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Guadeloupe · Système de santé

Le système de santé en Guadeloupe : hôpitaux, urgences, médecin traitant, médicaments et risques sanitaires

L’essentiel

Le système de santé de la Guadeloupe est le système français : l'Assurance Maladie du régime général y est gérée par la caisse générale de sécurité sociale (CGSS), la carte Vitale et le parcours de soins avec médecin traitant s'appliquent comme en métropole, et l'organisation relève de l'Agence régionale de santé de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. L'offre publique repose notamment sur le CHU de la Guadeloupe, à Pointe-à-Pitre, et sur le centre hospitalier de la Basse-Terre, de 237 lits et places. Le 15 est le numéro du SAMU, le 112 le numéro européen. Les 60 ans et plus représentent environ un tiers de la population (Insee), et la surveillance sanitaire porte surtout sur la dengue, sur le chikungunya, dont le moustique vecteur est présent, et sur la leptospirose.

  • Consultation de généraliste de secteur 1 dans le parcours de soins : tarif conventionnel fixé par l’Assurance Maladie, remboursé après la participation forfaitaire.
  • Forfait hospitalier journalier (taux spécifique en psychiatrie), fixé par arrêté et non remboursé par l’Assurance Maladie.
  • Centre hospitalier de la Basse-Terre : 237 lits et places, bassin de plus de 100 000 habitants ; nouveau CHU sur la Plaine aux Abymes, programmé à 558 lits et 82 places.
  • Espérance de vie : environ 78 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes ; mortalité infantile de l’ordre de 6 pour 1 000 naissances, contre environ 3,6 en métropole (Insee).
  • Dengue : programme de surveillance par phases, fondé sur le suivi des cas confirmés et des passages aux urgences pour suspicion de dengue.
  • Leptospirose : près de 90 cas probables ou confirmés sur une année pour la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, soit une incidence d’environ 23 cas pour 100 000 habitants (Santé publique France).

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Un système national, piloté localement par la CGSS et l'ARS

La Guadeloupe est un département et une région d’outre-mer où les lois et règlements sont applicables de plein droit (article 73 de la Constitution), et la législation générale de sécurité sociale y est applicable (article L751-1 du code de la sécurité sociale). Le CLEISS précise que, dans les départements d’outre-mer, les prestations sont versées par les caisses générales de sécurité sociale (CGSS) et non par les CPAM. La CGSS de Guadeloupe assure localement les missions des branches maladie, retraite et recouvrement du régime général ; ses agences d’Assurance Maladie reçoivent sur rendez-vous (ameli.fr ou 36 46) à Basse-Terre, Capesterre-Belle-Eau, Les Abymes, Le Moule, Marie-Galante, Port-Louis, Saint-François, Sainte-Rose et Saint-Martin.

L’Agence régionale de santé (ARS) de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, installée rue des Archives à Gourbeyre (05 90 80 94 94), est chargée de l’organisation de l’offre de soins, de la veille sanitaire et de la prévention. Son projet régional de santé 2023-2028 fixe le cadre de l’offre de soins. Le guide protection sociale et santé en Guadeloupe explique le cadre juridique et les démarches d’affiliation.

Les hôpitaux publics de l'archipel

  • CHU de la Guadeloupe (route de Chauvel, 97159 Pointe-à-Pitre Cedex ; standard 05 90 89 10 10, du lundi au vendredi de 8 h à 18 h selon l’établissement) : hôpital de référence, avec ses pôles généraux, un pôle parent-enfant sur le site de Palais Royal et un centre de consultation et de recherche universitaire à Baie-Mahault. La Haute Autorité de santé publie la certification de l’établissement sur sa fiche.
  • Nouveau CHU : le site du CHU présente un nouvel établissement sur la Plaine aux Abymes, sur 19 hectares, avec un programme de 558 lits et 82 places. Les pages consultées ne détaillent pas le calendrier de transfert des services : l’adresse de chaque consultation se confirme auprès du CHU.
  • Centre hospitalier de la Basse-Terre (avenue Gaston Feuillard, 97109 Basse-Terre Cedex ; standard 05 90 80 54 54) : établissement public de médecine, chirurgie et obstétrique de 237 lits et places, organisé en deux pôles (médecine et chirurgie), seul centre hospitalier de recours du sud Basse-Terre, pour un bassin de plus de 100 000 habitants qui représente 90 % de son activité. Il est membre du groupement hospitalier de la Guadeloupe.
  • Centres hospitaliers de Marie-Galante (Sainte-Marie) et de Capesterre-Belle-Eau : établissements publics cités par l’ARS parmi les centres de vaccination publics de l’archipel. Le centre hospitalier de Marie-Galante figure aussi parmi les sources de surveillance des urgences de Santé publique France.
  • Centre hospitalier Louis-Constant Fleming : hôpital public de Saint-Martin, dans le même périmètre d’ARS, présenté dans le guide système de santé à Saint-Martin.

