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Espagne · Remboursements des soins

Remboursement des soins en Espagne : qui paie quoi selon votre situation

L’essentiel

En Espagne, le remboursement des soins dépend du régime qui vous couvre : régime français maintenu pour un salarié détaché (formulaire A1), Seguridad Social espagnole pour un contrat local ou un autónomo, assurance maladie espagnole financée par la France pour un retraité titulaire du S1, CEAM pour un séjour temporaire. Dans le système public, consultations et hospitalisation sont gratuites ; les médicaments donnent lieu à une participation réformée le 14 mai 2026 ; le dentaire reste en grande partie à la charge du patient. Les offres privées et la CFE complètent ce socle selon le profil. Le tableau récapitulatif ci-dessous résume chaque cas.

  • Détaché : régime français maintenu jusqu'à 24 mois avec le formulaire A1, frais remboursés selon les tarifs français ou prise en charge locale via le S1.
  • Retraité à pension française : formulaire S1 à demander à sa caisse de retraite avant le départ, puis inscription auprès de l'INSS.
  • CEAM : soins médicalement nécessaires dans le secteur public aux conditions d'un assuré espagnol, à demander 15 à 20 jours avant le départ.
  • Convenio especial : 60 € par mois avant 65 ans, 157 € à partir de 65 ans, après un an de résidence continue.
  • Médicaments : 40 % à 60 % du prix pour un actif selon le revenu, 10 % pour la plupart des pensionnés, avec plafonds mensuels (RDL 11/2026).
  • Maternité : 19 semaines de congé par parent, dont 6 obligatoires après la naissance.

Le principe : un seul régime à la fois, déterminé par l'activité

Dans l’Union européenne, les règles de coordination désignent une seule législation de sécurité sociale applicable. Le règlement (CE) 883/2004 (article 11, paragraphe 3) pose trois règles de base : la personne qui exerce une activité salariée ou non salariée relève de la législation de l’État où elle travaille ; le fonctionnaire relève de la législation de l’État dont dépend l’administration qui l’emploie ; toute autre personne relève de la législation de son État de résidence. L’article 12 prévoit une exception pour le détachement de durée prévisible n’excédant pas 24 mois.

Trois outils portables prouvent les droits : le formulaire A1 (législation applicable), le formulaire S1 (droit aux soins dans l’État de résidence) et la CEAM (soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire). Le glossaire détaille le formulaire A1, le formulaire S1 et la CEAM. Pour le fonctionnement du système public, voir le système de santé en Espagne.

Salarié détaché : le régime français est maintenu

Le salarié envoyé par son employeur français en Espagne conserve la sécurité sociale française grâce au formulaire A1, pour une durée maximale de 24 mois, prolongeable sur accord entre les deux États. Le CLEISS indique deux options lorsque le détaché réside en Espagne : demander le formulaire S1 pour s’inscrire auprès de l’assurance maladie locale, ou demander à sa caisse française le remboursement des frais réels sur factures acquittées, dans la limite des tarifs français. Le détaché qui continue de résider en France se munit de la CEAM pour accéder aux soins du système public espagnol aux mêmes conditions que les assurés locaux.

Pour la famille, les droits dépendent du lieu de résidence et de l’activité du conjoint : les ayants droit peuvent bénéficier de la couverture locale ou d’un remboursement français. En cas de perte d’emploi, les périodes d’emploi en France comme détaché sont prises en compte via le document portable U1. Le guide détaché ou expatrié complète ce point, et la page détaché définit le statut.

Contrat local, autónomo et fonctionnaire

Contrat local. Le salarié embauché par un employeur espagnol s’affilie automatiquement au régime local. Selon l’Assurance Maladie, il déclare son changement de résidence hors de France dans le mois et restitue sa carte Vitale et sa CEAM. Sa couverture est celle d’un assuré espagnol : accès au système public, indemnités journalières (60 % de la base du 4e au 20e jour, 75 % à partir du 21e) et congé de naissance. S’il réside en France tout en travaillant en Espagne, un S1 est à demander à sa caisse locale. Voir aussi contrat local.

Autónomo. L’indépendant affilié au régime RETA bénéficie de la même couverture publique que le salarié et d’une indemnité d’incapacité temporaire (jusqu’à 365 jours). La page travailler en Espagne décrit les cotisations 2026.

Fonctionnaire français. En application de l’article 11, paragraphe 3, point b du règlement 883/2004, un fonctionnaire est soumis à la législation de l’État membre dont relève l’administration qui l’emploie. Un agent titulaire d’une administration française affecté en Espagne reste donc rattaché au régime français ; pour un contractuel ou un recruté local, c’est le statut précis qui détermine le régime (français ou espagnol). L’attestation de l’employeur et le service gestionnaire de l’agent confirment la situation avant le départ, y compris pour les ayants droit résidant en Espagne.

