Fiche pays — Europe
Assurance expatrié et assurance santé en Lettonie

En 5 lignes
La Lettonie est membre de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004, de l'espace Schengen depuis le 21 décembre 2007 et de la zone euro depuis le 1er janvier 2014 — après l'Estonie (2011) et avant la Lituanie (2015) : la coordination avec la France passe par les règlements européens 883/2004 et 987/2009, sans convention bilatérale classique. Le système de santé public est géré par le Service national de santé (Nacionālais veselības dienests, NVD), financé principalement par l'impôt général depuis le passage à un modèle de type NHS au milieu des années 2000, complété depuis 2017 par un point de la cotisation sociale obligatoire (VSAOI, 34,09 % au total) spécifiquement fléché vers la santé. La carte européenne d'assurance maladie (CEAM) donne droit, pour un séjour temporaire, à la même prise en charge qu'un assuré local auprès des prestataires conventionnés par le NVD. Une loi de 2018 prévoit, sur le papier, de réserver l'accès complet aux soins aux personnes cotisant à la VSAOI ou relevant d'une catégorie exemptée (enfants, retraités, chômeurs enregistrés, etc.), les autres n'ayant droit qu'à un panier minimal ; cette distinction n'a toutefois jamais été mise en œuvre et a de nouveau été reportée fin 2025, si bien que l'ensemble des résidents conserve en pratique un accès équivalent au système public. Aucun visa n'est requis pour un citoyen français pour un séjour de moins de 90 jours, mais au-delà un certificat d'enregistrement auprès de l'Office de la citoyenneté et des affaires migratoires (PMLP) est nécessaire.
Chiffres clés
- 455 Français inscrits au registre consulaire en 2025, contre 439 en 2024 (+3,64 %).
- Espérance de vie à la naissance : 76,43 ans en 2024, dernière année disponible (Banque mondiale).
- Dépenses de santé courantes : 7,28 % du PIB en 2023, dernière année disponible (Banque mondiale).
- Cotisation sociale obligatoire (VSAOI) : 34,09 % du salaire brut (employeur 23,59 %, salarié 10,50 %), dont 4,47 points liés à la santé (3,47 pour les indemnités maladie-maternité, 1 point fléché vers le financement des soins) — le système de santé restant financé pour l'essentiel par l'impôt général plutôt que par cette cotisation.
Système de santé local
L’assurance maladie publique lettone est gérée par un organisme d’État unique, le Service national de santé (Nacionālais veselības dienests, NVD), placé sous la tutelle du ministère de la Santé. Le NVD administre les fonds publics du secteur, conclut les conventions avec les prestataires de soins et fixe les tarifs remboursés. Contrairement à l’Estonie (Tervisekassa) ou à la Lituanie (VLK), dont le financement repose sur une cotisation sociale dédiée assise sur les salaires, la Lettonie a basculé au milieu des années 2000 vers un modèle proche d’un National Health Service : le système est financé majoritairement par l’impôt général, le budget du NVD étant voté chaque année par le Parlement et transitant par le ministère des Finances.
Depuis 2017, un point supplémentaire de la cotisation sociale obligatoire (VSAOI, Valsts sociālās apdrošināšanas obligātās iemaksas — taux global de 34,09 % du salaire brut, réparti entre 23,59 % à la charge de l’employeur et 10,50 % à la charge du salarié) est spécifiquement fléché vers le financement des soins, en complément des 3,47 points qui financent les indemnités journalières maladie-maternité. Une loi de financement de la santé adoptée en 2018 prévoit, sur le principe, de réserver l’accès à un panier de soins complet aux personnes ayant cotisé à la VSAOI ou relevant d’une catégorie exemptée (enfants, retraités, chômeurs enregistrés, femmes enceintes, notamment), les autres résidents n’ayant droit qu’à un panier minimal limité aux urgences, à la médecine générale, au suivi de grossesse et à certaines pathologies. Cette distinction à deux niveaux n’a cependant, à ce jour, jamais été appliquée : son entrée en vigueur a été reportée à plusieurs reprises, la dernière fois fin novembre 2025 (report à juillet 2026), le ministère de la Santé évoquant désormais l’abandon pur et simple de cette logique à deux paniers au profit d’un panier unique pour toute personne déclarant sa résidence ou son activité en Lettonie. En pratique, l’ensemble des résidents continue donc de bénéficier d’un accès équivalent au système public, indépendamment du versement effectif de la VSAOI.
