Fiche pays — Europe
Assurance expatrié et assurance santé en Macédoine du Nord

En 5 lignes
La Macédoine du Nord n'est pas membre de l'Union européenne : elle a obtenu le statut de pays candidat le 16 décembre 2005 et les négociations d'adhésion, ouvertes le 19 juillet 2022, restent à ce jour bloquées, ce qui exclut toute utilisation de la CEAM sur son territoire. La coordination avec la France repose sur un texte ancien hérité de l'ex-Yougoslavie — la convention générale franco-yougoslave du 5 janvier 1950 et son arrangement administratif du 23 janvier 1967 — rendue applicable à la Macédoine du Nord par un échange de lettres signé à Paris le 13 décembre 1995 et à Skopje le 14 décembre 1995, entré en vigueur le 14 décembre 1995 ; pour un touriste français ordinaire, ce texte n'ouvre toutefois aucune prise en charge sur place, une exception limitée n'existant que pour les ressortissants macédoniens résidant en France et de retour au pays en congés payés (formulaire SE 21-04 A). Le système de santé repose sur une caisse publique unique, le Fond za zdravstveno osiguruvanje (FZO, Fonds d'assurance maladie), placée sous la tutelle du ministère de la Santé et financée par des cotisations exclusivement patronales représentant au total 31 % du salaire brut, dont 7,3 % au titre de la seule assurance maladie-maternité, sans part salariale directe selon le CLEISS. Skopje concentre les principaux établissements hospitaliers du pays, au premier rang desquels le centre clinique universitaire « Mère Teresa », tandis que Bitola, deuxième ville du pays, dispose de son propre hôpital clinique. Sans affiliation locale ni couverture au titre de la convention bilatérale, les soins sont facturés au tarif plein, sans aide de l'ambassade de France.
Chiffres clés
- 258 Français inscrits au registre consulaire en 2025 (-3,01 % sur un an, contre 266 en 2024).
- Espérance de vie à la naissance : 76,62 ans en 2024, dernière donnée disponible (Banque mondiale).
- Dépenses de santé courantes : 7,43 % du PIB en 2023, dernière donnée disponible (Banque mondiale).
- Cotisation sociale patronale globale de 31 % du salaire brut, dont 7,3 % pour la seule assurance maladie-maternité, sans part salariale directe (CLEISS, au 1er janvier 2025).
Système de santé local
Le système de santé macédonien repose sur une caisse publique unique, le Fond za zdravstveno osiguruvanje na Republika Severna Makedonija (FZO), créée en 2000 et placée sous la tutelle du ministère de la Santé, aux côtés du fonds des pensions et de l’assurance invalidité et de l’Agence pour l’emploi (assurance chômage) ; l’ensemble des cotisations est collecté par l’Office public des recettes, en même temps que l’impôt sur le revenu. L’ouverture des droits suppose une période de cotisation qualifiante : 6 mois d’assurance préalable pour les indemnités de maladie, et 6 mois de cotisation avant l’accouchement pour les prestations de maternité. Le patient participe aux frais à hauteur de 10 à 20 % selon le type de soins, hors urgences, cette participation devenant nulle une fois qu’elle dépasse environ 70 % du salaire mensuel net moyen sur une année ; les soins dentaires ne sont pris en charge que pour la prévention et les bilans périodiques, avec une participation de 20 % restant à la charge du patient, et les médicaments figurant sur la liste remboursable laissent de 5 à 20 % à la charge de l’assuré selon le produit.
Le financement de l’assurance maladie repose sur une cotisation patronale de 7,3 % du salaire brut (plafonnée à 16 fois le salaire mensuel brut moyen national, soit 64 697 denars macédoniens en 2025), à laquelle s’ajoutent 0,5 % et 4 % au titre des accidents du travail et maladies professionnelles (prestations en nature et en espèces), 18 % pour la retraite, l’invalidité et les survivants, et 1,2 % pour le chômage — soit 31 % au total, sans aucune part salariale directe selon le CLEISS, au 1er janvier 2025. France Diplomatie signale des conditions sanitaires jugées déficientes dans les hôpitaux du pays et recommande, en cas de maladie grave nécessitant une hospitalisation, un retour en France pour se faire soigner ; un secteur privé s’est développé à Skopje en parallèle du réseau public.
