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Arabie saoudite · Remboursements des soins

Remboursement des soins en Arabie saoudite : qui rembourse quoi selon votre situation

L’essentiel

En Arabie saoudite, la carte Vitale ne fonctionne pas : la France n'a aucune convention de sécurité sociale avec ce pays, et c'est votre statut qui désigne le payeur. Le salarié en contrat local est couvert par la police d'assurance maladie coopérative que son employeur souscrit auprès d'un assureur, le détaché garde en principe le régime français hors convention, et le retraité ou l'indépendant choisit entre la CFE et une assurance internationale. La police locale s'applique dans le royaume avec une participation plafonnée du patient ; la CFE rembourse sur des barèmes propres au pays de soins, et l'assurance au premier euro rembourse les frais réels dans ses plafonds. Le touriste est couvert par la police touristique associée au visa. Le tableau récapitulatif résume chaque cas, puis la page détaille les postes de soins.

  • Aucune convention de sécurité sociale France-Arabie saoudite : le pays ne figure pas dans la liste des accords bilatéraux publiée par le CLEISS.
  • L'employeur souscrit la police du Council of Health Insurance (CHI) pour ses salariés non saoudiens et leurs ayants droit ; la zone de couverture est le royaume.
  • Détachement hors convention : 3 ans renouvelables une fois, avec remboursement sur factures acquittées (formulaire S 3125c) selon les prestations équivalentes en France.
  • CFE : à partir de 87 € par mois pour MondExpat (30 ans et plus), 57 € pour JeunExpat (moins de 30 ans) et 147 € pour l'offre retraités ; carence de 3 ou 6 mois en cas d'adhésion tardive.
  • Police du CHI : participation de 0 à 5 % plafonnée à 25 SAR (environ 5,9 €) en soins primaires, et de 20 % plafonnée à 30 SAR (environ 7,1 €) sur les médicaments génériques.
  • Retour en France : maintien des droits CFE pendant 3 mois, puis protection universelle maladie sur critère de résidence stable.

Le principe : un payeur selon le statut, sans automatisme

L’ambassade de France en Arabie saoudite le rappelle : en cas d’hospitalisation, de soins ou de rapatriement sanitaire à l’étranger, l’État français ne prend pas en charge les frais de santé. Il n’existe pas de convention bilatérale de sécurité sociale entre la France et l’Arabie saoudite : le CLEISS ne la liste pas parmi les accords en vigueur, ni parmi les accords signés mais non encore en vigueur. Il n’y a donc ni coordination des régimes, ni totalisation des périodes, ni prise en charge croisée.

Selon le statut, quatre acteurs peuvent intervenir : l’employeur et son assureur (police du CHI), le régime français maintenu (détachement), la CFE et une assurance santé internationale. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les offres. Les conversions s’appuient sur l’arrimage du riyal au dollar à 3,75 SAR, confirmé par la banque centrale (SAMA), et sur le cours de référence de la BCE du 02/10/2026 (1,1225 dollar pour 1 €), soit environ 4,21 SAR pour 1 €. Le fonctionnement des réseaux de soins figure dans la page système de santé en Arabie saoudite.

Salarié en contrat local et salarié détaché

Le salarié en contrat local est assuré par la police que son employeur souscrit : la loi sur l’assurance maladie coopérative couvre les résidents non saoudiens et leurs ayants droit, et le sponsor souscrit l’assurance des résidents qui relèvent de sa responsabilité. La police unifiée du CHI prend en charge consultations, hospitalisation, chirurgie, grossesse et accouchement, dans un plafond annuel par personne et sur le territoire du royaume ; les soins sont facturés directement à l’assureur dans son réseau de prestataires. Les accidents du travail relèvent de la branche des risques professionnels du GOSI, financée par l’employeur (voir travailler en Arabie saoudite). Le glossaire définit le contrat local.

Le salarié détaché par un employeur français conserve son affiliation au régime français obligatoire, avec ses cotisations versées en France, pour 3 ans renouvelables une fois ; il respecte aussi les obligations sociales du pays d’accueil, dont l’assurance locale. Il adresse à sa caisse ses factures acquittées avec le formulaire S 3125c « soins reçus à l’étranger » ; la couverture correspond aux prestations équivalentes en France, et une assurance complémentaire est recommandée quand les soins locaux coûtent cher. Les ayants droit qui l’accompagnent utilisent le même formulaire. Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.

Indépendant, nomade numérique et étudiant

L’indépendant ou le nomade numérique n’a pas d’employeur qui souscrit la police : la loi prévoit qu’un résident non parrainé par un employeur s’assure lui-même. Il choisit entre la CFE et une assurance internationale. Une assurance qui couvre hospitalisation, ambulatoire et rapatriement sanitaire reste la solution la plus complète pour un séjour de plusieurs années ; voir l’assurance nomade digital. Le CHI publie aussi une police dédiée aux titulaires de la résidence premium.