Retraité à pension française : formulaire S1

Un retraité du régime français qui s’installe durablement en Espagne demande le formulaire E 121/S1 à sa caisse de retraite avant le départ ; chaque membre de la famille qui l’accompagne reçoit son propre S1. Le document est ensuite présenté à l’INSS pour être inscrit au système de santé espagnol. Vous recevez alors les soins selon la législation et les modalités espagnoles. Un séjour temporaire en France rétablit pleinement les droits français (carte Vitale ou demande de remboursement à l’ancienne caisse) ; pour un déplacement dans un autre pays européen, la CEAM se demande au moins 15 jours avant le départ.

Pour un polypensionné (pensions de France et d’Espagne), l’Assurance Maladie précise que les soins relèvent de l’État de résidence. La participation aux médicaments d’un pensionné espagnol est de 10 % du prix avec un plafond mensuel de 8,23 € à 18,52 € selon le revenu (jusqu’à 60 % et 61,75 € à partir de 100 000 €). Le guide formulaire S1 : mode d’emploi et la page retraite en Espagne détaillent la démarche.

Étudiant, conjoint et personne sans activité

Étudiant. Pour une période d’études, le CLEISS distingue trois cas. Séjour temporaire : l’affiliation française reste active et la CEAM couvre les soins médicalement nécessaires dans le public aux conditions locales. Installation de résidence à l’étranger : la couverture française prend fin et l’étudiant s’inscrit dans le système local ou souscrit une assurance privée. Étudiant salarié : affiliation locale par l’emploi. Voir assurance étudiant à l’étranger et Erasmus et échanges.

Conjoint ou personne sans activité. Plusieurs voies existent. Le conjoint et les enfants à charge de moins de 26 ans d’un assuré espagnol sont ayants droit. Une personne sans couverture peut souscrire le convenio especial du ministère de la Santé : 60 € par mois avant 65 ans, 157 € à partir de 65 ans, avec une résidence effective continue d’au moins un an (les périodes passées dans d’autres pays européens comptent). Il donne accès aux prestations de base du SNS ; la participation aux médicaments, les orthèses, les produits diététiques et le transport non urgent restent à la charge du patient. Une assurance privée ou la CFE offrent d’autres solutions.

Adhérent CFE, assurance au 1er euro et séjour temporaire

Adhérent CFE. La Caisse des Français de l’Étranger propose une assurance maladie volontaire dont la cotisation suit un barème par âge : au barème d’avril 2026, de 180 € (moins de 25 ans) à 909 € (70 ans et plus) par trimestre en formule individuelle. L’Assurance Maladie rappelle que la CFE ne dispense pas de cotiser au régime du pays lorsque l’on y travaille. Pour la base de remboursement et le reste à charge, voir remboursements CFE et cotisations CFE.

Assurance privée au 1er euro. Un contrat de santé internationale prend en charge les frais dès le premier euro, dans les établissements privés comme publics, avec une prise en charge directe possible dans un réseau de soins. Les garanties, plafonds et exclusions se comparent contrat par contrat : voir assurance santé expatrié, et le glossaire 1er euro.

Séjour temporaire. Avec la CEAM, la personne bénéficie de la même couverture que les assurés locaux dans les établissements du SNS, sans avance de frais pour les consultations et hospitalisations. Les médecins et cliniques privés n’acceptent pas la CEAM et facturent l’intégralité. Sans CEAM, le formulaire S3125 permet, au retour, de demander un remboursement selon les tarifs espagnols ou français (dans la limite des frais réels) ; les arrêts de travail délivrés en Espagne parviennent à l’assureur français sous 48 heures. La CEAM se demande 15 à 20 jours avant le départ.

Par poste de soins : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation. Gratuite dans le public pour un assuré, sans avance de frais avec la CEAM. Dans le privé, les honoraires sont libres et restent à la charge du patient, sauf contrat privé ou remboursement français sur frais réels.
  • Hospitalisation. Gratuite dans le secteur public, hôpital attribué selon le lieu de résidence (sauf urgence). Dans le privé, une nuit coûte de l’ordre de 250 € selon les relevés disponibles.
  • Médicaments (copago). Participation selon le décret-loi royal 11/2026, en vigueur depuis le 14 mai 2026 : de 40 % à 60 % du prix pour un actif (40 % sous 18 000 € de revenu, 45 % de 18 000 à 59 999 €, 50 % de 60 000 à 99 999 €, 60 % à partir de 100 000 €), avec des plafonds mensuels de 8,23 €, 18,52 € et 61,75 € pour les revenus inférieurs à 35 000 €. Gratuité pour certaines catégories (personnes en situation de handicap, victimes d’accident du travail, chômeurs en fin de droits).
  • Dentaire. Le CLEISS précise que la plupart des soins dentaires restent hors de la couverture publique ; un budget et un contrat privé adapté facilitent l’accès aux soins courants.
  • Optique. Aucun barème public chiffré n’est détaillé par le CLEISS : à budgéter comme un poste privé, avec une garantie dédiée si elle existe dans le contrat.
  • Maternité. Soins de grossesse et accouchement dans le système public ; congé de 19 semaines par parent, dont 6 obligatoires juste après la naissance (32 semaines pour une famille monoparentale).