Obligations légales et de visa
- Séjour de moins de 90 jours : aucun visa exigé pour un citoyen français muni d’un passeport valide au moins 6 mois ou d’une carte nationale d’identité en cours de validité, le passeport restant recommandé pour éviter tout litige à la frontière ; un dépassement de cette durée expose à un refoulement à la frontière et à des poursuites judiciaires, avec une amende de l’ordre de 200 € et une confiscation temporaire du passeport pendant la procédure.
- Enregistrement obligatoire : tout étranger hébergé chez un particulier doit être enregistré auprès du commissariat de police le plus proche dans les 48 heures suivant son arrivée ; les hôtels s’en chargent automatiquement pour leurs clients.
- Séjour de plus de 90 jours : demande à déposer auprès du bureau des étrangers du ministère de l’Intérieur macédonien, pour motif professionnel ou familial ; contacter l’ambassade de France à Skopje avant le départ pour connaître les modalités précises.
- Affiliation locale : obligatoire pour tout salarié ou indépendant travaillant en Macédoine du Nord, auprès du FZO.
- Sans affiliation locale ni couverture au titre de la convention bilatérale : les soins sont facturés au tarif plein par l’établissement, public comme privé, tarif variable selon établissement et non communiqué publiquement de façon uniforme.
- Étudiant : pas de CEAM, la Macédoine du Nord n’étant pas membre de l’UE (candidate seulement depuis le 16 décembre 2005) ; une assurance étudiante ou une assurance voyage complète reste nécessaire, la convention franco-yougoslave n’ouvrant aucune prise en charge sur place pour un étudiant français ordinaire.
- Salarié détaché : reste rattaché au régime français sur présentation du certificat de détachement (formulaire SE 21-01) ; la durée maximale de ce maintien n’est pas précisée publiquement sur les pages du CLEISS consultées, à vérifier directement auprès de cet organisme avant le départ.
- Retraité : une prise en charge par le FZO reste possible, sur demande individuelle (formulaires SE 21-34/35/36), si le retraité ne peut prétendre à aucun droit au titre de la législation macédonienne ; le conjoint accompagnant n’est pas couvert par cette procédure et doit souscrire sa propre assurance avant le départ.
Aucune amende individuelle n’est mentionnée dans les sources consultées en cas de défaut d’affiliation au FZO, mais l’employeur reste tenu de déclarer son salarié ; pour l’expatrié lui-même, le risque reste avant tout financier, sans aide de l’ambassade de France en cas de soins non couverts.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Consultation médecin généraliste, patient affilié FZO | Prise en charge partielle (participation de 10 à 20 % selon le type de soins) | — |
| Hospitalisation, patient affilié FZO | Prise en charge partielle ; tarif journalier non communiqué publiquement de façon uniforme | — |
| Soins pendant un séjour temporaire, ressortissant macédonien en congés (formulaire SE 21-04 A) | Prise en charge partielle au titre de la convention franco-yougoslave, hors soins programmés et rapatriement | — |
| Soins pendant un séjour temporaire, touriste français sans double nationalité | Aucune prise en charge sur place ; remboursement a posteriori des soins imprévus possible mais non garanti, sur présentation des justificatifs à la caisse française au retour | — |
| Consultation sans affiliation locale ni couverture conventionnelle | Tarif plein facturé par l'établissement, non communiqué publiquement de façon uniforme | — |
| Consultation en clinique privée à Skopje | — | Tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
Accords de sécurité sociale avec la France
La Macédoine du Nord n’étant pas membre de l’Union européenne (candidate depuis le 16 décembre 2005 seulement, négociations d’adhésion ouvertes le 19 juillet 2022 mais à ce jour bloquées), la coordination avec la France ne passe pas par les règlements européens 883/2004 et 987/2009. Elle repose sur un texte ancien : la convention générale franco-yougoslave de sécurité sociale du 5 janvier 1950, complétée par un arrangement administratif du 23 janvier 1967, rendue applicable à la Macédoine du Nord (comme État successeur) par un échange de lettres signé à Paris le 13 décembre 1995 et à Skopje le 14 décembre 1995, entré en vigueur le 14 décembre 1995. Elle coordonne l’ensemble des branches de sécurité sociale à l’exception de l’assurance chômage.
