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Luxembourg · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite au Luxembourg : séjour, assurance maladie, fiscalité et pension d’ancien frontalier

L’essentiel

Un retraité français s’installe au Luxembourg grâce au droit de séjour des citoyens de l’Union, à condition de justifier de ressources suffisantes et d’une assurance maladie ; le formulaire S1, demandé à sa caisse de retraite avant le départ, l’inscrit auprès de l’organisme de sécurité sociale du lieu de résidence. Selon la convention franco-luxembourgeoise du 20 mars 2018, les pensions de sécurité sociale françaises restent imposables en France et les pensions privées dans l’État de résidence. Un ancien frontalier peut aussi percevoir une pension luxembourgeoise de la CNAP dès 65 ans avec 10 ans d’assurance, demandée auprès de la caisse de son pays de résidence. Le coût de la vie, surtout le logement, demande de préparer le budget.

  • Droit de séjour : un retraité justifie de ressources suffisantes et d’une assurance maladie ; l’attestation d’enregistrement est de durée illimitée et le séjour permanent s’acquiert après 5 ans (Guichet.lu).
  • Fiscalité en France : taux minimum de 20 % jusqu’à 29 579 € puis 30 % au-delà pour les revenus de 2025 d’un non-résident, avec option possible pour le taux moyen (impots.gouv.fr).
  • Convention du 20 mars 2018 : les pensions de sécurité sociale s’imposent dans l’État qui les verse, les pensions privées dans l’État de résidence (articles 17 et 18).
  • Formulaire S1 : individuel, établi pour chaque membre de la famille ; la CEAM est valable 2 ans au maximum (ameli).
  • Pension CNAP : 65 ans avec 10 ans d’assurance ; 57 ans avec 40 ans d’assurance obligatoire ; 60 ans avec 40 ans d’assurance (Guichet.lu).
  • Logement : loyer moyen annoncé de 1 843 € par mois et prix de 7 795 € par m² pour un appartement existant au 2e trimestre 2026 (Observatoire de l’Habitat).

Repères économiques : Luxembourg

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+0,6 %
Inflation
2,3 %
Taux de chômage
6,3 %
PIB par habitant
147 252 $
Population
686 970
Monnaie
Euro
pas de frais de change

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Résider au Luxembourg à la retraite : droit de séjour et enregistrement

Un citoyen de l’Union sans activité professionnelle, ce qui est le cas d’un retraité, séjourne plus de 90 jours au Luxembourg s’il dispose, pour lui-même et sa famille, de ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour l’assistance sociale et d’une assurance maladie. Un justificatif de pension de vieillesse ou d’invalidité, une attestation bancaire ou une prise en charge prouvent les ressources ; l’assurance maladie peut être souscrite auprès d’un assureur privé ou dans un autre État membre (Guichet.lu).

La déclaration d’enregistrement s’effectue dans les 3 mois suivant l’arrivée, à l’administration communale du lieu de résidence, avec une copie de la carte d’identité ou du passeport, la preuve des ressources et celle de l’assurance maladie. L’attestation d’enregistrement est remise immédiatement, sa durée de validité est illimitée, et un droit de séjour permanent s’acquiert après 5 ans de séjour légal et ininterrompu (Guichet.lu). Les étapes détaillées figurent dans notre page vivre au Luxembourg.

Assurance maladie du retraité : le formulaire S1 depuis la France

Un retraité du régime français qui s’installe durablement dans l’Union demande, avant son départ, le formulaire E 121/S1 à sa caisse de retraite. Sur place, il l’utilise pour s’inscrire auprès de l’organisme de sécurité sociale de son lieu de résidence et se soigne selon la législation et les formalités du pays. Le S1 est individuel : un formulaire est établi pour chaque membre de la famille qui l’accompagne (ameli).

  • Séjours en France : la caisse d’assurance maladie française reste compétente pour les soins reçus pendant les séjours temporaires en France et à l’étranger ; le retraité retrouve l’intégralité de ses droits et peut garder sa carte Vitale (ameli).
  • CEAM : la caisse française délivre la carte européenne d’assurance maladie, à demander au moins 15 jours avant un voyage, valable 2 ans au maximum (ameli).
  • Plusieurs pensions : avec une pension française et une pension de l’État de résidence, les soins relèvent de l’État de résidence (ameli).

Au Luxembourg, les soins se remboursent ensuite aux conditions locales, à 88 % pour les consultations d’un adulte (CNS). Notre mode d’emploi du formulaire S1 et la page remboursement des soins au Luxembourg complètent ce point.

