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Emploi et économie

Travailler en Serbie quand on est français : permis, salaires, cotisations et économie

L’essentiel

Un Français qui souhaite travailler en Serbie suit une procédure de permis unique de séjour temporaire et de travail, déposée par voie électronique sur le portail welcometoserbia.gov.rs, souvent par l'employeur lui-même. Un salarié local cotise à hauteur de 19,9 % de son salaire brut côté salarié et de 15,15 % côté employeur (CLEISS), tandis qu'un indépendant supporte un total de 35,05 %. Un salarié envoyé par une entreprise française peut rester affilié au régime français grâce à l'accord franco-serbe du 6 novembre 2014. L'économie serbe repose à environ 70 % sur les services, et la France compte environ 120 entreprises implantées dans le pays.

  • Cotisations salarié : 19,9 % du salaire brut côté salarié, 15,15 % côté employeur (CLEISS).
  • Indépendant : 35,05 % de cotisations au total (maladie 10,30 %, retraite 24 %, chômage 0,75 %) (CLEISS).
  • Salaire moyen brut mensuel, publié chaque année : base de calcul des plafonds de cotisation (CLEISS).
  • Salaire net moyen affiché par l'Office statistique serbe : de l'ordre de 120 000 dinars.
  • Services environ 69 %, industrie 25 %, agriculture 6 % du PIB (France Diplomatie).
  • Environ 120 entreprises françaises implantées en Serbie, pour un stock d'investissements d'environ 1,3 milliard d'euros (France Diplomatie).

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Repères chiffrés : Serbie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+2,0 %
Inflation
3,9 %
Taux de chômage
7,1 %
PIB par habitant
15 262 $
Population
6,5 millions
Espérance de vie
76,0 ans
Dépense de santé (% du PIB)
8,0 %
Médecins pour 1 000 hab.
3,10
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
5,8

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail et permis unique de séjour et de travail

Depuis 2024, la Serbie traite le séjour temporaire et l’autorisation de travail dans une procédure unique : le permis unique. Le ministère serbe de l’Intérieur précise que les demandes se déposent « exclusivement par voie électronique » sur le portail welcometoserbia.gov.rs, qu’un employeur doté d’un compte eGouvernement peut déposer pour le compte du salarié, et qu’un numéro d’identification du test du marché du travail est requis pour les demandes fondées sur un emploi. Le permis unique couvre les contrats de travail, l’activité indépendante, les travailleurs détachés ou délégués, les transferts intragroupe, les professions indépendantes et la formation professionnelle.

Les pièces demandées au titre du séjour temporaire sont le passeport valable au moins trois mois au-delà de la période demandée, deux photos de 35 x 45 mm, un justificatif de logement (contrat de location ou attestation du bailleur) et les justificatifs propres au motif. Un contrat de travail ou un certificat de salaire tient lieu de preuve de moyens de subsistance ; une carte européenne d’assurance maladie, une police d’assurance, une preuve de fonds ou une carte serbe d’assurance maladie répondent à l’exigence de couverture santé. Les extensions se déposent au moins trois mois avant l’expiration du titre. Les montants des frais administratifs se lisent dans le formulaire en ligne. Le droit du travail et les modalités exactes applicables aux citoyens de l’Union européenne se confirment auprès du ministère de l’Intérieur et de l’Office national de l’emploi avant la signature d’un contrat. Les formalités de séjour sont détaillées dans le guide vivre en Serbie.

Salaire minimum et niveaux de salaire

Le salaire minimum serbe se fixe en prix horaire net par une décision du gouvernement ; son montant en vigueur se lit dans le Journal officiel (Službeni glasnik) et sur le portail du gouvernement, car il est révisé régulièrement. Le ministère de l’Intérieur s’y réfère pour une preuve de moyens de subsistance : des fonds bancaires au moins égaux au salaire minimum serbe de l’année.