- Séjour temporaire : pour un touriste français sans double nationalité, la convention n’ouvre aucune prise en charge sur place ; seul un remboursement a posteriori des soins imprévus, optionnel et non garanti, reste envisageable au retour en France. Une exception existe pour un ressortissant macédonien résidant en France, de retour au pays en congés payés : le formulaire SE 21-04 A (attestation du droit aux prestations en nature), demandé avant le départ, couvre les soins pendant le séjour et certaines indemnités journalières, hors soins programmés et rapatriement.
- Détachement : certificat de détachement (formulaire SE 21-01), maintien au régime français sans cotisation au FZO ; les frais médicaux engagés sur place peuvent être présentés au remboursement via le formulaire S 3125c. Les sources consultées ne précisent pas de durée maximale chiffrée pour ce maintien.
- Installation durable (expatriation) : affiliation directe au FZO ; le formulaire SE 21-02 (attestation des périodes d’assurance françaises), demandé avant le départ, permet aux autorités macédoniennes de tenir compte des périodes déjà cotisées en France pour l’ouverture des droits. Si la famille reste en France, elle peut continuer à bénéficier de l’assurance maladie via le formulaire SE 21-08, à présenter à la caisse primaire d’assurance maladie du lieu de résidence.
- Retraité : un titulaire d’une pension française sans droit propre en Macédoine du Nord peut demander une prise en charge par le FZO de son lieu de résidence, celui-ci vérifiant d’abord l’absence de droits locaux avant de transmettre le dossier (formulaire SE 21-34) à la caisse de retraite française, qui répond par le formulaire SE 21-35 (accord) ou SE 21-36 (refus). Le conjoint accompagnant n’est pas couvert par cette procédure.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| PVT | Non applicable (pas de programme vacances-travail entre la France et la Macédoine du Nord) | — |
| Étudiant | Pas de CEAM (pays hors UE, candidat depuis 2005 seulement) ; assurance étudiante ou assurance voyage complète nécessaire | La convention franco-yougoslave n'ouvre aucune prise en charge sur place pour un étudiant français ordinaire |
| Salarié détaché | Maintien au régime français via le certificat de détachement (formulaire SE 21-01) | Durée maximale non précisée dans les sources consultées ; à confirmer auprès du CLEISS avant le départ |
| Salarié local / résident installé | Affiliation obligatoire au FZO ; cotisation employeur de 7,3 % du salaire brut pour la seule assurance maladie-maternité | Aucune part salariale directe selon le CLEISS, mais participations de 10 à 20 % restant à la charge du patient selon le type de soins |
| Indépendant / freelance | Affiliation et cotisation directes auprès du FZO, sur le revenu déclaré | Modalités précises à vérifier localement avant de s'installer, faute de barème public uniforme dans les sources consultées |
| Retraité | Prise en charge locale possible sur demande individuelle (formulaires SE 21-34/35/36), si aucun droit propre en Macédoine du Nord | Le conjoint accompagnant n'est pas couvert par cette procédure et doit souscrire sa propre assurance avant le départ |
Hôpitaux et réseau de soins
- Skopje : centre clinique universitaire « Mère Teresa » (Univerzitetski klinički centar « Majka Tereza »), plus vaste complexe hospitalier public du pays, regroupant une trentaine de cliniques et services spécialisés, base d'enseignement de la faculté de médecine de l'université Sts Cyrille-et-Méthode.
- Skopje : hôpital général municipal « 8 Septembre » (Gradska opšta bolnica « 8-mi Septemvri »), établissement construit lors de la reconstruction de la ville après le séisme de 1963, doté d'environ 460 lits.
- Bitola : hôpital clinique « Dr Trifun Panovski », principal établissement hospitalier de la deuxième ville du pays.
Démarches
- Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (CPAM, CAF, France Travail, caisses de retraite).
- Pour tout séjour, y compris temporaire : souscrire une assurance voyage ou un contrat d’assistance couvrant l’intégralité des frais médicaux et le rapatriement sanitaire, la convention franco-yougoslave n’ouvrant aucune prise en charge sur place pour un touriste français ordinaire.
- Salarié détaché : demander le certificat de détachement (formulaire SE 21-01) auprès de sa caisse française avant le départ.
- Installation durable : demander le formulaire SE 21-02 (attestation des périodes d’assurance) auprès de sa caisse française avant le départ.
- Famille restant en France pendant une expatriation : demander le formulaire SE 21-08 auprès de la caisse locale macédonienne pour le maintien de la couverture maladie en France.
