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Bolivie · Travailler et économie

Travailler en Bolivie quand on est français : permanence, salaires, impôts et cotisations

L’essentiel

Un Français qui travaille en Bolivie obtient une permanence temporaire auprès de la Direction générale de la migration, après un visa demandé à la section consulaire de l'ambassade de Bolivie en France pour tout séjour de plus de 90 jours. Le salaire minimum national est de 3 300 bolivianos par mois depuis le 1er janvier 2026, et l'employeur verse à la Caja Nacional de Salud une cotisation de 10 % de la masse salariale. La France et la Bolivie sont liées par une convention fiscale entrée en vigueur le 1er novembre 1996, qui réserve l'imposition des salaires à l'État où l'emploi est exercé. Aucune convention de sécurité sociale n'existe : un détachement relève du droit interne français, sur trois ans renouvelables une fois.

  • Salaire minimum national fixé par résolution ministérielle du ministère du Travail et revalorisé périodiquement ; le montant mensuel en vigueur est publié par les autorités.
  • Cotisation patronale à la Caja Nacional de Salud : 10 % du total de la masse salariale (CNS).
  • Convention fiscale France-Bolivie signée à La Paz le 15 décembre 1994, en vigueur depuis le 1er novembre 1996 (Légifrance).
  • Salaires imposables dans l'État de résidence sauf si l'emploi est exercé dans l'autre État ; crédit d'impôt français pour éviter la double imposition (articles 15 et 23).
  • Détachement hors convention : trois ans renouvelables une fois, régime français maintenu (Cleiss).
  • Environ 60 % de l'activité et 80 % de l'emploi relèvent de l'économie informelle ; gaz et lithium en tête des ressources (France Diplomatie).

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Repères chiffrés : Bolivie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
-1,6 %
Inflation
19,5 %
Taux de chômage
3,0 %
PIB par habitant
5 148 $
Population
12,6 millions
Espérance de vie
68,7 ans
Dépense de santé (% du PIB)
6,9 %
Médecins pour 1 000 hab.
1,28
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
1,5

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail, visa et permanence pour un Français

Le séjour sans visa de 90 jours par période de douze mois est réservé au tourisme et à la visite familiale. Pour travailler, un visa spécifique se demande à la section consulaire de l’ambassade de Bolivie en France, y compris pour tout séjour de plus de 90 jours, quel que soit le motif (France Diplomatie). Sur place, la Direction générale de la migration accorde une permanence temporaire pouvant aller jusqu’à trois ans, avec des catégories d’un, deux ou trois ans ; la permanence définitive suppose une permanence minimale de trois ans et une demande expresse.

Le dossier type comprend un formulaire de déclaration sur l’honneur, un passeport valable six mois, une photo, un casier judiciaire du pays d’origine ou un certificat Interpol, un certificat médical et la preuve de solvabilité, les pièces étrangères étant traduites et légalisées. Les justificatifs propres à l’emploi (contrat, attestation de l’employeur) se confirment auprès de la direction. Tout étranger, résident compris, s’enregistre dans les 48 heures suivant son entrée avec la déclaration de domicile, sous peine d’une amende d’environ 300 bolivianos.

Aucun programme vacances-travail ne lie la France à la Bolivie dans les sources consultées. Le guide du salarié qui travaille à l’étranger et la page vivre en Bolivie détaillent les formalités.

Salaire minimum et niveaux de rémunération

Le salaire minimum national a été porté à 3 300 bolivianos par mois, avec effet rétroactif au 1er janvier 2026, par la résolution ministérielle 088/26 du ministère du Travail, prise en application du décret suprême 5516 du 13 janvier 2026. L’ajustement est obligatoire lorsque le salaire de base est inférieur à ce montant, et le ministère interdit de restructurer la rémunération (suppression de primes) pour neutraliser la hausse. La valeur applicable pour l’année suivante se confirme auprès du ministère à la fin de chaque année.

