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Espagne · Prendre sa retraite

Prendre sa retraite en Espagne : séjour, santé, impôts et budget

L’essentiel

Un retraité français s'installe en Espagne en vertu de la libre circulation européenne : il demande le certificat d'enregistrement de citoyen de l'Union au-delà de trois mois, avec des ressources suffisantes et une couverture maladie. Côté santé, le formulaire S1, à obtenir auprès de sa caisse de retraite avant le départ, l'inscrit au système de santé espagnol. Côté impôts, la convention fiscale franco-espagnole de 1995 attribue l'imposition des pensions privées et de sécurité sociale à l'Espagne, État de résidence, alors que les pensions du secteur public restent imposables en France. Le niveau des prix reste inférieur à celui de la France (90,7 contre 107,9 en 2024, UE27 = 100).

  • Résidence permanente après 5 ans de séjour légal continu ; certificat d'enregistrement à demander dans les 3 mois suivant l'arrivée.
  • Formulaire S1 individuel, délivré par la caisse de retraite avant le départ, pour chaque membre de la famille concerné.
  • Pensions privées et de sécurité sociale : imposables dans l'État de résidence (article 18 de la convention de 1995).
  • Pensions du secteur public : imposables en France (article 19), avec élimination de la double imposition en Espagne.
  • Barème d'État de l'IRPF : de 9,5 % à 24,5 %, auquel s'ajoute l'échelle de la communauté autonome.
  • Niveau de prix de la consommation individuelle : 90,7 en Espagne contre 107,9 en France (Eurostat, 2024).

Repères économiques : Espagne

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+2,8 %
Inflation
2,7 %
Taux de chômage
10,4 %
PIB par habitant
38 627 $
Population
49,4 millions
Monnaie
Euro
pas de frais de change

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit de séjour du retraité européen

Un Français peut séjourner en Espagne jusqu’à trois mois avec une simple pièce d’identité. Au-delà, le droit européen prévoit que le retraité dispose de ressources suffisantes et d’une couverture maladie. L’inscription se fait en personne, dans les trois mois suivant l’arrivée, auprès du bureau des étrangers de la province ou du commissariat : formulaire EX18, preuve de paiement de la taxe (modèle 790, code 012) et justificatifs de ressources et d’assurance. Le certificado de registro de ciudadano de la Unión est délivré immédiatement et mentionne le NIE.

Après cinq ans de séjour légal continu, le retraité peut demander la résidence permanente. L’inscription au registre municipal (empadronamiento) vient ensuite, et sert à de nombreuses démarches, dont la carte sanitaire. L’ensemble des papiers est décrit dans vivre en Espagne.

Santé du retraité : le formulaire S1

Selon l’Assurance Maladie (page mise à jour le 13 janvier 2026), un retraité du régime français qui s’installe dans un pays de l’Union demande le formulaire E 121/S1 à sa caisse de retraite avant le départ. Le document est individuel : chaque membre de la famille qui accompagne le retraité reçoit le sien, ainsi qu’une CEAM propre. Le S1 est ensuite présenté à l’INSS (Institut national de la sécurité sociale) qui inscrit le retraité dans le système de santé espagnol ; la carte sanitaire est délivrée par la communauté autonome de résidence.

Le retraité bénéficie alors des soins du système public selon les règles espagnoles (voir le système de santé espagnol). Un séjour temporaire en France rétablit pleinement les droits français ; pour un voyage dans un autre pays européen, la CEAM se demande au moins 15 jours avant le départ. Les titulaires du S1 n’ont pas à souscrire le convenio especial (60 € par mois avant 65 ans, 157 € à partir de 65 ans), réservé aux personnes sans couverture.

La situation évolue si le retraité perçoit aussi une pension espagnole (polypensionné) : l’Assurance Maladie indique alors que les soins relèvent de l’État de résidence. La reprise d’une activité en Espagne rattache également à l’affiliation locale, comme le décrit le CLEISS pour les retraités qui complètent leur pension par un emploi.

Côté médicaments, la plupart des pensionnés espagnols paient 10 % du prix, avec un plafond mensuel de 8,23 € sous 18 000 € de revenu, 13,37 € de 18 000 à 59 999 € et 18,52 € de 60 000 à 99 999 € (décret-loi royal 11/2026, en vigueur depuis le 14 mai 2026). Le guide formulaire S1 : mode d’emploi et le détail des cas dans remboursement des soins en Espagne complètent cette partie.

Fiscalité de la pension : la convention franco-espagnole

La convention du 10 octobre 1995 entre la France et l’Espagne répartit le droit d’imposer. Son article 18 prévoit que les pensions et autres rémunérations similaires, payées à un résident d’un État au titre d’un emploi antérieur, ne sont imposables que dans cet État. Un retraité résident en Espagne déclare donc en Espagne ses retraites de base, complémentaires et privées.

