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Luxembourg · Remboursements des soins

Remboursement des soins au Luxembourg : qui rembourse quoi selon votre situation

L’essentiel

Au Luxembourg, la prise en charge des soins dépend de votre situation : un salarié résident ou un indépendant est assuré à la CNS ; un frontalier résidant en France se soigne au Luxembourg aux conditions des résidents et en France grâce au formulaire S1 remis à la CPAM ; un salarié détaché garde le régime français avec le formulaire A1 ; un retraité français installé au Luxembourg s’inscrit avec le S1 délivré par sa caisse de retraite ; un étudiant ou un touriste s’appuie sur la CEAM. La CNS rembourse 88 % des consultations d’un adulte et 100 % de celles d’un mineur, et l’hospitalisation en chambre standard à 100 %. Le tableau récapitulatif résume chaque cas.

  • Taux CNS : 88 % pour un adulte et 100 % pour un mineur de moins de 18 ans pour les consultations ; hospitalisation en chambre standard à 100 %, avec 26,79 € de participation par jour (CNS).
  • Frontalier résidant en France : S1 établi par la CNS, remis à la CPAM ; si le S1 n’arrive pas dans les 15 jours après la déclaration d’entrée du CCSS, il se commande en ligne (CNS).
  • Arrêt maladie du frontalier : certificat original envoyé à la CNS avant l’expiration du troisième jour ouvré de l’incapacité (CNS).
  • Détachement : 24 mois au maximum, formulaire A1 délivré par l’Urssaf et maintien du régime français (ameli).
  • Médicaments de la liste positive : 40 %, 80 % ou 100 % selon la catégorie ; lunettes : une monture et une paire de verres tous les 3 ans, monture jusqu’à 30 € (CNS).
  • Soins dentaires : 88 % pour un adulte, 100 % pour un mineur, plus un forfait annuel de 83,90 € pris en charge à 100 % au 1er août 2026 (CNS).

Le principe : le statut détermine qui rembourse

Au sein de l’Union, un seul régime de sécurité sociale s’applique à un travailleur, en général celui du pays où il exerce son activité. Pour un Français, il s’agit donc de la Caisse nationale de santé dès qu’un emploi ou une activité indépendante s’exerce au Luxembourg. Ensuite, le lieu de résidence détermine où se soigner : un résident se soigne au Luxembourg, un frontalier se soigne des deux côtés de la frontière. Le cadre de coordination est présenté dans notre glossaire sur la convention bilatérale de sécurité sociale.

On identifie d’abord le régime (CNS ou régime français), puis le mode de remboursement. Le fonctionnement général de la CNS figure dans le guide système de santé au Luxembourg, et la fiche assurance santé du Luxembourg résume les obligations d’un expatrié.

Salarié résident, indépendant et famille : la CNS

Un salarié est affilié par son employeur auprès du CCSS ; un indépendant s’affilie lui-même. L’assuré peut ensuite coassurer les membres de sa famille si les conditions sont réunies (CNS). Les consultations en cabinet et les traitements ambulatoires sont remboursés à 88 % pour un adulte et à 100 % pour un mineur ; le patient avance en général les honoraires, ou règle sa seule participation chez un médecin équipé du paiement immédiat direct (CNS).

À l’hôpital, la chambre standard est prise en charge intégralement, avec 26,79 € de participation par jour entamé, dans la limite de 30 jours par année civile ; le supplément de chambre individuelle et la majoration de 66 % des honoraires restent à la charge du patient (CNS). Tout résident reçoit une carte de sécurité sociale à présenter aux prestataires de soins (CNS).

Frontalier résidant en France : S1 et double accès aux soins

Un salarié qui travaille au Luxembourg et vit en France est frontalier. Il bénéficie des prestations de santé délivrées au Luxembourg aux mêmes conditions que les résidents, de même que sa famille (CNS). Pour se soigner aussi en France, il inscrit le formulaire S1, établi par la CNS, auprès de sa CPAM : les soins en France sont alors pris en charge comme s’il y était assuré, aux conditions, taux et tarifs français (CNS).

