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Guam · Travailler et économie

Travailler à Guam quand on est français : visa de travail, salaires, impôt territorial et cotisations

L’essentiel

Un Français ne peut pas travailler à Guam avec l'ESTA : France Diplomatie précise que l'exemption de visa n'autorise ni travail, rémunéré ou non, ni études. Un emploi suppose un visa de travail américain, par exemple de la catégorie H-2B, pour laquelle la certification est délivrée par le Département du travail de Guam. Le salaire minimum de Guam est de 9,25 $ de l'heure selon le Département américain du travail, et le salaire horaire moyen est nettement inférieur à celui de l'ensemble des États-Unis. Les résidents de bonne foi de Guam déposent leur déclaration de revenus auprès de Guam sur leurs revenus mondiaux, la convention fiscale franco-américaine ne couvrant pas Guam, tandis que le salarié détaché peut rester au régime français pour 5 ans au plus.

  • Salaire minimum : 9,25 $ de l'heure à Guam, majoration de 50 % des heures supplémentaires au-delà de 40 heures par semaine (Département américain du travail).
  • Salaire horaire moyen à Guam nettement inférieur à celui du niveau national (BLS).
  • Emploi total de l’ordre de 68 000 postes, dont environ 52 000 dans le secteur privé et 11 500 au gouvernement de Guam (Bureau de la statistique du travail de Guam).
  • Détachement : formulaire SE 404-02, 5 ans en détachement initial et aucune prolongation (CLEISS).
  • Visa H-2B : plafond fédéral général de 66 000 visas par exercice, qui peut être atteint avant la fin du semestre (USCIS) ; la certification se demande au Département du travail de Guam.
  • Croissance de Guam tirée par les exportations de services liées aux dépenses des visiteurs (BEA).

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Repères chiffrés : Guam

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+5,1 %
Taux de chômage
5,6 %
PIB par habitant
41 833 $
Population
168 999
Espérance de vie
77,4 ans
Médecins pour 1 000 hab.
1,08

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail et visa de travail pour un Français

France Diplomatie est claire pour les États-Unis : l’ESTA, valable 2 ans pour des séjours de 90 jours au maximum, ne permet ni travail, rémunéré ou non, ni études, et un visa est nécessaire au-delà de 90 jours. Un dépassement de la durée autorisée entraîne un refoulement et, en général, une interdiction d’entrée de plusieurs années. Pour travailler à Guam, il faut donc obtenir un statut de travail américain. Les voies fédérales sont présentées par l’USCIS : visas de travailleurs temporaires, catégories de travailleurs permanents, statuts d’investisseurs.

Le cas de Guam présente une particularité pour les travailleurs temporaires non agricoles. Pour le visa H-2B, l’employeur demande la certification de travail au Département du travail de Guam lorsque les salariés travailleront à Guam, au lieu du Département américain du travail. Une loi de 2018 a de plus créé, pour certains employeurs de Guam et des îles Mariannes du Nord, une exemption de l’obligation de démontrer que le besoin est temporaire. Le plafond fédéral général est de 66 000 visas H-2B par exercice, répartis en 33 000 par semestre. La division de la certification de la main-d’œuvre étrangère du Département du travail de Guam se joint au (671) 475-8003 ou 475-8029.

Le programme d’exemption de visa de Guam et des îles Mariannes (45 jours) n’ouvre pas non plus de droit au travail et sa liste de nationalités ne comprend pas la France. Un projet de travail se prépare avec l’employeur, le consulat général de France à San Francisco et un avocat spécialisé en immigration.

Salaire minimum et niveaux de salaire

Le Département américain du travail indique, pour Guam, un salaire minimum de base de 9,25 $ de l’heure, avec une semaine de référence de 40 heures et une majoration de 50 % pour les heures supplémentaires, sauf disposition contraire. Les règles sur les salaires et les horaires relèvent du Département du travail de Guam, qui précise aussi que les employeurs ne peuvent embaucher que des personnes autorisées à travailler aux États-Unis.

Le Bureau of Labor Statistics donne, pour Guam, un salaire horaire moyen d’environ 22 $, contre plus de 33 $ pour l’ensemble des États-Unis. Les familles de métiers les mieux rémunérées en moyenne sont les professions juridiques (autour de 43 $ de l’heure), les professions de santé (autour de 42 $) et la direction d’entreprise (autour de 41 $). Les gains hebdomadaires moyens des salariés non encadrants du secteur privé avoisinent 740 $, et ceux des salariés du gouvernement de Guam 1 400 $ (Bureau de la statistique du travail de Guam). Le tableau ci-dessous récapitule ces repères.

Pour situer ces moyennes dans le marché de l’emploi, le Bureau de la statistique du travail de Guam indique que le secteur privé fournit la grande majorité des emplois, devant le gouvernement de Guam et la fonction publique fédérale. Les écarts entre secteurs se vérifient poste par poste auprès de l’employeur, les chiffres ci-dessus étant des moyennes.

Contrat, impôt territorial et cotisations sociales

Impôt sur le revenu. Guam a son propre système d’impôt sur le revenu, fondé sur les mêmes lois et taux que ceux des États-Unis : l’IRS indique que les résidents de bonne foi de Guam, citoyens, résidents permanents ou non-résidents américains, déposent leur déclaration auprès de Guam sur leurs revenus mondiaux et n’ont en général pas de déclaration fédérale à déposer, hors impôt des travailleurs indépendants. La qualité de résident de bonne foi suppose trois tests : présence (183 jours au moins dans l’année ou l’une des alternatives prévues), foyer fiscal et lien plus étroit avec le territoire.

