Fiche pays — Afrique du Nord et Moyen-Orient
Assurance expatrié et assurance santé à Bahreïn

En 5 lignes
À Bahreïn, l'assurance santé des résidents non bahreïniens repose sur le programme national SEHATI, instauré par la loi n° 23 de 2018 (promulguée le 7 juin 2018) et censé s'appliquer dès le 1er janvier 2019 ; sa mise en œuvre a connu plusieurs reports successifs avant de devenir pleinement effective pour les employeurs du secteur privé autour de 2025, via le portail Sehati placé sous l'autorité du Conseil suprême de la santé. L'employeur doit inscrire et financer la couverture de base de chaque salarié étranger — accès aux soins primaires, aux urgences et à un nombre limité de soins secondaires dans le réseau public, plafond annuel de l'ordre de 1 500 BHD — sans pouvoir en répercuter le coût sur le salarié ; un résident sans employeur-sponsor (retraité, indépendant, titulaire d'un « Golden Visa ») doit la souscrire ou justifier d'une assurance privée équivalente lui-même. Aucune obligation légale bahreïnienne d'assurance n'a été identifiée pour un simple séjour touristique en e-visa ou visa à l'arrivée, mais France Diplomatie qualifie l'assurance voyage d'impérative, aucune prise en charge par l'ambassade n'étant possible. Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France à Bahreïn.
Chiffres clés
- 1 068 Français inscrits au registre consulaire en 2025.
- Espérance de vie à la naissance : 81,4 ans en 2024.
- Dépense de santé courante : 4,0 % du PIB en 2023, soit environ 1 176 $ US par habitant.
- SEHATI, le régime national d'assurance santé obligatoire, est doté d'un budget annoncé de 688 millions BHD sur 2025-2026 pour environ 686 000 résidents étrangers.
Système de santé local
Le système bahreïni repose sur deux filières : un secteur public piloté par le ministère de la Santé et le Conseil suprême de la santé (Supreme Council of Health, SCH), régulé par la National Health Regulatory Authority (NHRA) — Salmaniya Medical Complex (Manama) comme principal hôpital public, King Hamad University Hospital (Muharraq, semi-gouvernemental, accrédité JCI) pour les cas complexes, et un réseau de plus de 27 centres de soins primaires — et un secteur privé dense à Manama, de standard international, largement utilisé par les expatriés.
Les soins publics gratuits ou fortement subventionnés restent en pratique centrés sur les citoyens bahreïnis. Un résident étranger correctement inscrit à SEHATI accède aux soins primaires et aux urgences dans le réseau public dans la limite du socle de base (plafond annuel de l’ordre de 1 500 BHD), mais ce socle exclut en pratique le dentaire, l’optique, la maternité (délai de carence de 10 à 12 mois selon les sources), une grande partie des traitements du cancer et la santé mentale — d’où le recours quasi systématique des expatriés à une assurance privée complémentaire pour le secteur privé de Manama.
Obligations légales et de visa
Base légale : la loi n° 23 de 2018 relative à l’assurance santé (« Sehati »), promulguée le 7 juin 2018, avec une entrée en vigueur théorique au 1er janvier 2019. Le calendrier de mise en œuvre a connu plusieurs reports (échéances manquées en 2019, puis en 2020-2021 selon la presse spécialisée assurance) ; les sources professionnelles les plus récentes (2025-2026) décrivent le dispositif comme pleinement opérationnel pour les employeurs du secteur privé, via le portail Sehati.
- Salariés non bahreïnis : l’employeur doit les inscrire auprès du régime SEHATI et financer la cotisation, intégrée aux frais de permis de travail et de son renouvellement, sans la répercuter sur le salarié. Les ayants droit (conjoint, enfants) ne sont couverts que si l’employeur l’a prévu au contrat ; à défaut, leur couverture reste à la charge du salarié.
- Indépendants, retraités et résidents sans employeur-sponsor : doivent souscrire eux-mêmes le régime de base (ou une couverture équivalente), condition de délivrance et de renouvellement du permis de résidence.
- Titulaires d’un « Golden Visa » (résidence de longue durée pour investisseurs, propriétaires immobiliers ou retraités) : doivent justifier d’une assurance santé internationale privée (IPMI), distincte du socle SEHATI.
- Visiteurs en e-visa ou visa à l’arrivée (cas courant d’un séjour touristique français) : aucune obligation légale bahreïnienne d’assurance n’a été identifiée dans les sources consultées pour cette catégorie précise — mais France Diplomatie recommande une assurance voyage complète comme « impérative », les frais médicaux devant être réglés sur place et n’étant jamais pris en charge par l’ambassade.
Un employeur qui n’inscrit pas son personnel étranger, ou qui lui fait supporter le coût de la cotisation, s’expose à des sanctions civiles et pénales pouvant atteindre 50 000 BHD, ainsi qu’au rejet ou au blocage des demandes et renouvellements de permis de travail concernés.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Consultation généraliste (secteur public, salarié inscrit à SEHATI) | Pris en charge dans le socle de base ; participation résiduelle non communiquée publiquement | 10 à 40 BHD selon établissement |
| Consultation spécialiste | — | 25 à 100 BHD selon établissement |
| Passage aux urgences | Pris en charge dans le socle de base SEHATI | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Nuit d'hospitalisation | — | 100 à 500 BHD/nuit selon établissement et type de chambre |
| Imagerie (IRM / scanner) | — | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Chirurgie | — | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
Accords de sécurité sociale avec la France
Il n’existe pas de convention bilatérale de sécurité sociale entre la France et Bahreïn : le pays ne figure pas dans la liste des accords en vigueur publiée par le CLEISS, à l’instar des autres monarchies du Golfe.
