qui verse la pension de base, il ouvre l'inscription à l'assurance maladie serbe pour le retraité et sa famille résidente (CLEISS).
  • Soins urgents en France : formulaire SE 21-05/SRB-FR 111, demandé à la caisse serbe avant chaque séjour (CLEISS).
  • Âge légal de départ en Serbie : 65 ans pour les hommes ; pour les femmes, âge relevé de 2 mois par an jusqu'à 65 ans (CLEISS).
  • Valeur du point de retraite serbe, fixée par la réglementation et revalorisée régulièrement ; la valeur en vigueur est publiée par le CLEISS.
  • Convention fiscale du 28 mars 1974, en vigueur depuis le 1er août 1975 et maintenue par l'accord du 26 mars 2003 (BOFiP).
  • Cotisations CSG, CRDS et CASA non prélevées sur la pension française d'un non-résident (CLEISS).

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Repères chiffrés : Serbie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+2,0 %
Inflation
3,9 %
Taux de chômage
7,1 %
PIB par habitant
15 262 $
Population
6,5 millions
Espérance de vie
76,0 ans
Dépense de santé (% du PIB)
8,0 %
Médecins pour 1 000 hab.
3,10
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
5,8

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Titre de séjour : les voies pour un retraité

Le ministère serbe de l’Intérieur ne décrit pas de « visa retraité » : son tableau des motifs de séjour temporaire cite l’emploi, les études, le regroupement familial, la propriété immobilière, le séjour indépendant, le traitement médical et des catégories particulières. Un retraité qui s’installe fonde en général sa demande sur le séjour indépendant ou la propriété immobilière, après avoir confirmé le motif retenu auprès de l’ambassade de Serbie à Paris ou du service des étrangers. La demande se dépose par voie électronique sur le portail welcometoserbia.gov.rs, ou en personne à la direction de police compétente, et se prolonge au moins trois mois avant l’expiration du titre.

Les pièces communes sont un passeport valable au moins trois mois au-delà de la période demandée, deux photos de 35 x 45 mm et un justificatif de logement (bail ou attestation du bailleur). Les moyens de subsistance se justifient par un certificat de salaire, une preuve de cotisations de retraite, des fonds bancaires au moins égaux au salaire minimum serbe de l’année, ou une garantie d’une entité ou d’une personne serbe accompagnée d’une preuve de fonds. La couverture maladie se prouve par l’un des moyens listés : carte européenne ou preuve de couverture dans le pays d’origine, police d’assurance, preuve de fonds pour des soins urgents ou chroniques, garantie ou carte serbe d’assurance maladie. Les documents étrangers sont traduits par un traducteur judiciaire assermenté et les déclarations certifiées par un notaire. Le montant exact des ressources exigées pour un motif donné se confirme auprès du ministère. Les formalités d’installation figurent dans le guide vivre en Serbie.

Soins de santé du retraité : le formulaire SE 21-08

Le formulaire S1, valable dans l’Union européenne et l’Espace économique européen, n’est pas utilisable en Serbie. C’est l’accord franco-serbe qui organise la couverture. Le CLEISS distingue trois situations.

  • Pension française seule : le retraité sans droit dans le régime serbe demande à la caisse qui verse sa pension de base le formulaire SE 21-08/SRB-FR 121, atteste ainsi son droit aux prestations en nature, ainsi que celui de sa famille résidente, et s’inscrit auprès de la caisse serbe locale. Les retraités du régime général passent par le questionnaire « droits aux soins de santé à l’étranger » de l’Assurance retraite.
  • Pensions française et serbe : le retraité vit dans l’État qui lui verse une pension, la Serbie. Il relève exclusivement du régime d’assurance maladie de son État de résidence (article 16 § 3 de l’accord) et s’inscrit comme pensionné résident auprès de la caisse serbe.
  • Pension française et activité en Serbie : la qualité d’actif prime sur celle de retraité, et le régime serbe devient compétent.

Dans les trois cas, le retraité signale son départ à ses caisses françaises et restitue sa carte Vitale à sa CPAM, s’il était assuré en France. Lors d’un séjour temporaire en France, il demande à la caisse serbe le formulaire SRB-FR 111/SE 21-05 pour les soins urgents ; dans le cas de la pension française seule, le formulaire SE 21-08 joue ce rôle, et seuls le pensionné et ses enfants mineurs sont couverts, le conjoint résidant à l’étranger ne l’étant pas. La couverture locale peut être complétée par la CFE (offre SeniorExpat, cfe.fr) ou par une assurance internationale qui ouvre l’accès direct aux cliniques privées et au rapatriement. Voir remboursements des soins en Serbie, assurance maladie du retraité à l’étranger et assurance retraite à l’étranger.

Fiscalité de la pension française

La convention franco-yougoslave du 28 mars 1974, signée à Paris et entrée en vigueur le 1er août 1975, continue de s’appliquer entre la France et la République de Serbie en vertu de l’accord du 26 mars 2003 sur la succession en matière de traités bilatéraux (BOFiP, publication du 12/09/2012). La liste des conventions de impots.gouv.fr propose une version consolidée de ce texte, modifiée par la convention multilatérale. C’est ce texte qui désigne l’État compétent pour imposer les pensions de source française ; le résumé du BOFiP consulté ne reproduit pas ces articles, et le retraité les lit ou les fait lire par un conseiller avant de choisir sa résidence fiscale.