Pour les niveaux de rémunération, deux repères officiels coexistent. Le CLEISS cite un salaire mensuel brut moyen de l’ordre de 130 000 dinars, sur lequel reposent les plafonds et planchers de cotisation. L’Office statistique de la République de Serbie affiche un salaire net moyen de l’ordre de 120 000 dinars. Un cadre recruté sur un contrat local compare ces moyennes à son profil et à son secteur, et négocie souvent un package comprenant logement, assurance santé complémentaire et scolarité.

Cotisations sociales d'un salarié local

Le CLEISS recense pour un salarié : maladie, maternité et accidents du travail à 5,15 % côté salarié et 5,15 % côté employeur ; vieillesse, invalidité et survivants à 14 % côté salarié et 10 % côté employeur ; chômage à 0,75 % côté salarié. Le total atteint 19,9 % côté salarié et 15,15 % côté employeur. La base de cotisation retenue pour la maladie est plafonnée à cinq fois le salaire mensuel brut moyen ; les cotisations de retraite se calculent sur treize bases comprises entre 35 % et 500 % du salaire moyen (montants en dinars révisés chaque année). L’employeur verse une cotisation supplémentaire pour les travaux pénibles ou dangereux.

Les droits associés sont décrits par le CLEISS : les indemnités journalières de maladie représentent 65 % du salaire déclaré, avec un plancher au salaire minimum national, après 3 mois de cotisation continue ou 6 mois discontinus sur les 18 derniers mois ; l’employeur règle les 30 premiers jours et la caisse prend le relais jusqu’à 6 mois. La maternité s’accompagne de soins gratuits pendant la grossesse, l’accouchement et l’année suivante, d’un congé prénatal de 28 à 45 jours, d’un congé postnatal d’au moins 3 mois, puis d’un congé parental de 9 mois payé à 100 %. Les accidents du travail et maladies professionnelles sont couverts sans durée minimale d’affiliation.

Impôt sur le revenu et convention fiscale

La France et la Serbie appliquent la convention fiscale signée à Paris le 28 mars 1974 avec la République socialiste fédérative de Yougoslavie, entrée en vigueur le 1er août 1975 et maintenue dans les relations bilatérales par l’accord du 26 mars 2003 sur la succession en matière de traités (BOFiP, publication du 12/09/2012). Elle détermine quel État impose chaque catégorie de revenus ; pour les dividendes, elle prévoit une retenue à la source de 5 % lorsque la société bénéficiaire détient directement au moins 25 % du capital et de 15 % dans les autres cas.

Le barème serbe de l’impôt sur les salaires et ses abattements sont gérés par l’Administration fiscale (PURS) : les taux et seuils en vigueur ne figurent pas sur les pages consultées, et il est préférable de les demander à l’employeur ou à un conseiller fiscal avant la signature du contrat. Le critère de résidence fiscale française (foyer, séjour principal, activité, centre des intérêts économiques) se vérifie sur impots.gouv.fr : un départ en Serbie ne supprime pas automatiquement la résidence fiscale française. Les non-résidents ne paient plus la CSG ni la CRDS sur leurs pensions, comme le rappelle le CLEISS.

Indépendants, entrepreneurs et télétravail

Le CLEISS indique que l’indépendant serbe acquitte à la fois la part salariale et la part patronale : 10,30 % pour la maladie, la maternité et les accidents, 24 % pour la vieillesse, l’invalidité et les survivants, 0,75 % pour le chômage, soit 35,05 % au total, avec une base minimale de 35 % du salaire mensuel brut moyen de l’année précédente. Les indépendants ne perçoivent aucune indemnité pendant les 30 premiers jours d’arrêt maladie. Pour s’installer, le motif « emploi » du permis unique couvre l’activité indépendante, tandis que le ministère de l’Intérieur mentionne aussi des catégories spéciales : start-up, investisseur et talent.

Le télétravail pour une entreprise étrangère n’a pas de motif de séjour dédié dans la liste du ministère de l’Intérieur : le « séjour indépendant » et les catégories spéciales sont les voies à examiner avec les autorités. Les travailleurs concernés trouvent aussi des repères dans le guide assurance nomade digital.