- Aucune coordination ni totalisation des périodes d’affiliation pour la retraite.
- Aucun remboursement de soins par l’Assurance Maladie française, sauf affiliation volontaire à la CFE.
- La couverture SEHATI dépend du statut de résidence et de l’employeur, pas de la nationalité française.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| PVT | Non applicable (aucun accord PVT France-Bahreïn) | Relève d'un visa de travail ou de visiteur classique, avec les obligations correspondantes |
| Étudiant | Assurance exigée selon le visa et l'établissement, sans texte spécifique identifié | Vérifier que la police couvre toute la durée du séjour et l'accès au réseau hospitalier privé de Manama |
| Salarié détaché / contrat local | Employeur légalement tenu d'inscrire et de financer le socle SEHATI | Plafond annuel modeste (≈1 500 BHD), dentaire/optique/maternité/santé mentale exclus — complémentaire à envisager |
| Retraité, indépendant ou Golden Visa | Aucun régime légal automatique : SEHATI à souscrire soi-même, ou IPMI privée obligatoire pour un Golden Visa | Condition de délivrance/renouvellement du titre de séjour ; coûts hospitaliers privés à budgéter au-delà des urgences |
| Famille (ayants droit) | Couverture du conjoint et des enfants non automatique : dépend de ce que l'employeur a prévu au contrat | Faire préciser par écrit si les ayants droit sont inclus dans l'inscription SEHATI de l'employeur |
Hôpitaux et réseau de soins
- King Hamad University Hospital (Muharraq) — hôpital semi-gouvernemental de référence, 410 lits, accrédité JCI depuis 2019.
- American Mission Hospital (Manama et succursales) — plus ancien hôpital privé à but non lucratif du pays (fondé en 1903), membre du Mayo Clinic Care Network.
- Royal Bahrain Hospital (Salmaniya) — établissement privé du groupe KIMS, cardiologie, orthopédie et chirurgie mini-invasive.
Démarches
- Avant le départ : souscrire une assurance couvrant soins médicaux, hospitalisation et rapatriement, qualifiée d’« impérative » par France Diplomatie — les frais sont réglés sur place et jamais pris en charge par l’ambassade.
- Vérifier son passeport : validité supérieure de six mois à la date d’entrée.
- Pour un court séjour : e-visa via le site du ministère de l’Intérieur bahreïni, ou visa à l’arrivée (15 jours à 5 BHD ou 30 jours à 12 BHD, prolongeable deux fois pour 30 jours chacun, dans la limite de 90 jours consécutifs).
- Pour un salarié : vérifier avec l’employeur l’inscription au régime SEHATI dès l’embauche et ce que couvre exactement le contrat pour les ayants droit.
- Pour un résident sans employeur-sponsor (retraité, indépendant, Golden Visa) : souscrire soi-même une couverture conforme avant la demande ou le renouvellement du permis de résidence.
- Dans les 6 mois : inscription au registre des Français établis hors de France (gratuite, recommandée).
Questions fréquentes
L'assurance santé SEHATI est-elle obligatoire pour tous les résidents étrangers à Bahreïn ?
Oui en principe, depuis la loi n° 23 de 2018, mais la mise en œuvre effective a été retardée à plusieurs reprises. Elle est décrite comme pleinement opérationnelle pour les employeurs du secteur privé depuis 2025 : l'employeur doit inscrire et financer la couverture de base de son salarié étranger.
Un touriste français en court séjour doit-il souscrire une assurance ?
Aucune obligation légale bahreïnienne spécifique n'a été identifiée pour un visiteur en e-visa ou visa à l'arrivée. France Diplomatie recommande néanmoins une assurance voyage complète, qualifiée d'impérative, les soins étant payables sur place sans prise en charge par l'ambassade.
Mon employeur bahreïni peut-il déduire la cotisation SEHATI de mon salaire ?
Non. La cotisation est à la charge de l'employeur ; la répercuter sur le salarié expose l'employeur à des sanctions civiles et pénales pouvant atteindre 50 000 BHD.
La Sécurité sociale française continue-t-elle à me couvrir à Bahreïn ?
Non. En l'absence de convention bilatérale de sécurité sociale entre la France et Bahreïn, il n'y a ni remboursement automatique ni maintien de droits par l'Assurance Maladie française ; une affiliation volontaire à la CFE reste possible.
Le socle de base SEHATI suffit-il pour un expatrié résidant à Bahreïn ?
Non dans la plupart des cas. Il couvre les soins primaires, les urgences et un nombre limité de soins secondaires dans le réseau public, avec un plafond annuel de l'ordre de 1 500 BHD, mais exclut en pratique le dentaire, l'optique, la maternité et une grande partie des soins de santé mentale — d'où le recours fréquent à une assurance privée complémentaire pour le secteur privé de Manama.
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Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Bahreïn, Santé
- France Diplomatie — Bahreïn, Entrée et séjour
- France Diplomatie — Registre des Français établis hors de France (données 2025)
- CLEISS — Conventions bilatérales de sécurité sociale en vigueur
- Supreme Council of Health Bahreïn — The National Health Insurance Program (SEHATI)
- Lockton Global Benefits — Bahrain introduces compulsory health insurance law
- Mercer — Bahrain's Mandatory Health Insurance Includes Expat Employees
- iPMI Global — All Golden Visa Holders in Bahrain Must Show Proof of Valid IPMI
- American Mission Hospital — présentation officielle
- Expat.com — Healthcare in Bahrain
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Bahreïn
- Banque mondiale — Dépense de santé courante (% du PIB et par habitant), Bahreïn