Santé sur place
Le système de santé en Géorgie : comment un Français accède aux soins
L’essentiel
Le système de santé géorgien repose sur un programme public de couverture universelle financé par l'impôt, sans cotisation dédiée, géré par l'Agence nationale de la santé comme payeur unique. Le secteur privé domine l'offre, avec 86 % des lits d'hôpitaux et presque tous les cabinets de soins primaires urbains, et les paiements directs des ménages restent élevés. Le programme s'adresse en premier lieu aux citoyens géorgiens, avec des extensions pour les apatrides, réfugiés et demandeurs d'asile enregistrés : un Français résident confirme son éligibilité auprès de l'Agence. France Diplomatie rappelle qu'une assurance santé et accident couvrant au moins 30 000 lari est exigée à l'entrée et recommande un contrat incluant rapatriement.
- Secteur privé : plus de 80 % des lits d’hôpitaux et la quasi-totalité des pharmacies appartiennent à des entités privées (EUAA, rapport MedCOI).
- Environ 400 lits d’hôpital pour 100 000 habitants, soit environ 15 000 lits (EUAA).
- Plus de 300 brigades d’urgence, ambulances et transferts (EUAA).
- Assurance santé et accident obligatoire à l'entrée : 30 000 lari minimum, soit environ 9 500 euros (France Diplomatie).
- Soins primaires gratuits au point d'accès ; hospitalisation et médicaments à la charge importante des patients (EUAA).
- Numéro d'urgence 112 ; permis de médicaments : jusqu'à 10 boîtes déclarées avec ordonnance détaillée (France Diplomatie).
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Organisation du système : un payeur public unique, une offre surtout privée
Selon le rapport d’information de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (EUAA) sur la Géorgie, le programme de couverture sanitaire universelle (UHCP) a été lancé en 2013 et constitue aujourd’hui le principal dispositif public de mutualisation des risques. Il est financé par le budget central, à partir des impôts généraux, sans cotisation affectée, et exécuté par l’Agence nationale de la santé (NHA), payeur unique. Un panier de prestations défini par une liste positive et une liste négative (chirurgie plastique, chirurgie bariatrique, soins à l’étranger, notamment) encadre ce qui est couvert.
L’offre de soins est dominée par le secteur privé : 86 % des lits d’hôpitaux, la quasi-totalité des structures de soins primaires urbaines et toutes les pharmacies relèvent d’entités à but lucratif. La plupart des cabinets ambulatoires privés et presque tous les hôpitaux privés participent au programme public, avec un remboursement sur tarifs convenus ; quelques grands établissements privés restent en dehors et se financent par assurance volontaire ou paiement direct. L’assurance maladie privée complète l’offre. L’EUAA estime le parc à environ 405 lits pour 100 000 habitants, soit environ 15 000 lits, avec un taux d’occupation moyen de l’ordre de 50 %, bien inférieur à la moyenne européenne de 77 %.
Assurance maladie locale : qui y a droit et comment s'affilier
Le programme s’adresse aux citoyens géorgiens, avec une extension explicite aux personnes apatrides, aux bénéficiaires du statut de réfugié ou de protection humanitaire et aux demandeurs d’asile enregistrés. Pour les services ambulatoires programmés, un document d’identité délivré par les autorités géorgiennes est demandé lors de l’inscription auprès d’un prestataire de soins primaires, avec un formulaire de consentement. La situation d’un Français titulaire d’un permis de séjour n’est pas décrite dans les sources consultées : l’éligibilité se confirme auprès de l’Agence nationale de la santé avant de compter sur le programme public.
En pratique, la plupart des résidents étrangers associent une assurance maladie privée, individuelle ou d’entreprise, à un paiement direct pour les soins courants. L’assurance santé d’au moins 30 000 lari exigée à l’entrée depuis le début de l’année 2026, rédigée en anglais ou en géorgien, répond à l’obligation de couverture pour toute la durée du séjour (France Diplomatie). Voir remboursements des soins en Géorgie et assurance santé expatrié.