Urgences, numéros utiles et permanence des soins

Les numéros d’urgence nationaux (ministère de l’Intérieur) s’appliquent : 15 pour le SAMU, 17 pour la police secours, 18 pour les sapeurs-pompiers, 112 pour le numéro d’urgence européen, 114 pour les personnes sourdes, sourdes aveugles, malentendantes ou aphasiques, 196 pour le secours en mer, 31 14 pour la prévention du suicide et 32 37 pour la pharmacie de garde. L’ARS précise que la régulation hospitalière est assurée par le SAMU - Centre 15 du CHU.

Pour la permanence des soins en ville, l’ARS décrit, dans une page dédiée, un découpage en 11 secteurs de garde (6 pour la Guadeloupe et 5 pour les îles annexes, Saint-Martin et Saint-Barthélemy) et 5 maisons médicales de garde, la régulation libérale étant confiée à une association départementale des gardes, urgences et permanence des soins. Les coordonnées actuelles se confirment auprès de l’ARS. En cas de doute sur la gravité, le 15 permet d’obtenir un avis médical et une orientation.

Médecin traitant, spécialistes et parcours de soins

Comme en métropole, déclarer un médecin traitant permet d’être remboursé au taux normal. Selon la page de l’Assurance Maladie consacrée à la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion, une consultation de généraliste de secteur 1 coûte 36 € : dans le parcours de soins, 70 % sont remboursés, soit 23,20 € après la participation forfaitaire de 2 €, et il reste environ 12,80 € à charge avant complémentaire. Hors parcours, le remboursement tombe à 12,60 €. Un spécialiste de secteur 1 consulté dans le parcours est facturé 31,80 € et remboursé 20,26 €. Les médecins de secteur 2 fixent des honoraires libres, remboursés sur la base du tarif de la sécurité sociale. Les mineurs, les femmes enceintes du 6e mois à 12 jours après l’accouchement et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire n’ont pas la participation de 2 €.

Le guide remboursement des soins en Guadeloupe détaille chaque poste (hospitalisation, dentaire, optique, maternité) et chaque statut.

Médicaments et pharmacies

Les taux de remboursement des médicaments sont de 65 % pour un service médical rendu majeur ou important, de 30 % pour un service modéré et de 15 % pour un service faible ; les médicaments irremplaçables et particulièrement coûteux sont remboursés à 100 % (Assurance Maladie). Une franchise médicale de 1 € est retenue sur les boîtes de médicaments. Les pharmacies de garde s’obtiennent au 32 37, et l’ARS propose sur son site un service de recherche des pharmacies de garde. Les pharmacies figurent parmi les lieux où l’on peut se faire vacciner, avec les médecins et les infirmiers sur prescription.

Dengue, chikungunya, leptospirose, sargasses : les risques à connaître

Dengue. La dengue est suivie par Santé publique France (édition Antilles) dans le cadre d’un programme de surveillance, d’alerte et de gestion des épidémies, qui classe la situation par phases. La Guadeloupe connaît des vagues épidémiques, et l’ARS souligne que le virus continue de circuler même hors période épidémique.

Chikungunya. Santé publique France rappelle que le moustique Aedes aegypti, implanté aux Antilles, est aussi compétent pour transmettre le virus du chikungunya, avec un risque d’importation et d’instauration de chaînes locales de transmission lors d’épidémies dans d’autres territoires. La situation à jour se confirme auprès de l’ARS.

Prévention. L’ARS recommande de consulter en cas de forte fièvre en évitant l’aspirine et les anti-inflammatoires, de se protéger des piqûres (moustiquaires, répulsifs cutanés, vêtements longs, insecticides domestiques) et de supprimer les gîtes larvaires (« vider, renverser, jeter », couvrir les réserves d’eau).

Leptospirose. Santé publique France suit les cas probables ou confirmés pour la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Elle signale une recrudescence saisonnière pendant la saison des pluies et des activités à risque : jardinage, entretien d’espaces verts, randonnée, marche pieds nus en extérieur, baignade en rivière et pêche en eau douce.

Sargasses et chlordécone. Les échouements de sargasses libèrent, en se décomposant, de l’hydrogène sulfuré et de l’ammoniac, surveillés par l’ARS ; l’avis du Haut Conseil de la santé publique de juillet 2018 recommande de s’éloigner des zones touchées et de consulter en cas d’irritation, les personnes vulnérables (femmes enceintes, jeunes enfants, plus de 65 ans, asthmatiques, malades cardiovasculaires) étant invitées à la plus grande prudence. Pour le chlordécone, l’Anses indique que l’alimentation est la principale voie d’exposition et recommande de limiter à deux fois par semaine les racines et tubercules des jardins familiaux en zone contaminée, et à quatre fois par semaine les produits de la pêche issus de circuits courts.