Le panier de soins couvre la médecine de famille, les consultations spécialisées sur référence et l’hospitalisation dans le réseau conventionné, moyennant des tickets modérateurs modestes : environ 2 € par consultation de médecin généraliste (1 € pour les personnes de 65 ans et plus), 4 € pour une consultation de spécialiste, et un forfait journalier de 10 € à partir du deuxième jour d’hospitalisation. Les enfants de moins de 18 ans en sont généralement exonérés. Les soins dentaires pour adultes ne sont en revanche pas couverts par l’assurance publique lettone et restent à la charge du patient, sauf assurance complémentaire privée.
Obligations légales et de visa
- Citoyen UE : aucun visa exigé, entrée avec carte nationale d’identité ou passeport en cours de validité, la Lettonie étant membre de l’espace Schengen depuis le 21 décembre 2007.
- Séjour de plus de 90 jours : demande d’un certificat d’enregistrement de citoyen de l’Union européenne (reģistrācijas apliecība) auprès de l’Office de la citoyenneté et des affaires migratoires (Pilsonības un migrācijas lietu pārvalde, PMLP), dans les 90 jours suivant l’entrée sur le territoire ; un numéro d’identité personnel (personas kods) est délivré à cette occasion.
- Affiliation au système public : automatique pour tout salarié dès la déclaration par l’employeur et le paiement de la cotisation sociale obligatoire (VSAOI, 34,09 % du salaire brut), dont 4,47 points liés à la santé.
- Indépendant : affiliation et versement direct de la VSAOI, sur une base soumise à un plancher trimestriel (2 220 € au premier trimestre 2026, base mensuelle inférieure ensuite selon le barème en vigueur auprès du service des impôts, VID).
- Résident sans activité et hors catégorie exemptée : la loi de 2018 prévoit en théorie un accès restreint à un panier minimal de soins, mais cette distinction n’étant à ce jour jamais entrée en vigueur (report à juillet 2026 au plus tôt), l’accès au système public reste en pratique équivalent à celui des cotisants ; une assurance santé privée reste néanmoins recommandée par prudence pendant la période de transition administrative.
- Sans affiliation ni couverture européenne : les soins sont facturés intégralement par l’établissement, public comme privé, à un tarif non communiqué publiquement de façon uniforme.
- Étudiant : la CEAM suffit pour un séjour temporaire (type Erasmus) ; au-delà, une assurance étudiante complémentaire ou une affiliation locale reste recommandée.
- Salarié détaché : jusqu’à 24 mois (prolongeable), reste rattaché au régime français via le formulaire A1, dispensé de la VSAOI lettone.
- Retraité : formulaire S1 auprès de sa caisse de retraite française avant le départ, pour une prise en charge par le NVD sans nouvelle cotisation propre à verser.
Aucune amende individuelle n’est prévue en tant que telle en cas de défaut d’affiliation, mais l’employeur a l’obligation légale de déclarer son salarié auprès du service des impôts (VID) ; pour l’expatrié lui-même, le risque reste avant tout financier, sans aide de l’ambassade de France en cas de soins non couverts.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Consultation médecin généraliste, patient couvert (NVD ou CEAM) | Ticket modérateur d'environ 2 € par consultation (1 € pour les 65 ans et plus) | — |
| Consultation spécialiste sur référence du médecin de famille, patient couvert | Ticket modérateur d'environ 4 € par consultation | — |
| Nuit d'hospitalisation, patient couvert | Forfait journalier d'environ 10 € à partir du 2e jour d'hospitalisation | — |
| Soins dentaires (adulte) | Non couverts par l'assurance publique, à la charge du patient | Tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Consultation sans affiliation ni CEAM (patient non couvert) | Tarif plein facturé par l'établissement, non communiqué publiquement de façon uniforme | — |
| Consultation en clinique privée hors réseau conventionné | — | Tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
Accords de sécurité sociale avec la France
La Lettonie étant membre de l’UE depuis le 1er mai 2004, pas de convention bilatérale classique avec la France : la coordination passe par les règlements européens 883/2004 et 987/2009, comme pour les autres États membres. Le pays est en outre membre de l’espace Schengen depuis le 21 décembre 2007 et de la zone euro depuis le 1er janvier 2014, deuxième des trois pays baltes à l’avoir adoptée, après l’Estonie (2011) et avant la Lituanie (2015).