Convention fiscale. La convention franco-américaine définit à son article 3 le terme « États-Unis » sans Guam ni aucun autre territoire ou possession : les règles prévues pour les résidents américains ne s’appliquent donc pas par principe à un salarié de Guam. Une validation par un conseil fiscal franco-américain précède le départ.

Cotisations sociales. La règle générale de l’accord franco-américain est l’affiliation à la législation du pays où l’activité est exercée, avec une exception pour le détachement : l’employeur français peut maintenir son salarié au régime français avec le formulaire SE 404-02, pour 5 ans en détachement initial et sans prolongation (CLEISS). L’accord cite expressément Guam dans son champ territorial. Le détaché garde sa couverture maladie française. Voir détaché ou expatrié.

Indépendants et télétravail

L’IRS précise qu’un indépendant de Guam qui n’a pas de déclaration fédérale à déposer remplit un formulaire spécifique pour l’impôt des travailleurs indépendants (formulaire 1040-SS). L’accord de 1987 prévoit aussi un régime de détachement pour les travailleurs non salariés, dont la durée se confirme auprès du CLEISS et de l’Urssaf.

Pour le télétravail, les sources officielles consultées ne décrivent pas de régime propre à Guam. Le principe énoncé par France Diplomatie demeure : le titulaire d’une ESTA ne peut exercer aucune activité professionnelle, rémunérée ou non, pendant son séjour. Un Français qui souhaite travailler à distance pour un employeur français depuis Guam vérifie sa situation auprès de l’USCIS et de la CBP avant de partir. Voir aussi l’assurance nomade digital.

L'économie de Guam : secteurs, monnaie et perspectives

Les salaires et les prix s’expriment en dollars américains. Les statistiques du Bureau of Economic Analysis (BEA) montrent une économie portée par les exportations de services, en grande partie les dépenses des visiteurs.

Le Bureau de la statistique du travail de Guam décompte environ 68 000 emplois, dont une très large majorité dans le secteur privé, le reste au gouvernement de Guam et dans la fonction publique fédérale. Selon le BLS, les professions administratives, de la construction et de l’extraction et de la restauration sont les plus nombreuses. Les perspectives dépendent donc de l’activité touristique, de la construction et de l’emploi public, ce qui rend utile un budget de santé et de protection sociale solide. Les repères macroéconomiques actualisés figurent dans le bloc ci-dessus ; voir aussi vivre à Guam et le système de santé à Guam.

Protection santé du salarié à Guam

La carte Vitale ne produit aucun effet à Guam : l’accord franco-américain ne coordonne ni la maladie ni la maternité. Le salarié local passe en général par l’assurance de son employeur ; le salarié détaché garde le régime français et s’adresse à sa caisse avec le formulaire S 3125c. Le CLEISS invite à vérifier la complémentaire santé, les frais aux États-Unis pouvant dépasser ceux de la France. Le détail figure dans la page remboursement des soins à Guam. Expavy compare les garanties santé internationales pour les salariés et les indépendants.

Repères de rémunération à Guam

IndicateurValeurSource
Salaire minimum horaire de base9,25 $Département américain du travail
Salaire horaire moyen, tous métiersEnviron 22 $ (plus de 33 $ pour les États-Unis)BLS
Professions juridiques, salaire horaire moyenEnviron 43 $BLS
Professions de santé, salaire horaire moyenEnviron 42 $BLS
Direction d'entreprise, salaire horaire moyenEnviron 41 $BLS
Gains hebdomadaires moyens, secteur privé non encadrantEnviron 740 $Bureau de la statistique du travail de Guam
Gains hebdomadaires moyens, gouvernement de GuamEnviron 1 400 $Bureau de la statistique du travail de Guam

Moyennes statistiques, hors avantages. Les salaires réels varient selon le poste, l'employeur et l'ancienneté.

Questions fréquentes

Peut-on travailler à Guam avec l'ESTA ?

Non. France Diplomatie précise que l'exemption de visa n'autorise ni travail, rémunéré ou non, ni études. Un visa de travail ou un autre statut américain est nécessaire.

Quel est le salaire minimum à Guam ?

9,25 $ de l'heure, avec une majoration de 50 % des heures supplémentaires au-delà de 40 heures par semaine (Département américain du travail).

Qui délivre la certification de travail pour un visa H-2B à Guam ?

Le Département du travail de Guam, lorsque les salariés travailleront à Guam (USCIS). La page de l'USCIS fixe le plafond fédéral général du visa H-2B à 66 000 par exercice et ne précise pas ses effets propres à Guam : l'employeur se renseigne auprès du Département du travail de Guam.

La convention fiscale franco-américaine s'applique-t-elle aux salariés de Guam ?

L'article 3 de la convention définit le terme États-Unis sans Guam ni aucun autre territoire ou possession (texte consolidé de l'administration fiscale française). Une vérification fiscale précède donc le départ.

Où déclare-t-on ses revenus quand on réside à Guam ?

Les résidents de bonne foi de Guam déposent leur déclaration auprès du Département des recettes et de la fiscalité de Guam, sur leurs revenus mondiaux, et n'ont en général pas de déclaration fédérale (IRS, publication 570).

Peut-on rester au régime français en travaillant à Guam ?

Oui, pour un salarié détaché par son employeur français : formulaire SE 404-02, 5 ans en détachement initial et aucune prolongation (CLEISS). Le salarié local relève de la législation américaine.

Le chômage est-il élevé à Guam ?

Le taux de chômage publié par le Bureau de la statistique du travail de Guam est modeste ; il figure dans le bloc de repères économiques de la page.

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