Bolivie · Remboursements des soins
Remboursement des soins en Bolivie : qui rembourse quoi selon votre situation
L’essentiel
La carte Vitale ne fonctionne pas en Bolivie : aucune convention de sécurité sociale ne figure entre la France et ce pays dans les listes du Cleiss, et c'est le statut qui désigne le payeur. Le salarié local est couvert par la Caja Nacional de Salud, que finance une cotisation patronale de 10 %, le salarié détaché hors convention garde le régime français trois ans renouvelables une fois et se fait rembourser sur factures acquittées, le retraité et l'indépendant choisissent entre la CFE et une assurance internationale. Le SUS public s'ouvre aux étrangers sous réciprocité ou selon des groupes précis. France Diplomatie précise que les soins sont généralement réglés à l'avance. Le tableau récapitulatif résume chaque cas.
- Aucune convention de sécurité sociale France-Bolivie dans les listes du Cleiss : pas de totalisation ni de prise en charge croisée.
- CNS : cotisation patronale de 10 % de la masse salariale ; l'employeur est tenu d'affilier ses travailleurs (CNS).
- SUS : soins gratuits dans le secteur public pour les étrangers sous réciprocité ou pour des groupes précis, selon la loi 1152 de 2019.
- Détachement hors convention : trois ans renouvelables une fois, remboursement dans la limite des prestations françaises avec l'imprimé S 3125c (Cleiss).
- CFE : cotisation variable selon l'âge, le pays et l'offre (30 ans et plus, moins de 30 ans, offre retraités), montants à jour sur cfe.fr ; carence de 3 ou 6 mois en cas d'adhésion tardive (cfe.fr).
- Soins généralement réglés à l'avance, carte bancaire souvent demandée à l'admission ; assurance impérative (France Diplomatie).
Service en cours de lancement : un conseiller étudie votre demande et vous recontacte pour préciser vos besoins.
Le principe : le statut désigne le payeur
Le Cleiss publie des fiches pour les pays liés à la France par une convention de sécurité sociale : la Bolivie n’y figure pas. Les deux pays ne coordonnent donc pas leurs régimes : pas de carte donnant accès aux soins des deux pays, pas de totalisation des périodes d’assurance, pas de prise en charge croisée. ameli.fr rappelle que le travailleur expatrié hors Union européenne relève obligatoirement du régime du pays de travail, qui rembourse ses frais médicaux, et qu’un contrat spécifique, avec l’assurance rapatriement, peut être utile.
Quatre acteurs peuvent intervenir : le régime bolivien (CNS pour les salariés, SUS public), le régime français maintenu (détachement hors convention), la CFE et une assurance santé internationale. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer ; l’organisation locale est décrite sur la page système de santé en Bolivie.
Salarié local, détaché et indépendant
Salarié en contrat local. L’employeur l’affilie à la CNS et verse 10 % de la masse salariale ; le salarié consulte dans les unités de la caisse. Les ayants droit sont soumis à des conditions : pour un conjoint ou concubin, des justificatifs sont demandés, et pour les parents, une dépendance absolue et permanente vérifiée par enquête sociale. La CNS n’est présente que dans 75 des 339 communes, d’après un communiqué du ministère de la Santé : le lieu de travail compte. Voir la notion de contrat local.
Salarié détaché. Dans un pays sans convention, le salarié détaché reste affilié au régime français trois ans, renouvelables une fois. Il est couvert dans la limite des prestations qu’il aurait reçues pour les mêmes soins en France : il envoie à sa caisse les factures acquittées avec l’imprimé S 3125c, ses ayants droit qui l’accompagnent suivent la même procédure et ceux restés en France s’adressent à la caisse d’affiliation. Un arrêt de travail est à déclarer dans les 48 heures. Voir détaché.
Indépendant. Il souscrit à la CFE, qui couvre la maladie-maternité pour un indépendant, ou à une assurance internationale ; l’accès au SUS dépend de son statut et des groupes éligibles.