Le CLEISS précise une conséquence directe : pour un retraité qui n’est plus assuré en France, les pensions françaises ne supportent plus de CSG, CRDS ni CASA ; une cotisation d’assurance maladie reste possible s’il conserve des droits français, par exemple pendant des séjours en France, aux taux indicatifs de 3,2 % sur la pension de base, 4,2 % sur la pension complémentaire et 7,1 % sur les pensions des régimes de travailleurs indépendants. La résidence fiscale française se définit par le foyer, le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle et le centre des intérêts économiques ; le départ en Serbie ne la supprime pas automatiquement.

Retraite serbe, âge et pension locale

Pour un retraité qui a aussi travaillé en Serbie, le CLEISS rappelle les règles du régime local : âge de départ de 65 ans pour les hommes et, pour les femmes, un âge relevé de 2 mois par an jusqu’à 65 ans en 2032, durée minimale de cotisation de 15 ans, départ sans condition d’âge avec 45 ans de cotisation, départ anticipé dès 60 ans avec 40 ans de cotisation et réduction de 4,08 % par an (0,34 % par mois) plafonnée à 20,4 %. Ces règles concernent surtout les carrières mixtes ; les modalités de coordination des périodes d’assurance entre les deux pays se confirment auprès de la caisse de retraite et du CLEISS.

Coût de la vie et villes prisées

Le niveau de vie se mesure à l’aide des statistiques officielles : l’Office statistique serbe affiche un salaire net moyen de l’ordre de 120 000 dinars et suit l’inflation des prix à la consommation. Un retraité qui perçoit une pension en euros compare ses charges de logement, de transport et de santé complémentaire à ces repères ; les prix des loyers et des services varient fortement entre Belgrade et les autres villes. Les transports en commun de Belgrade sont gratuits selon France Diplomatie.

Belgrade offre l’ambassade de France, l’École française, un Institut français et deux vols directs quotidiens vers Paris-Charles-de-Gaulle en situation normale. Novi Sad et Niš, où l’Institut français dispose aussi d’une antenne, séduisent par un rythme plus calme. France Diplomatie précise les points d’attention : pollution hivernale, risque sismique, crues de printemps, routes secondaires dangereuses et service de santé public parfois surchargé.

Avant le départ : check-list du retraité

  • Informer la caisse de retraite, la CPAM et les caisses complémentaires du changement de résidence.
  • Demander le formulaire adapté (SE 21-08/SRB-FR 121 ou inscription comme pensionné résident) avant de quitter la France.
  • Préparer les justificatifs du titre de séjour : passeport, logement, ressources et couverture maladie, avec traductions assermentées.
  • Prévoir une assurance qui couvre hospitalisation et rapatriement, recommandée par France Diplomatie.
  • S’inscrire sur Fil d’Ariane et au registre des Français établis hors de France auprès de l’ambassade.
  • Faire échanger le permis de conduire français dans les 6 mois suivant l’arrivée.

Pour comparer les contrats, voir assurance santé expatrié et système de santé serbe.

La santé du retraité selon sa situation de pension

SituationRégime compétentFormulaire ou démarche
Pension française seuleCaisse serbe, sur droits françaisSE 21-08/SRB-FR 121 demandé à la caisse de retraite
Pensions française et serbeRégime serbe exclusivementInscription comme pensionné résident auprès de la caisse serbe
Pension française et activité en SerbieRégime serbe (qualité d'actif)Inscription auprès de la caisse serbe
Séjour temporaire en FranceSoins urgents au titre de l'accordSRB-FR 111/SE 21-05 (ou SE 21-08 pour la pension française seule)

Source : CLEISS, pages Retraite en Serbie (situations 1 à 3). La Serbie étant hors de l'Union européenne, le formulaire S1 n'est pas utilisé.

Questions fréquentes

Existe-t-il un visa retraité pour la Serbie ?

Le ministère serbe de l'Intérieur ne liste pas de visa retraité dans ses motifs de séjour temporaire. Les retraités s'appuient en général sur le séjour indépendant ou la propriété immobilière, à confirmer auprès de l'ambassade de Serbie.

Le formulaire S1 fonctionne-t-il en Serbie ?

Non, le S1 vaut dans l'Union européenne et l'Espace économique européen. Pour la Serbie, le retraité à pension française seule demande le formulaire SE 21-08/SRB-FR 121.

Quelle fiscalité pour une pension française en Serbie ?

La convention du 28 mars 1974 avec l'ex-Yougoslavie, maintenue avec la Serbie par l'accord du 26 mars 2003, détermine l'État qui impose les pensions. Le texte se consulte sur impots.gouv.fr avant de fixer sa résidence fiscale.

La CSG est-elle prélevée sur ma pension française si je vis en Serbie ?

Pour un retraité qui n'est plus assuré en France, le CLEISS indique qu'aucune CSG, CRDS ni CASA n'est prélevée ; une cotisation maladie reste possible s'il conserve des droits français.

Suis-je couvert lors d'un séjour en France ?

Oui pour les soins urgents, avec le formulaire de la caisse serbe SRB-FR 111/SE 21-05 ou, pour la pension française seule, le formulaire SE 21-08. Le conjoint qui réside à l'étranger n'est pas couvert dans ce cas.

À quel âge prend-on sa retraite en Serbie ?

65 ans pour les hommes ; pour les femmes, l'âge augmente de 2 mois par an jusqu'à 65 ans en 2032, selon le CLEISS.

Les autres guides : Serbie