Guam · Prendre sa retraite
Retraite à Guam : séjour, pension française, fiscalité, Medicare et santé du retraité
L’essentiel
Prendre sa retraite à Guam demande de préparer le séjour, la fiscalité et la santé. France Diplomatie ne décrit aucune catégorie de visa propre aux retraités : l'ESTA couvre 90 jours au plus, et un visa est nécessaire au-delà. L'accord de sécurité sociale franco-américain de 1987 cite Guam mais ne coordonne que l'invalidité, la vieillesse et les survivants : la santé se couvre par la CFE, une assurance privée ou, sous conditions de statut et de cotisations, Medicare. Côté fiscalité, la convention fiscale franco-américaine exclut Guam de la définition des États-Unis et Guam applique son propre impôt sur le revenu, de sorte que l'imposition de la pension se vérifie auprès des administrations française, territoriale et fédérale avant le départ. Le coût de la vie, les typhons et la dengue complètent les critères de choix du lieu de résidence.
- Séjour : 90 jours maximum avec l'ESTA, valable 2 ans ; visa au-delà (France Diplomatie). Aucune catégorie propre aux retraités n'y est décrite.
- Accord franco-américain du 2 mars 1987 : retraite, invalidité et survivants, avec mention de Guam ; aucune coordination pour la maladie (CLEISS).
- Pension américaine (Social Security) : 40 trimestres requis, montant de gains minimal pour valider un trimestre révisé chaque année, taux plein à 67 ans pour les personnes nées à partir de 1960 (CLEISS).
- Retenue à la source sur les pensions françaises des non-résidents : 0 % jusqu’à un premier seuil, 12 % jusqu’à un second seuil, 20 % au-delà, après un abattement de 10 % (impots.gouv.fr).
- CFE, offre retraités : cotisation variable selon le pays, l'âge et la famille, sans questionnaire de santé, pour les titulaires d'une pension du régime de base français sans activité professionnelle (cfe.fr).
- Medicare : prime mensuelle de la partie B révisée chaque année ; partie A gratuite avec 40 trimestres de cotisations, sinon avec une prime mensuelle réduite ou pleine (CMS).
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Repères chiffrés : Guam
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +5,1 %
- Taux de chômage
- 5,6 %
- PIB par habitant
- 41 833 $
- Population
- 168 999
- Espérance de vie
- 77,4 ans
- Médecins pour 1 000 hab.
- 1,08
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Séjourner à Guam à la retraite : ESTA, visa et statut
Les règles d’entrée sont celles des États-Unis. France Diplomatie indique que l’ESTA, valable 2 ans, permet un séjour touristique ou d’affaires de 90 jours au maximum, sans activité professionnelle ni études, et qu’il ne constitue pas un droit d’entrée. Un visa est nécessaire pour un séjour de plus de 90 jours, avec une visite médicale pour les visas de long séjour. La page de France Diplomatie ne décrit pas de catégorie de visa propre aux retraités, et celle de l’USCIS consacrée au travail aux États-Unis ne comporte pas non plus de règle relative aux retraités : les voies d’installation durable passent par les catégories fédérales liées au travail, aux études, à l’investissement ou à la famille. Un dépassement de la durée autorisée entraîne un refoulement et, en général, une interdiction d’entrée de plusieurs années.
Le programme d’exemption de visa de Guam et des îles Mariannes du Nord, d’une durée maximale de 45 jours, est un dispositif distinct de l’ESTA et ne concerne que les nationalités listées par la réglementation fédérale (8 CFR 212.1), dont la France ne fait pas partie. Un projet de résidence durable se prépare avec le consulat général de France à San Francisco, compétent pour Guam, et avec un avocat spécialisé en immigration. L’inscription au registre des Français établis hors de France est recommandée dès l’installation (voir vivre à Guam).