- Retraité : contacter le CLEISS ou sa caisse de retraite avant le départ pour engager, si besoin, la demande de prise en charge locale (formulaire SE 21-34).
- Pour un séjour de plus de 90 jours : contacter l’ambassade de France à Skopje avant le départ pour connaître les modalités applicables auprès du bureau des étrangers.
- Dès l’arrivée : veiller à l’enregistrement auprès de la police locale dans les 48 heures en cas d’hébergement chez un particulier.
- Salarié embauché localement : vérifier auprès de son employeur l’affiliation au FZO.
- Indépendant : s’affilier et cotiser directement auprès du FZO.
- Inscription au registre des Français établis hors de France (ambassade de France à Skopje).
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement souscrire une assurance santé privée pour s'installer en Macédoine du Nord ?
Pas une assurance privée classique, mais l'affiliation au FZO (Fond za zdravstveno osiguruvanje, le fonds d'assurance maladie public) est obligatoire pour tout salarié ou indépendant travaillant dans le pays. Une assurance complémentaire reste toutefois utile, les participations du patient (10 à 20 % selon les soins) restant à sa charge.
La carte européenne d'assurance maladie (CEAM) fonctionne-t-elle en Macédoine du Nord ?
Non. La Macédoine du Nord n'est pas membre de l'Union européenne ; elle n'a obtenu le statut de pays candidat que le 16 décembre 2005, et les négociations d'adhésion, ouvertes en juillet 2022, restent bloquées. La CEAM n'y a donc pas cours, et la convention bilatérale héritée de l'ex-Yougoslavie n'ouvre aucune prise en charge sur place pour un touriste français ordinaire.
Existe-t-il une convention de sécurité sociale entre la France et la Macédoine du Nord ?
Oui, mais c'est un texte ancien : la convention générale franco-yougoslave du 5 janvier 1950 et son arrangement administratif du 23 janvier 1967, rendus applicables à la Macédoine du Nord par un échange de lettres signé à Paris le 13 décembre 1995 et à Skopje le 14 décembre 1995. Elle coordonne la plupart des branches de sécurité sociale, mais son bénéfice pratique pour un touriste ou un expatrié français reste limité par rapport à des conventions bilatérales plus récentes signées par la France avec d'autres pays des Balkans.
Que recommande France Diplomatie en cas de maladie grave en Macédoine du Nord ?
France Diplomatie signale des conditions sanitaires jugées déficientes dans les hôpitaux du pays et recommande, en cas de maladie grave nécessitant une hospitalisation, un retour en France pour se faire soigner. Un contrat d'assistance couvrant le rapatriement sanitaire est donc essentiel pour tout séjour.
Comment un salarié détaché depuis la France est-il couvert en Macédoine du Nord ?
Il reste rattaché au régime français sur présentation du certificat de détachement (formulaire SE 21-01) et peut présenter ses frais médicaux au remboursement via le formulaire S 3125c. La durée maximale de ce maintien n'est pas précisée publiquement par le CLEISS ; elle doit être confirmée directement auprès de cet organisme avant le départ.
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Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Macédoine du Nord, Santé
- France Diplomatie — Macédoine du Nord, Entrée / séjour
- France Diplomatie — Registre mondial des Français établis hors de France (2025)
- CLEISS — Fiche pays Macédoine du Nord
- CLEISS — Accords de sécurité sociale entre la France et la Macédoine du Nord
- CLEISS — Votre couverture maladie lorsque vous partez en vacances en Macédoine du Nord
- CLEISS — Vous partez travailler en Macédoine du Nord en tant que détaché
- CLEISS — Vous partez travailler en Macédoine du Nord en tant qu'expatrié
- CLEISS — Vous partez vivre votre retraite en Macédoine du Nord
- CLEISS — La sécurité sociale en Macédoine du Nord (régime général)
- CLEISS — Les cotisations en Macédoine du Nord
- Conseil européen — Statut de pays candidat de la Macédoine du Nord (décembre 2005)
- Health Insurance Fund of North Macedonia (FZO) — Présentation de l'organisme
- Wikipedia (EN) — Health in North Macedonia
- Wikipedia (EN) — Accession of North Macedonia to the European Union
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Macédoine du Nord
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes (% du PIB), Macédoine du Nord