L’article 19, paragraphe 2, traite des pensions publiques : les pensions payées par un État, une collectivité territoriale ou une personne morale de droit public au titre de services rendus à cet État ne sont imposables que dans l’État qui les verse. Le retraité de la fonction publique française reste donc imposable en France pour cette pension. Exception : si le bénéficiaire est résident de l’autre État et en possède la nationalité sans avoir celle du premier, la pension est imposable seulement dans l’État de résidence.

L’article 24 évite la double imposition : l’Espagne accorde au résident une déduction sur son impôt espagnol d’un montant égal à l’impôt payé en France sur les revenus imposables en France, dans la limite de la part d’impôt espagnol correspondante. L’article 23 répartit l’imposition de la fortune ; l’impôt espagnol sur le patrimoine dépend, lui, des règles de chaque communauté autonome.

Les prélèvements sociaux applicables à la pension française d’un retraité résidant à l’étranger relèvent de règles propres : la caisse de retraite renseigne sur les retenues applicables à la pension. Un conseiller fiscal ou le service des impôts des non-résidents confirme l’ensemble avant l’installation.

L'impôt espagnol sur le revenu (IRPF)

Selon l’article 9 de la loi espagnole sur l’IRPF, une personne est résidente fiscale en Espagne lorsqu’elle y séjourne plus de 183 jours dans l’année ou lorsque le centre principal de ses activités ou de ses intérêts économiques s’y trouve. Le résident est imposé sur l’ensemble de ses revenus, quelle que soit leur origine, et dépose une déclaration annuelle auprès de l’administration fiscale espagnole (AEAT).

Le barème d’État (article 63) applique, sur la base imposable générale, 9,5 % jusqu’à 12 450 €, 12 % de 12 450 à 20 200 €, 15 % de 20 200 à 35 200 €, 18,5 % de 35 200 à 60 000 €, 22,5 % de 60 000 à 300 000 € et 24,5 % au-delà. Chaque communauté autonome ajoute son échelle (article 74) : à progressivité comparable, le taux total se situe en pratique entre 19 % et 47 %, avec des écarts selon la région. Un mécanisme de minimum personnel et familial vient en déduction. Une simulation personnalisée, réalisée avec les pièces de l’année, reste le meilleur moyen d’anticiper l’impôt effectif.

Pour bénéficier de la convention, le retraité justifie de sa résidence fiscale en Espagne par une attestation délivrée par l’administration espagnole et la communique aux organismes payeurs français.

Coût de la vie du retraité en Espagne

Eurostat (base UE27 = 100, 2024) mesure un niveau de prix de 90,7 en Espagne contre 107,9 en France pour la consommation individuelle ; 96,5 contre 122,5 pour le logement, l’eau, l’électricité et le gaz ; 83,9 contre 110,0 pour les restaurants et hôtels. Une pension française s’y convertit donc en pouvoir d’achat supplémentaire, notamment pour les loisirs, la restauration et l’énergie.

Le budget moyen d’un ménage espagnol atteint 35 101 € en 2025 (INE), dont 33,2 % pour le logement, l’eau et l’énergie et 16,0 % pour l’alimentation. Deux évolutions invitent à la prudence : les prix du logement ont augmenté de 12,2 % en un an au 2e trimestre 2026, ce qui plaide pour louer d’abord avant d’acheter, et l’inflation affiche 4,9 % en septembre 2026 selon l’indicateur avancé de l’INE. Un budget santé complémentaire, évalué avec le guide budget santé à l’étranger, sécurise le tout.

Quelles villes pour une retraite en Espagne ?

  • Alicante et la Costa Blanca : destination historique des retraités européens, climat doux, communauté francophone et accès aérien.
  • Málaga et la Costa del Sol : forte communauté étrangère, offre de services en plusieurs langues. En santé publique, les délais chirurgicaux moyens atteignent 173 jours en Andalousie fin 2025, ce qui conduit beaucoup de résidents à compléter par une assurance privée.
  • Valence : ville côtière de taille humaine, desservie par les transports et riche en équipements culturels.
  • Madrid : offre hospitalière dense et délai chirurgical moyen de 50 jours fin 2025, l’un des plus courts d’Espagne.
  • Baléares et Canaries : climat et cadre de vie recherchés, avec des marchés immobiliers tendus ; une visite en basse saison éclaire le choix.

Le choix de la région a un effet réel sur l’accès aux soins et sur le budget : les communautés autonomes gèrent la santé et fixent leur échelle d’impôt sur le revenu. Les repères détaillés par ville se trouvent dans vivre en Espagne.