Au-delà du plancher, les rémunérations se négocient selon le métier et la ville. France Diplomatie rappelle que l’économie informelle représente environ 60 % de l’activité et 80 % de l’emploi, ce qui rend les statistiques de salaires moins lisibles ; une offre libellée en bolivianos s’apprécie aussi à l’aune du change. Le bloc « Repères économiques » actualise croissance, inflation et chômage.

Cotisations sociales : la CNS et les retraites

La Caja Nacional de Salud (CNS), institution publique à but non lucratif, gère le régime de sécurité sociale à court terme, qui couvre la maladie, la maternité et les risques professionnels. Une planilla officielle de la CNS indique que l’apport patronal est de 10 % du total de la masse salariale . Le règlement du Code de sécurité sociale, publié à la Gazette officielle, rend l’employeur solidairement tenu de l’affiliation de ses travailleurs et du paiement des cotisations patronales et salariales.

Les pensions relèvent d’un régime de retraite régi par la loi 065 sur les pensions ; les taux de cotisation du salarié et la gestion des comptes se confirment auprès de l’autorité de contrôle des pensions et du service de l’employeur. Le Cleiss ne publie pas de fiche pour la Bolivie : aucune convention de sécurité sociale n’organise la totalisation des périodes avec la France. La page système de santé en Bolivie détaille la couverture santé.

Impôt sur le revenu et convention fiscale franco-bolivienne

La France et la Bolivie ont signé à La Paz, le 15 décembre 1994, une convention en vue d’éviter les doubles impositions en matière d’impôts sur le revenu et sur la fortune, assortie d’un protocole ; elle est entrée en vigueur le 1er novembre 1996 (décret du 25 novembre 1996). L’article 4 fait dépendre la résidence de l’assujettissement à l’impôt dans l’État concerné, puis du foyer d’habitation permanent et du centre des intérêts vitaux en cas de double résidence.

Selon l’article 15, les salaires ne sont imposables que dans l’État de résidence, à moins que l’emploi ne soit exercé dans l’autre État ; la règle des 183 jours sur une période de douze mois protège un salarié en mission courte, à condition que l’employeur ne soit pas résident de l’autre État et ne supporte pas la charge dans un établissement stable. L’article 23 prévoit, pour un résident de France, un crédit d’impôt : égal à l’impôt français sur le revenu imposable seulement en Bolivie, et à l’impôt bolivien payé dans les autres cas, dans la limite de l’impôt français correspondant. L’impôt bolivien est administré par le Service des impôts nationaux ; ses barèmes se lisent sur son site.

Détaché, indépendant et télétravail

Sans convention de sécurité sociale, le salarié envoyé par une entreprise française peut être détaché hors convention : il reste affilié au régime français trois ans, renouvelables une fois, couvert dans la limite des prestations qu’il aurait reçues en France, sur factures acquittées avec l’imprimé S 3125c. Les cotisations sont payées en France comme si l’activité y était exercée, sans dispenser des cotisations éventuellement dues en Bolivie (Cleiss). Voir détaché ou expatrié.

Le salarié sous contrat local quitte au contraire le régime français et relève du régime bolivien ; la CFE s’ajoute à l’affiliation locale sans l’en exonérer. Un indépendant peut souscrire à la CFE, qui couvre la maladie-maternité pour un indépendant, ou à une assurance internationale. Pour un travailleur à distance, la loi migratoire exige une permanence adaptée à l’activité ; voir le guide visas nomades numériques et confirmer auprès de la Direction générale de la migration.

Conditions pratiques : blocages, altitude et déplacements professionnels

Un projet professionnel en Bolivie doit intégrer des contraintes que France Diplomatie décrit précisément. Les mobilisations sociales (grèves, manifestations, barrages) sont fréquentes et peuvent perturber les déplacements entre villes : il est recommandé de se tenir informé par la carte des routes bloquées de l’Administration des routes et de ne pas forcer les barrages. Pour les trajets professionnels, il est conseillé d’éviter de voyager de nuit, d’utiliser un radio-taxi et de vérifier le sérieux des compagnies de bus et des agences.