L’étudiant vérifie auprès de son établissement et du visa quelle assurance est exigée : le sponsor du visa souscrit l’assurance des résidents qui relèvent de sa responsabilité. Avant 30 ans, la CFE propose l’offre JeunExpat à partir de 57 € par mois. Voir l’assurance étudiant à l’étranger.

Retraité, conjoint et enfants

Le retraité ne relève pas du formulaire S1, valable dans l’Union européenne. Le CLEISS indique trois voies dans un pays sans accord : le régime local s’il est accessible, l’adhésion volontaire à la CFE pour un Français, ou une assurance privée. L’offre retraités de la CFE démarre à 147 € par mois selon le pays, l’âge et la composition du foyer, sans questionnaire de santé. Un retraité dont la pension rémunère au moins 15 ans d’assurance en France, et qui n’exerce pas d’activité, est pris en charge lors de séjours temporaires en France ; son conjoint, lui, souscrit une assurance privée avant de voyager. Voir retraite en Arabie saoudite et le guide assurance maladie du retraité à l’étranger.

Le conjoint et les enfants d’un salarié sont des ayants droit de la police de l’employeur : conjoint, enfants dès la naissance, fils jusqu’à 25 ans, filles célibataires à charge et orphelins confiés à une famille d’accueil. La CFE et les assurances internationales proposent des contrats familiaux, avec maternité et pédiatrie selon le contrat. Voir l’assurance famille expatriée.

Adhérent de la CFE : barèmes par pays, carence et retour en France

La CFE est un organisme de protection sociale volontaire. En France, elle rembourse selon les principes de l’assurance maladie ; à l’étranger, le remboursement suit des taux ou des forfaits propres au pays de soins, appliqués aux factures réelles. Quand le prix saoudien dépasse la base retenue, l’écart reste à la charge de l’adhérent : le guide remboursements CFE détaille ce mécanisme.

  • Offres : MondExpat (30 ans et plus) dès 87 € par mois, JeunExpat (moins de 30 ans) dès 57 € par mois, offre retraités dès 147 € par mois, selon le pays et la situation familiale. Elles couvrent consultations de généraliste, médicaments, analyses, hospitalisation, maternité, soins dentaires, transport d’urgence et vaccins, y compris les séjours de moins de trois mois en France. Aucun questionnaire de santé n’est demandé.
  • Délai de carence : couverture immédiate si l’adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l’installation ; au-delà, trois mois d’attente avant 45 ans et six mois à partir de 45 ans.
  • Maternité : la conception doit être postérieure à l’adhésion ou au rattachement comme ayant droit.

Au retour en France, les adhérents de la CFE conservent leurs droits pendant trois mois ; un nouvel emploi en France ouvre les droits sans délai de carence, et une personne sans autre couverture relève de la protection universelle maladie sur critère de résidence stable (France Diplomatie). Voir le guide réduire le délai de carence et la page retour en France.

Assurance au 1er euro et touriste

L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, délais de carence et exclusions du contrat. Elle s’apprécie surtout sur la zone de couverture, car la police locale s’arrête aux frontières du royaume : un contrat mondial couvre l’évacuation et les soins en France. Les contrats se comparent aussi sur le plafond annuel, la prise en charge directe et la gestion des antécédents médicaux. Pour un salarié, une telle assurance complète la police de l’employeur.

Le touriste dispose d’une police touristique du CHI associée au visa : elle s’active automatiquement à l’émission du visa et couvre les situations d’urgence auprès d’un réseau de prestataires agréés. L’ambassade rappelle que la couverture de la carte bancaire inclut souvent l’hospitalisation et le rapatriement pour les séjours de moins de 90 jours, dans les limites du contrat. Voir l’assurance voyage longue durée.

Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation : dans la police du CHI, participation de 0 à 5 % plafonnée à 25 SAR (environ 5,9 €) en soins primaires, de 0 à 10 % plafonnée à 75 SAR (environ 18 €) chez un spécialiste sur orientation et de 0 à 50 % plafonnée à 500 SAR (environ 119 €) sans orientation ; remboursée par la CFE sur son barème pays ; frais réels pour un contrat 1er euro.
  • Hospitalisation : sans participation du patient dans la police du CHI, dans son réseau ; régime français pour le détaché, dans la limite des tarifs français ; CFE sur son barème ; contrat international avec prise en charge directe.
  • Médicaments : participation de 20 % plafonnée à 30 SAR (environ 7,1 €) par ordonnance pour les génériques dans la police du CHI ; barèmes de la CFE ; plafonds d’un contrat international.
  • Dentaire : soins essentiels et préventifs jusqu’à 1 200 SAR (environ 285 €) par an dans la police du CHI, racines et urgences jusqu’à 800 SAR (environ 190 €) avec 20 % de participation ; implants, couronnes et prothèses exclus ; CFE selon ses barèmes.
  • Optique : lunettes couvertes jusqu’à 14 ans, dans la limite de 400 SAR (environ 95 €) ; au-delà, surtout les contrats internationaux, avec des plafonds par période à lire dans le tableau des garanties.
  • Maternité : grossesse et accouchement dans le plafond annuel de la police du CHI, nouveau-né couvert 30 jours sous la police de sa mère ; la CFE exige une conception après l’adhésion ; les contrats internationaux appliquent en général un délai de carence.

Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.

Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation

SituationQui rembourse en prioritéCondition ou démarchePoint d'attention
Salarié en contrat localAssureur de l'employeur (police unifiée du CHI)L'employeur souscrit pour le salarié et ses ayants droit ; liste des établissements à demanderCouverture limitée au royaume ; évacuation et soins en France à prévoir
Salarié détachéRégime français maintenu, tarifs françaisDétachement hors convention : 3 ans renouvelables une fois ; factures acquittées et formulaire S 3125cÉcart avec les prix du privé ; assurance locale ou contrat collectif en complément
Indépendant, nomadeCFE ou assurance internationaleUn résident sans employeur s'assure lui-même ; adhésion volontaireHospitalisation et rapatriement à prévoir
RetraitéCFE (offre retraités) ou assurance internationalePas de formulaire S1 ; pas de questionnaire médical à la CFESéjours en France : 15 ans d'assurance ; conjoint à assurer
ÉtudiantAssurance exigée par l'établissement ou le sponsor, ou CFE JeunExpatVérifier le visa et l'établissementPlafonds, durée et zone de couverture
Conjoint et enfantsPolice de l'employeur (ayants droit déclarés) ou contrat famille CFEConjoint, enfants dès la naissance, fils jusqu'à 25 ans, filles célibataires à chargeMaternité, carences, soins hors du royaume
Adhérent CFECFE : taux ou forfaits du pays de soinsAdhésion avant le départ ou sous 3 mois ; sinon carence de 3 ou 6 moisReste à charge dans le privé
Assurance au 1er euroAssureur : frais réels dans les plafondsQuestionnaire médical selon le contrat ; prise en charge directe possibleFranchise, carence, exclusions, antécédents
TouristePolice touristique du CHI associée au visa, ou assurance voyageActivation automatique avec le visa ; preuve de couverture à l'arrivéeSoins d'urgence ; plafonds à lire sur le site du CHI
Retour en FranceCFE maintenue 3 mois, puis protection universelle maladieRésidence stable ; nouvel emploi : droits sans carenceDélai de rattachement à anticiper

Sources : CLEISS, CFE, France Diplomatie, ambassade de France en Arabie saoudite, Council of Health Insurance (CHI), SAMA, BCE. Conversions au cours de référence de la BCE du 02/10/2026 et à la parité du riyal (1 € = 4,21 SAR environ).

Questions fréquentes

La carte Vitale fonctionne-t-elle en Arabie saoudite ?

Non : la France et l'Arabie saoudite n'ont pas de convention de sécurité sociale. Un salarié détaché peut obtenir un remboursement selon les règles françaises, sur factures acquittées ; les autres profils passent par l'assurance de l'employeur, la CFE ou une assurance privée.

L'employeur doit-il assurer le salarié et sa famille en Arabie saoudite ?

Oui : la loi sur l'assurance maladie coopérative couvre les résidents non saoudiens et leurs ayants droit, et le sponsor souscrit la police. Elle s'applique dans le royaume, avec un plafond annuel et une participation du patient fixés par la police unifiée du CHI.

Que rembourse la CFE en Arabie saoudite ?

Elle rembourse sur des taux ou forfaits propres au pays de soins, appliqués aux dépenses réelles ; l'écart avec le prix facturé dans le privé reste à la charge de l'adhérent. MondExpat débute à 87 € par mois et JeunExpat à 57 € par mois.

Quel est le délai de carence de la CFE ?

Aucun si l'adhésion intervient avant le départ ou dans les trois mois de l'installation. Au-delà, la carence est de trois mois avant 45 ans et de six mois à partir de 45 ans. La maternité suppose une conception postérieure à l'adhésion.

Comment un salarié détaché est-il remboursé en Arabie saoudite ?

Il envoie ses factures acquittées à sa caisse française avec le formulaire S 3125c, qui rembourse sur la base des prestations équivalentes en France. Le détachement hors convention dure 3 ans, renouvelable une fois.

Un retraité français vivant en Arabie saoudite peut-il se soigner en France ?

Si sa pension rémunère au moins 15 ans d'assurance en France et s'il n'exerce pas d'activité, il est pris en charge lors de séjours temporaires. Son conjoint souscrit une assurance privée avant de voyager.

Que se passe-t-il pour la santé au retour en France ?

Les adhérents de la CFE conservent leurs droits pendant trois mois. Un nouvel emploi en France ouvre les droits sans carence, et une personne sans autre couverture relève de la protection universelle maladie sur critère de résidence stable.

Les autres guides : Arabie saoudite