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Chine · Travailler et économie

Travailler en Chine quand on est français : permis de travail, salaires, impôt, assurance sociale et économie

L’essentiel

Un Français travaille légalement en Chine avec un visa Z, un permis de travail et un permis de résidence, délivrés dans le cadre d'une classification en trois catégories : A pour les talents de haut niveau, B pour les professionnels, C pour les autres profils, selon un système de points. Le salaire mensuel minimal atteint 2 740 yuans à Shanghai et 2 540 yuans à Pékin, et l'impôt sur le revenu va de 3 % à 45 % pour un résident fiscal, c'est-à-dire une personne présente 183 jours ou plus dans l'année. Le salarié étranger employé par une entité chinoise est affilié aux cinq assurances sociales chinoises ; l'accord franco-chinois de sécurité sociale, signé en 2016, n'est pas encore en vigueur et n'ouvre donc aucune dispense à ce jour. L'économie chinoise, avec une croissance de 5,0 % en 2025, reste ouverte aux investisseurs étrangers, notamment dans l'industrie manufacturière.

  • 3 catégories de permis de travail : A (talents de haut niveau), B (professionnels) et C (autres étrangers), selon un barème de points où le salaire pèse jusqu'à 20 points (gouvernements de Shanghai et de Pékin).
  • 2 740 yuans par mois à Shanghai (environ 362 €) et 2 540 yuans à Pékin (environ 335 €) : salaires minimaux en vigueur depuis le 1er juillet 2025 et le 1er septembre 2025.
  • 3 % à 45 % : barème progressif de l'impôt sur le revenu des résidents, après un abattement annuel de 60 000 yuans (environ 7 920 €) et les déductions autorisées (administration fiscale d'État).
  • 183 jours : seuil de présence qui fait d'un étranger un résident fiscal imposable sur ses revenus mondiaux, sous réserve de la règle des six ans (administration fiscale d'État).
  • 5 assurances sociales obligatoires (retraite, maladie, accidents du travail, chômage, maternité), à déclarer dans les 30 jours de la délivrance du titre d'emploi (ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale).
  • 29 restrictions seulement dans la liste négative nationale des investissements étrangers, entrée en vigueur le 1er novembre 2024, avec zéro restriction dans l'industrie manufacturière (NDRC, ministère du Commerce).

Repères économiques : Chine

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+5,0 %
Inflation
0,1 %
Taux de chômage
4,6 %
PIB par habitant
13 862 $
Population
1,41 milliards
Change
1 € = 7,575 CNY
yuan, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Le cadre légal : visa Z, permis de travail et permis de résidence

La page de service du gouvernement de Pékin le résume ainsi : un étranger qui entre en Chine ne travaille qu’après avoir obtenu le permis de travail et le permis de résidence. Le parcours type commence par une lettre de notification délivrée à l’issue de l’examen du dossier de l’employeur et du candidat, puis par le visa Z, demandé à l’étranger auprès d’un centre de visas chinois, enfin par le permis de travail et le permis de résidence de type travail obtenus sur place. Une prolongation, un remplacement ou une annulation du permis suivent des procédures dédiées, et un système en ligne centralise les démarches.

Les formalités d’entrée, l’enregistrement du logement à la police et les frais du permis de résidence sont détaillés dans la page vivre en Chine. Avant de signer, vérifiez que le contrat nomme une entité enregistrée en Chine, car c’est elle qui porte la demande de permis et les déclarations d’assurance sociale. Le guide travailler à l’étranger complète la check-list du contrat.

Catégories A, B et C et système de points

Depuis 2017, les étrangers qui travaillent en Chine sont classés en trois catégories. Les talents de haut niveau (A) réunissent les scientifiques, les experts technologiques, les entrepreneurs internationaux et les profils très recherchés : ils bénéficient d’un traitement accéléré. Les professionnels (B) sont des spécialistes répondant au catalogue de référence des métiers et aux conditions du poste. La catégorie C regroupe, selon la page de Pékin, les stagiaires internationaux, les jeunes étrangers remarquables, les représentants d’institutions, les conjoints de citoyens chinois et les salariés de multinationales.

Le système de points départage les candidats : le niveau de rémunération, la formation et l’expérience professionnelle comptent chacun jusqu’à 20 points ; la durée annuelle de travail en Chine jusqu’à 15 points, l’âge jusqu’à 15 points, la zone d’emploi jusqu’à 10 points, la maîtrise du chinois jusqu’à 5 points. Un salaire annuel d’au moins 450 000 yuans (environ 59 400 €) rapporte le maximum de 20 points et un salaire inférieur à 50 000 yuans (environ 6 600 €) aucun. Les seuils sont de 85 points et plus pour la catégorie A (le gouvernement de Shanghai écrit 86 sur une page de questions), de 60 à 85 points pour la catégorie B et de 59 points et moins pour la catégorie C. Une rémunération de six fois le salaire moyen régional ouvre aussi la catégorie A, selon la page de Pékin.