Pension française et accord de sécurité sociale
L’accord de sécurité sociale entre la France et les États-Unis, signé le 2 mars 1987 et en vigueur depuis le 1er juillet 1988, cite expressément Guam dans son champ territorial. Il coordonne trois branches : l’invalidité, la vieillesse et les survivants. Votre pension française reste calculée et versée par vos caisses de retraite ; l’accord organise les relations entre les deux systèmes pour les personnes qui ont cotisé dans les deux pays, avec totalisation des périodes dès six trimestres d’assurance américains.
Du côté américain, le CLEISS rappelle que la pension de vieillesse de la Social Security exige 40 trimestres d’assurance, soit dix années de travail ; un trimestre est validé à partir d’un montant de revenus révisé chaque année. L’âge du taux plein atteint 67 ans pour les personnes nées à partir de 1960, un départ anticipé est possible dès 62 ans avec une réduction de 0,5 % par mois d’anticipation, et un report jusqu’à 70 ans majore la pension de 3 % à 8 % par an selon l’année de naissance. Un retraité qui n’a jamais travaillé aux États-Unis tire son revenu de ses droits français, de son épargne et de ses éventuelles rentes privées.
Fiscalité de la pension : ce que disent les textes
La convention fiscale franco-américaine du 31 août 1994 définit à son article 3 le terme « États-Unis » comme les États-Unis d’Amérique, sans Porto Rico, les îles Vierges, Guam ni aucun autre territoire ou possession (version consolidée publiée par l’administration fiscale française). L’article 18, qui répartit l’imposition des pensions entre les deux États contractants, ne peut donc pas être tenu pour acquis pour un retraité installé à Guam, et sa situation se confirme avant le départ auprès de l’administration fiscale française, du Département des recettes et de la fiscalité de Guam et de l’IRS.
Côté français, l’administration fiscale définit le domicile fiscal par le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle principale et le centre des intérêts économiques ; un seul critère suffit, et elle recommande de prendre systématiquement l’attache de l’administration fiscale locale lorsqu’on vit à l’étranger. Une pension de source française versée à un non-résident supporte une retenue à la source appliquée après un abattement de 10 % : trois tranches à 0 %, 12 % puis 20 %, aux seuils révisés chaque année, les tranches à 0 % et 12 % étant libératoires et la tranche à 20 % imputable sur l’impôt. Si le retraité n’a plus sa résidence fiscale en France, il ne paie ni CSG, ni CRDS, ni Casa sur sa pension, et une cotisation maladie de 3,2 % (pension de base) ou 4,2 % (pension complémentaire) peut être prélevée tant qu’il reste rattaché à un régime français (CLEISS).
Côté territorial et fédéral, l’IRS explique que Guam a son propre système d’impôt sur le revenu, fondé sur les mêmes lois et taux que ceux des États-Unis, que les résidents de bonne foi de Guam déposent leur déclaration auprès du Département des recettes et de la fiscalité de Guam en y incluant leurs revenus de toutes provenances, et qu’une procédure amiable existe entre les États-Unis et Guam pour les cas de double imposition. La qualité de résident de bonne foi suppose trois tests : une présence suffisante (183 jours dans l’année ou l’une des alternatives prévues), un foyer fiscal à Guam et un lien plus étroit avec le territoire qu’avec les États-Unis ou un pays étranger. Les modalités d’élimination de la double imposition d’une pension française se confirment avec le Département des recettes et de la fiscalité de Guam et un conseil fiscal franco-américain qui sécurise le montage avant le départ.
Santé du retraité : CFE, assurance privée et dispositifs locaux
Le CLEISS précise que l’accord de 1987 ne contient aucune disposition permettant de bénéficier du remboursement des soins reçus aux États-Unis au titre d’une retraite française : le formulaire S1 n’existe pas pour Guam. Pour une couverture sur place, deux voies sont proposées : l’adhésion volontaire à la CFE pour un Français, ou une assurance privée. L’offre retraités de la CFE s’adresse aux titulaires d’une pension du régime de base français sans activité professionnelle, ne demande aucun questionnaire de santé quel que soit l’âge et sa cotisation dépend du pays, de l’âge et de la composition de la famille. Elle couvre les soins réalisés à l’étranger ; la couverture est immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois, sinon une carence de trois mois (moins de 44 ans) ou de six mois (à partir de 45 ans) s’applique. Voir le glossaire RetraitExpat et le guide assurance maladie du retraité à l’étranger.