Retour en France

En cas de retour définitif, l’Assurance Maladie indique de déposer le formulaire S1106 auprès de la caisse française pour rétablir l’ouverture des droits. Les démarches, la protection universelle maladie (PUMA) et le délai de carence éventuel sont détaillés dans assurance retour en France et dans le guide réduire le délai de carence. Anticiper ce retour avant le départ d’Espagne (attestations de fin de droits, S1) fluidifie la reprise.

Tableau récapitulatif : qui rembourse selon votre situation

SituationRégime qui couvreDocument cléSoins en Espagne
Salarié détachéRégime français maintenu (24 mois au plus)Formulaire A1 ; S1 pour l'inscription localePublic via le S1, ou frais réels remboursés au tarif français
Contrat localSeguridad Social espagnoleAffiliation et carte sanitairePublic gratuit ; médicaments avec participation
Autónomo (RETA)Seguridad Social espagnoleAffiliation auprès de la TGSSMêmes droits que le salarié ; indemnité jusqu'à 365 jours
Fonctionnaire françaisRégime de l'administration employeuseAttestation de l'employeurSelon le statut (titulaire, contractuel, recruté local)
Retraité, pension françaiseAssurance maladie espagnole au titre de la pension françaiseFormulaire S1, inscription à l'INSSPublic ; médicaments à 10 % avec plafond mensuel
ÉtudiantAffiliation française si séjour temporaireCEAMPublic aux conditions locales
Conjoint ou sans activitéAyant droit, convenio especial ou assurance privéeDocument de droit (DAD) ou convenio (60 € ou 157 € par mois)Public (prestations de base) ou privé
Adhérent CFECFE (adhésion volontaire)Contrat CFERemboursement sur barème CFE, public ou privé
Assurance au 1er euroAssureur privéContrat de santé internationaleRéseau privé, prise en charge directe possible
Séjour temporaireRégime françaisCEAM (ou S3125 au retour)Secteur public uniquement
Retour en FranceAssurance maladie françaiseFormulaire S1106 ; PUMASoins en France

Sources : CLEISS, Assurance Maladie, ministère espagnol de la Santé, BOE. Situation consultée le 01/10/2026 ; vérifier son cas auprès de sa caisse.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre la CEAM et le formulaire S1 ?

La CEAM couvre les soins médicalement nécessaires pendant un séjour temporaire dans un autre pays européen. Le formulaire S1 atteste d'un droit aux soins dans l'État de résidence pour une personne qui y vit durablement (retraité, détaché, ayant droit) et permet l'inscription auprès de l'assurance maladie locale.

La carte Vitale fonctionne-t-elle en Espagne ?

Non, elle sert en France. En Espagne, un séjour temporaire s'appuie sur la CEAM (carte européenne), qui permet d'accéder au système public aux conditions des assurés locaux. Pour une installation durable, c'est la carte sanitaire espagnole qui donne accès aux soins.

Comment se faire rembourser des soins payés en Espagne ?

Pour un séjour temporaire sans CEAM, le formulaire S3125 permet de demander à sa caisse française, au retour, un remboursement selon les tarifs espagnols ou français dans la limite des frais réels. Un salarié détaché peut demander à sa caisse le remboursement sur factures acquittées, dans la limite des tarifs français.

Un retraité français est-il couvert en Espagne ?

Oui, en demandant le formulaire S1 à sa caisse de retraite avant le départ, puis en l'inscrivant auprès de l'INSS. Il reçoit alors les soins du système espagnol. Un séjour temporaire en France rétablit ses droits français.

Que couvre le convenio especial en Espagne ?

Il donne accès aux prestations de base du système national de santé (prévention, diagnostic, traitement, rééducation, transport sanitaire d'urgence) pour 60 € par mois avant 65 ans et 157 € à partir de 65 ans, après un an de résidence continue. La participation aux médicaments reste à la charge du patient.

Les soins dentaires et l'optique sont-ils remboursés en Espagne ?

Le CLEISS indique que la plupart des soins dentaires sont hors de la couverture publique. Aucun barème public chiffré n'est détaillé pour l'optique : ces postes relèvent surtout du secteur privé et d'un contrat adapté.

Quelle part des médicaments reste à charge en Espagne ?

Depuis le 14 mai 2026 (décret-loi royal 11/2026), un actif paie de 40 % à 60 % du prix selon son revenu annuel, avec des plafonds mensuels pour les revenus inférieurs à 35 000 € ; la plupart des pensionnés paient 10 %, avec un plafond mensuel de 8,23 € à 18,52 € selon le revenu.

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