  • Envoi du S1 : pour les départements du Grand Est (Ardennes, Aube, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Vosges, Bas-Rhin, Haut-Rhin), la CNS adresse le document directement à la CPAM ; ailleurs, il arrive au domicile et se remet à la CPAM (CNS).
  • Ayants droit : la législation française détermine les membres de la famille couverts ; la CPAM demande à la CNS, par voie électronique (EESSI), l’inscription des ayants droit au moyen du S072, confirmée par un S073 (CNS).
  • Au Luxembourg : les frais de santé se demandent à la CNS ; les factures de pharmacie du pays de résidence se transmettent à la caisse locale (CNS).
  • Arrêt maladie : le certificat original part à la CNS avant l’expiration du troisième jour ouvré, avec le numéro national à 13 chiffres (CNS).
  • Ailleurs dans l’Union : les soins urgents se couvrent avec la CEAM ; les soins programmés avec nuitée exigent un accord préalable de la CNS (CNS).

À la fin du contrat, la CPAM examine l’affiliation personnelle, la coassurance ou, si aucune couverture n’est possible, un maintien temporaire de droits au titre de l’article 8 des statuts de la CNS : le mois en cours et les trois mois suivants, après au moins 6 mois d’affiliation continue. Une affiliation volontaire au CCSS reste possible, avec cotisation (CNS). Notre page travailler au Luxembourg présente la fiscalité du frontalier.

Salarié détaché (A1)

Un salarié envoyé temporairement au Luxembourg par son employeur français reste affilié à la sécurité sociale française. Le détachement ne dépasse pas 24 mois, sauf cas exceptionnel ; l’employeur obtient le formulaire A1 auprès de l’Urssaf avant le départ, et le salarié conserve sa caisse d’assurance maladie habituelle (ameli).

S’il réside au Luxembourg, ses dépenses de santé peuvent aussi être remboursées par l’organisme local, qui récupère les sommes auprès de l’Assurance Maladie française : il demande le formulaire S1 à sa caisse et le remet à l’organisme local à son arrivée. S’il continue d’habiter en France, la CEAM couvre ses soins sur place (ameli). Voir aussi les différences entre détaché et expatrié.

Retraités : S1 depuis la France et pension luxembourgeoise

Retraité français installé au Luxembourg. Avant le départ, il demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite ; une fois sur place, il l’utilise pour s’inscrire auprès de l’organisme de sécurité sociale du lieu de résidence et se soigne selon la législation locale. Le S1 est individuel : chaque membre de la famille a le sien. La caisse française reste compétente pour les séjours temporaires en France, avec accès à ses droits, et délivre la CEAM. En cas de pension française et luxembourgeoise, le régime du pays de résidence prend en charge les soins (ameli). La page retraite au Luxembourg complète ce point, avec le mode d’emploi du S1.

Retraité ayant travaillé au Luxembourg et revenu en France. La CNS distingue quatre situations : avec la seule pension luxembourgeoise et sans activité, le Luxembourg assure les soins et la CNAP délivre le S1 ; avec une activité en France, le régime français prime ; avec une pension luxembourgeoise et une pension française, la France assure les soins ; avec des pensions d’autres États sans pension du pays de résidence, l’État de la plus longue cotisation prend en charge l’assurance maladie. Pour poursuivre un traitement commencé dans le dernier pays d’emploi, le formulaire S3 ouvre l’accès aux soins au Luxembourg, après au moins 2 ans de travail frontalier dans les 5 ans précédant la liquidation de la pension. La convention franco-luxembourgeoise du 7 novembre 2005 permet aussi à un pensionné résidant en France ou au Luxembourg de se soigner dans l’autre pays avec la CEAM (CNS).

Étudiant, touriste et retour en France

Étudiant. Tout étudiant de plus de 18 ans inscrit au Luxembourg est couvert : le plus souvent comme coassuré d’un parent affilié, sinon par une affiliation personnelle auprès du CCSS, dont la cotisation se calcule sur le salaire social minimum. Un étudiant couvert dans un autre État de l’Union utilise la CEAM, puis s’inscrit à la CNS lorsqu’il demande un remboursement (Guichet.lu). Voir aussi assurance étudiant à l’étranger.