Fiscalité de la pension française : la convention franco-luxembourgeoise

La convention signée à Paris le 20 mars 2018 et entrée en vigueur le 19 août 2019 répartit le droit d’imposer les pensions selon leur nature (impots.gouv.fr) :

  • Pensions privées versées au titre d’un emploi antérieur : imposables uniquement dans l’État de résidence (article 17, paragraphe 1).
  • Pensions de sécurité sociale : imposables uniquement dans l’État qui les verse (article 17, paragraphe 2). La doctrine fiscale y range les régimes obligatoires (régime général, régimes agricoles et spéciaux), les retraites complémentaires obligatoires AGIRC-ARRCO, l’assurance volontaire vieillesse des Français à l’étranger et les retraites supplémentaires d’entreprise auxquelles le salarié est tenu d’adhérer (BOFiP).
  • Pensions publiques : imposables dans l’État payeur, sauf pour un résident de l’autre État qui en possède la nationalité sans posséder celle de l’État payeur (article 18).

Un retraité français résidant au Luxembourg voit donc sa pension de base et sa retraite complémentaire imposées en France. Le Luxembourg exempte ces revenus tout en pouvant les prendre en compte pour fixer le taux applicable au reste de ses revenus (article 22). En France, un non-résident est taxé au taux minimum de 20 % jusqu’à 29 579 € puis de 30 % au-delà pour les revenus de 2025, ou selon le taux moyen s’il est plus favorable, sur option ; la caisse de retraite peut prélever une retenue à la source. Il se rapproche aussi des services fiscaux de son État de résidence pour connaître ses obligations déclaratives (impots.gouv.fr).

Pension luxembourgeoise de la CNAP pour un ancien frontalier

Un ancien frontalier qui a cotisé à l’assurance pension luxembourgeoise bénéficie des mêmes droits qu’un résident. La pension de vieillesse est accordée à 65 ans avec un stage d’au moins 10 années d’assurance. La pension anticipée est due à 57 ans avec 40 années d’assurance obligatoire, ou à 60 ans avec 40 années d’assurance, dont au moins 10 années d’assurance obligatoire, continuée, facultative ou d’achat rétroactif (Guichet.lu).

  • Demande : un frontalier qui réside à l’étranger l’introduit auprès de l’organisme de retraite de son pays de résidence, qui la transmet à la CNAP ; il vaut mieux déposer le dossier au moins 6 mois avant la date de départ envisagée (Guichet.lu).
  • Calcul : la pension comprend des majorations forfaitaires, liées à la durée d’assurance, et des majorations proportionnelles, liées aux cotisations (Guichet.lu).
  • Fiscalité : un résident de France déclare ses revenus de source luxembourgeoise, dont les pensions de sécurité sociale, pour leur montant brut ; ils bénéficient d’un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant et se reportent en rubrique 8TK (impots.gouv.fr).

Notre guide toucher sa retraite à l’étranger et la page trimestres travaillés à l’étranger expliquent la prise en compte de la carrière internationale.

Ancien frontalier retraité en France : assurance maladie et soins au Luxembourg

Pour un retraité qui perçoit une pension luxembourgeoise et vit en France, la CNS distingue quatre situations. Avec la seule pension luxembourgeoise et sans activité, le Luxembourg assure la couverture et la CNAP délivre le S1 à remettre à la caisse française ; avec une activité en France, le régime français prime ; avec une pension française en plus, la France assure les soins ; avec des pensions d’autres États sans pension du pays de résidence, l’État de la plus longue cotisation prend en charge l’assurance maladie (CNS).

Pour poursuivre un traitement commencé au Luxembourg, le formulaire S3, fourni par la caisse du pays de résidence, ouvre l’accès aux soins à la CNS, à condition d’avoir travaillé au Luxembourg comme frontalier au moins 2 ans dans les 5 ans précédant la liquidation de la pension. La convention franco-luxembourgeoise du 7 novembre 2005 permet par ailleurs à tout pensionné résidant en France ou au Luxembourg de se faire soigner dans l’autre pays avec la carte européenne d’assurance maladie (CNS). Le tableau ci-dessous résume la fiscalité de chaque type de pension.

Coût de la vie à la retraite : logement et dépenses de santé

Entre le 1er juillet 2025 et le 30 juin 2026, le loyer moyen annoncé pour un appartement atteint 1 843 € par mois à l’échelle nationale (44,20 € par m²) et 2 032 € à Luxembourg-ville ; à l’achat, un appartement existant se vend en moyenne 7 795 € par m² au 2e trimestre 2026, soit 2,2 % de moins en douze mois (Observatoire de l’Habitat). Ces moyennes correspondent à des loyers proposés par les bailleurs, le loyer final du bail pouvant différer.

Côté santé, la CNS rembourse 88 % des consultations d’un adulte, ce qui laisse 12 % de participation personnelle (CNS). Une assurance complémentaire peut financer ces restes à charge, la chambre individuelle ou le dentaire ; notre page assurance retraite à l’étranger et le comparatif assurance maladie du retraité à l’étranger aident à choisir. Expavy compare ces garanties via la page assurance santé expatrié.