- Séjour temporaire : la CEAM donne droit à la même prise en charge qu’un assuré local auprès des prestataires conventionnés par le NVD, sur présentation de la carte et d’une pièce d’identité ; en cas de carte oubliée ou perdue, un certificat provisoire de remplacement (CPR), valable 3 mois, y donne les mêmes droits.
- Détachement : formulaire A1, maintien au régime français jusqu’à 24 mois (prolongeable), dispense de la VSAOI lettone.
- Installation durable : affiliation au système public via la VSAOI (versée par l’employeur pour un salarié, ou directement pour un indépendant) ; formulaire S1 pour un retraité, pris en charge par le NVD sans nouvelle cotisation propre.
- La CEAM ne couvre ni le rapatriement, ni les soins programmés, ni une installation durable ; au retour, un séjour non couvert par avance peut faire l’objet d’un remboursement a posteriori via le formulaire S3125, selon les tarifs pratiqués par l’institution lettone ou les dispositions de la législation française.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| Tourisme / séjour de moins de 90 jours | Aucun visa requis (Schengen) ; CEAM recommandée pour couvrir les soins inopinés | Aucune prise en charge par l'ambassade de France ; vérifier que l'assurance choisie couvre effectivement le territoire letton |
| Étudiant | CEAM pour un séjour temporaire (type Erasmus) | Au-delà, affiliation locale ou assurance étudiante complémentaire à envisager pendant la transition administrative |
| Salarié détaché | Maintien au régime français via le formulaire A1, jusqu'à 24 mois | Dispense de la VSAOI lettone ; complémentaire utile pour l'accès rapide aux soins pendant le détachement |
| Salarié local / résident installé | Affiliation automatique au système public dès le contrat de travail, via la cotisation sociale obligatoire (VSAOI, 34,09 % du salaire brut, dont 23,59 points à la charge de l'employeur et 10,50 points à la charge du salarié) | Le système de santé reste financé pour l'essentiel par l'impôt général ; les soins dentaires pour adultes restent hors du panier public |
| Indépendant / freelance | Versement direct de la VSAOI, sur une base soumise à un plancher trimestriel révisé chaque année | Vérifier le plancher de cotisation en vigueur auprès du service des impôts (VID), même en l'absence de revenu |
| Retraité (formulaire S1) | Prise en charge par le NVD, sans nouvelle cotisation propre | Ticket modérateur sur les consultations et forfait journalier d'hospitalisation restent à charge ; soins dentaires non couverts |
Hôpitaux et réseau de soins
- Riga : Pauls Stradiņš Clinical University Hospital (Paula Stradiņa klīniskā universitātes slimnīca) — plus grand hôpital du pays, environ 840 lits, référence nationale notamment en transplantation, chirurgie cardiaque et maxillo-faciale.
- Riga : Riga East Clinical University Hospital (Rīgas Austrumu klīniskā universitātes slimnīca) — établissement multidisciplinaire regroupant plusieurs centres spécialisés (oncologie, infectiologie, pneumologie et tuberculose).
- Riga : Children's Clinical University Hospital (Bērnu klīniskā universitātes slimnīca) — principal hôpital pédiatrique du pays.
Démarches
- Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (CPAM, CAF, France Travail, caisses de retraite).
- Salarié détaché : demander le formulaire A1 auprès de sa caisse française avant le départ.
- Retraité : demander le formulaire S1 auprès de sa caisse de retraite avant le départ.
- Avant le départ ou dès l’arrivée : demander la CEAM pour couvrir la période de transition.
- Dès l’arrivée, pour un séjour de plus de 90 jours : demander le certificat d’enregistrement de citoyen de l’UE auprès du PMLP, dans les 90 jours suivant l’entrée sur le territoire.