Pour les séjours en France, les soins d’un retraité sont pris en charge s’il perçoit une pension d’un régime de base français, ne travaille pas et justifie d’au moins 15 ans d’assurance en France ; une hospitalisation de plus d’un mois exige une reconnaissance préalable, et le conjoint qui accompagne n’est pas couvert (CLEISS). Une assurance internationale à garantie mondiale complète le dispositif ; voir l’assurance retraite à l’étranger.
Medicare : conditions et coûts pour un retraité étranger
Medicare couvre les personnes de 65 ans et plus. Selon les CMS, les citoyens américains et les immigrants qualifiés qui comptent au moins 40 trimestres de cotisations bénéficient de la partie A, l’hospitalisation, sans prime. Sans trimestres suffisants, la partie A s’achète, avec une prime mensuelle réduite à partir de 30 trimestres et plus élevée en dessous. La partie B (médecins) donne lieu à une prime mensuelle et à une franchise annuelle, et la partie A à une franchise hospitalière, toutes révisées chaque année. Pour la partie B, les résidents permanents doivent justifier de cinq ans de résidence.
Un retraité français sans carte de résident permanent ni historique de cotisations ne peut donc pas compter sur Medicare à son arrivée et organise sa couverture par la CFE ou une assurance privée. Le Medicaid de Guam, administré par le DPHSS, s’adresse aux personnes évaluées éligibles, avec un délai d’attente de cinq ans pour de nombreux immigrants qualifiés (CMS) : la page système de santé à Guam détaille ces dispositifs, et la page remboursement des soins à Guam compare les situations.
Coût de la vie, zones de résidence et risques
Le Bureau du recensement publie le revenu médian des ménages et la part de ménages propriétaires. Les sources officielles consultées ne publient ni loyer médian, ni classement des villes selon leur attrait pour les retraités ; elles documentent en revanche les aléas qui comptent dans le choix d’une zone : typhons, dont l’activité culmine de septembre à novembre sans exclure le reste de l’année (NOAA / NWS Guam), dengue et distance au Guam Memorial Hospital, qui est l’hôpital public de l’île. France Diplomatie invite les Français envisageant de se rendre à Guam à consulter ses conseils aux voyageurs avant de partir et à s’inscrire sur Ariane : une visite de repérage s’organise donc en consultant ces conseils et les avis de Guam Homeland Security.
Un budget de retraité intègre aussi l’assurance santé, qui représente un poste significatif, et les frais d’un éventuel rapatriement sanitaire. Les repères de logement, de climat et de formalités figurent dans la page vivre à Guam.
Check-list d'un départ à la retraite à Guam
- Choisir la voie d’immigration adaptée au projet, avec un avocat spécialisé et le consulat général de San Francisco.
- Faire estimer la fiscalité de la pension par un conseil franco-américain, sans présumer l’application de la convention.
- Signaler le départ à la caisse de retraite, à l’Assurance Maladie, à la CAF et à l’administration fiscale.
- Prévoir la couverture santé dès le jour d’arrivée : CFE, assurance privée, puis Medicare si les conditions sont réunies.
- Organiser le suivi médical : dossier médical, traitements en cours et séjours de soins en France.
- S’inscrire au registre des Français établis hors de France et conserver ses justificatifs de résidence.
La fiche États-Unis rappelle les règles communes au territoire fédéral, et Expavy compare des garanties santé internationales adaptées aux retraités.