Médecin de famille, spécialistes et hôpitaux
Les soins primaires constituent la porte d’entrée du système, reposant sur la médecine de famille. En ville, ils sont assurés surtout par des prestataires privés : polycliniques pour adultes et enfants, centres de médecine familiale, consultations pour femmes et centres de santé reproductive. Les bénéficiaires urbains du programme public s’inscrivent auprès d’un prestataire de soins primaires ; l’inscription dure d’abord deux mois, puis le prestataire se change tous les deux mois, et le médecin de famille oriente vers les spécialistes. Les soins primaires sont gratuits au point d’accès, mais les hospitalisations pèsent lourdement sur les dépenses des ménages, selon l’EUAA.
Les hôpitaux publics de niveau régional et national et des établissements privés assurent les soins tertiaires. Les patients qui paient eux-mêmes ou disposent d’une assurance volontaire choisissent librement leur prestataire, parfois sans passer par le médecin de famille, ce qui facilite l’accès mais complique la coordination des soins ; une lettre de garantie de l’Agence est requise pour les chirurgies non urgentes et la cancérologie financées par le programme. Les délais pour certains spécialistes réputés peuvent atteindre plusieurs mois. Un dossier médical traduit en anglais accélère la prise en charge.
Coût des soins et paiements directs
L’EUAA relève que les paiements directs des ménages représentent plus de la moitié des dépenses totales de santé, bien au-dessus de la moyenne de la région européenne de l’OMS. Les médicaments pèsent le plus (près de 70 % des paiements directs), devant l’hospitalisation (14 %) et les soins ambulatoires (11 %). Pour les services que le programme public ne couvre pas, les établissements fixent leurs propres tarifs : le coût moyen d’une consultation s’établit entre 50 et 80 lari en région, et entre 80 et 150 lari à Tbilissi.
Pour un bénéficiaire du programme, 99 % des participants ont droit à des consultations gratuites de médecin de famille, mais près de la moitié paient 30 % de participation pour les consultations de spécialistes et les examens. Depuis novembre 2022, l’hospitalisation du programme est financée par groupes homogènes de séjours, avec plafonnement des participations ; la part des participations des patients pour l’hospitalisation a nettement diminué, selon le ministre cité par l’EUAA. Un patient qui règle l’ensemble des frais paie à l’avance pour les consultations et l’hospitalisation programmée, selon la grille de l’établissement ; en urgence, l’hôpital soigne d’abord puis facture, et les frais se règlent en principe avant la sortie.
Urgences, ambulances et numéros utiles
Le numéro d’urgence 112 est celui que France Diplomatie indique dans la fiche Informations utiles ; après un accident de la route, il faut aussi appeler la police pour établir un constat. Depuis août 2020, la régulation des brigades d’urgence a été transférée du centre de commandement 112 au Centre de coordination des situations d’urgence et d’assistance urgente (ESCUAC), qui assure un service d’urgence médicale et de transport sanitaire 24 heures sur 24 pour l’ensemble de la population, hors régions occupées. La localisation par GPS permet d’envoyer la brigade disponible la plus proche et de repérer la clinique pertinente. Le pays compte plus de 300 brigades, ambulances et transferts, avec plus de 1 100 personnels (EUAA).
Le programme vertical d’urgence couvre les citoyens géorgiens et les personnes résidant en permanence en Géorgie. Pour les autres, et pour tout transport vers un hôpital privé, l’assurance du voyageur ou du résident prend le relais ; l’ambassade de France (51a rue Krtsanissi, Tbilissi) ne peut pas régler de frais médicaux. Le guide rapatriement et assistance présente ces garanties.
Médicaments et pharmacies
Les pharmacies appartiennent toutes à des entités privées. Les médicaments délivrés en ambulatoire sont à la charge du patient, sauf s’ils figurent sur la liste limitée, mais en extension, des médicaments essentiels pour malades chroniques couverts par le programme, ou s’ils relèvent d’une assurance. Les dépenses de médicaments en ambulatoire dominent les paiements directs des ménages (EUAA). Pour voyager avec ses médicaments, France Diplomatie fixe des règles précises : jusqu’à dix boîtes pour usage personnel, déclarées à l’arrivée avec l’ordonnance détaillée en dénomination commune internationale et une traduction anglaise certifiée, pour la durée du séjour ; les benzodiazépines et les opioïdes, codéine comprise, ne peuvent entrer sans dossier complet à la douane.
