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Arabie saoudite · Travailler et économie

Travailler en Arabie saoudite quand on est français : iqama, contrat, salaire, impôts et protection sociale

L’essentiel

Pour travailler en Arabie saoudite, un Français obtient un visa de travail puis un iqama, parrainés par son employeur, qui en supporte les frais selon le Code du travail. Le contrat d'un étranger est écrit, à durée déterminée et rédigé en arabe ; les sources officielles consultées ne fixent pas de salaire minimum pour les travailleurs étrangers, de sorte que la rémunération se négocie. Le salaire n'entre pas dans le champ de l'impôt saoudien sur le revenu, et les étrangers cotisent au GOSI pour les seuls risques professionnels, à hauteur de 2 % à la charge de l'employeur. Depuis le 14 mars 2021, la réforme du travail permet de changer d'employeur à l'échéance du contrat et de voyager sans l'accord de l'employeur. La France n'ayant pas de convention de sécurité sociale avec l'Arabie saoudite, la protection sociale française se maintient par le détachement hors convention ou par la CFE.

  • 2 % du salaire cotisable : cotisation GOSI pour les risques professionnels, à la charge de l'employeur ; la branche retraite est réservée aux salariés saoudiens (loi sur les assurances sociales, décret royal M/273 du 02/07/2024).
  • Un demi-mois de salaire par année pour les 5 premières années, puis un mois par année : indemnité de fin de service (article 84 du Code du travail).
  • 21 jours de congé annuel payé au minimum, portés à 30 jours après 5 années consécutives chez le même employeur (article 109).
  • 180 jours : durée maximale de la période d'essai depuis les amendements du Code du travail entrés en vigueur le 19/02/2025.
  • 30 jours de préavis pour le salarié et 60 jours pour l'employeur, dans un contrat à durée indéterminée à salaire mensuel.
  • 70 % des points de vente réservés à des Saoudiens dans 21 sous-activités du commerce de détail : exemple d'obligation de saoudisation relevée par le ministère des Ressources humaines.

Repères économiques : Arabie saoudite

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+4,5 %
Inflation
2,1 %
Taux de chômage
3,0 %
PIB par habitant
34 537 $
Population
37,0 millions
Change
1 € = 4,209 SAR
riyal saoudien, monnaie arrimée au dollar

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail, visa de travail et iqama

Le visa professionnel suppose un sponsor saoudien, le plus souvent l’employeur ; l’iqama, carte de résident, est délivrée après l’arrivée, et un visa de sortie et de retour autorise les voyages à l’étranger (France Diplomatie). Le Code du travail (décret royal M/51) encadre ensuite l’emploi : un employeur ne peut employer un étranger dans une profession autre que celle de son permis de travail, ni le laisser travailler pour d’autres sans suivre la procédure légale (articles 38 et 39).

  • Contrat : celui d’un non-Saoudien est écrit et à durée déterminée ; à défaut de durée précisée, la durée du permis de travail vaut durée du contrat (article 37). L’arabe est la langue des contrats et des documents, et le texte arabe l’emporte sur toute version étrangère (article 9).
  • Frais à la charge de l’employeur : recrutement, délivrance et renouvellement de l’iqama et du permis de travail, pénalités de retard, changement de profession, visas de sortie et de retour, et billet de retour au pays d’origine à la fin de la relation de travail (article 40). Le salarié supporte son retour s’il est inapte au travail ou s’il rentre sans motif légitime.
  • Santé : l’employeur fournit des soins préventifs et curatifs, en tenant compte de la loi sur l’assurance maladie coopérative (article 144) ; voir le système de santé en Arabie saoudite.

Une résidence premium, qui ne dépend pas d’un sponsor, ouvre le droit de mener une activité économique ; ses conditions se lisent dans la page retraite en Arabie saoudite. Le guide travailler à l’étranger aide à choisir entre détaché et expatrié, et le glossaire définit le contrat local.