Salarié détaché depuis la France

Selon le CLEISS, un salarié d’une entreprise établie en France ou un travailleur indépendant peut rester soumis au régime français grâce à l’accord franco-serbe du 6 novembre 2014 et à l’arrangement administratif du 15 mars 2018. Le détaché conserve son assurance maladie française sans cotisation serbe supplémentaire, présente le certificat d’assujettissement SE 21-01/SRB-FR 101 et l’attestation SE 21-09/SRB-FR 128, et peut soit se faire enregistrer auprès de la caisse serbe, soit demander le remboursement des factures acquittées à sa caisse française avec le formulaire S 3125c. Les indemnités journalières restent versées par la caisse française, avec un avis d’arrêt à envoyer dans les 48 heures. Le CLEISS ne précise pas la durée maximale du détachement sur sa page ; elle se confirme auprès de l’organisme avant le départ. Voir le guide détaché ou expatrié.

Économie, monnaie et perspectives

France Diplomatie décrit une économie de services (près de 70 % du PIB), avec une industrie à 25 % et une agriculture à 6 %. La monnaie est le dinar serbe. Le commerce bilatéral France-Serbie dépasse le milliard d’euros, soit à peu près trois fois son niveau d’avant l’entrée en vigueur de l’accord commercial intérimaire UE-Serbie ; la France se classe au 14e rang des fournisseurs et des clients du pays. Le stock d’investissements directs français approche 1,3 milliard d’euros, avec 120 entreprises françaises implantées dans le pays. La visite présidentielle d’août 2024 a ouvert des coopérations en agriculture, tourisme, innovation et intelligence artificielle, matériaux stratégiques et minerais.

L’Office statistique publie le PIB en valeur et en volume. Pour une recherche d’emploi, le Service économique de l’ambassade et la Chambre de commerce franco-serbe (Svetogorska 7L, Belgrade) mettent en relation avec les entreprises françaises. Les expatriés qui préparent leur couverture santé consultent le guide assurance santé expatrié et la page remboursements des soins en Serbie.

Cotisations sociales en Serbie selon le statut

RisqueSalarié (part salarié)Salarié (part employeur)Indépendant
Maladie, maternité, accidents du travail5,15 %5,15 %10,30 %
Vieillesse, invalidité, survivants14 %10 %24 %
Chômage0,75 %Aucune0,75 %
Total19,9 %15,15 %35,05 %

Source : CLEISS ; plafond de la base maladie à cinq fois le salaire mensuel brut moyen ; base minimale de l'indépendant à 35 % du salaire mensuel brut moyen de l'année précédente.

Questions fréquentes

Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail en Serbie ?

La Serbie délivre un permis unique de séjour temporaire et de travail, demandé par voie électronique sur welcometoserbia.gov.rs, souvent par l'employeur. Les modalités applicables aux citoyens de l'Union européenne se confirment auprès du ministère de l'Intérieur.

Quelles cotisations sociales paie un salarié en Serbie ?

Le CLEISS recense 19,9 % du salaire brut côté salarié et 15,15 % côté employeur, pour la maladie, la retraite et le chômage.

Combien cotise un indépendant en Serbie ?

Le total atteint 35,05 % : 10,30 % pour la maladie, 24 % pour la retraite et 0,75 % pour le chômage, sur une base minimale de 35 % du salaire mensuel brut moyen de l'année précédente.

Un salarié détaché garde-t-il la Sécurité sociale française ?

Oui, selon l'accord franco-serbe du 6 novembre 2014 : il garde le régime français avec les formulaires SE 21-01/SRB-FR 101 et SE 21-09/SRB-FR 128. La durée maximale se confirme auprès du CLEISS.

Quels sont les principaux secteurs de l'économie serbe ?

Les services pèsent près de 70 % du PIB, l'industrie 25 % et l'agriculture environ 6 % selon France Diplomatie.

Où se renseigner sur le salaire minimum en vigueur ?

Le gouvernement le fixe en prix horaire net par décision publiée au Journal officiel de la République de Serbie ; le montant du moment se confirme sur le texte officiel.

Les autres guides : Serbie