France Diplomatie conseille de n’emporter que le nécessaire, dans l’emballage d’origine, de vérifier que chaque médicament est autorisé en Géorgie et de ne jamais acheter de médicaments auprès de vendeurs de rue. La législation sur les stupéfiants est parmi les plus sévères, avec des peines de 5 à 20 ans de prison.
Risques sanitaires et vaccinations
France Diplomatie recommande de maintenir à jour les vaccins habituels (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, rougeole). Selon la durée et les conditions de séjour, elle cite les vaccins contre l’hépatite A, la typhoïde, l’hépatite B (séjours fréquents ou longs), la rage (jeunes enfants, zones rurales), la tuberculose (enfants de moins de 15 ans en séjour long ou fréquent) et le mpox en cas d’exposition.
Les risques sont la typhoïde, liée à l’eau et aux aliments contaminés ; la rage, avec de nombreux chiens errants, y compris à Tbilissi, dont certains porteurs, ce qui impose de consulter immédiatement après tout contact, même vacciné ; la grippe zoonotique, dont les cas humains sont exceptionnels ; et la tuberculose. Il convient aussi de se protéger des moustiques, de la chaleur, du soleil et de la pollution, et de rester prudent sur la route et dans l’eau. La fiche Sécurité rappelle que le pays se situe en zone sismique et que les frais de secours en montagne sont à la charge du voyageur. Voir aussi vivre en Géorgie.
Repères de l'organisation des soins
| Élément | Situation | Source |
|---|---|---|
| Financement public | Impôts généraux, sans cotisation affectée ; Agence nationale de la santé comme payeur unique | EUAA |
| Offre hospitalière | 86 % des lits dans le privé ; environ 405 lits pour 100 000 habitants | EUAA |
| Soins primaires | Médecin de famille ; inscription auprès d'un prestataire ; gratuits au point d'accès | EUAA |
| Urgences | Service 24 h/24 régulé par l'ESCUAC ; plus de 300 brigades | EUAA |
| Médicaments en ambulatoire | À la charge du patient, sauf liste limitée ou assurance | EUAA |
| Assurance à l'entrée | Santé et accident, au moins 30 000 lari, en anglais ou en géorgien | France Diplomatie |
Sources : EUAA (rapport MedCOI sur la Géorgie) et France Diplomatie. L'éligibilité d'un étranger résident au programme public se confirme auprès de l'Agence nationale de la santé.
Questions fréquentes
Un Français peut-il bénéficier du programme public de santé géorgien ?
Le programme s'adresse en priorité aux citoyens géorgiens et à certaines catégories de personnes enregistrées. L'éligibilité d'un Français résident se confirme auprès de l'Agence nationale de la santé ; la plupart des résidents étrangers recourent à une assurance privée.
Quel numéro appeler en cas d'urgence ?
Le 112. Le service d'urgence médicale est régulé par un centre national disponible 24 heures sur 24.
Les hôpitaux sont-ils publics ou privés ?
Le privé domine, avec 86 % des lits d'hôpitaux selon l'EUAA ; la plupart des établissements privés participent au programme public pour ses bénéficiaires.
Faut-il une assurance pour entrer en Géorgie ?
Oui : une assurance santé et accident valable pour tout le séjour, en anglais ou en géorgien, couvrant au moins 30 000 lari (environ 9 500 euros), selon France Diplomatie.
Peut-on voyager avec ses médicaments français ?
Oui, jusqu'à dix boîtes pour usage personnel, déclarées avec l'ordonnance détaillée en dénomination commune internationale et une traduction anglaise certifiée ; benzodiazépines et opioïdes sont très encadrés.
Quels vaccins prévoir ?
Les vaccins habituels doivent être à jour ; selon le séjour, un médecin peut ajouter hépatite A, typhoïde, hépatite B, rage, tuberculose pour les enfants et mpox en cas d'exposition.
Les autres guides : Géorgie
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