Touriste. Pour des vacances, une visite ou un déplacement professionnel, la CEAM ouvre les soins médicalement nécessaires aux mêmes conditions qu’un assuré luxembourgeois, sans autorisation préalable. Après une avance de frais, le remboursement se demande avec la facture originale et une copie de la CEAM (CNS). La CEAM se demande au moins 15 jours avant le départ et reste valable 2 ans au maximum (ameli).

Retour en France. L’expatrié prévient la caisse du pays qu’il quitte et adresse à sa caisse française le formulaire S1106 de demande d’ouverture des droits (ameli). Notre page assurance retour en France et le guide réduire le délai de carence détaillent cette étape.

Adhérent CFE et assurance complémentaire

La CFE permet de rester rattaché à l’Assurance Maladie française en expatriation ; un adhérent installé au Luxembourg cotise à la fois au régime obligatoire du pays et à la CFE, ce qui évite les délais de carence ou les trimestres perdus pour la retraite au retour en France (ameli). L’affiliation à la CNS s’impose donc dès qu’une activité s’exerce au Luxembourg (CNS). Notre comparatif CFE ou assurance privée aide à choisir.

Une assurance complémentaire finance la part laissée à l’assuré : les 12 % d’une consultation d’adulte, les suppléments pour convenance personnelle, la chambre individuelle et la majoration de 66 % des honoraires, le dentaire et l’optique (CNS). Expavy aide à comparer ces garanties via la page assurance santé expatrié.

Remboursement par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation : 88 % pour un adulte, 100 % pour un mineur ; une visite hors hôpital laisse à l’adulte 20 % du tarif minimum d’une visite ordinaire de généraliste (CNS).
  • Hospitalisation : chambre standard à 100 %, participation de 26,79 € par jour entamé ; 13,40 € par jour en hôpital de jour (CNS).
  • Médicaments : 40 %, 80 % ou 100 % selon la catégorie de la liste positive, avec tiers payant en pharmacie (CNS).
  • Dentaire : 88 % pour un adulte, 100 % pour un mineur, forfait annuel de 83,90 € à 100 % pour un adulte ; certains actes demandent un devis ou une autorisation du Contrôle médical, et l’orthodontie l’autorisation préalable de la CNS (CNS).
  • Optique : une monture (jusqu’à 30 €) et une paire de verres tous les 3 ans, sans délai pour un mineur ; les verres suivent les tarifs conventionnés ; la facture originale acquittée se transmet à la CNS (CNS).
  • Maternité : l’hospitalisation est couverte à 100 % ; les 12 premiers jours d’un accouchement sont exempts de participation (CNS).

Tableau récapitulatif : qui rembourse selon votre situation

SituationAssurance de référenceSoins au LuxembourgPoint de vigilance
Salarié résident (contrat local)CNS, affiliation par l’employeur via le CCSS88 % adulte, 100 % mineur ; hôpital à 100 %26,79 € de participation par jour d’hôpital ; carte de sécurité sociale
Indépendant résidentCNS, affiliation personnelle auprès du CCSSMêmes règles qu’un salariéDémarche d’affiliation à effectuer soi-même
Frontalier résidant en FranceCNS au titre de l’emploi ; soins en France via S1 et CPAMMêmes conditions qu’un résidentS1 à faire enregistrer par la CPAM ; pharmacie de France facturée à la caisse locale
Ayants droit d’un frontalierCoassurance selon la loi françaiseMêmes conditions qu’un résidentInscription demandée par la CPAM à la CNS via EESSI (S072, puis S073)
Salarié détaché (A1)Régime français, 24 mois au maximumVia S1 enregistré localement ; CEAM si résidence en FranceA1 demandé par l’employeur à l’Urssaf avant le départ
Retraité français résidant au LuxembourgRégime français via le S1, soins selon les règles du pays de résidenceRègles luxembourgeoisesS1 demandé à la caisse de retraite avant le départ, un par personne
Retraité ayant travaillé au Luxembourg, revenu en FranceSelon les pensions perçues : France ou Luxembourg (S1 de la CNAP)Convention de 2005 avec la CEAM, ou S3Quatre cas selon la CNS ; S3 après 2 ans de travail frontalier
ÉtudiantCoassurance d’un parent, sinon affiliation au CCSS ; CEAM si couvert ailleurs dans l’UnionSoins avec CEAM, inscription à la CNS lors du remboursementCotisation calculée sur le salaire social minimum en cas d’affiliation personnelle
Conjoint et enfants d’un résidentCoassurance sous l’affiliation de l’assuréMêmes conditions que l’assuréConditions à vérifier auprès de la CNS pour les enfants majeurs
Adhérent CFE résidentCNS obligatoire, CFE en complémentCNSCotisation aux deux régimes ; délais de carence évités au retour
Assurance complémentaireComplète la CNSPrise en charge des restes à charge, chambre individuelle, dentaire, optiqueChoix selon les garanties et le budget
Touriste (CEAM)Régime de rattachement du pays d’affiliationSoins médicalement nécessaires, comme un assuréCEAM valable 2 ans au plus ; avance de frais puis demande de remboursement
Retour en FranceAssurance Maladie françaiseSoins en France, selon les règles françaisesFormulaire S1106 ; CFE pour éviter la carence

