Bahreïn · Travailler et économie
Travailler à Bahreïn quand on est français : permis de travail, salaire, impôts et protection sociale
L’essentiel
Pour travailler à Bahreïn, un Français obtient un permis de travail demandé par son employeur à l'autorité du marché du travail (LMRA), qui coûte 195 dinars par an (environ 461 €) en frais de service, puis un permis de résidence. Les salaires se fixent par contrat : les textes consultés ne donnent pas de salaire minimum général, et la durée légale est de 48 heures par semaine. L'indemnité de fin de service est versée par l'organisme d'assurance sociale depuis mars 2024, grâce à une cotisation de l'employeur. Les sites officiels ne mentionnent aucun impôt sur le revenu des personnes physiques, et la convention franco-bahreïnienne répartit le droit d'imposer. Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France à Bahreïn.
- 195 BHD (environ 461 €) par an, ou 390 BHD (environ 921 €) pour deux ans : frais de service du permis de travail, plus 5 BHD de frais administratifs (LMRA).
- 48 heures par semaine et 8 heures par jour ; 6 heures par jour et 36 heures par semaine pour un salarié musulman pendant le Ramadan (loi n° 36).
- 4,2 % du salaire pendant les trois premières années, puis 8,4 % : cotisation de l'employeur à l'organisme d'assurance sociale pour l'indemnité de fin de service des non-Bahreïnis.
- 30 jours de congé annuel payé après un an de service ; 60 jours de congé de maternité à plein salaire.
- 10 % : taux normal de TVA depuis le 1er janvier 2022, administrée par l'autorité nationale des revenus.
- Plus de 80 % du PIB hors hydrocarbures, tandis que le pétrole fournit plus de 60 % des recettes budgétaires (France Diplomatie, données de 2021).
Repères économiques : Bahreïn
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +3,5 %
- Inflation
- -0,1 %
- Taux de chômage
- 1,1 %
- PIB par habitant
- 30 597 $
- Population
- 1,6 millions
- Change
- 1 € = 0,421 BHD
- dinar bahreïni, monnaie arrimée au dollar
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail, permis de travail et permis de résidence
Le visa délivré à l’arrivée ne permet pas de travailler : pour un emploi, l’employeur dépose une demande de permis de travail sur le système de l’autorité de régulation du marché du travail (LMRA), en application de la décision n° 76 de 2008. France Diplomatie renvoie au site de la LMRA pour les visas de travail. Le permis de résidence est ensuite imprimé par l’employeur depuis le portail national.
- Pièces : le passeport, valable au moins six mois (la LMRA recommande deux ans), un rapport médical de moins de deux mois établi dans un centre agréé et concluant à l’aptitude, et, pour certaines professions comme les enseignants, les médecins, les ingénieurs ou les métiers bancaires, une lettre d’approbation de l’autorité concernée.
- Frais : 97,5 BHD pour six mois (réservé aux salariés déjà dans le pays), 195 BHD pour un an et 390 BHD pour deux ans, auxquels s’ajoutent 5 BHD de frais administratifs et, pour un recrutement depuis l’étranger, 30 BHD d’annonce de l’offre d’emploi.
- Délais : 3 jours ouvrables pour une demande depuis le territoire et 21 jours ouvrables depuis l’étranger, pour l’accord de la LMRA.
- Enregistrement : le salarié passe à la LMRA, ou à l’aéroport, pour ses données biométriques ; il y reçoit une carte SIM, et son salaire est versé sur un compte bancaire grâce à un numéro IBAN.
- Changer d’employeur : la LMRA propose des services de transfert et de grief ; le contrat de travail et les obligations réciproques de l’employeur et du salarié sont publiés dans plusieurs langues.
Le guide travailler à l’étranger aide à choisir entre détaché et expatrié, et le glossaire définit le contrat local. Les formalités d’installation figurent dans la page vivre à Bahreïn. Les conversions utilisent le cours du jour de la Banque centrale de Bahreïn au 05/10/2026 : 0,423242 dinar pour 1 €.
Salaire, contrat et niveaux de rémunération
Selon le guide sur les salaires et l’indemnité de fin de service publié par la LMRA en décembre 2024, les salaires sont fixés par contrat ou, dans certains cas, par accord avec l’employeur, et se paient au moins une fois par mois, ou une fois par semaine au plus. Les textes consultés (loi n° 36 sur le travail dans le secteur privé et publications de la LMRA) ne fixent pas de salaire minimum général : le niveau se négocie dans le contrat, et les avantages (logement, transport, scolarité, billets d’avion) se lisent ligne par ligne dans l’offre.
- Paiement : le système de protection des salaires est obligatoire pour les employeurs du secteur privé ; un retard de paiement ouvre droit à une compensation de 6 % du salaire jusqu’à six mois de retard, majorée de 1 % par mois supplémentaire dans la limite de 12 % du salaire annuel.