La réforme du parrainage : changer d'employeur et voyager librement

Le ministère des Ressources humaines et du Développement social (HRSD) a annoncé le 4 novembre 2020 une initiative de réforme du travail, entrée en vigueur le 14 mars 2021 et applicable à tous les travailleurs étrangers du secteur privé. Elle comprend trois volets :

  • Mobilité professionnelle : un travailleur étranger peut passer d’un employeur à un autre à l’échéance du contrat, sans l’accord de l’employeur.
  • Visa de sortie et de retour : le travailleur voyage hors du royaume après une simple demande, l’employeur étant informé par voie électronique.
  • Visa de sortie définitive : le travailleur quitte le royaume après la fin du contrat sans le consentement de l’employeur, avec notification électronique.

Ces règles assouplissent le parrainage sans supprimer le rôle du sponsor dans la délivrance du permis de résidence : France Diplomatie décrit toujours un visa professionnel qui requiert un sponsor saoudien. Les conditions d’un changement d’employeur en cours de contrat se vérifient auprès du ministère avant toute démarche.

Contrat, période d'essai, préavis et congés

  • Période d’essai : mentionnée dans le contrat, elle ne dépasse pas 180 jours au total depuis les amendements entrés en vigueur le 19 février 2025 ; chaque partie peut y mettre fin pendant cette période (article 53 modifié).
  • Préavis : dans un contrat à durée indéterminée à salaire mensuel, le salarié notifie sa rupture par écrit au moins 30 jours à l’avance et l’employeur au moins 60 jours (article 75 modifié). Une démission est réputée acceptée si l’employeur ne répond pas sous 30 jours ; il peut en différer l’acceptation de 60 jours au plus, par écrit, et le salarié peut la retirer dans les 7 jours (article 79 bis).
  • Durée du travail : l’article 98 fixe la durée maximale effective, réduite pendant le Ramadan pour les salariés musulmans ; les heures supplémentaires sont rémunérées au salaire horaire majoré de 50 % du salaire de base, avec une compensation en jours de congé possible avec l’accord du salarié (article 107 modifié).
  • Congés : au moins 21 jours de congé annuel payé, et 30 jours après 5 années consécutives (article 109) ; 5 jours à l’occasion d’un mariage ou du décès d’un conjoint, d’un ascendant ou d’un descendant, 3 jours pour le décès d’un frère ou d’une sœur et 3 jours à la naissance d’un enfant, à prendre dans les 7 jours (article 113 modifié).
  • Maladie : 30 jours à plein salaire, puis 60 jours aux trois quarts du salaire et 30 jours sans salaire, sur une année (article 117).
  • Maternité : 12 semaines de congé à plein salaire, dont les 6 semaines suivant l’accouchement, obligatoires, avec un mois supplémentaire sans solde possible (article 151 modifié).

Le contrat précise l’horaire, la rémunération, les avantages et la durée ; il se relit en entier, y compris ses annexes, avant la signature.

Rémunération, indemnité de fin de service et saoudisation

Les sources officielles consultées ne fixent pas de salaire minimum applicable aux travailleurs étrangers du secteur privé, et n’indiquent pas de salaire moyen des non-Saoudiens : le niveau de rémunération se négocie dans le contrat. Les avantages (logement, scolarité des enfants, billets d’avion, assurance santé de la famille) varient selon les employeurs et se lisent ligne par ligne dans l’offre, avant la signature.

L’indemnité de fin de service est due à la fin de la relation de travail : un demi-mois de salaire pour chacune des cinq premières années, puis un mois de salaire par année suivante, calculés sur le dernier salaire et au prorata des fractions d’année (article 84). En cas de démission, le salarié perçoit un tiers de l’indemnité après au moins 2 ans et moins de 5 ans de service, deux tiers après 5 ans et moins de 10 ans, et la totalité à partir de 10 ans (article 85).