Santé du retraité à Guam : options, conditions et coûts de départ
| Option | Conditions | Coût de départ | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| CFE, offre retraités | Pension du régime de base français, sans activité professionnelle, aucun questionnaire de santé | Variable selon le pays, l'âge et la famille | Carence de 3 ou 6 mois si adhésion tardive ; soins à l'étranger uniquement |
| Medicare, partie A | 65 ans et plus, citoyen ou immigrant qualifié | Sans prime avec 40 trimestres ; prime mensuelle réduite ou plus élevée sinon (révisée chaque année) | Franchise hospitalière révisée chaque année |
| Medicare, partie B | 65 ans et plus ; cinq ans de résidence pour un résident permanent | Prime mensuelle et franchise révisées chaque année | Adhésion tardive à examiner avec les CMS |
| Medicaid de Guam (DPHSS) | Évaluation par le DPHSS ; statut d'immigration | Selon l'évaluation | Délai de cinq ans pour de nombreux immigrants qualifiés |
| Assurance privée ou internationale | Questionnaire médical selon le contrat | Selon l'âge, la zone et les plafonds | Zone États-Unis, évacuation, antécédents à vérifier |
Sources : cfe.fr, CMS, CLEISS (le Medicaid de Guam est détaillé dans la page système de santé). Le tableau présente des principes généraux ; les conditions exactes se confirment auprès de chaque organisme.
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa retraité pour Guam ?
France Diplomatie ne décrit aucune catégorie de visa propre aux retraités. L'ESTA permet un séjour de 90 jours au maximum, sans activité professionnelle, et un visa est nécessaire au-delà. Les voies d'installation durable relèvent des catégories fédérales présentées par l'USCIS.
Le formulaire S1 fonctionne-t-il à Guam ?
Non. L'accord franco-américain de 1987 ne contient aucune disposition permettant le remboursement des soins reçus aux États-Unis au titre d'une retraite française (CLEISS). Le retraité adhère à la CFE ou souscrit une assurance privée.
La convention fiscale franco-américaine protège-t-elle ma pension à Guam ?
L'article 3 de la convention définit le terme États-Unis sans Porto Rico, les îles Vierges, Guam ni aucun autre territoire ou possession (version consolidée de l'administration fiscale française). Les règles prévues pour les résidents américains ne peuvent donc pas être tenues pour acquises : une vérification fiscale précède le départ.
Où un retraité résidant à Guam déclare-t-il ses revenus ?
Les résidents de bonne foi de Guam déposent leur déclaration auprès du Département des recettes et de la fiscalité de Guam, en y incluant leurs revenus de toutes provenances (IRS, publication 570). La pension française supporte en outre la retenue à la source applicable aux non-résidents (impots.gouv.fr).
Un retraité français peut-il bénéficier de Medicare ?
À partir de 65 ans, pour les citoyens et les immigrants qualifiés. La partie A est sans prime avec 40 trimestres de cotisations ; sinon elle s'achète moyennant une prime mensuelle, et la partie B impose aux résidents permanents cinq ans de résidence (CMS).
Combien coûte la CFE pour un retraité ?
La cotisation de l'offre retraités dépend du pays de résidence, de l'âge et de la composition de la famille. Elle suppose une pension du régime de base français, sans activité professionnelle, et ne demande aucun questionnaire de santé.
Mes soins en France sont-ils pris en charge pendant un séjour ?
Oui, sous conditions : pension d'un régime de base français, absence d'activité professionnelle et au moins 15 ans d'assurance en France. Une hospitalisation de plus d'un mois exige une reconnaissance préalable, et le conjoint qui accompagne n'est pas couvert (CLEISS).
À quel âge perçoit-on la retraite américaine ?
L'âge du taux plein est de 67 ans pour les personnes nées à partir de 1960, avec un départ possible dès 62 ans moyennant une réduction de 0,5 % par mois d'anticipation. Il faut justifier de 40 trimestres d'assurance (CLEISS).
Les autres guides : Guam
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