Démarches avant le départ à la retraite au Luxembourg

  • Avant le départ : demander le formulaire S1 à la caisse de retraite, un par membre de la famille ; prévenir la caisse d’assurance maladie et la caisse de retraite de la nouvelle adresse ; commander la CEAM au moins 15 jours avant un voyage (ameli).
  • À l’arrivée : déclarer son arrivée à la commune, puis remplir la déclaration d’enregistrement dans les 3 mois avec les justificatifs de ressources et d’assurance maladie (Guichet.lu).
  • Côté fiscal : contacter les services fiscaux du lieu de résidence pour connaître ses obligations déclaratives, car l’État de résidence peut exiger la déclaration de tous les revenus (impots.gouv.fr).

Notre glossaire présente le statut de retraité expatrié.

Fiscalité des pensions : qui impose quoi selon le type de pension

Type de pensionRetraité français résidant au LuxembourgAncien frontalier résidant en FranceBase juridique
Régime général français et retraite complémentaire obligatoire (AGIRC-ARRCO)Imposable en France ; le Luxembourg exempte avec réserve de progressivitéImposable en FranceConvention de 2018, article 17 §2 ; BOFiP
Pension de fonctionnaire (régime public français)Imposable en France pour un résident qui a la nationalité françaiseImposable en FranceConvention de 2018, article 18 §2
Retraite privée facultative (rente, contrat individuel)Imposable au Luxembourg, État de résidenceImposable en France, État de résidenceConvention de 2018, article 17 §1
Pension de la CNAP (sécurité sociale luxembourgeoise)Imposable au LuxembourgImposable au Luxembourg, avec crédit d’impôt français égal à l’impôt françaisConvention de 2018, article 17 §2 ; impots.gouv.fr

Synthèse établie à partir de la convention franco-luxembourgeoise du 20 mars 2018, du BOFiP et d’impots.gouv.fr, consultés le 02/10/2026. Chaque situation se confirme auprès de l’administration fiscale de l’État de résidence.

Questions fréquentes

Un Français retraité peut-il s’installer au Luxembourg sans visa ?

Oui, en tant que citoyen de l’Union. Pour un séjour de plus de 90 jours, il justifie de ressources suffisantes et d’une assurance maladie, remplit la déclaration d’enregistrement à la commune dans les 3 mois et reçoit une attestation de durée illimitée ; le séjour permanent s’acquiert après 5 ans (Guichet.lu).

Comment un retraité français est-il couvert pour ses soins au Luxembourg ?

Il demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite avant son départ, puis s’inscrit avec ce document auprès de l’organisme de sécurité sociale du lieu de résidence. Les soins sont remboursés selon la législation locale, tandis que la caisse française reste compétente lors des séjours en France (ameli).

Comment la pension française est-elle imposée pour un résident du Luxembourg ?

Les pensions de sécurité sociale françaises, dont le régime général et l’AGIRC-ARRCO, sont imposables en France selon la convention du 20 mars 2018. Un non-résident est taxé au minimum à 20 % jusqu’à 29 579 € puis 30 % pour les revenus de 2025, ou au taux moyen sur option (impots.gouv.fr, BOFiP).

À quel âge un ancien frontalier peut-il toucher sa pension luxembourgeoise ?

La pension de vieillesse s’ouvre à 65 ans avec au moins 10 ans d’assurance. La pension anticipée est possible à 57 ans avec 40 ans d’assurance obligatoire, ou à 60 ans avec 40 ans d’assurance dont au moins 10 ans d’assurance obligatoire, continuée, facultative ou d’achat rétroactif (Guichet.lu).

Où demander sa pension luxembourgeoise quand on réside en France ?

La demande s’adresse à l’organisme de retraite du pays de résidence, qui la transmet à la CNAP ; cette situation concerne la grande majorité des frontaliers. Il est préférable de déposer la demande au moins 6 mois avant la date de début envisagée, la décision étant susceptible de recours (Guichet.lu).

La pension de la CNAP est-elle imposée au Luxembourg ou en France ?

Une pension de sécurité sociale luxembourgeoise reste imposable au Luxembourg. Un résident de France la déclare pour son montant brut et bénéficie d’un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant, ce qui évite la double imposition (impots.gouv.fr).

Quel budget logement prévoir pour la retraite au Luxembourg ?

Le loyer moyen annoncé atteint 1 843 € par mois à l’échelle nationale et 2 032 € à Luxembourg-ville, pour des annonces publiées entre le 1er juillet 2025 et le 30 juin 2026. À l’achat, un appartement existant se vend 7 795 € par m² au 2e trimestre 2026 (Observatoire de l’Habitat).

Les autres guides : Luxembourg