- Salarié : vérifier auprès de son employeur la déclaration et le paiement de la VSAOI (34,09 %) dès la signature du contrat de travail.
- Indépendant : s’affilier auprès du service des impôts (VID) et verser la VSAOI selon le barème en vigueur.
- Inscription au registre des Français établis hors de France (ambassade de France à Riga).
Questions fréquentes
La carte européenne d'assurance maladie (CEAM) fonctionne-t-elle en Lettonie ?
Oui. La Lettonie est membre de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004 et applique les règlements européens de coordination (883/2004 et 987/2009). La CEAM donne droit, pour un séjour temporaire, à la même prise en charge qu'un assuré local auprès des prestataires conventionnés par le Service national de santé (NVD).
Qu'est-ce que le NVD ?
Le Nacionālais veselības dienests (Service national de santé) est l'organisme public qui gère l'assurance maladie en Lettonie : il administre les fonds publics du secteur, conclut les conventions avec les prestataires de soins et fixe les tarifs remboursés, sous la tutelle du ministère de la Santé.
Comment le système de santé letton est-il financé ?
Principalement par l'impôt général, la Lettonie ayant basculé vers un modèle proche d'un National Health Service au milieu des années 2000. Depuis 2017, un point supplémentaire de la cotisation sociale obligatoire (VSAOI, 34,09 % au total) est spécifiquement fléché vers la santé, en complément des 3,47 points finançant les indemnités maladie-maternité.
Une personne qui ne cotise pas à la VSAOI perd-elle l'accès aux soins en Lettonie ?
Sur le papier, une loi de 2018 prévoit de réserver l'accès complet aux personnes cotisant à la VSAOI ou relevant d'une catégorie exemptée, les autres n'ayant droit qu'à un panier minimal. Cette distinction n'a cependant jamais été appliquée à ce jour, son entrée en vigueur ayant été reportée à plusieurs reprises, la dernière fois fin novembre 2025 (report à juillet 2026) ; en pratique, l'ensemble des résidents conserve donc un accès équivalent au système public.
Que risque-t-on sans affiliation ni CEAM en cas de soins ?
Les soins sont facturés intégralement par l'établissement, public comme privé, à un tarif non communiqué publiquement de façon uniforme. Aucune amende individuelle n'est prévue en tant que telle, mais le risque financier reste entier, sans aide de l'ambassade de France.
Un salarié détaché depuis la France doit-il cotiser à la VSAOI lettone ?
Non, s'il dispose du formulaire A1 attestant du maintien au régime français, pour une durée n'excédant pas 24 mois (prolongeable sous conditions). Il reste dispensé de la cotisation sociale lettone pendant cette période.
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Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Lettonie, Santé
- France Diplomatie — Lettonie, Entrée / séjour
- France Diplomatie — Registre mondial des Français établis hors de France (2025)
- CLEISS — Vacances en Lettonie : quelle couverture maladie ?
- CLEISS — Le régime letton de sécurité sociale
- CLEISS — Les cotisations en Lettonie
- CLEISS — Les règlements européens de coordination de sécurité sociale
- European Observatory on Health Systems and Policies — Latvia, Organization and governance
- European Observatory on Health Systems and Policies — Latvia, analyse des réformes récentes (panier de soins)
- Baltic News Network — Report de six mois de l'entrée en vigueur du panier de soins letton (novembre 2025)
- Valsts ieņēmumu dienests (VID) — Mandatory State Social Insurance Contributions
- Pilsonības un migrācijas lietu pārvalde (PMLP) — Demande de certificat attestant le droit de séjour d'un citoyen de l'UE
- Union européenne — La Lettonie, pays membre de l'UE (adhésion, Schengen, euro)
- Banque centrale européenne — Adoption de l'euro par la Lettonie (1er janvier 2014)
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Lettonie
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes (% du PIB), Lettonie
- Wikipedia (EN) — Pauls Stradiņš Clinical University Hospital
- Rīgas Austrumu klīniskā universitātes slimnīca (Riga East Clinical University Hospital) — Présentation de l'établissement