Les démarches pas à pas

  1. Avant le départ : demander à la caisse de retraite le formulaire S1, pour le retraité et pour chaque ayant droit.
  2. Prévenir les organismes français (caisse de retraite, impôts, Assurance Maladie) du changement de résidence.
  3. À l’arrivée : demander le certificat d’enregistrement de citoyen de l’Union et le NIE dans les trois mois.
  4. S’inscrire au registre municipal (empadronamiento) et obtenir le volante correspondant.
  5. Présenter le S1 à l’INSS, puis demander la carte sanitaire à son centre de santé.
  6. S’inscrire au registre des Français établis hors de France auprès du consulat compétent.
  7. Ouvrir un compte bancaire et vérifier le versement de la pension sur celui-ci.
  8. Déclarer ses revenus en Espagne (IRPF) et conserver l’attestation de résidence fiscale.

Les caisses de retraite demandent périodiquement une preuve d’existence ; cette formalité se prépare dès l’installation. Pour une couverture complémentaire adaptée aux retraités, voir assurance retraite à l’étranger, le guide retraite et expatriation et la fiche assurance santé expatrié en Espagne.

Fiscalité d'une pension française pour un résident d'Espagne

Type de pensionOù est-elle imposable ?Règle de la convention de 1995
Retraite de base et complémentaire, retraite privéeEn Espagne (État de résidence)Article 18
Retraite de la fonction publique (État, collectivités, établissements publics)En France (État qui verse la pension)Article 19, paragraphe 2 a
Pension publique d'un résident d'Espagne de nationalité espagnole uniquementEn EspagneArticle 19, paragraphe 2 b
Impôt payé en France sur un revenu imposable en FranceDéduit de l'impôt espagnol, dans la limite de la part correspondanteArticle 24, paragraphe 2 a

Source : convention fiscale France-Espagne du 10 octobre 1995, version consolidée (impots.gouv.fr). Information générale, à confirmer avec un conseiller fiscal.

Questions fréquentes

Comment prendre sa retraite en Espagne quand on est français ?

Un Français s'installe librement. Au-delà de trois mois, il demande le certificat d'enregistrement de citoyen de l'Union (avec le NIE), justifie de ressources suffisantes et d'une couverture maladie, demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite avant le départ, s'inscrit à l'INSS et au registre municipal, puis déclare ses revenus en Espagne.

Comment sont imposées les retraites en Espagne pour un Français résident ?

Selon la convention franco-espagnole de 1995 (article 18), les pensions privées et de sécurité sociale sont imposables dans l'État de résidence, donc en Espagne, à l'IRPF. Les pensions de la fonction publique française restent imposables en France (article 19), l'Espagne éliminant la double imposition.

Quel est le taux de l'impôt sur le revenu en Espagne pour un retraité ?

Le barème d'État de l'IRPF va de 9,5 % (jusqu'à 12 450 €) à 24,5 % (au-delà de 300 000 €) ; la communauté autonome ajoute sa propre échelle, ce qui donne en pratique un taux total compris entre 19 % et 47 % selon le niveau de revenu et la région.

Un retraité français est-il couvert en Espagne avec le formulaire S1 ?

Oui. Le S1, délivré par la caisse de retraite française avant le départ, est présenté à l'INSS : le retraité accède alors au système de santé espagnol selon les règles locales. Chaque ayant droit a son propre S1. Un séjour temporaire en France rétablit les droits français.

Combien coûte la vie en Espagne pour un retraité ?

Le niveau de prix de la consommation individuelle est de 90,7 en Espagne contre 107,9 en France (UE27 = 100, Eurostat 2024), avec 96,5 contre 122,5 pour le logement et l'énergie. Le budget réel dépend de la ville ; les prix du logement progressent de 12,2 % sur un an (2e trimestre 2026) et l'inflation atteint 4,9 % en septembre 2026.

À partir de quand est-on résident fiscal en Espagne ?

Dès que l'on séjourne plus de 183 jours dans l'année en Espagne, ou lorsque le centre principal de ses activités ou de ses intérêts économiques s'y trouve (article 9 de la loi sur l'IRPF). Le résident est imposé sur ses revenus mondiaux.

Peut-on rester affilié à une mutuelle ou à la CFE en prenant sa retraite en Espagne ?

Oui, des solutions complémentaires existent : l'adhésion volontaire à la CFE ou une assurance de santé internationale, utiles pour l'accès au secteur privé et pour les soins hors du périmètre public. Le S1 reste l'outil de base pour la couverture publique.

Les autres guides : Espagne