- Essai : trois mois au plus, portés à six mois pour certaines professions, avec un préavis d’un jour de part et d’autre pendant l’essai.
Les sources officielles consultées ne publient pas de salaire moyen par secteur : le niveau d’une offre se compare aux avantages et au coût de la vie décrit dans la page vivre à Bahreïn.
Temps de travail, congés, fin de service et assurance sociale
La loi n° 36 sur le travail dans le secteur privé fixe notamment :
- Durée : 48 heures par semaine au plus ; 8 heures par jour sauf accord contraire, dans la limite de 10 heures ; pendant le Ramadan, un salarié musulman ne travaille pas plus de 6 heures par jour ou 36 heures par semaine.
- Repos et heures supplémentaires : un repos hebdomadaire de 24 heures au moins, le vendredi par défaut ; les heures supplémentaires sont payées avec une majoration d’au moins 25 % de jour et 50 % de nuit ; travailler un jour de repos ouvre droit à 150 % ou à un jour de récupération.
- Congés : 30 jours de congé annuel payé au moins après un an de service, au rythme de deux jours et demi par mois ; 60 jours de congé de maternité à plein salaire, plus 15 jours sans solde.
L’indemnité de fin de service des travailleurs expatriés du secteur privé s’élève, pour trois ans de service ou moins, à un demi-mois de salaire par année ; au-delà, elle compte un demi-mois de salaire par année pour les trois premières années, puis un mois de salaire par année. Depuis mars 2024, l’employeur verse chaque mois une cotisation à l’organisme d’assurance sociale, qui paie l’indemnité dans les 10 jours ouvrables suivant la demande, après démission ou fin de contrat : la décision n° 109 de 2023 fixe cette cotisation, à la charge de l’employeur seul, à 4,2 % du salaire pendant les trois premières années, puis 8,4 %.
Le portail national précise que les expatriés relèvent de l’organisme d’assurance sociale pour les accidents du travail et le chômage, que les régimes de pension se limitent aux nationaux, et que la loi prévoit une indemnité de fin de service légale pour les salariés expatriés. La loi de 2006 sur l’assurance chômage couvre en effet les nationaux comme les expatriés. Le guide retraite aide à anticiper l’absence de pension locale.
Impôt sur le revenu et convention fiscale franco-bahreïnienne
L’autorité nationale des revenus de Bahreïn administre la TVA, les droits d’accises et l’impôt minimum complémentaire des groupes multinationaux : son site ne présente aucun impôt sur le revenu des personnes physiques. La TVA s’applique au taux de 10 % depuis le 1er janvier 2022, avec un taux nul pour certains biens et services, dont les denrées de base et l’enseignement privé.
La convention entre la France et Bahreïn, signée à Manama le 10 mai 1993, est entrée en vigueur le 1er août 1994 ; un avenant signé à Paris le 7 mai 2009 est entré en vigueur le 1er février 2011, et la convention multilatérale contre l’érosion de la base d’imposition, applicable depuis 2019 pour la France et depuis le 1er juin 2022 pour Bahreïn, la modifie aussi (texte consolidé sur impots.gouv.fr).
- Résidence fiscale (article 4) : la personne résidente des deux États relève de l’État de son foyer d’habitation permanent, puis du centre de ses intérêts vitaux ; un salarié qui garde son foyer en France peut rester résident fiscal français.
- Salaires (article 13) : ils sont imposables dans l’État de résidence, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État ; un séjour de 183 jours au plus dans l’année, avec un employeur non résident de cet État et sans charge pour un établissement stable, laisse l’imposition à l’État de résidence.
- Indépendants (article 12) : les revenus d’une profession libérale ne sont imposables que dans l’État de résidence, sauf base fixe dans l’autre État.
- Éviter la double imposition (article 20) : pour les revenus autres que ceux des articles 6, 11 et 12, le crédit d’impôt accordé en France est égal à l’impôt français correspondant à ces revenus, y compris les rémunérations publiques de l’article 15.
Un non-résident fiscal qui perçoit des revenus de source française les déclare chaque année : le taux minimum est de 20 % jusqu’à 29 579 € de revenu net imposable puis de 30 % au-delà (notice 2041-E, déclaration des revenus de 2025). La situation personnelle se vérifie sur impots.gouv.fr ; le guide détaché ou expatrié éclaire les cas fréquents.