Salaires : minimum par ville et repères de rémunération

Le salaire mensuel minimal est fixé par chaque ville. À Shanghai, le bureau des Ressources humaines et de la Sécurité sociale l’a porté de 2 690 à 2 740 yuans (environ 362 €) au 1er juillet 2025, avec 25 yuans de l’heure (environ 3,30 €) pour les emplois à temps partiel ; l’avis précise que les heures supplémentaires, les primes de poste, l’indemnité repas, le transport, le logement et les cotisations sociales personnelles ne comptent pas dans le minimum. À Pékin, le minimum est de 2 540 yuans par mois (environ 335 €) depuis le 1er septembre 2025, contre 2 420 yuans auparavant, et de 27,7 yuans de l’heure (environ 3,70 €) pour le temps partiel ; pour un temps plein, les cotisations sociales s’ajoutent à la charge de l’employeur. Aucune nouvelle révision n’a été relevée sur les sites officiels au 02/10/2026.

Ces minima servent de plancher du marché local et non de repère pour un cadre étranger : un poste de catégorie A ou B se négocie nettement au-dessus, et le niveau de salaire pèse dans les points du permis. La page remboursements des soins en Chine aide à chiffrer la protection santé à ajouter au package.

Impôt sur le revenu : barème, 183 jours et règle des six ans

L’impôt chinois sur le revenu des personnes physiques (IIT) distingue les résidents, qui paient sur leurs revenus mondiaux, des non-résidents, imposés sur leurs seuls revenus de source chinoise. Un étranger sans domicile en Chine devient résident fiscal à partir de 183 jours de présence dans l’année. Pour un salarié résident, l’assiette est le revenu global diminué de 60 000 yuans (environ 7 920 €), des déductions spéciales (cotisations de retraite, de maladie, de chômage et fonds de logement) et des déductions pour dépenses spécifiques (éducation des enfants, loyer, soins graves, soutien aux aînés). Le barème du revenu global annuel imposable est le suivant :

  • jusqu’à 36 000 yuans (environ 4 750 €) : 3 % ;
  • de 36 000 à 144 000 yuans (environ 19 010 €) : 10 % ;
  • de 144 000 à 300 000 yuans (environ 39 600 €) : 20 % ;
  • de 300 000 à 420 000 yuans (environ 55 450 €) : 25 % ;
  • de 420 000 à 660 000 yuans (environ 87 130 €) : 30 % ;
  • de 660 000 à 960 000 yuans (environ 126 740 €) : 35 % ;
  • au-delà de 960 000 yuans : 45 %.

Le gouvernement de Shanghai précise deux régimes favorables aux expatriés : la règle des six ans, qui exonère sous conditions les revenus de source étrangère tant que la présence de 183 jours n’a pas duré six années consécutives, un compteur remis à zéro par un séjour de moins de 183 jours dans l’année ou par une absence unique de plus de 30 jours ; et l’option entre déductions spéciales et exonération de certaines indemnités (logement, repas, déménagement, blanchissage, voyages d’affaires, congés, formation en langue, scolarité des enfants) jusqu’au 31 décembre 2027, qui ne se cumulent pas la même année. À partir du 1er janvier 2028, l’exonération du logement, de la formation linguistique et de la scolarité prend fin. La convention fiscale franco-chinoise sert à éviter la double imposition : un conseil fiscal confirme chaque situation avant le départ.

Assurance sociale obligatoire et accord franco-chinois

Les mesures provisoires du ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale, en vigueur depuis le 15 octobre 2011, imposent aux étrangers employés légalement par une entité enregistrée en Chine de participer aux cinq assurances (retraite, maladie, accidents du travail, chômage, maternité), l’employeur et le salarié cotisant selon les règles locales. L’employeur déclare le salarié dans les 30 jours de la délivrance de son titre d’emploi ; en quittant la Chine avant l’âge de la retraite, l’étranger conserve son compte individuel, qui se cumule en cas de retour, ou obtient sur demande écrite le remboursement du solde de ce compte (article 5).

Les taux sont fixés par chaque ville et révisés régulièrement ; l’étranger cotise aux mêmes taux que les ressortissants chinois. Avant de signer, demandez à l’employeur la ventilation exacte de la part salariale et de la part patronale, ainsi que la base de calcul retenue.

L’article 9 des mesures renvoie les ressortissants de pays liés à la Chine par un accord de sécurité sociale aux dispositions de cet accord. Or l’accord franco-chinois, signé le 31 octobre 2016 (arrangement administratif signé en septembre 2019), figure dans la liste du CLEISS des accords signés mais non encore en vigueur. Une fois entré en vigueur, il concernera les travailleurs détachés pour les seuls risques vieillesse et chômage, avec un détachement de cinq ans au plus, et ne couvrira pas la maladie. Tant qu’il n’est pas en vigueur, aucune dispense de cotisations chinoises ne s’applique : le glossaire sur les conventions de sécurité sociale et la comparaison détaché ou expatrié expliquent les effets sur le contrat.