Retraité, étudiant, conjoint et touriste
Retraité. Le formulaire S1, réservé aux résidents de l’Union européenne, de l’EEE, de la Suisse et du Royaume-Uni, ne s’applique pas. Le retraité choisit entre la CFE et une assurance internationale ; le SUS accueille les plus de 60 ans étrangers selon la loi 1152. Lors d’un séjour temporaire en France, il est remboursé de ses soins s’il perçoit une pension d’un régime de base rémunérant au moins 15 ans d’assurance et n’exerce pas d’activité ; le conjoint qui l’accompagne n’est pas couvert (Cleiss).
Étudiant. En l’absence d’accord, le Cleiss indique que, pour un séjour de moins de six mois, la caisse française peut rembourser forfaitairement des soins inopinés, sans obligation et sur avance des frais. Au-delà de six mois, l’étudiant de plus de 20 ans n’est plus pris en charge par l’assurance maladie française et s’assure localement, auprès de la CFE ou d’un assureur privé. Voir assurance étudiant à l’étranger.
Conjoint et enfants. Ils sont ayants droit de la CNS ou, pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes étrangères, bénéficiaires potentiels du SUS ; ils restent au régime français s’ils accompagnent un détaché. Voir assurance famille expatriée.
Touriste (90 jours). Aucun visa n’est exigé, mais France Diplomatie juge impératif un contrat couvrant soins, hospitalisation et rapatriement, l’ambassade ne pouvant en aucun cas prendre ces frais en charge.
CFE, assurance au premier euro et retour en France
La CFE propose MondExpat (30 ans et plus), JeunExpat (moins de 30 ans) et une offre retraités, dont la cotisation dépend de l’âge et du pays, sans questionnaire de santé. La prise en charge est immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois suivant l’installation ; sinon la carence est de trois mois avant 44 ans et de six mois au-delà de 45 ans. À l’étranger, le remboursement dépend du pays de soins et de l’acte, avec un taux ou un forfait appliqué à la dépense réelle ; la maternité suppose une conception postérieure à l’adhésion. Voir cotisations de la CFE.
Une assurance au premier euro rembourse les frais réels dans les plafonds du contrat, avec une prise en charge directe possible auprès de l’établissement, ce qui évite l’avance exigée à l’admission ; les franchises, carences et exclusions déterminent le reste à charge. Voir 1er euro.
Retour en France. L’adhérent CFE sans activité en France conserve ses droits jusqu’à trois mois après le retour et s’affilie à la CPAM de sa résidence avec le formulaire S1106 ; un salarié qui reprend un contrat en France ouvre ses droits dès la reprise. Sans convention de sécurité sociale avec la Bolivie, la levée de la carence ne s’appuie pas sur un accord et se confirme auprès de la CPAM. Voir assurance retour en France.
Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité
- Consultation : gratuite dans le premier niveau du SUS pour les bénéficiaires ; dans les unités de la CNS pour un affilié ; à la charge du patient dans le privé sauf contrat ; selon le barème pays de la CFE.
- Hospitalisation : réseau de la CNS ou du SUS pour les bénéficiaires ; régime français pour le détaché dans la limite des prestations françaises ; dans le privé, le règlement d’avance est la règle, d’où l’intérêt d’une prise en charge directe.
- Médicaments : selon la liste et la disponibilité du régime local ; remboursés selon les barèmes de la CFE ou les plafonds d’un contrat international.
- Dentaire : l’étendue de la couverture de la CNS et du SUS se vérifie auprès des organismes ; la CFE et les contrats internationaux appliquent leurs propres plafonds.
- Optique : relève surtout des contrats internationaux, avec des plafonds par période à lire dans le tableau de garanties.
- Maternité : le SUS couvre les femmes enceintes jusqu’à six mois après l’accouchement, selon des conditions d’éligibilité ; la CNS couvre la maternité de ses affiliées ; la CFE exige une conception après l’adhésion.
Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.
Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation
| Situation | Qui rembourse en priorité | Condition ou démarche | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Salarié en contrat local | Caja Nacional de Salud | Affiliation par l'employeur, 10 % patronal | Présence de la CNS dans 75 communes sur 339 |
| Salarié détaché | Régime français maintenu | Détachement hors convention, trois ans renouvelables une fois ; S 3125c | Limite des prestations françaises ; complémentaire à adapter |
| Indépendant | CFE ou assurance internationale | Affiliation avant le départ ou dans les 3 mois | Hospitalisation et rapatriement à prévoir |
| Retraité | CFE ou assurance internationale ; SUS pour les plus de 60 ans | Pas de formulaire S1 | Soins en France : 15 ans d'assurance requis |
| Étudiant | Assurance locale, CFE ou assureur privé | Moins de 6 mois : forfait facultatif ; au-delà et plus de 20 ans : plus de prise en charge française | Vérifier la page Cleiss pour étudiants |
| Conjoint et enfants | Ayants droit CNS, SUS selon le groupe, régime français ou CFE | Selon le statut du titulaire | Maternité et pédiatrie : carences |
| Adhérent CFE | CFE : barème du pays de soins | Adhésion avant le départ ou dans les 3 mois | Carence de 3 ou 6 mois si adhésion tardive |
| Assurance au 1er euro | Assureur : frais réels dans les plafonds | Questionnaire médical selon le contrat | Franchise, carence, exclusions |
| Touriste (90 jours) | Assurance voyage ou assistance | Souscription avant le départ | Paiement à l'avance, carte demandée à l'admission |
| Retour en France | CFE maintenue jusqu'à 3 mois, puis CPAM | Formulaire S1106 à la CPAM de résidence | Carence possible sans accord entre les deux pays |
Sources : Cleiss, ministère de la Santé de Bolivie, CNS, CFE, ameli.fr, France Diplomatie. Montants CFE à jour sur cfe.fr.
Questions fréquentes
La carte Vitale fonctionne-t-elle en Bolivie ?
Non : aucune convention de sécurité sociale ne lie la France à la Bolivie. Le salarié détaché hors convention peut être remboursé sur factures acquittées ; les autres profils passent par la CNS, la CFE ou une assurance privée.
Que rembourse la CNS à un salarié étranger ?
La Caja Nacional de Salud gère l'assurance maladie, maternité et risques professionnels des travailleurs affiliés, financée par 10 % de cotisation patronale. Les ayants droit sont soumis à des conditions de justificatifs.
Un retraité peut-il utiliser le SUS ?
La loi 1152 prévoit des soins gratuits pour certains groupes d'étrangers, dont les adultes de plus de 60 ans. L'inscription demande une pièce d'identité ou un passeport ; les conditions se confirment auprès du ministère de la Santé.
Comment un détaché se fait-il rembourser ?
Il adresse à sa caisse d'affiliation les factures acquittées avec l'imprimé S 3125c, dans la limite des prestations qu'il aurait reçues en France. Le détachement dure trois ans, renouvelable une fois.
Quel est le délai de carence de la CFE ?
Aucun si l'adhésion a lieu avant le départ ou dans les trois mois suivant l'installation. Au-delà, trois mois avant 44 ans et six mois à partir de 45 ans. La maternité suppose une conception postérieure à l'adhésion.
Faut-il payer à l'avance dans une clinique ?
France Diplomatie indique que les soins doivent généralement être réglés à l'avance et qu'une carte bancaire est souvent demandée à l'admission. Une prise en charge directe par l'assureur évite l'avance.
Que se passe-t-il pour la santé au retour en France ?
Un adhérent CFE conserve ses droits jusqu'à trois mois après le retour, puis s'affilie à la CPAM avec le formulaire S1106. Un salarié reprenant un contrat en France ouvre ses droits dès la reprise.
Les autres guides : Bolivie
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