Le HRSD mène aussi une politique de saoudisation : ses initiatives sectorielles visent notamment 40 000 postes dans la santé, 15 600 dans l’informatique et les télécommunications, 8 000 dans le tourisme et l’hôtellerie et 7 000 dans les professions dentaires et pharmaceutiques, et certaines activités du commerce de détail réservent 70 % des points de vente à des Saoudiens. Le non-respect de ces obligations pèse sur le renouvellement des licences et la délivrance des visas : les employeurs concernés en tiennent compte dans leurs recrutements.

Impôt sur le revenu, convention fiscale et cotisations sociales

Côté saoudien, la loi sur l’impôt sur le revenu (décret royal M/1) désigne comme contribuables les sociétés de capitaux pour la part des associés non saoudiens, la personne physique non saoudienne résidente qui exerce une activité économique, et certains non-résidents ; le salaire d’un employé ne figure pas dans cette liste (article 2). L’article 3 retient la résidence dès lors qu’une personne dispose d’un logement permanent et séjourne au moins 30 jours dans l’année, ou séjourne au moins 183 jours.

La convention fiscale franco-saoudienne du 18 février 1982, entrée en vigueur le 1er février 1983 et modifiée par les avenants de 1991 et de 2011, répartit le droit d’imposer. L’article 10 A prévoit que les salaires ne sont imposables que dans l’État de résidence, sauf si l’emploi s’exerce dans l’autre État : celui-ci peut alors les imposer si le bénéficiaire y séjourne plus de 183 jours dans l’année, ou si l’employeur y est résident. L’article 4 départage les doubles résidences selon le foyer d’habitation permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel puis la nationalité. L’article 18 A précise que, pour éviter une double exonération, chaque État impose selon son droit interne les revenus dont la convention attribue l’imposition à l’autre État quand ceux-ci n’entrent pas effectivement dans l’assiette de ce dernier. La situation d’un salarié dépend donc de sa résidence fiscale française, à vérifier auprès des impôts avant le départ.

Côté cotisations, la loi sur les assurances sociales (décret royal M/273 du 2 juillet 2024) comprend trois branches : retraite, risques professionnels et assurance chômage. La branche retraite et l’assurance chômage visent les salariés saoudiens ; la branche des risques professionnels s’applique à tous les salariés qui travaillent dans le royaume, au taux de 2 % du salaire cotisable, à la charge de l’employeur. Un salarié étranger acquiert donc des droits en cas d’accident du travail, et prépare sa retraite par d’autres moyens.

Le CLEISS ne liste aucune convention de sécurité sociale entre la France et l’Arabie saoudite. Un employeur français peut détacher un salarié hors convention pour 3 ans, renouvelables une fois, avec maintien du régime français et remboursement sur la base des tarifs français, sur factures acquittées (formulaire S 3125c). Un salarié en contrat local s’appuie sur l’assurance de son employeur, la CFE ou une assurance internationale : voir remboursement des soins en Arabie saoudite et les trimestres travaillés à l’étranger.

Indépendants, entrepreneurs et télétravail

Une personne physique non saoudienne résidente qui exerce une activité économique dans le royaume relève de l’impôt sur le revenu au taux de 20 % (articles 2 et 7 de la loi M/1). La convention franco-saoudienne fixe pour les professions indépendantes une règle propre : leurs revenus ne sont imposables que dans l’État de résidence, sauf séjour d’au moins 90 jours dans l’autre État pendant l’année fiscale (article 10).

Le HRSD présente par ailleurs, dans le cadre de la politique de saoudisation, des dispositifs de travail flexible, de télétravail et d’enregistrement des indépendants, tournés vers l’emploi des Saoudiens. Les sources officielles consultées ne décrivent pas de visa dédié au télétravail pour un étranger : un indépendant ou un entrepreneur étudie un permis lié à une société ou la résidence premium. La page visas nomades numériques et l’assurance nomade digital présentent les repères généraux.