L’altitude (La Paz entre 3 300 et 3 800 mètres) demande une période d’acclimatation, et un salarié ayant des antécédents cardiaques, pulmonaires, neurologiques ou rénaux a intérêt à demander un avis médical avant une affectation en altitude. Pour les déplacements aériens, les compagnies BoA et Ecojet offrent des conditions de sécurité globalement satisfaisantes, alors que la compagnie TAM est formellement déconseillée. Un contrat d’assistance couvrant soins et rapatriement fait partie des conditions préalables à toute affectation : voir la page assurance santé expatrié.

Économie, monnaie et perspectives

D’après France Diplomatie, la Bolivie a le PIB par habitant le plus faible d’Amérique du Sud et est entrée en récession après une décennie de forte croissance ; l’économie est peu diversifiée et dépend fortement des hydrocarbures et du secteur public. Le pays dispose de la deuxième réserve de gaz du sous-continent, qui constitue la base de ses exportations, et d’environ 20 % des réserves mondiales identifiées de lithium, ainsi que de fer, de cuivre et d’étain.

L’agriculture dispose d’importantes ressources. Les principales villes d’activité sont Santa Cruz de la Sierra, capitale économique, La Paz, Cochabamba, Oruro, Tarija et Potosí. Pour un cadre ou un technicien français, les débouchés se situent dans les hydrocarbures, les mines, l’agro-industrie et les services qui leur sont liés ; la monnaie est le boliviano.

Repères du travail salarié en Bolivie

ÉlémentValeur ou règleSource
Salaire minimum national3 300 bolivianos par mois depuis le 01/01/2026Ministère du Travail, résolution 088/26
Cotisation patronale à la CNS10 % du total de la masse salarialeCaja Nacional de Salud
Détachement depuis la FranceTrois ans, renouvelable une fois, hors conventionCleiss
Imposition des salairesÉtat de résidence, sauf emploi exercé dans l'autre État (article 15)Convention fiscale de 1994
Double impositionCrédit d'impôt en France (article 23)Convention fiscale de 1994

Les taux de cotisation du salarié et les barèmes de l'impôt bolivien se lisent auprès des organismes locaux compétents.

Questions fréquentes

Quel visa pour travailler en Bolivie ?

Un visa à demander à la section consulaire de l'ambassade de Bolivie en France pour tout séjour de plus de 90 jours, puis une permanence temporaire auprès de la Direction générale de la migration, pouvant aller jusqu'à trois ans.

Quel est le salaire minimum en Bolivie ?

3 300 bolivianos par mois depuis le 1er janvier 2026, selon le ministère du Travail.

Combien l'employeur verse-t-il à la CNS ?

10 % du total de la masse salariale, selon une planilla officielle de la Caja Nacional de Salud. L'employeur est tenu d'affilier ses travailleurs.

La France et la Bolivie ont-elles une convention fiscale ?

Oui, signée à La Paz le 15 décembre 1994 et en vigueur depuis le 1er novembre 1996. Les salaires sont imposables dans l'État où l'emploi est exercé, et la France accorde un crédit d'impôt pour éviter la double imposition.

Existe-t-il une convention de sécurité sociale France-Bolivie ?

Aucune n'apparaît sur les listes du Cleiss, qui ne publie pas de fiche pour la Bolivie. Un salarié détaché hors convention reste au régime français trois ans, renouvelables une fois.

Un détachement est-il possible ?

Oui, hors convention : le salarié reste affilié au régime français, couvert dans la limite des prestations françaises, sur factures acquittées avec l'imprimé S 3125c.

Quelle part de l'économie est informelle ?

France Diplomatie indique que l'économie informelle représente environ 60 % de l'activité et 80 % de l'emploi.

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