Synthèse établie à partir de la CNS, d’ameli et de Guichet.lu, consultés le 02/10/2026. Les cas particuliers se confirment auprès de la CNS et de la caisse française compétente.

Questions fréquentes

Comment un frontalier résidant en France est-il remboursé de ses soins ?

Au Luxembourg, il demande le remboursement à la CNS, aux mêmes conditions qu’un résident. En France, la CPAM rembourse selon les règles et tarifs français, à condition d’avoir enregistré le formulaire S1 établi par la CNS. Les soins reçus ailleurs dans l’Union passent par la CEAM, ou par un accord préalable pour les soins programmés (CNS).

Le formulaire S1 est-il nécessaire pour un frontalier ?

Le S1 est le document d’ouverture de droits qui permet l’inscription à la CPAM et la prise en charge des soins en France comme pour un assuré français. Si le S1 n’arrive pas dans les 15 jours après la déclaration d’entrée du CCSS, il se commande en ligne auprès de la CNS (CNS).

Qui rembourse les soins d’un retraité français installé au Luxembourg ?

Avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite avant le départ, le retraité s’inscrit auprès de l’organisme du lieu de résidence et se soigne selon la législation luxembourgeoise. En cas de pension française et luxembourgeoise, le régime du pays de résidence prend en charge les soins (ameli).

Un ancien frontalier retraité en France peut-il se faire soigner au Luxembourg ?

Oui, par deux voies : la convention franco-luxembourgeoise du 7 novembre 2005 permet à un pensionné résidant en France de se soigner au Luxembourg avec la CEAM, et le formulaire S3 ouvre l’accès aux soins après au moins 2 ans de travail frontalier dans les 5 ans précédant la pension (CNS).

Un salarié détaché au Luxembourg garde-t-il sa couverture française ?

Oui. Avec le formulaire A1 délivré par l’Urssaf, il reste affilié à la sécurité sociale française pendant le détachement, limité à 24 mois sauf cas exceptionnel. Résidant au Luxembourg, il peut aussi être remboursé par l’organisme local grâce au formulaire S1 (ameli).

Un étudiant français au Luxembourg est-il couvert ?

Tout étudiant de plus de 18 ans inscrit au Luxembourg est couvert : comme coassuré d’un parent affilié, par une affiliation personnelle au CCSS, ou avec la CEAM s’il reste couvert dans un autre État de l’Union, avec inscription à la CNS lors d’une demande de remboursement (Guichet.lu).

La CFE dispense-t-elle de l’affiliation à la CNS ?

La CFE s’ajoute au régime obligatoire du pays d’expatriation : un adhérent cotise aux deux régimes. Elle permet de conserver des droits en France et d’éviter les délais de carence au retour, tandis que la CNS reste le régime de référence dès qu’une activité s’exerce au Luxembourg (ameli, CNS).

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