Cotisations sociales et détachement depuis la France
La France n’a pas de convention de sécurité sociale avec Bahreïn : le pays ne figure pas dans la liste des accords bilatéraux en vigueur du CLEISS. Un salarié détaché hors convention reste affilié à la sécurité sociale française pendant 3 ans, renouvelables une fois, tout en respectant les obligations locales. Le salarié sous contrat local relève du régime bahreïnien : l’employeur paie la cotisation de fin de service à l’organisme d’assurance sociale et assure les travailleurs non bahreïnis auprès d’un assureur, la loi n° 23 sur l’assurance santé lui interdisant de recevoir une contrepartie du salarié pour cette inclusion.
Les modalités de la CFE, de la retraite complémentaire et des cotisations volontaires sont détaillées dans le guide CFE et dans la page remboursement des soins à Bahreïn.
Indépendants, investisseurs et télétravail
Le portail national présente Bahreïn comme un pays où la propriété à 100 % d’une entreprise est possible pour les étrangers. La loi sur l’assurance santé range le travailleur licencié sans employeur parmi les assurés qui paient leurs primes et celles de leurs ayants droit eux-mêmes, et le résident non actif parmi ceux qui s’assurent eux-mêmes. La résidence Golden permet ensuite de demander un permis de travail auprès de la LMRA.
Les sources officielles consultées ne décrivent pas de visa spécifique au télétravail : un Français qui travaille à distance pour un employeur étranger se renseigne auprès de la LMRA et de l’autorité de la nationalité, des passeports et de la résidence sur le titre adapté. Les solutions de couverture figurent dans l’assurance nomade digital.
Économie : diversification, secteurs et monnaie
France Diplomatie décrit l’économie la plus diversifiée du Conseil de coopération du Golfe : le secteur hors hydrocarbures représente plus de 80 % du PIB, tandis que le pétrole fournit plus de 60 % des recettes budgétaires et près de 40 % des exportations (données de 2021). Bahreïn est le premier producteur d’aluminium au monde après la Chine, et sa « Vision 2030 » met l’accent sur la finance, notamment islamique, le tourisme et l’industrie. Une quarantaine d’entreprises françaises opèrent sur place.
La monnaie est le dinar bahreïnien, arrimé au dollar américain à 0,376 dinar pour 1 dollar, un taux quasiment inchangé depuis 1980 selon la Banque centrale de Bahreïn. Pour comparer les couvertures santé liées à un contrat local ou à un détachement, la page assurance santé expatrié donne des repères ; Expavy aide à les confronter à votre situation.
Questions fréquentes
Faut-il un permis de travail pour travailler à Bahreïn quand on est français ?
Oui. Le visa d'entrée ne permet pas de travailler : l'employeur demande à la LMRA un permis de travail, dont les frais de service sont de 195 BHD pour un an ou 390 BHD pour deux ans, plus 5 BHD de frais administratifs ; le permis de résidence est ensuite délivré.
Quel est le salaire minimum à Bahreïn ?
Les textes consultés (loi n° 36 et publications de la LMRA) ne fixent pas de salaire minimum général : les salaires sont fixés par contrat. Le niveau d'une offre se compare aux avantages prévus et au coût de la vie.
Bahreïn prélève-t-il un impôt sur le salaire d'un expatrié ?
Le site de l'autorité nationale des revenus présente la TVA, les accises et l'impôt minimum complémentaire, sans impôt sur le revenu des personnes physiques. La situation fiscale française se vérifie séparément, car la résidence fiscale dépend du foyer et du centre des intérêts vitaux.
Comment se calcule l'indemnité de fin de service à Bahreïn ?
Pour un salarié expatrié du secteur privé, elle est d'un demi-mois de salaire par année pour trois ans de service ou moins ; au-delà, elle compte un demi-mois par année pour les trois premières années, puis un mois par année. Depuis mars 2024, l'organisme d'assurance sociale la verse, grâce à la cotisation mensuelle de l'employeur.
Les expatriés sont-ils couverts par l'assurance sociale bahreïnienne ?
Selon le portail national, ils sont couverts par l'organisme d'assurance sociale pour les accidents du travail et le chômage ; les pensions de retraite se limitent aux nationaux et une indemnité de fin de service légale s'applique aux expatriés. La France n'a pas de convention de sécurité sociale avec Bahreïn.
Combien d'heures par semaine travaille-t-on à Bahreïn ?
La durée légale est de 48 heures par semaine au plus, avec 8 heures par jour sauf accord contraire. Un salarié musulman travaille au plus 6 heures par jour pendant le Ramadan. Le repos hebdomadaire est d'au moins 24 heures, le vendredi par défaut.
Peut-on créer une entreprise à Bahreïn en tant que Français ?
Le portail national indique que la propriété à 100 % d'une entreprise est possible pour les étrangers. Le licencié sans employeur et le résident non actif paient leur propre couverture santé selon la loi n° 23, et la résidence Golden ouvre l'accès à un permis de travail.
Les autres guides : Bahreïn
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