Économie : transformation nationale, secteurs et perspectives

La Vision 2030, lancée le 25 avril 2016, repose sur trois piliers (une société dynamique, une économie prospère, une nation ambitieuse), 96 objectifs stratégiques et 11 programmes de réalisation, dont la transformation du secteur de la santé. Parmi les cibles fixées au lancement pour 2030, le chômage passerait de 12,3 % à 7 %, la participation des femmes au marché du travail de 22 % à 30 % et la part des exportations non pétrolières de 16 % à 50 % du PIB non pétrolier (ministère saoudien des Médias).

France Diplomatie recense des domaines de coopération avec la France : urbanisme et architecture, eau et environnement, culture et tourisme patrimonial, éducation et formation, sécurité, espace et numérique, autour des projets d’AlUla, de NEOM, de la mer Rouge, de Qiddiya et de Diriyah. Le calendrier et l’ampleur de ces chantiers évoluent : les offres d’emploi qui s’y rattachent se confirment auprès de l’employeur.

La conjoncture récente est contrastée. Selon l’estimation rapide de la GASTAT, le PIB réel recule de 4,8 % au deuxième trimestre 2026 sur un an, sous l’effet d’un repli de 24,7 % des activités pétrolières, tandis que les activités non pétrolières progressent de 0,6 % et les activités publiques de 0,9 %. Les indicateurs macroéconomiques actualisés figurent plus haut sur la page ; France Diplomatie rappelle par ailleurs que la situation régionale est suivie de près, et les perspectives s’apprécient avec ce contexte.

Questions fréquentes

Un Français peut-il travailler en Arabie saoudite avec un visa touristique ?

Le travail suppose un permis de travail et un visa professionnel avec sponsor saoudien, le plus souvent l'employeur, puis l'iqama. Le Code du travail interdit d'employer un étranger hors de la profession de son permis (articles 38 et 39).

Qui paie les frais d'iqama et le billet de retour ?

L'employeur supporte les frais de recrutement, de délivrance et de renouvellement de l'iqama et du permis de travail, les visas de sortie et de retour et le billet de retour à la fin de la relation de travail (article 40). Le salarié supporte son retour s'il est inapte ou rentre sans motif légitime.

Existe-t-il un salaire minimum en Arabie saoudite ?

Les sources officielles consultées ne fixent pas de salaire minimum pour les travailleurs étrangers du secteur privé : la rémunération se négocie au contrat. Le niveau d'un poste se compare avec l'offre, les avantages et le coût du logement.

Le salaire est-il imposé en Arabie saoudite ?

La loi sur l'impôt sur le revenu ne cite pas le salaire d'un employé parmi les contribuables de son article 2. Elle vise les sociétés et la personne physique non saoudienne résidente qui exerce une activité économique, au taux de 20 %. La résidence fiscale française se vérifie avec la convention de 1982.

Peut-on changer d'employeur en Arabie saoudite ?

Depuis le 14 mars 2021, un travailleur étranger du secteur privé peut changer d'employeur à l'échéance de son contrat sans l'accord de l'employeur, et voyager hors du royaume après une simple demande, l'employeur étant informé par voie électronique.

Quelle indemnité reçoit-on à la fin du contrat ?

L'indemnité de fin de service représente un demi-mois de salaire par année pour les 5 premières années, puis un mois par année, au prorata des fractions d'année. En cas de démission, elle est réduite à un tiers après 2 ans, deux tiers après 5 ans et complète à partir de 10 ans.

Quelles cotisations sociales un salarié étranger paie-t-il ?

Le salarié étranger ne cotise pas lui-même : la branche des risques professionnels du GOSI s'applique à tous les salariés au taux de 2 % à la charge de l'employeur, tandis que la retraite et l'assurance chômage visent les Saoudiens. La protection sociale française se maintient par le détachement ou la CFE.

Peut-on s'installer comme indépendant en Arabie saoudite ?

Une personne physique non saoudienne résidente qui exerce une activité économique est imposée à 20 %. Les sources officielles consultées ne décrivent pas de visa télétravail ; l'installation passe par un permis lié à une société ou par la résidence premium.

Les autres guides : Arabie saoudite