L'économie chinoise : taille, croissance, prix et monnaie

Le Bureau national de la statistique (NBS) chiffre le produit intérieur brut de 2025 à 140 187,9 milliards de yuans, en hausse de 5,0 %, soit 99 665 yuans par habitant (environ 13 160 €). Les services représentent 80 887,9 milliards de yuans (en hausse de 5,4 %), le secteur secondaire 49 965,3 milliards (4,5 %) et le secteur primaire 9 334,7 milliards (3,9 %). La valeur ajoutée des entreprises industrielles de taille significative progresse de 5,9 % et celle de la haute technologie manufacturière de 9,4 %.

Les échanges de marchandises atteignent 45 468,5 milliards de yuans en 2025 (+3,8 %), les prix à la consommation sont stables (0,0 %) et le chômage urbain recensé s’établit en moyenne à 5,2 %. Les investissements étrangers effectivement utilisés totalisent 747,7 milliards de yuans, en baisse de 9,5 %. Le yuan s’échange en moyenne à 7,1429 pour 1 dollar en 2025 ; la Banque centrale européenne cote 7,5748 yuans pour 1 € le 01/10/2026. Les repères macroéconomiques actualisés figurent aussi dans le bloc « Repères économiques » de cette page.

Secteurs ouverts aux investisseurs étrangers

La Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) et le ministère du Commerce publient la liste négative des investissements étrangers : seuls les secteurs qui y figurent sont restreints ou fermés. L’édition de 2024, entrée en vigueur le 1er novembre 2024, réduit le nombre de restrictions de 31 à 29 et atteint zéro restriction dans l’industrie manufacturière, qui devient entièrement ouverte. Les secteurs qui figurent encore sur la liste restent restreints ou fermés ; la liste complète est publiée par la NDRC.

Un Français qui crée une société en Chine choisit donc d’abord son secteur au regard de cette liste, puis son véhicule juridique et le visa du dirigeant. Pour un salarié, l’assurance santé expatrié d’Expavy complète la couverture locale lorsque l’employeur ne propose que le minimum légal.

Indicateurs économiques de la Chine

IndicateurValeurSource et année
PIB140 187,9 milliards de yuansNBS, 2025
Croissance du PIB5,0 %NBS, 2025
PIB par habitant99 665 yuans (environ 13 160 €)NBS, 2025
Services, secteur secondaire, secteur primaire80 887,9, 49 965,3 et 9 334,7 milliards de yuansNBS, 2025
Prix à la consommation0,0 % de variationNBS, 2025
Chômage urbain recensé5,2 % en moyenneNBS, 2025
Commerce de marchandises45 468,5 milliards de yuans (+3,8 %)NBS, 2025
Investissements étrangers utilisés747,7 milliards de yuans (-9,5 %)NBS, 2025
Taux de change7,5748 yuans pour 1 €BCE, 01/10/2026

Chiffres de 2025 publiés par le NBS le 28/02/2026 ; les conversions en euros utilisent le cours de la BCE du 01/10/2026.

Questions fréquentes

Un Français a-t-il besoin d'un permis de travail pour travailler en Chine ?

Oui. Il faut un permis de travail et un permis de résidence de type travail, précédés d'une lettre de notification puis du visa Z. Un étranger ne travaille qu'après avoir obtenu ces deux titres (gouvernement de Pékin).

Quelles sont les catégories A, B et C du permis de travail ?

A désigne les talents de haut niveau, B les professionnels et C les autres étrangers (stagiaires, jeunes étrangers, représentants d'institutions, conjoints de citoyens chinois, salariés de multinationales). Un système de points fixe environ 85 points et plus pour A, 60 à 85 pour B et moins de 60 pour C.

Quel est le salaire minimum à Shanghai et à Pékin ?

2 740 yuans par mois à Shanghai depuis le 1er juillet 2025 (environ 362 €) et 2 540 yuans à Pékin depuis le 1er septembre 2025 (environ 335 €). Les cotisations sociales personnelles ne comptent pas dans le minimum de Shanghai (bureaux des Ressources humaines et de la Sécurité sociale).

À partir de quand un Français est-il résident fiscal en Chine ?

À partir de 183 jours de présence dans l'année, il est imposable sur ses revenus mondiaux, sous réserve de la règle des six ans qui exonère sous conditions les revenus de source étrangère (administration fiscale d'État, gouvernement de Shanghai).

L'assurance sociale chinoise est-elle obligatoire pour un salarié français ?

Oui, pour un étranger employé légalement par une entité enregistrée en Chine : cinq assurances, à déclarer dans les 30 jours du titre d'emploi. L'accord franco-chinois de 2016, limité à la vieillesse et au chômage, n'est pas encore en vigueur, donc aucune dispense ne s'applique (ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale, CLEISS).

Que deviennent mes cotisations chinoises si je quitte le pays ?

Avant l'âge de la retraite, le compte individuel est conservé et les périodes se cumulent en cas de retour ; sur demande écrite, le solde du compte peut aussi être versé en une fois (article 5 des mesures de 2011).

Quels secteurs sont ouverts aux investisseurs étrangers ?

La liste négative de 2024 compte 29 restrictions et lève toutes celles de l'industrie manufacturière ; les autres secteurs sont ouverts, hors les domaines qui y figurent encore (NDRC, ministère du Commerce).

Les autres guides : Chine