Infections respiratoires. Santé publique France publie un bulletin régulier pour les Antilles sur la grippe, la bronchiolite et la Covid-19, avec des recrudescences saisonnières.

Vaccinations, vieillissement et évacuations sanitaires

Selon l’ARS, on peut se faire vacciner chez tout médecin libéral ou hospitalier, dans les centres de vaccination publics (Institut Pasteur de la Guadeloupe, centres hospitaliers Louis-Constant Fleming, de Sainte-Marie, de Capesterre-Belle-Eau et de Basse-Terre, centre de vaccination polyvalent et international du CHU), en pharmacie, dans les services de protection maternelle et infantile pour les enfants de moins de 7 ans, chez les infirmiers sur prescription et auprès des sages-femmes pour certains vaccins. Avant un voyage, l’ARS conseille d’anticiper au moins un mois et cite le centre médical de l’aéroport parmi les structures concernées.

Le vieillissement pèse sur la demande de soins : les 60 ans et plus représentent environ un tiers de la population, l’une des plus fortes parts des régions françaises avec la Martinique, avec un solde naturel négatif et un solde migratoire négatif, les jeunes adultes partant pour étudier ou travailler (Insee). L’espérance de vie atteint environ 78 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes.

Lorsqu’une prise en charge n’est pas possible sur place, l’Assurance Maladie peut financer le transport sur accord préalable valant prescription médicale, si l’état de santé le justifie et sous certaines conditions ; les frais de l’accompagnant le sont sous conditions, et les frais médicaux en partie ou en totalité si les conditions d’exonération sont remplies. Pendant une hospitalisation, le service social de l’établissement ou le référent de la caisse accompagne les démarches ; une aide ponctuelle de l’action sanitaire et sociale est possible. Un contrat d’assistance reste utile pour les déplacements hors de France.

Questions fréquentes

La carte Vitale fonctionne-t-elle en Guadeloupe ?

Oui. La Guadeloupe relève du régime général de l'Assurance Maladie, géré localement par la CGSS à la place d'une CPAM. Le changement d'adresse se déclare à sa caisse ; la CGSS reçoit sur rendez-vous (ameli.fr ou 36 46). Sans activité professionnelle, le formulaire S1106 permet d'ouvrir ses droits au titre de la résidence.

Quels sont les principaux hôpitaux publics de la Guadeloupe ?

Le CHU de la Guadeloupe, à Pointe-à-Pitre, et le centre hospitalier de la Basse-Terre, établissement de 237 lits et places pour un bassin de plus de 100 000 habitants. Les centres hospitaliers de Marie-Galante et de Capesterre-Belle-Eau figurent parmi les centres de vaccination publics cités par l'ARS, et le centre hospitalier Louis-Constant Fleming dessert Saint-Martin.

Quels numéros appeler en cas d'urgence ?

Le 15 pour le SAMU, le 17 pour la police secours, le 18 pour les sapeurs-pompiers, le 112 pour le numéro européen et le 196 pour le secours en mer. Le 32 37 donne accès aux pharmacies de garde, selon le ministère de l'Intérieur.

Comment la dengue est-elle suivie en Guadeloupe ?

Santé publique France et l'ARS suivent la situation chaque semaine et la classent par phases de surveillance. Le virus circule même hors période épidémique, et il faut continuer à se protéger des piqûres de moustiques.

Le chikungunya est-il présent en Guadeloupe ?

Le moustique Aedes aegypti, présent aux Antilles, est compétent pour transmettre le chikungunya, et Santé publique France souligne un risque d'importation lié aux épidémies survenues dans d'autres territoires, comme La Réunion et Mayotte. L'ARS fournit la situation à jour.

Que faire si les soins ne sont pas disponibles sur place ?

Demander à son médecin l'accord préalable pour le transport : selon l'Assurance Maladie, il vaut prescription médicale et la prise en charge dépend de l'état de santé et de conditions précises. Le référent de la caisse ou le service social de l'hôpital peut accompagner les démarches.

Où se faire vacciner en Guadeloupe ?

Chez son médecin, en pharmacie, dans les centres de vaccination publics listés par l'ARS (Institut Pasteur de la Guadeloupe, centres hospitaliers, centre polyvalent et international du CHU) ou, pour les enfants de moins de 7 ans, dans les services de protection maternelle et infantile. Pour un voyage, il est conseillé de s'y prendre au moins un mois à l'avance.

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